Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 31 décembre 2007

Ecole ,néolibéralisme et décervelage

Etablissements rénovés, enseignement dégradé ?

Qui a peur des humanités? ( Catherine Kintzler)

Entretien de Jean-Claude Michéa
"Dans une optique libérale, c'est l'acte éducatif lui-même qui tend à devenir problématique.. La prétention d'enseigner quelque chose à quelqu'un...est, par définition, toujours suspecte. Il est en effet plus facile d'y voir une manière déguisée d'imposer à autrui ce qui ne constitue qu'une opinion privée, en droit toujours déconstructible.."
-Pour la défense de l'école républicaine
-L’éducation sans principes d’une société sans dessein

-Contrer l’offensive libérale sur l’école
-L’école républicaine mise en bière
-Les saboteurs libéraux de l'ecole publique
-Malaise dans l'éducation, par Dany-Robert Dufour
-L’école britannique livrée au patronat
-Une association ultra-libérale appelle les parents
-Marché et infantilisation(marchandisation de l'école aux USA, p.200>)

samedi 29 décembre 2007

Laïcité positive ?



-Sarkozy menace-t-il la laïcité ?

-Un président de droit divin (Reboul)
-Le discours du président Sarkozy au palais du Latran (Villach)
-L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican

"...Sarkozy assure que « celui qui ne croit pas ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. » Comme s'il fallait être croyant pour se poser des questions métaphysiques ! Pire, il explique que « le fait spirituel est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance ». De quelle « tendance naturelle » parle-t-il ? Non seulement il nie la capacité des athées ou des agnostiques à se poser des questions existentielles, mais il dénie aussi ce droit aux milliards de gens, des confucianistes aux animistes, qui ne croient pas à une transcendance ! C'est une vision très étroite et insultante." (CK)
-SOS Laïcité ! - Riposte Laique
-Sarkozy : la religion doit devenir l'opium des banlieues !
-Laïcité: Sarkozy franchit la ligne rouge

«Cette conception sociologique de la religion, fournissant "l’espérance" qui fait que les peuples se tiennent tranquilles, on croyait qu’elle était loin derrière nous!», s’est exclamé François Bayrou, l’un des premiers à réagir le 25 décembre après le discours de Latran. «Ce n’est pas autre chose que l’opium du peuple que dénonçait Marx» a ajouté le président du MoDem, qui a aussi relevé «le paradoxe troublant» d’un Président «qui affiche sa complaisance avec le matéralisme financier et en même temps souhaite faire de la religion une autorité dans l’espace public».
-La laïcité, une coquille vide ?
-Une laïcité de chanoine, par Caroline Fourest
-Sarkozy et Dieu -
-Laïcité : les cinq fautes du président de la République
-Quelle orientation politique et sociale se cache donc derrière le président de la république lorsqu'il parle de laïcité?..

mercredi 26 décembre 2007

L'individu et le marché


-- Dany-Robert Dufour s’entretient avec Joseph Rouzel de son dernier ouvrage;Le Divin marché

--Les désarrois de l'individu-sujet, par Dany-Robert Dufour
-Malaise dans l'éducation, par Dany-Robert Dufour
--De la réduction des têtes au changement des corps, par Dany-Robert Dufour
--Education, religion, raison et marché(.pdf )
--Portrait du grand Sujet
--Robert Reich : le « supercapitalisme » menace la démocratie

"La fabrique d’un individu soustrait à la fonction critique et susceptible d’une identité flottante ne doit donc rien au hasard : elle est parfaitement prise en charge par la télévision et l’école actuelles. Le rêve du capitalisme n’est pas seulement de repousser le territoire de la marchandise aux limites du monde (ce qui est en cours sous le nom de mondialisation), où tout serait marchandisable (droits sur l’eau, le génome, les espèces vivantes, achat et vente d’enfants, d’organes...), mais aussi de faire rentrer les vieilles affaires privées, laissées jusqu’alors à la disposition de chacun (subjectivation, sexuation...), dans le cadre de la marchandise..."(D-R. Dufour)

"...En abolissant toute valeur commune, le marché est en train de fabriquer un nouvel « homme nouveau », déchu de sa faculté de juger (sans autre principe que celui du gain maximal), poussé à jouir sans désirer (le seul salut possible se trouve dans la marchandise), formé à toutes les fluctuations identitaires (il n’y a plus de sujet, seulement des subjectivations temporaires, précaires) et ouvert à tous les branchements marchands. Nous sommes là devant un aspect très particulier de la dérégulation néolibérale qui, malheureusement, n’est pas encore bien compris, mais qui produit d’ores et déjà des effets considérables dans tous les domaines, et notamment sur le psychisme humain. Un certain nombre de psychiatres et de psychanalystes sont en train d’inventorier les nouveaux symptômes dus à cette dérégulation, comme la dépression, les addictions diverses, les troubles narcissiques, l’extension de la perversion, etc...." (D-R. Dufour)
Alain Ehrenberg: De l'individu incertain à la fatigue d'être soi

Pouvoir et théatralisation


"En politique, ce qu'il ya de plus difficile à apprécier
et à comprendre, c'est ce qui se passe sous nos yeux." Alexis de Tocqueville, 1835



La théâtralisation est inhérente à l'espèce douée de parole

"....L'image a un effet radical d'évidence de vérité. L'image crée la fausse certitude du direct, de la transparence. Mes travaux résument cette problématique complexe en une formule : l'image, c'est le dogme. Si je devais choisir, comme vous m'y invitez, l'image captivante pour figurer la Démocratie planétaire, je proposerais le reality show. Ça vous donne un individu qui se voit et que tout le monde croit voir comme sujet authentique, auto-démasqué. Pour moi, c'est l'image de ce que nous sommes, les captifs du nouveau mensonge de masse, de l'auto-crétinisation interactive..."(Pierre Legendre)

Pierre Legendre : l'escalade de l'obscurantisme
P.Legendre sur France Culture
La«pensée» libertaire et «pensée» libérale renforcent réciproquement leurs effets pour produire le citoyen/consommateur lambda de la démocratie planétaire. Le tout se conjugue, tragiquement, en ce que Legendre nomme «la débâcle normative». La multiplication des espaces de liberté est devenue la prison de la confusion mentale. D'où la nécessité absolue de poser la norme, d'instaurer l'interdit ou le droit pour contenir le fantasme, cette voie royale qui peut aboutir au meurtre. De cet inévitable désarroi surgit sans cesse sous la plume de Legendre la référence au Droit
Lire : (Legendre)
Serge Hefez, psychiatre : Nicolas et Carcilia
Sarkozy, Blair et la communication : Anglosphères

samedi 22 décembre 2007

Paradoxe des frontières


La mondialisation n'abolit pas les frontières, elle les fabrique

Qn'est-ce qu'une frontière ?

"Alors que la rhétorique du « sans frontières » domine dans nos sociétés occidentales, que les marchés nationaux s'ouvrent, jamais autant de démarcations n'ont été tracées dans le monde depuis une quinzaine d'années : c'est le phénomène analysé par Michel Foucher dans L'Obsession des frontières"

Michel Foucher : «L'adhésion n'est pas la seule solution aux problèmes des voisins de l'UE»


Frontières - Grande Europe

Ghettos: maux et mots


Contre les ghettos linguistiques

"......Pour les jeunes de ces quartiers-ghettos, l'imprécision et la pénurie des mots va de pair avec l'enfermement qu'ils subissent ; elles constituent leur lot réduit parce que ni l'école ni la famille ne leur ont transmis l'ambition d'élargir le cercle des choses à dire et celui de ceux à qui on les dit. Cantonnés à une communication de proximité, prisonniers d'une situation d'extrême connivence, ils n'ont jamais eu besoin de mots justes et nombreux pour communiquer ensemble. En bref, n'ayant à s'adresser qu'à des individus qui vivent comme eux, qui croient en le même Dieu qu'eux, qui ont les mêmes soucis et la même absence de perspectives sociales, tout "va sans dire".........."'(AB)

Mots et banlieue

vendredi 21 décembre 2007

Penser la crise pétrolière ?


Trois dossiers importants pour comprendre ce qui peut arriver:

(optimistes s'abstenir...)

Le pétrole est partout, des transports aux médicaments, des engrais aux textiles...La hausse du prix des hydrocarbures sera plus qu'un choc économique, mais la fin du monde tel que nous le connaissons. Il importe de mettre en oeuvre rapidement une sobriété nouvelle pour sortir de l'état d'ébriété pétrolière qui nous a été imposé depuis une centaine d'années. Pourrons-nous le faire sans drames , sans secousses politiques majeures?.


-1-Nous mangeons du pétrole
(dossier pdf -cliquez)



Nous dépendons in fine de l'agriculture. L'agriculture est devenue extêmement dépendante du pétrole, directement ou indirectement. Sans pétrole ou avec un pétrole très cher, que deviendra-t-elle? que deviendrons -nous ? (Un dossier sans complaisance, précis,appelant une réaction rapide...)
"Cet article est probablement le plus important que
j’aie ´ecrit `a ce jour. C’est sans doute le plus effrayant,
et sa conclusion la plus noire que j’aie jamais produite.
Il est possible qu’il perturbe très profondément le lecteur
; il m’a moi-même perturbé fortement. Cependant,
il est important pour notre avenir que cet article soit
lu, compris et discuté".(extrait de la conclusion de l'auteur)



-2-Robert Hirsch : « Avec le pic pétrolier, la croissance est condamnée »:

Une déclaration sans concession , qui concerne notre (très?) proche avenir et qui interroge notre capacité de prise de conscience collective
"Le Dr. Hirsch est l’auteur d’un rapport célèbre, rédigé en 2005 pour le ministère US de l’énergie, qui a mis en lumière les délais très long et les difficultés qui seront inhérentes à la mise en place de solutions techniques au problème du Peak Oil, au delà de la question de l’approvisionnement."('introduction)

-3-Notre grande crise est là:

Un bilan d'une crise qui dépasse les simples problèmes de subprime ou de stagflation , à laquelle nous serons inévitablement confrontés.
"Le texte de Lieven renforce notre conviction de la pénétration de perceptions fondamentales dans notre psychologie, accélérées ces derniers mois, depuis le “rapport Stern”. On ne dira jamais assez l’importance de ce texte pour crédibiliser psychologiquement l’hypothèse de la crise climatique. L’intervention d’un membre de l’establishment financier internationale et anglo-saxon (Stern) a crevé la barrière la plus solide contre l’acceptation de l’hypothèse de la crise climatique, bien plus solide que toutes les censures du monde : le conformisme terroriste de l’esprit moderniste." (extrait)

L’Amérique empire... L'énergie en jeu

(AgoraVox le média citoyen):articles de Larchey-Wending

- Une brève histoire de l'avenir, de Jacques Attali (étude critique)
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Terre De Brut (pour suivre l'actualité pétrolière)
ASPO France - Le pic de production de pétrole
futura energie petrole liens
On nous ment sur les réserves de pétrole

« Toute personne croyant qu'une croissance exponentielle
peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »

Kenneth Boulding

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Livres à lire en priorité: Jancovicii:Le plein, s'il vous plaît
Jean-Luc Wingert: La vie après le pétrole
Eric Laurent:La face cachée du pétrole

jeudi 20 décembre 2007

Gouvernance : pas clair...


Vous avez dit gouvernance ?

La notion de "gouvernance" m’a toujours intrigué, du moins depuis son émergence, son succès et sa généralisation dans le domaine des affaires et son extension dans la sphère politique nationale, européenne, mondiale. L’inflation de cette notion pose problème. Est-ce un concept novateur ou une nouvelle invention de la novlangue néolibérale?


Comme un certain nombre de termes français anciens (il est utilisé au XIIIe siècle comme équivalent de gouvernement - l’art et la manière de gouverner), il passe en anglais (governance) au siècle suivant avec la même signification. Puis il tombe en désuétude. Ce terme fleurit vers la fin des années 80 : c’est la Banque mondiale qui généralise son emploi puis le Fonds monétaire international (FMI) et le Programme des Nations unies pour le développement. Il migre parallèlement dans le domaine de la gestion d’entreprise (associé à management), puis de l’administration, de l’Etat, dans le vocabulaire de base des administrations bruxelloises (1).

En fait, cette notion émerge un peu plus tôt. Elle "est apparue il y a plus d’un demi-siècle chez les économistes américains. Ronald Coase, jeune économiste, publie en 1937 un article, The Nature of the Firm, dans lequel il explique que la firme émerge car ses modes de coordination interne permettent de réduire les coûts de transaction que génère le marché ; la firme s’avère plus efficace que le marché pour organiser certains échanges. Cette théorie, redécouverte dans les années 70 par les économistes institutionnalistes, et en particulier par Olivier Williamson, débouche sur des travaux qui définissent la gouvernance comme les dispositifs mis en oeuvre par la firme pour mener des coordinations efficaces qui relèvent de deux registres : protocoles internes lorsque la firme est intégrée (hiérarchie) ou contrats, partenariat, usage de normes lorsqu’elle s’ouvre à des sous-traitants. Le terme corporate governance, qu’on peut traduire par gouvernance d’entreprises, va ensuite être utilisé dans les milieux d’affaires américains tout au long des années 80. » (MC Smouts)

Dans les années 80, c’est la pensée politique anglaise qui s’empare de cette notion pour repenser une séries de réformes des pouvoirs locaux, jugés inefficaces et dispendieux. Puis elle est devenue, dans les années Blair, l’outil commode pour désigner une pratique de gestion politique courante, dont on a déjà décrit les modes de fonctionnement par ailleurs (2).

Il existe des notions comme celle-ci qui deviennent si communes qu’on a oublié dans quels contextes elles sont nées, comment elles se sont forgées, à quels titres on les a utilisées, à quels contextes idéologiques elles se réfèrent. Car les mots, dans ces domaines, sont loin d’être innocents, neutres, purement « techniques ». De telles notions sont porteuses de vision du monde et de rapports sociaux, d’options politiques implicites. Qu’on songe à celles qui sont devenues si courantes qu’on ne les remarque même plus, qu’on ne les interroge plus, comme « demandeurs d’emploi », « modernisation », « ouverture du capital », etc., qui véhiculent des points de vue économiques très particuliers...

Si l’on va au fond des choses, on s’aperçoit que la notion de gouvernance sous-entend le plus souvent une remise en question, celle de « revoir l’ensemble des règles, des procédures et des pratiques qui affectent la façon dont les pouvoirs sont exercés ». Elle implique une contestation des formes traditionnelles et constitutionnelles de la démocratie représentative et induit parfois un glissement vers des formes de privatisation de la décision publique. Elle paraît donc en phase avec le développement des formes de gestion néolibérales en cours depuis les années 80. Elle permet de repenser le rôle de la « société civile » dans le fonctionnement de la politique, de mettre la logique des intérêts particuliers au cœur de la gestion étatique, et d’affaiblir le pouvoir politique, les notions de souveraineté et de citoyenneté, de ramener la gestion des hommes à celles des choses, de donner la priorité au court terme sur le long terme, d’installer la logique de l’entreprise au cœur même du politique. Elle consacre, comme le blairisme le montre avec clarté, une intrumentalisation du politique au service d’une libéralisation, qui limite le rôle du gouvernement et du parlement, qui fait entrer des acteurs non-gouvernementaux dans le processus de décision politique, qui vise à privatiser les services publics par l’installation d’une déréglementation purement « économiste ».

La « bonne gouvernance », explique Marie-Claude Smouts, directrice de recherche au CNRS, c’est « un outil idéologique pour une politique de l’Etat minimum ». Un Etat où, selon Ali Kazancigil, directeur de la division des sciences sociales, de la recherche et des politiques à l’Unesco, « l’administration publique a pour mission, non plus de servir l’ensemble de la société, mais de fournir des biens et des services à des intérêts sectoriels et à des clients-consommateurs, au risque d’aggraver les inégalités entre les citoyens et entre les régions du pays ». En bref, l’habillage institutionnel des plans d’ajustement structurel et du « consensus de Washington ». Dans un autre domaine, celui de l’entreprise, la corporate governance, ou « gouvernement d’entreprise », est la nouvelle dénomination de la dictature des actionnaires, qui aboutit aux licenciements de convenance boursière dans des firmes pourtant prospères comme la division LU de Danone ».

« Une addition d’intérêts privés, même légitimes, ne fait pas l’intérêt général, d’autant que certains de ces intérêts sont plus égaux que les autres : entre la Table ronde des industriels européens (ERT), qui a ses entrées dans les principales directions générales de la Commission et qui, parfois, rédige même leurs projets de directives, et une association ou un syndicat que l’on écoutera poliment, la balance n’est évidemment pas égale.

Le peuple, compris comme l’ensemble des citoyens, est le grand absent. Le grand paradoxe de la gouvernance est qu’on nous propose d’élargir la démocratie à la société civile, alors que celle-ci est précisément cet ensemble de relations dans lequel les individus ne sont pas des citoyens, mais de simples vecteurs d’intérêts particuliers. On n’est citoyen que comme membre du peuple souverain. Les prérogatives qui placent la loi, expression de la volonté du souverain, au-dessus de l’intérêt privé, sont la seule garantie contre l’inégalité et contre la domination des plus faibles par les plus forts. »

CONCLUSIONS :

L’usage de la notion de gouvernance est donc très ambivalent ; elle peut avoir un aspect purement gestionnaire ou un aspect plus politique.

« La gouvernance met l’accent sur plusieurs types de transformation des modalités de l’action publique :

-1) la gouvernance constitue, pour certains, un instrument au service de la poursuite de la libéralisation des sociétés dans la mesure où elle consiste à limiter le rôle des gouvernements et à faire entrer dans le processus de décision des acteurs non-gouvernementaux en privatisant les entreprises et certains services publics, en dérégulant et en déréglementant. Les tenants d’une approche "économiciste", gestionnaire de la gouvernance, dissimulent fréquemment leurs intentions qui ne sont autres que l’extension du marché capitaliste ;

-2) pour d’autres, principalement ceux qui développent une approche en termes de pouvoir, la gouvernance est perçue comme une voie ouverte à la démocratisation du fonctionnement étatique, à la mobilisation civique et aux initiatives locales et citoyennes.

En limitant la gouvernance à une approche utilitaire, gestionnaire, on passe sous silence l’analyse des intérêts socio-politiques, des rapports de pouvoir et d’hégémonie, des conflits politiques qui marquent l’évolution des relations internationales. Les questions liées à la souveraineté, telles que "qui est en droit de commander ?", "selon quelles modalités ?", "dans le cadre de quelle structure de participation politique ?", sont évincées au profit de questions ayant trait aux modes de régulation en tant que tels. Les questions relatives aux Etats qui ne participent pas au processus, à la coordination entre les différents sous-systèmes fonctionnels et à la finalité de la gouvernance ne sont pas posées. Or, ces questions peuvent remettre en cause la notion de gouvernance mondiale telle qu’elle est conçue par les organisations internationales.

En effet, pour Marie-Claude Smouts (4), on ne peut pas parler de gouvernance mondiale dès lors que la régulation internationale se fait entre un nombre limité d’Etats, de sociétés privées et d’élites partageant le même code de communication, celui du libre-échange et de la conception occidentale des droits de l’homme. De nombreux Etats sont en effet exclus de la construction de l’ordre mondial. La gouvernance globale qui est définie par la Commission du même nom comme "la somme des différentes façons dont les individus et les institutions, publics et privés, gèrent leurs affaires communes" est encore moins avérée car elle suppose que soit mise en place une organisation centralisée guidée par des principes d’action commun comme l’équité, la sécurité ou la redistribution. Or, pour l’auteur, la gouvernance repose au contraire sur une prolifération de modes d’organisation, de niveaux et d’instances de décision. Rien n’indique que l’ensemble de ces configurations ne débouche sur un programme d’action cohérent répondant aux objectifs de toute l’humanité.

De même, la gouvernance exige la participation des citoyens aux affaires publiques et le contrôle des détenteurs du pouvoir politique. L’émergence sur la scène politique des ONG, des experts et des bureaucraties transnationales, des réseaux locaux et régionaux nécessite que soient développées des réflexions sur les procédures de participation politique et de contrôle des instances du pouvoir. Enfin, les finalités de la gouvernance mondiale, à savoir la suppression des entraves au libre fonctionnement du marché au niveau mondial, ne sont pas explicitées.

Or, la problématique de la gouvernance mondiale a été accaparée par des institutions internationales qui en ont fait un outil au service de l’idéologie néo-libérale. Il y a cependant de la place pour de nouvelles études sur la gouvernance qui posent le problème d’institutions internationales mieux adaptées aux évolutions du monde contemporain. De nouvelles institutions devraient voir le jour pour gérer et prévenir les conflits, rétablir et maintenir la paix dans le monde, promouvoir et protéger les droits élémentaires ou, de manière plus prosaïque, assurer la stabilité économique et lutter contre les effets d’une spéculation effrénée. Ceci nécessite peut-être la mise en place de mécanismes de régulation qui restaurent certaines entraves au libre fonctionnement d’un marché tout-puissant

En fait, les organismes de financement internationaux ont eu tendance, dans leur discours, à opposer de façon artificielle l’Etat à la société civile. Ils ont laissé entendre que l’affaiblissement de l’Etat était nécessaire à l’émergence d’une société civile, capable de prendre part à la réforme d’institutions politiques figées. La privatisation et la décentralisation ont été abusivement présentées comme permettant de renforcer l’esprit d’initiative des populations, leur autonomie et leur participation au développement de leur pays. Les réformes institutionnelles recommandées au nom de la bonne gouvernance ont donc été associées de manière quelque peu abusive à la défense de la démocratie. »

« Sous des allures idéalistes et utopistes, la gouvernance pourrait bien dissimuler le plus sournois des libéralismes » (MC Smouts)

-(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance

-(2) http://www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=31667

-(3) http://www.monde-diplomatique.fr/2001/06/CASSEN/15272

-4) http://www.institut-gouvernance.org/fr/document/fiche-document-36.html

-(5) http://www.er.uqam.ca/nobel/ieim/IMG/pdf/canet-mars-2004.pdf

-(6) http://www.france.attac.org/spip.php ?article832


"Le néo-positivisme nous parle de la « gouvernance », un vocabulaire politiquement châtré qui témoigne de ce qui s'accomplit sous nos yeux. L'idéal gestionnaire introduit l'équivalent d'un virus dans cette sorte d'ordinateur qu'on nomme l'État. Mais, qui dit État, dit Nation. Et, comme vous savez, les doctrines au service de l'individualisme triomphant, aussi triomphant que le Management, ont en abomination ces mots et les concepts qu'ils véhiculent.
En France, les hérétiques officiels ont fait fortune dans l'opinion intellectuelle, notamment avec ça. J'ai dans les oreilles une formule claironnée par Foucault (entendue en 2002 lors d'une rétrospective de France Culture), appelant de ses vœux (je cite) « le sabotage de l'État ». Cette prédication démagogique rejoint en fait les intérêts de l'ultra-libéralisme, qui fonctionne sur fond de casse subjective et sociale. Et le sabotage de l'État signifie dans la réalité relancer les poussées féodales à l'intérieur des vieilles Nations. " (P. Legendre) :
Sur la Globalisation, s'indigner n'est pas comprendre
(Éditions Ellipses): Gouvernance: une démocratie sans peuple ? :
"Omniprésent dans le débat intellectuel, le concept de gouvernance est aujourd’hui au cœur de toutes les stratégies publiques visant à nous faire entrer dans un autre temps politique ayant enfin rompu avec « la guerre de tous contre tous », pacifié, soucieux de consensus créateurs et partagés.

Séduisant par le fort parfum participatif qu’il exhale et la vision citoyenne qui l’inspire, ce concept n’en doit pas moins être interrogé, dans la mesure où il participe, à bien des égards, d’une démarche de déconstruction subtile de nos repères républicains fondamentaux."

-Le mot et la chose


Splendeurs hivernales

Dans le silence de l'hiver, je veux revoir ce lac étrange,
Entre le cristal et le verre où viennent se poser des anges.

Robert Charlebois


Le pire devant nous ?


-Crise financière : la peur s’installe
-Pas de 1929 en vue ! Mais une crise sociale assortie de mensonges

-Le grand krach financier est-il inéluctable ?
-Crise ou krach?
-contre-pouvoir.be : s'informer, c'est déjà agir
L’hyperlibéralisme nous conduit dans le mur
L’immobilier californien bouscule la croissance chinoise, par François Chesnais


"Ce dont il faut avoir peur, c'est de la peur elle-même" (Th. Roosevelt)

...Mais la peur n'est-elle pas aussi l'effet de dysfonctionnements économiques objectifs profonds qui engendrent perte de confiance dans les institutions monétaires et dans la monnaie elle-même, reposant sur la confiance ?...


"Je pense que votre analyse "économique" néglige, même s’il est évoqué sous l’angle du cout, l’aspect énergétique de la crise actuelle. (Posez-vous la question du rationnement quand il n’y aura plus assez d’énergie et vous verrez que le problème n’est pas une simple question d’argent et de cout.) Or d’où vient l’endettement américain aujourd’hui ? Il vient du fait que ce pays consomme le quart du pétrole mondial et est obligé de massivement importer son énergie à des couts qui vont croissants.

Vous suggérez que le discours catastrophiste est infondé et a pour but de masquer et de faire perdurer des inégalités sociales scandaleuses. Je ne vous contredirais pas sur le fait que le part croissante du capital par rapport au travail dans les économies des pays riches est une cause majeure des inégalités sociales et que c’est scandaleux. Mais vous auriez tord de minimiser les symptômes de la crise qui touche tout l’Occident et de faire de l’avidité des riches sa cause unique.

La crise de l’énergie est beaucoup plus profonde que vous ne semblez le penser. C’est une mise en cause fondamentale de notre modèle de développement parce qu’il n’y a pas aujourd’hui d’alternative crédible aux énergies fossiles. Et nos économies de pays riches ne peuvent survivre sans croissance économique (qui payerait les retraites et les intérêts des prêts ?), donc croissance de la consommation énergétique dans le modèle consumériste actuel.

La crise est là mais ça, personne ne veut le voir parce que l’avenir devient tout à coup très différent et très incertain ... Dedefensa.org appelle cela la crise de l’idéologie du progrès, qui est l’un des piliers sinon le pilier de notre civilisation."(D.Larchey-Wending -sur AVG) AGVD.Lar

Dedefensa.org:La fascination de la crise




mercredi 19 décembre 2007

Storytelling à la française ?



Instrumentalisés

"...Quid de l’image des politiques ? Certains nous diront que c’est génial un président décomplexé, direct, si transparent. On répondra que pour la transparence on repassera car tout ici est calculé, pesé, et que l’autorité et la responsabilité s’accommodent mal d’un excès de proximité. De toute façon l’idée est bien d’alimenter un feuilleton permanent, une machine dévoreuse d’images et de symboles. Pendant ce temps nous continuons à nous débattre dans l’immense essoreuse communicante qui nous aveugle. Pendant ce temps les vrais problèmes ne sont pas traités par la presse, mais à nous d’être vigilants et de parler sans relâche de la croissance si molle, du pouvoir d’achat qui est surtout de l’espoir d’achat en cette période, de la politique absurde de l’immigration, de la réforme, la vraie, des retraites à venir, de la timide politique de l’université, de l’Europe entre deux eaux." (Chem Assayag)

AgoraVox le média citoyen : Instrumentalisés
AgoraVox le média citoyen : Canards enchaînés
De Tipasa à Disneyland, les tribulations de la présidence Sarkozy
http://www.libelabo.fr/2007/12/17/%c2%absarkozy-transforme-la-vie-publique-en-feuillet
on%c2%bb/
Sarkozy, Blair et la communication : Anglosphères

AgoraVox le média citoyen : Les storytellings comme méthode de gouvernement

mardi 18 décembre 2007

Démocratie en péril ?

Un livre important:

L'hiver de la démocratie ou le nouveau régime


Fatiguée, la démocratie est menacée par un double péril: le populisme, marié à une «gouvernance» ignorant le peuple








Dans le nouvel essai, le politologue Guy Hermet fait un diagnostic attristé de l'état de nos démocraties. Où le peuple, désabusé, risque d'être progressivement mis à l'écart par un nouveau régime. Pas moins.



"Nous vivons dans une situation paradoxale. A priori, notre liberté est totale. Mais c'est une liberté faussée, soumise à une censure qui n'est pas extérieure, mais que nous avons tendance à intérioriser. Il y a des mots que l'on n'ose plus utiliser : voyez l'expression « souveraineté du peuple ». Pourtant liée depuis toujours à l'idée de démocratie, elle fut d'abord placée en exergue du projet de Constitution européenne, avant d'être exclue de sa version finale. Il y a d'autres mots, à l'inverse, dont on use à tort et à travers au point de ne plus savoir de quoi on parle, comme « citoyen » ou « républicain ». Notre liberté de parole est de plus en plus encadrée par une sorte de préservatif lexical qui garantit la « bonne » pensée. Nous ne nous en rendons pas forcément compte, d'ailleurs. Cela me fait penser à la « novlangue » évoquée par George Orwell dans 1984." (GH)

http://www.beta.paperblog.com/252111/livre-l-hiver-de-la-democratie-de-guy-hermet-ou-la-
pensee-europeenne-affaiblie/

"Qu’est-ce que la « gouvernance démocratique » ? Celle-ci a des applications discordantes ; la gouvernance d’entreprise, la gouvernance locale, la bonne gouvernance des pays en développement, la gouvernance mondiale ou la gouvernance européenne entretiennent des rapports très divers avec la démocratie. En plus, les rapprochements avec le néo-corporatisme ou le modèle consociatif sont peu pertinents. Reste alors une piste à explorer non sans une pointe d’humour : les régimes à pluralisme limité, définis par Linz par référence à l’autoritarisme franquiste. Ces régimes visent l’optimum de Pareto, en n’admettant dans le cercle du pouvoir que des acteurs cooptés illustrant certes un certain pluralisme, mais, comme dans la gouvernance, un pluralisme fermé aux acteurs dysfonctionnels non cooptés. Cette gouvernance autoritaire préfigure-t-elle le régime démocratique de l’avenir ? "(GH)

Vous avez dit "gouvernance"? :
Le piège de la gouvernance, par Bernard Cassen (Le Monde diplomatique)
http://www.institut-gouvernance.org/fr/document/fiche-document-36.html

Pour un new deal économique ?


L'Alternative Écosociétale :
(ouvrir le dossier téléchargeable)Manifeste_CIPMF.pdf

Propositions pour réguler l'économie de marché

"Le manifeste est d’abord « CONTRIBUTIF »
C'est un objet en devenir qui doit engendrer confrontations et controverses. Le paradigme que nous esquissons à grands traits ouvre des voies pour trouver des issues à la crise actuelle ; dans le « manifeste » elles sont abordées dans leurs grandes lignes. A ce stade il s'agit d’une démarche contributive pour que s'engage un débat sur les (ou des) actions à conduire à court, moyen et long terme. Il ne s’agit pas ici de prétendre à l’exhaustivité"

Le grand krach financier est-il inéluctable ?
Changer le monde et se changer par Jean-Marie Harribey

lundi 17 décembre 2007

Patriot Act : Orwell à nos portes ?


Mon royaume pour un cheval de Troie...
(Stéphanemot)

Le PATRIOT ACT permet a l’executif en place, sous couvert de lutter contre le terrorisme de placer sous ecoute (telephonique, informatique, etc ) n’importe quel citoyen americain, ou de procéder a des perquisitions ou detention provisoire. L’executif n’a pas a demander son avis a la justice pour procéder aux ecoutes, perquisitions ou detention provisoire du moment que le motif est le terrorisme, ni d’avoir une quelconque preuve. C’est donc une mesure completement arbitraire qui permet potentiellement a l’executif de surveiller qui il veut.(Adopté le 25/10/01 , pratiquement sans discussion au Congrès)

Signification et histoire:
Patriot Act ou la tentation du totalitarisme
Point de vue de juristes:
e-Juristes - USA Patriot Act

jeudi 13 décembre 2007

Emploi: modèle américain ?

Une alternative possible au "travailler plus"...?

"Jamais un Président français n’a autant admiré le "modèle américain" au moment même où, aux Etats Unis, beaucoup en critiquent la dureté. Sarkozy parle toujours du "plein emploi" américain. Je cite dans mon livre une étude de la Maison blanche qui montre qu’il y a tellement de petits boulots aux USA que la durée moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Certes, dans l’industrie, les gens sont à 41 heures en moyenne (c’est le chiffre que donne toujours le Medef) mais dans l’ensemble de l’économie, la durée moyenne est tombée à 33,7 heures, sans compter les chômeurs. C’est dire le niveau de précarité. Et une étude de BNP Paribas montre que ce "partage du travail" assez sauvage amène à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire: selon BNP Paribas, aux USA, seuls les 5% les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter depuis 5 ans. Ce n’est pas la LCR qui le dit, c’est la direction des études de BNP Paribas... Autrefois, 95% de la population profitait de la croissance. Aujourd’hui, seuls les 5% les plus riches en bénéficient. Un tel niveau d’inégalité devrait plomber la croissance (les 5% les plus riches ne peuvent pas faire 18 repas par jour). C'est uniquement en poussant les classes moyennes et les "pauvres" à s'endetter que les USA ont pu maintenir en même temps des bénéfices colossaux pour les actionnaires et un haut niveau de consommation du plus grand nombre.Mais cette fuite en avant a des limites. LA dette totale (privée et publique) atteint 230% du PIB aux Etats-Unis (et 340% avec la dette du secteur financier). Et beaucoup s’inquiètent du risque de récession liée à cette dette effarante (en 1929, la dette représentait "seulement" 140 % du PIB aux USA). Sarkozy admire le modèle américain et veut l’implanter en France au moment même où ce modèle risque de s’effondrer. Il est urgent que la gauche se réveille pour sonner le tocsin et dessiner très vite une alternative "(Larrouturou)

(Marsu-2 articles):
Travailler moins pour vivre mieux : pour un Nouveau Contrat Social ("Le livre noir du libéralisme" de Pierre Larrouturou)

http://forums.nouvelobs.com/1231/Pierre_Larrouturou.html (
Forums en archive)
Pour le travail en partage, par Pierre Larrouturou et Michel Rocard
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Larrouturou
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33255

Les dessous du Plan



Plan santé mentale et psychiatrie
(Eric Roux)
Psychiatrie à l'américaine?(
un autre" Vol au-dessus d'un nid de coucou" ?)

analyse politique francaise psychiatrie sante mentale decision psychiatrique en france
http://www.sud-sante.org/article383.html
http://www.droitshumains.ca/pdf/Communaute.pdf

mercredi 12 décembre 2007

Téléthon: alibi ?



Téléthon 2007, entre essoufflement et fin des illusions

Le point de vue de Jacques Testart

"La recherche en médecine est depuis toujours intimement liée à la notion de « progrès de l’humanité ». Mais cette vision aveuglante fait oublier que la thérapie génique, tout comme les OGM, a tendance à réduire la complexité du vivant en l'assimilant à une sorte de Meccano dont on pourrait changer les pièces. En suscitant de faux espoirs, la thérapie génique pourrait conduire à un échec d’autant plus douloureux qu’il aura été coûteux."

Philou 07:"
Depuis une quinzaine années, l’acquisition des connaissances, en particulier sur les cellules embryonnaires, a encore fait des progrès importants, mais l’application à la médecine est encore hypothétique et lointaine. Il faut se rappeler ce que nous avons vécu avec la thérapie génique, en créant, pendant des années, de faux espoirs pour les patients et les familles d’enfants atteints de maladies génétiques - myopathie, mucoviscidose,... Il faut modérer les annonces et les prises de position tapageuses"

http://jacques.testart.free.fr/site/index.php/texte755
http://infodoc.inserm.fr/histoire/Histoire.nsf/($All)/961934654B24D2F4C125737F0023A572?OpenDocument

Lisbonne: vraiment simplifié ?








Selon M. Giscard d'Estaing, « les gouvernements européens se sont mis d'accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu'elle soit plus facile à avaler ». L'ancien président de la Convention précisait encore le 23 octobre que « les propositions originelles ont simplement été dispersées dans les anciens traités sous la forme d'amendements ». Les changements sont en effet minimes : abandon de l'inscription des symboles européens (qui existent informellement) ; changement de nomination pour le « Ministre des affaires étrangères », remaquillé en « Haut représentant » ; abandon du vocabulaire constitutionnel… Mais le reste y est.
Traité européen : ils ont osé le dire...

Collectif du 29 mai - "Traité simplifié", haute trahison !
http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1040
http://www.marianne2.fr/Traite-de-Lisbonne-c-est-pas-signe-_a82020.html
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/12/une-haute-trahi.html
http://www.marianne2.fr/Europe-Nicolas-Sarkozy-a-perdu-le-combat-_a82028.html
Dupont-Aignan contre le «coup d'Etat simplifié» de Sarkozy
Traité européen : que s’est-il passé ?

mardi 11 décembre 2007

Chiffres bruts, réalité brutale


"La richesse nette des trois personnes les plus riches du monde dépasse le revenu national cumilé des 48 pays les plus pauvres et les 225 individus les plus riches possèdent une fortune cumulée de plus de 1000 milliards de dollars équivalent au revenu annuel des 47% les plus pauvres de la population mondiale." (Dupin)

Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):
Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.
Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépasse le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d’habitants
Les 225 personnes les plus riches disposent d’une fortune équivalente au revenu annuel cumulé des 47% d’individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.
Selon le même organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars) pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services élémentaires: santé, éducation, alimentation.

Rapport ONU - PNUD 1998 - disponible chez Economica, 49, rue Héricart, 75015 Paris

Autres chiffres:
122 entreprises sont à l’origine de 80% de toutes les émissions de dioxyde de carbone
Pour sa fabrication, un yacht de luxe nécéssite 200.000 heures de travail, soit 96 années de travail d’une personne (8 heures par jour, 5 jours sur 7). Ainsi, avec ce qu’il gagne en quelques jours, un milliardaire peut s’approprier la vie entière d’un autre être humain.
Aux Etats-Unis, les 100 plus importants PDG gagnent chacun en moyenne 1000 fois plus que leurs salariés "ordinaires"
La fortune personnelle de Bill Gates (50 milliards de dollars) est égale à la fortune cumulée des 106 millions d’Américains les plus pauvres...
Le budget militaire américain de la seule année 2004 a été de 480 milliards de dollars, ce qui représente une dépense de 27.342 dollars par heure depuis la naissance du Christ.
En 2002, George W. Bush a décidé une hausse des dépenses militaires de 40 milliards de dollars. Cette seule augmentation du budget militaire américain représente exactement la somme qui serait nécéssaire pour résoudre définitivement le problème de la faim dans le monde. (selon les estimations de l’ONU)- (Source:Le Monde)


http:// www.inegalites.fr/
USA : des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus pauvres



Vélo insolite à Berck

lundi 10 décembre 2007

Fin du dollar roi ?


Le problème des difficultés profondes de l'économie américaine dépasse celui du crédit, qui n'est qu'un symptôme. A terme, c'est la question de la pérennité du dollar roi qui est posée, pour plusieurs raisons. Quand un très libéral chroniqueur économique comme E.Le Boucher (Le Monde) annonce la fin probable de l'hégémonie de la monnais américaine, c'est que nous sommes proches d'une crise majeure:



"Le recul du dollar va-t-il s’accélérer et échapper à tout contrôle ? L’euro, aspiré comme un ballon, va-t-il monter sans limite à 1,55 ? 1,60 ? 1,70 ? Plus ? Comme le titrait l’hebdomadaire britannique The Economist la semaine passée, ce scénario noir flanque "la panique" dans les milieux financiers. Le krach du dollar n’est pas l’hypothèse la plus probable, mais elle n’est plus regardée comme impossible.

Depuis l’abandon de sa convertibilité en or, le 15 août 1971, le dollar a perdu plus d’un tiers de sa valeur vis-à-vis de l’ensemble des autres monnaies. La chute du billet vert ne date donc pas d’hier. Elle s’est déjà accompagnée de crises, notamment à la fin des années 1980, quand le sumo japonais semblait pouvoir bousculer l’Empire américain. Mais ni la dévaluation régulière ni les crises n’étaient parvenues à remettre en cause la suprématie du dollar comme pivot du système monétaire mondial.

Au contraire. Les économies émergentes d’Asie ou les riches pays du Golfe ayant, par commodité, accroché leur monnaie au dollar (le peg en jargon), on a pu dire que le système né des accords de Bretton Woods signés en 1944, mort justement le 15 août 1971, s’était de facto reconstitué. Hors l’Europe continentale, la planète était revenue à un quasi-monopole mondial, "une quasi-zone dollar", système que les économistes nommaient Bretton Woods 2.

C’est ce Brettons Woods 2 qui menace de voler en éclats. Le dollar fait l’objet d’une défiance d’origines multiples, immédiates et de long terme.

Le premier facteur est la faiblesse de l’économie américaine. Récession ou pas ? Martin Feldstein, ancien conseiller de Reagan, estime maintenant à 50 % les chances d’un plongeon. Larry Summers, conseiller de Clinton, croit à la récession et il prédit qu’elle sera longue, se prolongeant "au-delà de 2010". Pour donner de l’air, la Federal Reserve est tentée d’abaisser ses taux d’intérêt, mais avec réticence, car elle craint de rallumer les risques d’inflation. On parle aux Etats-Unis du retour de la stagflation - croissance faiblarde mais inflation menaçante - hydre assez terrifiante qu’on n’avait plus vue depuis vingt ans. Toutes ces perspectives ternissent salement l’éclat du dollar.

Deuxième raison, la crise des subprimes. On la croyait jugulée, elle est réapparue depuis une quinzaine, jetant un doute sur la solidité des banques américaines (quelle sera la hauteur véritable de leurs pertes ?). Et va-t-elle s’aggraver encore au début 2008 ? Tout cela n’est pas pour rassurer les investisseurs en dollars.

Troisième élément, plus connu mais plus lourd encore, le déficit de la balance commerciale. Il s’est un peu résorbé grâce à la baisse du billet vert, qui rend les produits made in America plus compétitifs. Mais il reste de 5,5 % du PIB: il faudrait encore beaucoup dévaluer pour que les comptes s’équilibrent.

Tous les ingrédients sont réunis pour que la glissade continue. Mais un facteur supplémentaire pourrait provoquer son accélération: le décrochage de la parité fixe adoptée par les pays émergents et, plus largement, le recours à d’autres monnaies de réserve et de paiement.

La Brésilienne Gisele Bündchen, top- modèle la mieux payée au monde, n’est pas la seule à vouloir un chèque "dans toutes les monnaies sauf en dollars", selon Forbes (la belle a démenti depuis ; elle accepte tous les chèques). Anne Lauvergeon, PDG d’Areva, veut elle aussi faire régler ses centrales nucléaires chinoises en euros. Le Venezuela et l’Iran refusent les dollars pour des raisons politiques. Certains Emirats du Golfe se sont interrogés pour finalement conserver officiellement le dollar. Mais que va faire la Chine, riche de 1 400 milliards de dollars ? Les pays émergents ont accumulé 3 000 milliards de dollars de réserve, les trois quarts du stock mondial. "Ce record historique traduit leur part croissante dans l’économie et la finance mondiale", souligne Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, mais montre, surtout, que "le pouvoir financier mondial" est passé entre leurs mains. Vont-ils se défier du dollar ? "Il n’est pas dans leur intérêt de s’engager dans des politiques agressives de diversification qui pourraient précipiter la baisse de la monnaie américaine et entraîner une dépréciation de leurs actifs", souligne Jacques de Larosière. Mais, "depuis 2005, une tendance à la diversification se manifeste". Les acquisitions d’entreprises par les "fonds souverains" des pays émergents font partie de cette stratégie.

Nous sommes "au début de la baisse relative de la place du dollar", résume le professeur Michel Aglietta. La seule contre-force, poursuit-il, serait que le déficit commercial se réduise vite, épuisant la dynamique première de l’affaissement du billet vert. Sinon, les détenteurs de dollars s’en déferont progressivement, en priant pour que ces ventes ne provoquent pas "la panique" sur les marchés de change.

Le dollar est détrôné, le monde monétaire multipolaire est né. Quel visage aura-t-il ? Sans doute passera-t-on par une période de changes flottants, selon Michel Aglietta. Dans ce cadre, pour que l’euro ne soit pas le seul à monter, il faudrait que l’Asie s’organise, mais l’union monétaire asiatique tarde. Il faudrait aussi, ajoute Jacques de Larosière, "que le FMI reprenne du poids et que Etats-Unis, Chine et Japon, les trois sources de déséquilibre, acceptent le jeu multilatéral". En attendant le monde monétaire post-dollar promet d’être ni plus stable ni plus juste." Eric le Boucher

Retour à l'étalon-or ? http://www.quebecoislibre.org/030927-10.htm

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7852






samedi 8 décembre 2007

Marché et infantilisation


Le capitalisme nous prend pour des enfants… que nous sommes devenus (B.Barber)

Consommateurs ou citoyens ?

"...l'infantilisme a assimilé les tendances utilitaristes et instrumentalistes de notre époque et s'en est servi pour démontrer les « vertus » supposées de la puérilité. Les tensions entre facile et difficile ont posé problème à toutes les sociétés, mais la nôtre est peut-être la première à voir les institutions adultes prendre parti pour le facile. Elles récompensent la facilité et pénalisent la difficulté. Elles promettent des profits à vie à ceux qui prennent des raccourcis et simplifient le complexe à toute occasion. Perte de poids sans exercice, mariage sans engagement, peinture ou piano par les chiffres sans pratique ni discipline, « diplômes d'université » par Internet sans suivre de cours ni apprendre, succès sportifs avec anabolisants et fanfaronnades. En politique étrangère, la noble stratégie mondiale du président Bush en faveur de la liberté se situe pleinement dans l'éthos de la facilité, car elle est faite de mots sans conséquences : guerre sans conscription, idéalisme sans impôt, morale sans sacrifice et vertu sans effort. L'exact contraire de l'éthique protestante : ce n'est plus « sans effort on n'a rien », c'est « on a tout sans effort ». Une vision du monde issue d'un rêve d'enfant, ou` il suffit de dire « je veux que ce soit comme ça » pour que ce soit comme ça. Un monde où, comme le penseur critique Slavoj Zizek l'a bien souligné, le marché consumériste propose des produits qui facilitent le choix – « des produits privés de leurs propriétés nocives : café sans caféine, crème sans matière grasse, bière sans alcool... le sexe virtuel comme sexe sans sexe, la doctrine Colin Powell de guerre sans victimes (dans notre camp, bien sûr) comme guerre sans guerre, et la redéfinition de la politique en gestion technocratique comme politique sans politique ...». (extrait)

Le consommateur-roi ne se contente pas d'être un grand gosse, c'est aussi un redoutable égoïste, supportant de moins en moins les compromis qu'impose la vie en société. La haine de l'Etat qui découle du tout-marché est hautement dangereuse, explique Benjamin Barber. « Quand on affirme aujourd'hui que seules les personnes privées sont libres, que seuls les choix personnels comme ceux que font les consommateurs sont autonomes, ces idées attaquent non la dictature mais la démocratie. » Dans un des chapitres les plus intéressants du livre, l'auteur dénonce la privatisation par le gouvernement américain de la plupart de ses fonctions régaliennes, notamment dans le domaine de la sécurité tant extérieure (l'Irak) qu'intérieure (après le passage de Katrina sur la Floride). Le gouvernement américain dépense chaque année 100 milliards de dollars (70, 27 milliards d'euros) de plus pour payer ses divers sous-traitants que pour payer ses fonctionnaires, note-t-il. « C'est la souveraineté elle-même qu'on externalise », dénonce Benjamin Barber, qui juge également qu'avec la privatisation de l'éducation, de la politique du logement ou des retraites, les Américains sont « moins un peuple qu'avant ».

Bien dit de la part de quelqu'un qui a (re)lu Rousseau...Une voix américaine qu'on n'espère pas isolée...

Culture McWorld contre démocratie, par Benjamin R. Barber (Le Monde diplomatique) : -à lire absolument (extrait ci-dessous)-

Repenser la démocratie selon Barber:
Démocratie forte

"...
Le gouvernement que l’on démantèle en notre nom est en réalité le seul garant de nos libertés et de nos intérêts communs. Le détruire, ce n’est pas nous émanciper, mais nous faire passer sous le joug des entreprises mondiales et du matérialisme consumériste. Cette évidence a d’ailleurs été admise par des conservateurs américains tels MM. William Bennett et Patrick Buchanan. Les marchés ne sont pas là pour faire ce qui incombe aux communautés démocratiques. Ils nous permettent, en tant que consommateurs, de dire aux fabricants ce que nous voulons. Ou plutôt ils permettent aux fabricants, via la publicité et la persuasion culturelle, de nous dire ce que nous voulons. En tout cas, ils nous empêchent de dialoguer entre citoyens pour discuter des conséquences sociales de nos choix privés de consommateurs. Le consommateur peut désirer une voiture capable d’atteindre 220 km/h, mais le citoyen voter pour une limitation de la vitesse qui économisera l’essence et préservera la sécurité sur les routes..." BARBER (Monde Diplo-extraits-)
Changer le monde et se changer par Jean-Marie Harribey
Robert Reich : le « supercapitalisme » menace la démocratie

Mythologies journalistiques ?



Des faits à l'information : réflexion sur un processus complexe et souvent occulté :

Les faits: la matière même du journalisme, les données à partir desquelles on élaborerait l'"information", construirait un éclairage sur le monde. Tout paraît simple: il y aurait les faits d'un côté, patiemment récoltés par une investigation minutieuse, dans le meilleur des cas, et ensuite la construction d'une interprétation de ces faits, aussi honnête que possible, là aussi dans le meilleur des cas. Ce schéma idéal est d'un grand simplisme, comme nous le montre P.Villach, à propos du projet de E.Plenel de fondation d'un nouveau journal en ligne:

"...
On retrouve, enfin, sous la plume d’É. Plénel les mêmes erreurs qu’il n’a cessé de propager avec sa profession dans le but d’acquérir un crédit à peu de frais. S’il convient volontiers que « le jugement, le point de vue, l’analyse ou le commentaire, l’analyse et l’engagement, l’expertise et la connaissance ne sont pas (la) propriété exclusive (du journaliste) », et qu’il se félicite de cette redécouverte, c’est pour aussitôt attribuer d’office au journaliste celle de la transmission des « informations », des « faits » et des « réalités ». Et revoilà revenues par la fenêtre la distinction fallacieuse entre « fait » et « commentaire » et la définition erronée de l’information présentée comme « un fait », base erronée d’« une théorie promotionnelle de l’information » répandue par les médias depuis des lustres.

- É. Plénel n’a pas varié sur ce point, au moins depuis son ouvrage La Part d’ombre publié en 1994. La rédaction du Monde dont il était le directeur, reprenait huit ans plus tard une même conception du journalisme dans la brochure L’Esprit du Monde en janvier 2002 : « L’information du Monde doit être honnête et équilibrée, lisait-on. Cela signifie en premier lieu qu’elle doit être scrupuleusement dissociée du commentaire : priorité doit être donnée à l’établissement des faits, aussi impartialement que possible, sur le jugement que ceux-ci suscitent ». Le Monde, était-il ajouté, « a naturellement pour but de permettre aux lecteurs de faire le tri entre ce qui relève des faits, qui doivent être considérés comme sacrés, et ce qui relève du commentaire, libre par définition ». Les révélations de Laurent Mauduit, évoquées plus haut, montrent l’usage qui peut être fait de ses professions de foi, la main sur le coeur !

- Interrogé par la revue Médias (n° 3) en décembre 2004, après sa démission, E. Plénel, lui-même, répétait invariablement ce « credo » : « Un bon journal, c’est d’abord un journal honnête. Un journal dont je connais les règles de production, qui ne me fourgue pas une marchandise clandestine, qui ne mélange pas l’information et le commentaire, qui ne biaise pas, qui ne ment pas par omission, qui vérifie ses informations, n’oublie jamais de les sourcer et s’efforce de les contextualiser (...) »

- Au martèlement de l’erreur doit répondre celui de sa correction. On ne répétera jamais assez que l’on n’accède jamais à « un fait » par ses médias (les cinq sens, les postures, l’apparence physique, les mots, les silences, les images, les diverses prothèses électroniques, etc.) - qui par nature s’interposent entre soi et la réalité. Ainsi une information n’est- elle pas « un fait », mais « la représentation d’un fait plus ou moins fidèle qu’on garde secrète, livre volontairement ou extorque, selon ses intérêts » : autant dire qu’ « un fait » est indissociable du « commentaire » qui le livre, et qu’on ne peut l’en extraire comme on tire le radium de la pechblende. Le journaliste peut bien enquêter sur le fameux « terrain », comme aime à dire É. Plénel et ses collègues. Ce qu’il en rapportera pour autant, ne sera jamais « le terrain », mais « une carte » de ce terrain plus ou moins fidèle, selon le mot de Paul Watzlawick, disparu en mars dernier. Pour le lecteur qui veut en savoir plus, il suffit qu’il se reporte à plusieurs articles précédents qu’on a publiés sur Agoravox, et en particulier « La leçon tragique de journalisme de Géraldine Muhlman sur France-Culture » ou « Si le JT n’est ni de l’information ni du journalisme, alors qu’est-ce que c’est ? ».

On souhaiterait que les promoteurs de ce nouveau journalisme comprennent que c’est leur propre avenir qu’ils engagent dans le choix d’ « une théorie de l’information » qui arme ou désarme leurs lecteurs ou auditeurs contre la crédulité. Ils ont tout à gagner à long terme à mettre sur la table les contraintes d’airain qui s’exercent sur « la relation d’information » au lieu de ruser une fois encore. Contre la pression implacable exercée sur l’information par la contrainte des motivations de l’émetteur et par celle des médias, comme l’emprise des « ressources » (propriétaires et annonceurs), un lectorat averti est un bouclier plus sûr qu’une simple profession de foi déontologique.

É. Plénel et l’équipe de Médiapart s’inscrivent, disent-ils, dans la lignée d’Albert Camus, animateur du journal Combat, issu de la Résistance, décidément très sollicité aujourd’hui. Comme lui, soutiennent-ils, ils ont l’ambition « à (leur) place et pour (leur) faible part, (d’) élever (le) pays en élevant son langage ». La première preuve de cette volonté d’ « élévation du langage » ne commence-t-elle pas par l’abandon des erreurs d’ « une théorie promotionnelle de l’information » qui n’a que trop désorienté jusqu’ici les citoyens ? L’École qui s’est toujours refusée à cette correction, serait, après, bien obligée de suivre." (Paul Villach):


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32674
A propos du JT :(P.Villach):http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32374
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32865

Nouvelles formes de désinformation: http://www.huyghe.fr/actu_488.htm


jeudi 6 décembre 2007

L'implosion à nos portes ?


BELGIQUE • Il est déjà trop tard pour sauver le royaume
(Courrier International)
Dramatisation orchestrée ou menace rélle ?

Un peu d'histoire:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8mes_communautaires_en_Belgique

Point de vue:

La scission en régions toujours plus petites va déboucher sur une intensification de la lutte concurrentielle entre les petits États.

On assiste aujourd'hui, tant en Belgique qu'en Europe, à une course à mort afin d'attirer les entreprises et les gens bien nantis en réduisant (voir même en supprimant ) l'impôt sur les sociétés et sur les fortunes. Une autre manière consiste à réduire les droits de succession.

Outre la division au sein du mouvement ouvrier, la stratégie de la Warande sert donc à libérer le capital de la région la plus riche de la solidarité avec les régions à la traîne. La même stratégie est actuellement suivie sur le plan européen par les fractions les plus fortes de la bourgeoisie, surtout dans les régions les plus riches.

Elles sont organisées dans un réseau qui s'emploie en faveur d'une «Europe des Régions» tendant à faire reconnaître des régions ethniquement homogènes comme régions officielles au sein de l'Union européenne. Pour ce faire, elles bénéficient du soutien de l'aile droite de la bourgeoisie allemande et, entre autres, d'Otto de Habsbourg, que l'on trouve à la tête du fameux «groupe de Locarno». La Warande est l'homologue flamand de ce groupe1.

Pour une partie du grand capital, le nationalisme n'est qu'un moyen, via le démantèlement des grands États européens existants, d'encore renforcer l'emprise des multinationales sur la société et de saper les mécanismes de solidarité entre régions riches et pauvres de l'Europe. Ainsi, il existe déjà des amorces de collaboration entre la riche Italie du Nord de la Lega Nord, la Bavière et le Bade-Wurtemberg, en Allemagne, et l'Autriche. Et ce, par-dessus les frontières nationales." (Lerouge)

In de Warande en françaishttp://destexhe.blogs.com/dossier/2006/06/in_de_warande.html

La Belgique, laboratoire de l'Europe de demain?:
AgoraVox le média citoyen : Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’Etat nation

Retraites: Logique purement comptable ?







La France vieillit et le rapport actif/inactif menace le système de retraite. Voilà, résumé, le prêt-à-penser qui inspire les partisans de la réforme du système de retraite.

Avant d’entrer dans les faits démographiques, il faut rappeler que, dans le monde, on peut distinguer deux systèmes concurrents : la répartition et la capitalisation. Ces deux systèmes sont également sensibles aux bouleversements démographiques, et la question de savoir si la rentabilité de l’un ou l’autre est meilleure dépasse le cadre de cet essai. Notons simplement que la répartition est un système hors marché, un Eldorado dont le marché se voit interdire l’accès. Cependant, le marché peut se rattraper en proposant toutes sortes de produits de complément, capitalisant sur l’angoisse du futur et sur des pensions insuffisantes. Il se pourrait que cela soit l’option retenue en France.

La France vieillit, donc. Un trimestre par an, depuis un demi-siècle, par l’accroissement de l’espérance de vie après 50 ans. Mais, ces vieux ont eux aussi changé. Ils sont en meilleure santé. Un homme de 50 ans ne peut plus être considéré comme vieux, sauf par le patronat, qui en fait la cible principale des licenciements. Je reviendrai là-dessus plus loin.

Un autre phénomène vient compliquer la compréhension du problème. Le baby-boom et son corollaire, le papy-boom. Ce papy-boom viendra à voir ses effets s’atténuer progressivement à l’horizon 2035. Ce sont les conséquences lointaines du conflit de la Seconde Guerre mondiale. Il est donc important de comprendre que toutes les projections qui se limitent généralement à l’horizon 2040 intègrent ce papy-boom sans le distinguer de l’accroissement de la longévité, ce qui n’aide pas à la clarté du débat.

Débat encore obscurci par la comparaison avec les autres pays européens. Ceux-ci, notamment l’Allemagne, connaissent une véritable implosion démographique, qui n’est pas le cas de la France avec pourtant l’immigration la plus faible d’Europe. Enfermer le débat dans un cadre européen c’est donc comme fixer des normes de chauffage identique pour la Suède et l’Espagne.

De plus, les prédictions démographiques se sont régulièrement trompées. Personne n’avait prévu le baby-boom. Personne ne sait vraiment pourquoi le taux de remplacement de la population est positif en France. En ce qui concerne l’espérance de vie, prendrons-nous le chemin japonais avec des vieux en bonne santé, ou le chemin américain avec l’explosion des maladies liées à l’obésité ? Comment connaître aujourd’hui l’espérance de vie d’un quiquagénaire, sinon qu’en prolongeant des courbes, sinon qu’avec des a priori idéologiques, ou, pire, sous la pression experte des assureurs ?

Et, pendant que nous débattons avec des arguments bâtis sur le sable de la science démographique, les entreprises licencient leurs quinquagénaires. La France est le pays où la proportion d’actifs/inactifs entre 55 ans et 65 ans est la plus faible au monde. La souffrance au travail du travailleur lié à des tâches répétitives augmente dangereusement, souffrance aussi du cadre dépassé, troubles musculo-squelettiques, dépressions, et consommation élevées d’antidépresseurs, symptômes évidents d’un mal-être au travail.

Peut-on encore penser que reculer légalement l’âge de la retraite, augmenter simplement la durée de cotisations sont des solutions ? Je crois que non, pire, que ces pseudo-solutions ne feront qu’augmenter le mal-être, paupériser encore plus de larges pans de la société et, accessoirement, enrichir le secteur des assurances.

La vraie question est dans l’obsolescence des savoirs. Un quinquagénaire a bien sûr de l’expérience, mais ses savoirs ont vieilli. Essayez de trouver du travail à 50 ans, vous verrez. Quand une personne a une formation ancienne, elle coûte plus cher et elle a un moindre rendement. Les patrons ne sont pas (tous) des monstres !

Il faut donc réformer l’enseignement, offrir à tous à mi-vie une deuxième période de formation, quitte à raccourcir la formation initiale.

Nous sortirons alors d’une logique purement comptable de la société.(Le Péripate)


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32601
Défendre le système de retraite par répartition: http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32536 (S.Reboul)