Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 1 décembre 2008

INDE: le médiatique et l'invisible



Il y a ceux dont on parle et ceux dont on parle pas...

-.La faim tue encore en Inde
-200 millions d’Indiens souffrent de la faim

Bombay : l'horreur !

On en est réduit à des hypothèses...

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Derrière les attentats en Inde
-Bombay : les services pakistanais sous le feu des projecteurs
-Attentats Inde - Recherche Google-
-Emeutes ethno-religieuses en Inde-
-Les attaques de Bombay ou le 11-septembre indien
- Histoire de l'Inde.
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"Mira Kamdar, auteure d'un best-seller très documenté sur l'Inde, Planet India, décrit le fantastique développement qu'a connu le pays, mais aussi la frustration de certaines franges de la population, qui n'ont pas profité de cet essor économique. Elle se dit particulièrement inquiète, à quelques mois d'élections nationales cruciales : «Le pire scénario serait la victoire, au printemps, du parti nationaliste hindou», assure-t-elle. " (Media Part)

________"...L'auteur évoque, en même temps, une autre Inde. Celle qui se bat pour apporter les bénéfices du XXIe siècle aux huit cents millions d'Indiens qui vivent avec moins de deux dollars par jour. Alors que l'élite urbaine et les propriétaires terriens profitent pleinement du boom économique, des millions de paysans luttent encore pour leur survie. Plus de 60% de la population de Bombay habite soit dans la rue soit dans des bidonvilles. Et, signe d'épuisement des ressources naturelles, dans une grande partie des villes indiennes dont Delhi, Mumbai et Chennai, des camions-citernes approvisionnement partiellement les foyers. Quel que soit le problème auquel pense l'Occident - réchauffement climatique, fracture sociale ou crise énergétique -, l'Inde, avec son énorme population et sa croissance rapide, se voit déjà confrontée à ces défis"____________

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INDE : la République de la Faim
"...la plupart des forçats ici présents sont des paysans sans terre ou des fermiers ruinés tel mon voisin de tranchée Chhaya Baban Kalam qui manie avec dextérité un marteau de 8 kilos. Il possédait quelques hectares de terre en Andhra Pradesh. Dans les années 90, le gouvernement indien incita les fermiers à changer leur culture vivrière contre la culture du coton. Le marché était prometteur. L’Inde exportait 34 000 tonnes de coton brut.Pour ce faire, Chhaya emprunta beaucoup d’argent aux banques. Patatrac ! En 1996, le marché s’effondra ; Chhaya dut vendre à perte ses terres — et même emprunter aux "sahudar" (usuriers locaux) pour contenter les requins des banques... « Jusqu’à 60% d`agio ! Tu te rends comptes », me dit-il.C’est à ce moment-là qu’une étrange épidemie de suicides gagna l’ensemble des villages d’Andhra Pradesh et, par contagion, les États voisins. Les chefs de famille se donnaient la mort tous de la même manière : ils avalaient les pesticides achetés avec l’argent des banques.Babu Singh, le chômeur penjabi, se souvient : « On mélangeait de petites doses de pesticide à de l’alcool, au Penjab ; on oubliait ainsi la répression et les créanciers... » Pour lui, nombre de morts "accidentelles" par overdose ont été maquillées et comptabilisées par les bureaucrates comme "suicide".Un historien indien remarque que cette vague de suicides est sans précédent dans l’histoire du sous-continent ; il compare la crise du coton actuelle avec celle de 1861 : à l’époque, l’effondrement des cours mondiaux avait entraîné la ruine des paysans d’Andhra Pradesh ; mais les paysans, unis et organisés en Kisan (syndicat), avaient répliqué par la violence contre l’État colonial et les banques ; ils avaient brulé les livres de compte et massacré les sahudar et leurs goondas. La révolte est connue sous le nom de Decan Riots.Aujourd`hui, les paysans tournent la violence contre eux-mêmes..."
-Combattre la faim en Inde
- Agriculture et alimentation de l’Inde
-La pauvreté en Inde : une question de castes ?

- La mort du riz en Inde
-Faim et mondialisation
-Main basse sur l'agriculture:
"...Plutôt que de « libre » échange, estime Vandana Shiva, l’illustre défenseuse des agriculteurs indiens, il faudrait parler de « commerce forcé », au détriment des marchés locaux et nationaux. Et en fait de lutte contre la faim, on a plutôt le sentiment d’assister à la prise de contrôle de l’agriculture mondiale par un petit nombre de groupes agroalimentaires qui contrôlent les filières de la semence à la distribution, en passant par toute la gamme de produits phytosanitaires, la production, le transport, le stockage. Aujourd’hui, dix d’entre eux détiennent 32 % du marché des semences et 100 % de celui des semences transgéniques. Nestlé détient 50 % du marché international de poudre de lait, Cargill et Adm, les trois quarts de celui des céréales. De véritables empires bâtis sous la bannière de l’idéologie ultra-libérale.
Pour le plus grand bien de l’humanité bien sûr. Monsanto, numéro un de l’industrie biotechnologique qui a mis en place une fondation de soutien aux paysans, cite Gandhi et se réclame de l’agriculture durable, avait déclaré voici quelques années dans une publicité que pour résoudre l’équation de la faim, de l’érosion des sols, de la pression démographique, « les biotechnologies appliquées à la production alimentaire représentaient la meilleure solution d’avenir ».
Le langage à usage interne est moins altruiste : « Livrons en même temps le pipeline et l’avenir », déclarait en janvier 2001, un de ses hauts responsables. Évidemment les firmes agro-alimentaires ont surtout les yeux rivés sur la maximisation de leurs profits et s’attachent donc à rendre les clients dépendants. Elles ont développé pour cela des semences stériles, obligeant les agriculteurs à se réapprovisionner chaque année auprès d’elles, ou d’autres, pour le blé ou le soja, associées à l’herbicide qu’elles produisent (le Roundup en particulier), dont la vente est obligatoirement liée par contrat.
Résultat : les paysans perdent la maîtrise de leurs semences et de leurs modes de production. Et s’endettent. « L’agriculture dont le rôle était de produire des aliments nutritifs et variés, devient un marché pour les semences génétiquement modifiées, les herbicides et les pesticides. Tandis que les paysans cessant d’être des producteurs, deviennent de simples consommateurs de produits à usage agronomique brevetés par les firmes », conclut Vandana Shiva..."
>>Vandana Shiva et la démocratie de la Terre

-Corruption indienne : les plus démunis montent au créneau
-L’envers des miracles chinois et indiens
-HOLOCAUSTE COLONIAL OUBLIÉ : 29 MILLIONS DE MORTS EN INDE ET AU KENYA

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