Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 10 octobre 2009

Prophétisme écologique?



Hulot: un "brûlot" trop médiatique ?

Symptôme de l'écologie en crise

Sans partager les diatribes de C.Allègre, qui se croit informé, on peut s'interroger sur les limites d'une écologie-spectacle qui en reste à l'incantation et aux bonnes intentions..
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-"Pourquoi l'écologie politique échoue-t-elle à convaincre ? Peut-être parce que, comme le film de Nicolas Hulot, elle cherche encore son style politique : voulant faire rêver d'un monde meilleur, elle ne parvient qu'à faire peur avec une autre fin du monde possible".(J.Lindgaard)

-"Ce n’est pas à votre personne que nous en voulons mais à l’offensive idéologique dont vous êtes le cheval de Troie le plus abouti. Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. Vous êtes d’autant plus efficace que vous en semblez totalement inconscient. L’idéologie dont vous êtes le vecteur conduit à dépolitiser l’enjeu écologique et la réflexion sur le productivisme. Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète.Vous déclarez vouloir transformer la société de l’« intérieur » mais vous abusez vos contemporains. Vous leur parlez en fait de l’intérieur des sociétés multinationales qui vous financent et non de l’intérieur de la démocratie. Votre totale inconscience du jeu des rapports de force politiques vous conduit à rejeter dans une position extrémiste ceux qui s’engagent à faire reculer démocratiquement le danger que font peser les multinationales sur notre société, notre démocratie et notre environnement. Votre discours de consensus, en fait fusionnel, recouvre un véritable déni du politique en refusant un clivage entre le pouvoir et l’opposition pourtant consubstantiel de la démocratie."
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-Pin-Pon! Voilà «Le Syndrome du Titanic», cinéma pompier de la planète | Mediapart:
"Une femme aveugle dans une gare abandonnée, son nourrisson dans les bras. Un recycleur dans une décharge de Lagos. Un vieux couple dans un quartier de Shangai en voie de destruction. Pourquoi sont-ils là ? Qu'espèrent-ils de leur vie ? Comment s'appellent-ils ? On ne sait pas. Ce sont pourtant des personnages importants du nouveau film de Nicolas Hulot, Le Syndrome du Titanic (sortie en salles le 7 octobre).-Que penser d'un documentaire qui ne donne pas la parole aux personnes qu'il filme ? sans toujours en situer la géographie. Parcourt une partie du monde – Chine, Japon, Hong Kong, Emirats arabes Unis, Liban, Nigeria, Guinée, Djibouti, Etats-Unis, Brésil, comme on l'apprend avec le générique de fin – avec pour seul guide la voix off d'un homme occidental ? Accumule les images chocsAvec en fond sonore, une musique qui fait peur...
Une curieuse atmosphère se dégage du Syndrome du Titanic. Images doloristes : la pietà aveugle de Conakry, un SDF sur le trottoir de Tokyo. Humanisme paysager, avec des effets de caméra oscillant comme un pendule de l'intérieur du corps humain vers le grand espace intersidéral. Une touche de théorie de Gaïa avec une vision anthropique de la nature où l'eau fluviale ressemble au sang de la Terre. Un discours altermondialiste dénonçant la marchandisation de la vie. Beaucoup de musique. Des aphorismes sortis de nulle part : « l'homme est grand sous la contrainte », « replacer la civilisation dans la matrice de la tendresse ». Des citations de grands hommes du XXe siècle (Gandhi, Oppenheimer, Yunus) comme inscrites au frontispice d'un panthéon global.Cela ressemble à : une tribu africaine seins nus au supermarché, un vieil homme dans une cage dortoir, une vieille Américaine dormant dans une voiture engloutie sous les ballots et les sacs en plastique. Des allégories lourdes de sens exacerbées par un style clinquant. En histoire de l'art, on appelle cela le style pompier.
A certains égards c'est l'anti Home, le film de Yann Arthus-Bertrand qui auscultait la planète depuis les airs en se concentrant sur ses paysages naturels. Mais c'est aussi l'excès inverse : les gros plans sur les visages silencieux, les regards tristes. La contemplation de la douleur humaine. Le Syndrome du Titanic s'achève sur une longue scène de SDF à Los Angeles. Une femme parle toute seule. Un jeune homme dérobe un paquet. Un petit groupe se forme dans la rue à la tombée de la nuit. Pas vraiment de rapport avec le changement climatique ni l'épuisement des ressources naturelles.Mais au diapason du film. Car ces silhouettes de vagabonds à la dérive dans une mégapole vidée de ses habitants évoquent un autre imaginaire, celui d'un monde d'après l'Apocalypse. En attente du Jugement dernier. Millénariste, le film de Nicolas Hulot ? Par moments. Born again ? Certainement. L'écologiste en fait des tonnes dans le registre de la conversion et de la contrition : « je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu », « moi aussi je suis un enfant de cette société de consommation », « où est l'humanité que j'ai aimée? Etait-ce une chimère ? ». Jamais formulé de front, l'imaginaire religieux scintille tout au long du film.
-Pour dire quoi au final ? « Que chacun se convainque lui-même que la mutation radicale est inévitable et souhaitable, et que dès lors elle peut se mettre en marche », explique Nicolas Hulot. Une interpellation politique et un message d'espoir, veut-il donc croire. Mais un film aussi planant peut-il avoir des effets pédagogiques ? Le capitalisme dénoncé est déréalisé, désincarné. Sans histoire et sans acteurs. Sans conflit d'intérêt et sans confrontation avec les systèmes politiques. Inexpliqué. Difficile alors d'imaginer réellement le détrôner.Pourquoi ne croyons-nous pas à ce que nous savons, se demande le philosophe Jean-Pierre Dupuy dans Pour un catastrophisme éclairé, Quand l'impossible est certain (2004). Dans son livre, il cherche à comprendre pourquoi l'acquisition de connaissances scientifiques sur les dangers qu'encourt la planète ne suscite pas d'action à la hauteur de ce qui devrait être entrepris. La question taraude les écologistes de par le monde, de plus en plus inquiets de l'échec annoncé du sommet du climat de Copenhague en décembre prochain.Pourquoi l'écologie politique échoue-t-elle à convaincre ? Peut-être parce que, comme le film de Nicolas Hulot, elle cherche encore son style politique : voulant faire rêver d'un monde meilleur, elle ne parvient qu'à faire peur avec une autre fin du monde possible.

-Jean-Pierre Dupuy: »Nous ne croyons pas ce que nous savons.»

-Le syndrome des éco-tartuffes - AgoraVox:
"...il s’agit de démasquer le père du pacte écologiste , cet inlassable arpenteur du monde qui ne se sera privé ni de décliner à l’infini nombre de produits estampillés de ce doux nom venu des terres australes sud-américaines, ni de vampiriser les messages contenus dans la pensée écologiste. Mais il revendique sa liberté notre thuriféraire de la « télé-écologie », et rien ne saurait l’empêcher de distiller son message tel un évangéliste habité par une foi aussi puissante que récente. Il y a urgence s’écrie t-il tout au long de son documentaire puisque la planète Titanic fait naufrage alors que seule une infime partie de l’humanité - ce qui n’est par ailleurs pas clairement énoncé par l’auteur - continue à danser sur le pont de l’embarcation, alors qu’une majorité d’humains travaille dans la salle des machines, ou bien reste contenue en troisième classe du navire. C’est ici que le bât blesse, puisque notre Hérault figure parmi les invités notoires de ce grand bal morbide. Que n’a-t-il réellement fait pour élargir la liste des participants et abolir les classes qui séparent tous les voyageurs du navire Terre ? Certes, il chante les mérites de la sobriété par écrans interposés, tout en continuant à constituer un matelas de plus en plus épais ; il vante les vertus du partage tout en persistant à accumuler bonne fortune ; il dénonce haut et fort les dérives du capitalisme tout en s’immisçant dans ses rouages les plus intimes ; il prône la limitation de vitesse alors qu’il ne se déplace qu’en première classe ; bref, il se nourrit de l’écologie alors qu’un milliard d’humains meurent de faim ! Mais qu’elle importance, puisque tout cela n’est pétri que de bonnes intentions, et à quoi bon se joindre à tous ces intégristes de la décroissance, tous ces fous qui veulent mettre à mal le seul système économique pertinent que l’on connaisse, alors qu’il suffit d’y ajouter un zeste d’écologie pour que la mécanique perdure ainsi de longues décennies durant."
-Ushuaïa, le label Hulot certifié 100 % rentable
-Institut d'Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable

-Copenhague: vers un suicide écologique? | Mediapart:
"Cela ne fait pas la une des journaux, mais la conférence de Copenhague est probablement déjà un échec. Non seulement il n'y a pas de gouvernance mondiale, mais il semblerait que nous allons tout droit vers un suicide écologique.«Copenhague, c’est le rendez-vous de l’Humanité», affirmait Jean-Louis Borloo, ministre français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, peu avant la deuxième réunion de préparation du Forum des économies majeures (FEM), que Paris accueillait les 25 et 26 mai derniers.-Le FEM est un moyen de faciliter «un dialogue franc et ouvert entre les grands pays développés et les pays en développement, afin de donner l’élan politique nécessaire pour l’obtention d’un accord ambitieux sur le climat à Copenhague», résume un communiqué de Jean-Louis Borloo et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.(http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/un-pas-plus-dans-lutte-contr...)Et bien le FEM c’est réuni en marge du G8 hier.Je me contente de citer un autre communiqué, parce que je me sens vraiment fatigué d’écrire des mauvaises nouvelles.
Selon l'AFP, les grandes économies mondiales regroupée au sein du Forum des Economies Majeures (MEF) auraient, d'ores et déjà renoncé à s'engager sur un objectif de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. En effet, le projet de déclaration finale évoquerait l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C maximum d'ici à 2050 mais aucun objectif quantitatif en matière de CO2.Or selon les experts du GIEC cette limitation à 2°C nécessitera nécessairement une réduction de 50% des émissions de GES (Gaz à effet de Serre). C'est un suicide écologique. Pour garder de bonnes chances de limiter le réchauffement global à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels (fin 18è siècle), il faut au moins diviser les émissions mondiales par deux d'ici 2050 et plus sûrement par trois, par rapport à 1990, a rappelé à l'AFP Jean Jouzel, climatologue et glaciologue français et co-lauréat au titre du GIEC du Prix Nobel de la paix 2007.Pour la fédération d'association France Nature Environnement, cette annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre et signifie la mort du sommet de Copenhague. Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement met en cause la conduite des négociations : nous sommes en colère car nous réclamons depuis longtemps une vraie réflexion sur la manière de négocier avant même de s'interroger sur le contenu des négociations. Cela fait des mois que nous tirons la sonnette l'alarme sur le problème de la gouvernance démocratie de ces négociations. Rien n'a été fait ! , a-t-il déclaré.
Le Forum des Economies Majeures comprend le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), le G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique), la Corée du Sud, l'Australie et l'Indonésie. Autrement dit, les pays représentant 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Il doit poursuivre ses négociations le jeudi 9 juillet mais l'absence du Président chinois, parti précipitamment pour cause d'émeutes dans une province de Chine, ne permet pas d'envisager de nouvelles conclusions.
http://www.actu-environnement.com/ae/news/FEM_objectif_reduction_ges_786...Il est plus que temps de ce bouger ? Non ? (Pol)

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-L'écologie: juste cause ou alibi?

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