Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 13 octobre 2008

La fin d'un cycle ?









La fin de la présidence de George Bush coïncide avec la fin d'un cycle économique : celui ouvert en 1981 par Ronald Reagan, selon lequel "l'Etat n'est pas la solution. Il est le problème".

L’inégalité des revenus, cause des bulles spéculatives

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"Tant que les responsables et leurs conseillers n’auront pas quitté le cadre théorique et idéologique du néolibéralisme non seulement ne pourront-ils pas porter remède aux raisons profondes de la crise, mais encore seront-ils peu crédibles dans la lutte contre les effets immédiats de cette dernière. On ne met pas en œuvre une nouvelle stratégie avec ceux qui ont été à la base de l’échec. La crise actuelle n’est pas un simple mouvement du cycle des affaires. Elle met en cause des éléments bien plus fondamentaux"(J.Sapir)_________________

"Les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement." (IW)
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"Le capitalisme touche à sa fin":

"...Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d’histoire du système capitaliste.Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s’endettent, massivement. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière partie d’une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l’économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd’hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation.La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l’économie-monde" créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !...

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d’un cycle politique, celui de l’hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l’Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l’Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l’on s’en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s’imposer. Mais j’ignore lequel.En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n’oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés..." (Immanuel Wallerstein)

-Nous vivons la fin d’un cycle et d’un modèle économiques
-Fin d'un cycle - HUSSON(Objet application/pdf):
"...L’hégémonie des Etats-Unis a ceci de paradoxal qu’elle reposait, depuis
deux décennies, sur l’importation et non sur l’exportation de capitaux,
contrairement à toutes les définitions classiques de l’impérialisme. Aucun
autre pays n’aurait pu se permettre un tel déficit commercial sans se heurter
à une crise de sa monnaie, et c’est bien la position de puissance dominante
qui a permis aux Etats-Unis, sur la dernière période, de laisser baisser le
cours du dollar. On peut donc parler de la « baisse impériale du dollar » en
ce sens que, sur la période récente, la force des Etats-Unis s’est mesurée à la
faiblesse de leur monnaie, imposée au reste du monde. Outre le fait que le
dollar fonctionnait comme monnaie mondiale, il pouvait y avoir dans cette
situation des déterminations plus objectives : la stabilité des placements
offerts, notamment les bons du Trésor, les rendements relatifs et les gains de
productivité.
Mais tout cela est terminé. On ne peut donc compter sur une dépréciation
supplémentaire du dollar pour équilibrer la balance des paiements des Etats-
Unis, et son sort dépend désormais des Banques centrales des pays à
excédent. Pour réduire cette dépendance, il faudra résorber le déficit
commercial, ce qui implique sans doute une dose de récession, et en tout cas
un ralentissement durable de la croissance. De ce point de vue, le principal
résultat de la crise des subprimes est d’avoir mis un point final définitif au
mode de croissance des Etats-Unis mis en place à l’époque de Reagan, dans
toutes ses dimensions, et en particulier l’essor de la finance et le creusement
des inégalités. Toute l’analyse qui précède conduit à établir une sorte de
théorème : puisque le déficit US s’explique en dernière instance par la
surconsommation des riches, le déséquilibre extérieur ne peut être résorbé
que si est mis un terme à l’énorme détournement de richesse dont ils
bénéficient. En d’autres termes, la crise bancaire débouche sur une crise
sociale, et sur une remise en cause de la mondialisation libérale."

-Fin d'un certain capitalisme ?
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