Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 30 novembre 2009

Viande à gogo


Où nous mène la consommation excessive de viande ?


A lire de préférence après le repas...



-Lisez "Bidoche", vous mangerez moins de viande...ou vous en mangerez autrement
Et allez voir ce film:Food, Inc : bientôt dans vos assiettes ? - AgoraVox

-Annuellement, un Etats-Unien consomme 124 kg de viande, un Européen de l'UE 89 kg et un habitant des pays du Sud 5,5 kg.
La Chine n'a actuellement pas plus de vaches que la France, l'Inde pas plus de porcs que nous.Qu'en sera-t-il quand ces pays modifieront leur habitudes alimentaires?
-Si la France est à ce point sourde et aveugle, c’est que l’agriculture industrielle y fait la loi depuis 1945. Un lobby d’une puissance exceptionnelle s’est installé au cœur même de l’État et ne cesse d’empêcher toute évolution qui remettrait en cause les places et rentes acquises. Ce livre plonge au cœur des mystères et attaque sans hésitation le noyau dur de ce lobby. En donnant des noms : Serge Michels, Louis Orenga, Thierry Coste. Enivrés par un pouvoir sans frein, les défenseurs de la bidoche ont plongé la France dans une crise globale dont elle n’est pas près de sortir. Sauf si. Sauf si le mouvement des consommateurs décide de s’attaquer enfin aux immenses intérêts, visibles ou masqués, de la viande industrielle. Une viande qui est devenue l’ennemi de l’homme.

"La Bretagne doit devenir un immense atelier de production de lait et de viande" (E.Pisani-La Croix-1965)
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-"Bidoche", les ravages de l'industrialisation de la viande | Rue89:
"...Le problème a beau ne pas dater d'hier, il s'aggrave. Car quand les Chinois voudront manger autant de viande que nous, où trouverons-nous les terres pour nourrir tous ces animaux qu'in fine nous mangerons ? Comme l'explique Fabrice Nicolino :« Pour fabriquer une protéine animale il faut six à sept protéines d'origine végétale, car le rendement énergétique d'un animal est très faible. S'il faut toujours plus de céréales pour nourrir les animaux, ce sera au détriment des humains alors qu'un milliard de personnes ne se nourrissent déjà pas à leur faim. »
On ignore trop que l'industrialisation de la chaine alimentaire, au nom de l'eugénisme, fait disparaître des races entières d'animaux, mais surtout détruit les forêts. Ainsi pour le soja. L'auteur nous livre cette donnée saisissante : pour satisfaire la consommation en viande de chaque Français, il faut 659 mètres carrés de soja, généralement en Amérique latine.

Son livre est truffé de chiffres tous aussi effrayants que réels :-_99,5% de la viande consommée en France provient de systèmes industriels_____Un Français mange en moyenne 92 kilos de viande par _____Plus d'un milliard d'animaux domestiques sont tués en France chaque année___Des élevages américains peuvent compter 150 000 volailles, des porcheries de 5 000 à 10 000 têtes____18% des gaz à effet de serre d'origine anthropique dans le monde sont dus à l'élevage

Face à cette destruction déjà avancée de la planète, que faire si ce n'est arrêter de consommer des poulets hors sol et du porc breton tout en se berçant de l'illusion que nous sommes un pays qui aime ses paysans, une fois par an lors de la grand messe du salon de la porte de Versailles ? Voici ce que l'auteur suggère

Ainsi, nous n'aurions donc rien appris de la maladie de la vache folle, du veau aux hormones, et de tous les scandales comme les algues vertes dues à l'épandage de lisier en Bretagne… Apparemment non ! Fabrice Nicolino défend l'idée que la pandémie de grippe A, appelée « porcine » jusqu'à ce que les éleveurs ne crient au loup, est une résultante directe de ce système industriel.

Quelques petites vidéos sélectionnées par l'Ina pour la route :

Un reportage sur les abattoirs de Nancy (1981)
« L'opération beefsteek » contre la vie chère (1952)
Reportage sur l'agriculture intensive sur France 2 (1992)

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dimanche 29 novembre 2009

Merci au 60000° visiteur

Et aux autres...

C’est l’heure exquise et matinale

Que rougit un soleil soudain.

A travers la brume automnale

Tombent les feuilles du jardin.


Leur chute est lente. On peut les suivre

Du regard en reconnaissant

Le chêne à sa feuille de cuivre,

L’érable à sa feuille de sang.


Les dernières, les plus rouillées,

Tombent des branches dépouillées ;

Mais ce n’est pas l’hiver encore.


Une blonde lumière arrose

La nature, et, dans l’air tout rose,

On croirait qu’il neige de l’or.________François COPPÉE


Psychiatrie: régression sécuritaire

Un réforme qui vise surtout le sécuritaire

L'humanité et la formation déserteraient-elle les HP?

« Une société se juge à l’état de ses prisons » (A.Camus)... et de ses hopitaux psychiatriques______________

Formatage et management...

-"De la fin de la guerre aux débuts des années 80, la psychiatrie française ETAIT la meilleure au monde"

-"
De plus en plus, nous sommes confrontés au « turn over », plus communément appelé « durée moyenne de séjour », accéléré des patients en raison de la diminution du nombre de lits en intra hospitalier. Ceci ayant pour corollaire des difficultés à poursuivre la prise en charge en extra hospitalier, ainsi que des rechutes rapides et donc plus de ré-hospitalisations lourdes, faisant ressentir un sentiment d’échec aussi bien pour les patients que pour les soignants. A ce niveau là, pouvons nous encore parler de qualité des soins ? C’est là une superbe illustration des dérives de cette logique du tout comptable évoquée plus haut. Sur quels critères faut-il évaluer le travail soignant ? Certainement pas uniquement sur la durée moyenne de séjour, mais bien sur le contenu et le sens que nous donnons aux soins que nous prodiguons. Là aussi, une approche éthique, centrée sur le sujet, s’impose."(Hervé Boyer)
-Etat inquiètant de la psychiatrie-
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Les faits:Depuis plusieurs mois, des réformes concernant la psychiatrie sont en préparation, et se sont accélérées depuis le discours du Président de la République le 2 décembre 2008. La psychiatrie y est abordée sous le seul angle sécuritaire, sans aucun égard pour le soin ! Quelques semaines plus tard paraissait déjà la circulaire d’application de ces projets pas encore discutés avec les professionnels : la circulaire du 22 janvier 2009, qui attribue déjà les budgets par région pour la créations de chambres d’isolement supplémentaires, d’unités fermées, de vidéosurveillance, de bracelets électroniques. Depuis décembre également, les "évasions" de patients hospitalisés sont de plus en plus médiatisées, virant même à la chasse à l’homme à grand renforts d’hélicoptères (Hôpital de St Avé) ! Des hôpitaux psychiatriques sont "sécurisés" avec bareaux aux fenêtres, interdictions de promenades dans les parcs, annulation arbitraires de sortie à l’essai pour des patients en HO…

-La santé mentale est malade
"Depuis plusieurs années, la maquette de formation des internes en psychiatrie doit être réformée. Les enseignants universitaires ont produit un document qui consacre le psychiatre dans un rôle de gestion des urgences, du diagnostic et de l’orientation. Ce « chef d’orchestre », délèguera les soins et la psychothérapie aux autres professionnels pour se consacrer à ses activités d’expertise. Toutefois, il devra « quand même » être formé aux techniques psychothérapiques pour pouvoir sereinement « prescrire une psychanalyse » ou d'autres « techniques ». L’approche psychothérapeutique, nécessaire dans ce champ de travail, disparaît donc au profit de « techniques » enseignées dans un éclectisme « d’ouverture ». Ce formatage des futurs professionnels atteint son paroxysme dans les nouveaux items qui consacrent des concepts discutables en vérités scientifiques tels que « la dangerosité », « la valorisation de l’activité en psychiatrie », « la psycho-éducation », etc. On parlera, par exemple, d’« échelles d’évaluation », mais on ne dira pas mot sur les questions éthiques en psychiatrie. Enfin, y a la disparition pure et simple de pans entiers spécifiques à la psychiatrie comme les soins institutionnels, le désaliénisme, le travail de secteur …

Formation des infirmiers____Depuis des années la condition des infirmiers psychiatriques se dégrade. D’abord leur condition de travail, puis leur statut, puis leur formation. Celle-ci est proprement indigente. Pour avoir une idée de l’étendue du massacre : jusqu’à cette année, l’élève infirmier avait environ trente heures de cours en psychopathologie de l’enfant pour l’ensemble de sa formation.Trente heures seulement ! Eh bien, pour la rentrée prochaine, pour certains, elles seront réduites à vingt heures ! _____Extrait de l’intervention de Serge Klopp, infirmier, au Forum de la Nuit Sécuritaire du « Point de capiton » du 20 novembre 2009 :« Le management par objectif :__Apparemment, personne ne sait de quoi il s’agit, pourtant, il est évoqué dans un article de « Santé Mentale. » d’octobre 2009, sous le titre « de l’ambition pour les cadres hospitaliers ».Il se met en place au travers de « l’évaluation des prestations des personnels ». Il s’agit d’une évaluation qui va au-delà de ce que prévoient les textes et n’est donc pas encore une obligation légale.L’objectif annoncé serait de «valoriser» chaque agent en lui demandant de se fixer lui-même des objectifs de travail pour l’année à venir, le supérieur hiérarchique lui en fixant d’autres. Ces objectifs sont inscrits sur une feuille d’évaluation et l’année suivante, l’essentiel de l’entretien consistera à évaluer leur atteinte, avant de fixer de nouveaux objectifs pour l’année à venir.Cela peut sembler anodin en soi.Il se trouve que cela porte un nom, cela s’appelle le « management par objectif ». Ce mode de management a été introduit en France notamment par IBM, avant de faire des émules chez Renault, France-Télécom…et maintenant la santé »_______________Le sécuritaire__Depuis le discours de Nicolas Sarkozy en décembre 2008, des moyens ont été mise-en place pour un « plande sécurisation des hôpitaux psychiatriques ». Une enveloppe budgétaire de 70 millions d’euros a été rapidement débloquée pour construire de nouvelles unités pour malades difficiles (UMD), des chambres d’isolement, l’installation de dispositifs de vidéosurveillance ainsi que la mise en place de nouvelles grilles et autres murs. Evidemment, « pour protéger les patients » peut-on nous rétorquer ! Ainsi, à l’UMD de Montfavet, les arbres ont été coupés pour empêcher les fugues, à l’hôpital Sainte Anne à Paris, le pavillon Piera Aulagnier a maintenant deux grilles... Sans compter la difficulté pour les psychiatres à obtenir des sorties d’essai pour leurs patients hospitalisés d’office.Ce dispositif de contrôle et de gestion des patients psychiatriques doit voir la loi des hospitalisations sans consentement (loi de 1990) se réformer. Les soins sans consentement en ambulatoire sont discutés pour que sécurité ne rime définitivement plus avec liberté. Le débat sur la castration chimique, voire physique, est la prémisse au durcissement des contraintes appliquées aux citoyens médiatisés dans les faits divers._______________Et la psychanalyse dans tout ça ?La psychanalyse est une pratique du politique. Rappelons que Freud, en postulant que l’inconscient était constitué par les représentations refoulées de la sexualité infantile, a fait scandale dans l’institution de la culture. La sexualité infantile, le transfert, la continuité entre le normal et le pathologique et la dimension de contre-culture constituent, ensemble, le tranchant de la psychanalyse. Il est vrai que, partant de France, un certain usage de la théorie du signifiant, a éloigné les psychanalystes du corps, puis des affects, puis de l’actualité, puis de la clinique. Et ils ont déserté le politique et le champ privilégié de la pratique politique de la psychanalyse : le travail avec les fous. Ayant déserté les hôpitaux psychiatriques, nous sommes indirectement responsables ( quand nous ne sommes pas activement complices) du désastre actuel. Mais il y a ceux qui sont restés fidèles au scandale de la découverte freudienne, par exemple, ceux qui ont inventé la pratique nommée Psychothérapie Institutionnelle : François Tosquelles, Jean Oury, Lucien Bonafé – qui ont fait de la psychiatrie française le référent pour tous ceux qui pensaient et pensent le travail à l’intérieur des établissements de soins. De la fin de la guerre aux débuts des années 80, la psychiatrie française était la meilleure au monde. Les premiers héritiers de cette passion d’une recherche théorique qui allie la clinique de l’inconscient avec la politique de la psychanalyse dans le champ de la culture, sont toujours au travail. Citons, parmi d’autres, le travail de secteur de Patrick Chemla à Reims, la clinique d’Hervé Bokobza, à Montpellier. Et les jeunes, plein d’enthousiasme, arrivent : Mathieu Bellahsen, président de l’association nationale des internes en psychiatrie, Loriane Brunessaux, présidente d’UTOPSY, Elie Winter, Appel des 39."

-L'enfermement revient en force dans les hôpitaux psychiatriques:
"Jamais depuis vingt ans ne se sont autant multipliées les chambres d'isolement et les mesures de contention (immobilisation) pour les malades mentaux. Hier rarissimes, ces chambres fermées existent aujourd'hui dans tous les services.En décembre 2008, un collectif «La nuit sécuritaire» s'était élevé contre le plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques, lancé par Nicolas Sarkozy aprés le meurtre d'un jeune par un malade mental, échappé de l'hôpital psychiatrique de St Egréve, près de Grenoble. Une pétition s'en était suivie. Samedi, à Montreuil, le collectif organise une journée de débats sur le thème: «Quelle hospitalité pour la folie ? Non, au retour des gardiens de fous, au grand renfermement, à l’abandon, au tri, à la mise à l’écart» ______Nous avons demandé l'avis de Jean-Marie Delarue, conseiller d’Etat, qui est depuis un an contrôleur général des lieux de privation de liberté, poste créé par l’actuel gouvernement, sur la question de l'enfermement des malades.

Y a-t-il une explosion des mesures d’enfermement et des mesures de contention dans les hôpitaux psychiatriques, aujourd’hui?Il n’y pas de données générales et globales. Nous, devant cette question, nous faisons comme d’habitude, nous avons visité plus d’une vingtaine d’établissements psychiatriques. Des visites approfondies sur plusieurs jours. Et le premier constat que l’on a pu faire, c’est que l’on avait du mal à faire la distinction entre les patients hospitalisés sous contrainte et ceux hospitalisés libres. Nous avons ensuite examiné la manière dont ils sont enfermés en matière de respect des droits, de leur liberté de mouvement, d’accès aux cultes ou au courrier. Au départ, nous n’avions aucun a priori.
Et finalement?En matière d’isolement et de contention, nous avons été frappés par la grande variété des pratiques entre les établissements, mais aussi à l’intérieur d’un même lieu. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes, puisque les gens sont hospitalisés en fonction de leurs lieux géographiques, et donc ne choisissent pas. Ils peuvent, ainsi, tomber sur des lieux avec des pratiques très variées… En même temps, il ne faut pas tout regarder en fonction de l’isolement. D’autres éléments peuvent poser problème. Comme, dans certains endroits, cette mise systématique en pyjama pendant quelques jours des patients, pour qu’ils ne fuguent pas. Dans des endroits, le courrier est systématiquement ouvert et lu. Le droit à l’intimité existe, il n’est pas toujours respecté.
Mais l’isolement, alors?Nous avons analysé trois facteurs: la fréquence, la durée, et enfin la traçabilité. Sur la fréquence, ce que l’on peut dire, c’est que c’est une pratique relativement répandue, et elle l’est de plus en plus, mais pas toujours dans les lieux où on l’attend.Sur la durée, ensuite. Normalement, la prescription puis la durée, puis enfin la sortie de la chambre d’isolement se font sur décision d’un psychiatre. Il peut y avoir de brèves phases d’isolement – juste quelques heures – le temps d’un répit thérapeutique, nous dit-on. Cela peut se comprendre. Mais nous avons constaté des durées longues, très longues de plusieurs semaines. Et nous avons vu aussi des isolements sans fin. Comme dans ce service de psychiatrie d’un hôpital général où un malade est enfermé dans une chambre avec un seul matelas, à moitié nu. Il est là depuis des années…
Et la traçabilité?Là encore, c’est très variable. Il y a parfois des registres bien tenus, mais souvent ce n’est pas le cas, et même parfois, il n’y a aucune trace. Enfin dans les établissements où il y a des registres, il n’y a aucune analyse de ce qui s’est passé, aucune évaluation. Encore plus troublant, la présence de plus en plus systématique de vidéosurveillance dans ces chambres d’isolement. Le personnel met en avant que cela leur permet d’intervenir à bon escient, mais pour nous, cette violation de l’intimité est problématique.Et concernant les détenus envoyés par le préfet en hôpital psychiatrique sous le régime de l'hospitalisation d'office ?On les met à l’isolement, mais sans consigne thérapeutique. Ces patients se retrouvent enfermés, sans télé, ni sortie, ni cigarettes. La plupart s’en plaignent.
En général, le personnel soignant est attentif, mais les psychiatres sont peu présents.
Les malades se plaignent de quoi?Ce qui revient, presque tout le temps, c’est qu’ils ne voient pas assez le psychiatre. Puis, l’ennui. Le grand ennui. C’est d’ailleurs un point commun de tous ces lieux, privatifs de liberté.
Au final, vous en ressortez avec quels sentiments?D’abord, ce qui est problématique, c’est la grande divergence des pratiques et la non-évaluation de ce qui se fait. Ensuite, nous avons rencontré des problèmes de respect de la dignité, quand l’enfermement n’est justifié par aucune indication claire, quand le patient n’a pas de courrier. Tout individu a droit à une vie privée.
Nous avons vu des endroits dans des états lamentables.
Un nouvelle loi?Cela ne paraît pas l’urgence. Il nous semble que certains maires prennent un peu trop de facilités avec les hospitalisations d'office. Et ensuite, il faudrait préciser les recours, ou plus exactement préciser la manière dont les gens sont informés des recours possibles. Enfin, cela ne serait pas inutile que les avocats soient un peu plus présents lors des hospitalisations d'office..."
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-Manifeste pour la création d'un Mouvement pour la Psychiatrie
-Psychiatrie : la régression sécuritaire -
-Revue de Presse
-Histoire de la psychiatrie en France
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-Psychiatrie: état "inquiétant"

samedi 28 novembre 2009

Climatologie et démographie


Réguler la population mondiale au nom de son impact climatique?

Est-ce rationnel et raisonnable
?

Un problème plus complexe qu'il n'y paraît, qu'il importe de relativiser.
Sinon il y a risque permanent de néomalthusianisme, de solutions aberrantes... ou de délires absolus ,au nom d'intérêts économiques avoués ou non:
["Dans le National Security Memo 200, daté du 24 avril 1974, et intitulé « Implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et ses intérêts à l’étranger », on peut lire :
"Le Dr. Henry Kissinger proposa dans son mémorandum au NSC que la dépopulation devrait être la plus haute priorité de la politique étrangère des Etats-Unis en ce qui concerne le Tiers-Monde. Il invoqua des raisons de sécurité nationale, parce que l’économie US aura besoin de quantités importantes et croissantes de matières premières de l’étranger, en particulier des pays moins développés... Là où une diminution de la population peut augmenter la perspective d’une telle stabilité, la politique démographique devient en rapport avec les ressources, les fournitures et les intérêts économiques des Etats-Unis." Kissinger prépara un manifeste de dépopulation pour le président Jimmy Carter appelé Global 2000 qui détaillait l’usage de la nourriture comme une arme pour dépeupler le Tiers-Monde.
http://www.schillerinstitute.org/food_for_...sm_jb_1995.html]

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-"Des démographes mandatés par l'ONU (UNFPA) auraient identifié la cause du réchauffement climatique qui menace l'humanité. Serait-ce notre frénésie de consommation, qui a épuisé en moins d'un siècle des combustibles fossiles accumulés dans le sous-sol pendant 60 millions d'années ? Pas du tout. La faute en reviendrait principalement aux bébés nés ou à naître, autant de consommateurs-pollueurs en puissance..."-
La faute aux bébés ?

--"La démographie est rebelle aux calculettes des experts, même ONUsiens"
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-UNFPA - État de la population mondiale 2009
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-Faim, climat, démographie : quand les problèmes font boule de neige:
-"une vache européenne reçoit plus de subventions que le revenu moyen d'un paysan africain"-
-Population mondiale : réguler les naissances
-Un débat difficile
-Les défis de la population mondiale
-Le fantasme idiot de l'explosion démographique
_____-Copenhague 2009: quels enjeux?
-______Faim au Sommet
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________________________ "...Soulignons (d'abord) que la bombe P (comme population) annoncée par le prophète Paul Ehrlich en 1970 n'explosera pas. La population mondiale a franchi le seuil du milliard au milieu du XIXe siècle et celui des 6 milliards en 1999.
Contre toute apparence, elle est en voie de stabilisation rapide.
___En 1969, la Terre comptait 3,6 milliards d'habitants ; aujourd'hui, 40 ans plus tard, elle en compte 6,8 milliards (+84%) et dans 40 ans, elle en comptera environ 9,4 selon les estimations de l'ONU.
Cet accroissement à venir peut sembler important en valeur absolue. Il n'est que de +38%, soit deux fois moins rapide que dans la période antérieure.Sur les 2,6 milliards d'hommes supplémentaires qui peupleront la Terre en 2050, 900 millions seront en Afrique et 1,7 milliard dans le reste du monde, ce qui correspond pour celui-ci à un accroissement de «seulement» 28%.Les démographes sont à peu près d'accord pour considérer que la population mondiale ne devrait pas dépasser les 10 milliards à la fin du siècle. «Mais c'est 3 milliards de gens en plus qui vont réclamer comme les autres de brûler du pétrole et consommer du steak, disent en substance les rapporteurs de l'ONU. Ne faut-il pas intervenir dès maintenant pour amplifier la baisse de la natalité, en premier lieu dans les pays riches, qui ont le plus d'impact sur l'environnement ?»
- Effet d'inertie :Ici intervient un premier principe : l'«inertie démographique», qui montre les limites de cette action. Les naissances des 30 prochaines années sont en effet déjà très largement programmées... de même que les décès !En voici un exemple : l'Algérie affiche cette année 0,4 décès pour 100 habitants (taux de mortalité) soit deux fois moins que la France (0,9%) ! Ne croyons pas que le soleil et la nourriture méditerranéenne entretiennent la santé... Simplement, les Algériennes, il y a un demi-siècle, faisaient de très nombreux enfants : plus de 6 en moyenne (c'est ce qu'on appelle l'indice de fécondité).- Comme l'Algérie n'avait alors que 9 millions d'habitants, le nombre annuel de naissances n'était jamais que de 270.000 naissances par an (soit un taux de natalité de 3% par an).- La population algérienne dépasse aujourd'hui les 35 millions d'habitants tandis qu'arrivent à la fin de leur vie les générations peu nombreuses nées du temps où l'Algérie était peu peuplée.De là ce taux de mortalité très bas (nombre de décès actuels / population actuelle).Depuis une vingtaine d'années, les Algériennes ont vu leur indice de fécondité chuter de plus de 6 enfants par femme à un plus de 2 aujourd'hui. D'ici une génération, elles auront le même comportement démographique que les Européennes actuelles (c'est aussi le cas des Tunisiennes, des Marocaines, des Iraniennes,...).__________En attendant, l'«inertie démographique» nous réserve là aussi un singulier paradoxe : la population de l'Algérie continue d'augmenter à un rythme soutenu alors que la fécondité a beaucoup baissé !...C'est que les jeunes Algériennes nées il y a vingt ans ou plus ont le désir de fonder une famille comme la plupart des femmes. Même si elles ne doivent avoir qu'un ou deux enfants, ces naissances seront beaucoup plus nombreuses que les décès concomitants de personnes nées il y a plus de 50 ans.Il s'ensuit que la population algérienne poursuivra sa croissance pendant une génération avant de se stabiliser. Si l'on voulait la stabiliser au plus vite, il y faudrait des mesures dictatoriales pour empêcher des femmes d'enfanter. Cela ne serait pas seulement immoral ; ce serait également stupide avec le risque de déboucher sur un «coup d'accordéon»...On a connu ce type de phénomène dans les années 1970 quand nos dirigeants ont jugé qu'il y avait trop de médecins et pas assez de pêcheurs : ils ont donc brutalement fermé l'accès aux facs de médecine et subventionné l'achat de bateaux, cela pour s'apercevoir aujourd'hui que l'on manque cruellement de personnel médical et que l'on a beaucoup trop de chalutiers !De la même façon en démographie, les ruptures débouchent au bout d'une génération sur des tensions inédites : c'est le dictateur roumain Ceaucescu qui interdit brutalement les avortements en 1967, d'où, l'année suivante, un trop-plein d'enfants qui ne trouvent pas d'accès dans les institutions et les écoles.
- Contrastes démographiques :Interpellé sur l'explosion démographique des années 1960-1970, Alfred Sauvy ne manquait jamais de souligner l'extrême diversité des situations : chaque région du monde a ses problèmes et requiert des solutions spécifiques ; on ne peut guérir l'une en soignant l'autre, de même qu'on ne guérit pas un obèse en mettant son voisin à la diète, surtout si ce dernier souffre d'anorexie._______La diversité des situations est aujourd'hui tout aussi manifeste. On peut distinguer :- L'Europe et l'Amérique du Nord : fécondité très faible (1 à 2 enfants par femme) et immigration importante,- L'Extrême-Orient et l'Asie du sud : fécondité faible (environ 2 enfants par femme) et ratio très déséquilibré des sexes avec jusqu'à 140 garçons pour 100 filles à la naissance au lieu d'un ratio naturel de 110/100 ; pour des raisons culturelles en effet, les fillettes sont éliminées avant l'accouchement (ou après), ce qui risque de provoquer dans les pays concernés de très graves tensions sociales dans un- Le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Amérique : fécondité déclinante (2 à 3 enfants par femme),- L'Afrique subsaharienne : fécondité toujours très élevée (5 à 7 enfants par femme sauf en Afrique du Sud).Le planning familial (promotion de la contraception) a facilité la transition démographique chaque fois que le contexte politique et culturel s'y prêtait ; elle reste inefficace quand ce n'est pas le cas, comme aujourd'hui dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne._____En-dehors de cette région, les rares pays qui conservent une fécondité élevée sont l'Afghanistan (5,7 enfants par femme), les territoires palestiniens (4,6), l'Irak (4,4), le Guatemala (4,4), Haïti (4) et le Pakistan (4 enfants par femme alors que le Bangladesh, ex-pays frère, a un indice de seulement 2,5 enfants par femme)._________Notons qu'à l'exception du Guatemala, il s'agit de pays en état de guerre et dépourvus d'institutions étatiques crédibles, tout comme l'Afrique subsaharienne... Notons aussi qu'Israël est, de tous les pays développés, celui qui affiche de loin l'indice de fécondité le plus élevé : 2,9 enfants par femme. On peut y voir le réflexe de survie d'une population confrontée au spectre de sa propre destruction.
Tout cela nous montre combien la démographie est rebelle aux calculettes des experts, même ONUsiens
. Le démographe Hervé Le Bras rappelle qu'il est illusoire de prétendre gouverner les mouvements de population. «L'invocation de la population mondiale donne l'illusion qu'on peut la modifier mais il n'existe aucune institution capable d'imposer une législation destinée à limiter la croissance démographique (ou à l'encourager)», écrit-il (Vie et mort de la population mondiale, Le collège de la cité, 2009).
- Avantage à la jeunesse :___L'état de la planète gagnerait-il à une réduction de la natalité dans les pays riches ? Cela paraît évident si l'on s'en tient, comme les rapporteurs de l'ONU, à une vision arithmétique de la population : moins de naissances = moins de pollueurs. Mais la démographie a ses lois que l'arithmétique ignore !________Il va de soi qu'une population ne peut pas croître indéfiniment, comme aujourd'hui en Afrique subsaharienne, sans déboucher sur un drame. Mais elle ne peut pas non plus décroître indéfiniment. L'optimum sur lequel s'accordent les démographes et les dirigeants politiques raisonnables est un indice de fécondité égal au «seuil de remplacement des générations», soit un peu plus de 2 enfants par femme, de façon que, sur le long terme, les naissances équilibrent les décès._____Il n'y a en tout cas nulle part de progrès possible sans une jeunesse nombreuse (mais pas trop) ; c'est l'observation du démographe Jean-Claude Chesnais qui a analysé le décollage de différents pays du tiers-monde (La revanche du tiers-monde, Robert Laffont, 1987).
Ce principe s'applique bien évidemment à la
France, qui n'a jamais été aussi créative et ouverte sur le monde que dans les périodes de forte natalité, au XVIIIe siècle et durant les Trente Glorieuses (1945-1973). A contrario, elle a été gagnée par la sclérose et tentée par le repli entre les deux guerres mondiales, quand sa fécondité était au plus bas. La même sclérose (politique, culturelle, économique, sociale,...) s'observe aujourd'hui dans des pays européens comme l'Italie, frappés par une fécondité très en-dessous du seuil optimum.On peut se l'expliquer par le fait que les ménages en charge de jeunes enfants éprouvent le besoin d'un avenir meilleur avec plus d'acuité et d'énergie que les seniors (comme l'auteur de ces lignes) plus naturellement orientés vers la conservation de leurs acquis (santé et biens matériels)... Il serait donc malvenu de réduire le nombre déjà très faible de jeunes susceptibles d'inventer dans les universités et les laboratoires de demain les solutions aux défis d'aujourd'hui.
Si l'on veut sincèrement agir sur l'état de la planète et l'avenir, il y a sans doute plus facile et plus efficace que de pénaliser les futures mères : réduisons notre consommation de viande (ruineuse en céréales) ; réduisons notre usage de l'automobile (ruineux en pétrole et agrocarburant)."

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vendredi 27 novembre 2009

USA: banqueroute d'Etat?


Lobby bancaire: effondrement?

-La Californie ouvre-t-elle la voie?

-"...Autrefois, (la) bourse s’appelait « bourse des échanges », et elle justifiait cette dénomination dans le fait qu’il était nécessaire pour quelqu’un qui avait investi dans une entreprise, comme associé actionnaire ou comme prêteur obligataire, de pouvoir se procurer, si nécessaire, ceci le plus rapidement possible, des liquidité et d’une façon strictement encadrée : établissement de cours, surveillance des marchés, contrôle de l’information financière et comptable. Elle se justifiait également comme instrument de collecte de capitaux pour mener à bien des projets économiques d’importance nationale et même internationale ; à condition, dans ce dernier cas, qu’il s’agisse de coopération internationale à vocation réellement économique et non de domination voire de guerre économique pour dominer l’autre !
Ensuite, mondialisation économique oblige, exclusivement financière en fait, de « Bourse des échanges » elle est devenue « Bourse des valeurs » et ensuite « marchés financiers » ; là les valeurs mobilières, qui existaient sous forme papier et qui impliquait du temps de traitement, mais aussi une certaine « temporalité » lié à cette matérialisation papier ; ces valeurs mobilières ont été dématérialisées pour devenir des unités de comptes informatiques ! A partir de là, de cette dématérialisation, par la cotation en directe, instantanée (qui ne dure qu’un instant), en continue, la « temporalité boursière » étant supprimée, n’étant même plus nécessaire d’avoir des « connaissances » pour faire de la « bourse », cliquer dans un réflexe pavlovien, en fonction d’une alerte préprogrammée, étant suffisant, la porte était alors ouverte à tous les excès ! C’est alors que la bourse des échanges ou des valeurs est devenue le temple de la spéculation financière, ceci, dans des proportions inimaginables : à l’excès et même à l’abus !..."(Ecometa)

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-Crise systémique : la vérité sur la bourse - AgoraVox
>> Un automne crépusculaire:
"...L’establishment washingtonien est actuellement complètement déconnecté des difficultés de la situation économique et financière, qu’ils jugent inconsciemment comme plus ou moins résolues après l’“effort” du printemps (essentiellement gaver le coupable, Wall Street, de centaine de $milliards). La situation est infiniment plus grave qu’avant le 15 septembre 2008. Tous les pouvoirs sont non seulement affaiblis, mais en état d’affrontement qui représente un état de “guerre civile” aux normes de la “société de communication”..."
-La crise repart à la hausse à France Inter:
"...les deux refrains - la crise est finie ou haro sur le lobby bancaire - convergent sur un point, ou plutôt sur le même angle mort, même si le second est plus réaliste que le premier : ils prennent tous les deux les conséquences - l'explosion du crédit et la spéculation bancaire - pour la cause - la baisse de la demande et la dépression salariale mondiale. Car, au risque de nous répéter une fois encore, tous ces discours passent à côté du dérèglement fondamental de l'économie mondiale depuis le début des années 1980 : le salaire - donc le pouvoir d'achat - est considéré comme un coût, ce qui pousse les entreprises à délocaliser leur production et les banques à substituer le crédit aux revenus pour faire tourner la machine économique. Tant que les dirigeants n'auront pas pris conscience de la responsabilité du libre-échangisme intégral dans la crise mondiale, il y a peu de chances que l'économie mondiale redémarre sur des bases saines. Durant un court moment, Jean-Hervé Lorenzi effleure le sujet :« La crise financière n’explique pas tout ». ..."
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- « Banques : le grand mensonge. »Peu à peu, les langues se délient.Peu à peu, nous apprenons l’étendue des mensonges que les banquiers continuent à raconter.Mercredi 25 novembre 2009, Dominique Strauss-Kahn révèle que les banques mentent sur l’état réel de leurs soi-disant « actifs ».« Le Figaro : Quel est aujourd’hui le niveau des pertes non reconnues des banques ?Dominique Strauss-Kahn : Il reste d’importantes pertes non dévoilées : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu’aux États-Unis. Je le redis : l’histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu’il n’y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques.http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/11/24/04016-20091124ARTFIG00576-strauss-kahn-il-faut-revoir-notre-modele-de-croissance-.php »

Les banquiers présentent des bilans truqués.Les banquiers affirment détenir des centaines de milliards d’euros d’« actifs », mais en réalité la moitié de ces soi-disant « actifs » sont des actifs pourris. Leur valeur réelle est égale à zéro.En clair : les banques sont en faillite, mais les banquiers préfèrent donner des chiffres truqués pour ne pas déclencher de panique.Les banques centrales elles-mêmes mentent sur leur propre bilan. Les gouvernements eux-mêmes mentent aux citoyens sur l’état réel des banques et des banques centrales.Tous ces mensonges n’ont qu’un but : éviter une panique type 1929.Samedi 11 avril 2009, le journal économique La Tribune a publié un éditorial explosif en page 7 : « Banques : le grand mensonge ».Cet éditorial du journaliste Philippe Mabille était tellement compromettant pour les banques qu’il n’apparaît pas sur le site internet de La Tribune.Les autres éditoriaux de Philippe Mabille sont en ligne sur le site de La Tribune, mais l’éditorial du 11 avril 2009 a été censuré._____Fin de cet éditorial censuré :« Banques : le grand mensonge.Par un curieux retournement du destin, le climat boursier est, dans le même temps, redevenu favorable pour les banques. Un exemple frappera les esprits : le cours de la Société Générale s’est apprécié de 45 % par rapport au cours de 24,5 euros qui avait été proposé pour le plan de stock-options qui a tant scandalisé l’opinion. En déduire que la crise financière est derrière nous serait toutefois une grave erreur. Bien au contraire, le pire est encore à venir.Le calcul est assez simple à faire : en janvier 2009, le Fonds Monétaire International prévoyait 2 200 milliards de dollars de pertes mondiales pour les bilans bancaires. Ce chiffre a été réévalué à 4 000 milliards de dollars, dont un tiers seulement a été comptabilisé. La conclusion coule de source : les banques ne disent pas la vérité sur la réalité de leur situation. Et les autorités financières sont complices de ce grand mensonge, pour éviter de créer la panique.On le voit avec la forte tension qui règne aux Etats-Unis à propos des « stress tests » réalisés sur la solidité des banques américaines. Mentir pour la bonne cause, on retrouve là un peu le même scénario que celui du Crédit Lyonnais, où la Commission Bancaire et le Trésor avaient été accusés d’avoir fermé les yeux sur les comptes truqués de la banque publique.Mais, cette fois, ce n’est pas une seule banque qui est en cause, mais toutes les banques mondiales en même temps. De sorte que celle qui saura masquer ses pertes le plus longtemps sortira grande gagnante du jeu de poker menteur qui va maintenant succéder au théâtre du G20. »http://ged.latribune.fr/zetasearch/hweb/index.html?DN_SEARCH=philippe+mabille&posted=1

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(-Journal Marianne 2(France)___"Les banques américaines nous préparent une énorme bulle monétaire !-Nov 23, 2009-________Alimentées par les crédits à « taux zéro » de la réserve fédérale américaine, les grandes banques spéculent en Asie… construisant une bulle qui, selon les autorités chinoises et allemandes, pourrait bien précipiter l’économie mondiale toute entière dans une nouvelle crise !Aux Etats-Unis, on prête gratis ! Depuis mars dernier, où la Réserve fédéral a ramené ses taux jusqu’à presque atteindre zéro, les grandes banques déversent des milliards de milliards de dollars dans les économies asiatiques. Résultat : les monnaies et bourses de la région connaissent une croissance exponentielle… et totalement artificielle ! Une nouvelle « bulle asiatique » se forme et menace déjà de craquer.« Une menace pour la reprise des économies des pays émergents »« La politique monétaire américaine a gravement affecté les cotations, alimenté la spéculation sur les marchés d’action et de biens, tonnait le 16 novembre au Forum de la Finance Liu Mingkang, principal régulateur bancaire chinois. Elle a véritablement créé un nouveau risque d’empêcher la reprise de l’économie mondiale, notamment dans les marchés émergents. »Depuis mars, si la Chine s’est quelque peu protégé de ces manoeuvres, la monnaie coréenne a pris 36,5% face au dollar. Un record battu par le real brésilien qui a subi une envolée de 41,5% sur la même période : de quoi plomber toute exportation… et l’éventuelle reprise qui va avec !Une inquiétude partagée par les EuropéensBen Bernanke croyait réussir à calmer les turbulents asiatiques d’une petite déclaration publique : « nous portons la plus grande attention aux conséquences de taux de change sur les prix, assurait le patron de la Réserve fédéral américaine. Nous continuerons de veiller à tenir notre mission d’assurer le plein emploi et la stabilité des prix. » Manque de chance, les Européens aussi commencent à s’inquiéter.Samedi 21 novembre, le Financial Times rapportait les inquiétudes du très expérimenté ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble : « le scénario d’un excès de liquidité créé à l’échelle de la planète une nouvelle espèce de bulle spéculative est très probable. » Or, l’Allemagne ne s’inquiète pas ici de la déstabilisation des économies asiatiques : si le mouvement enclenché continuait, l’Europe et son euro gonflé à bloc serait la prochaine victime de cette bulle ____A l’Etat fédéral, Goldman Sachs et ses 17 milliards de dollars de bonus reconnaissants !A qui profite la spéculation ? A personne… sinon aux grandes banques ! Elles seules, ayant accès aux crédits de la Réserve fédérale peuvent se permettre, en usant du « carry trade » consistant à emprunter à taux zéro pour revendre ensuite au plus haut les placements effectués dans les monnaies cibles des marchés émergents profitables et de toucher les dividendes de ces opérations. De quoi constituer de beaux résultats pour Goldman Sachs qui, au bout de 9 mois d’activité seulement pourra verser 17 milliards de dollars de bonus à ses salariés.Une jolie enveloppe accompagnée cette semaine des piètres excuses de Lloyd Blankfein, patron de l’omnipotente banque new-yorkaise, qui s’est excusé d’avoir accepté le sauvetage de son entreprise par l’Etat fédéral. Un bon coup de com mais qui n’efface pas le coup de force : sous prétexte d’avoir besoin de cash pour relancer le crédit, les banques ont repris leurs bonnes vieilles habitudes de chercher les profits faciles sans se soucier de couler au passage l’intégralité de l’économie."Tout est dit !

L'économie américaine au bord de la banqueroute
-Finances: effondrement ?
-Dollar en détresse
-Banques et banquiers-
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-L'Etat subprime ! - AgoraVox:
"Selon les estimations de la Maison Blanche, les intérêts qui devront être réglés en 2019 par les Etats-Unis sur leur dette de 12’000 milliards de dollars excèderont 700 milliards de dollars ( et ce même dans l’hypothèse d’une réduction de leur déficit budgétaire ), comparés aux 200 milliards dont ils doivent s’acquitter cette année ! Ce différentiel de 500 milliards de dollars - équivalent aux dépenses annuelles des Etats-Unis sur l’éducation, l’énergie, leur sécurité intérieure et sur les deux conflits en Iraq et en Afghanistan ! - reflètera tout simplement une augmentation des taux d’intérêts qui sera inévitable dès lors que la Réserve Fédérale aura mit fin à ses programmes d’aides d’urgence._______En fait, un vent de panique - en tout cas de grande fébrilité - semble saisir depuis peu les responsables de la Trésorerie Américaine préoccupés à juste titre par les conséquences potentiellement dramatiques d’une remontée des taux d’intérêts. L’austérité et la rigueur n’étant pas constitutifs du gène Américain, leur seule parade consiste donc aujourd’hui à tenter de fixer les taux bas actuels en échangeant un maximum de leurs Bons à court terme en Bons à long terme ! Les Gouvernements successifs des Etats-Unis d’Amérique ont en réalité hypothéqué leur nation et sont parfaitement conscients de ne plus être en mesure de payer les intérêts en cas de hausse des taux !________Les Etats-Unis sont devenus une "nation subprime" à part entière et se retrouvent ainsi dans une situation identique à celles des ménages Américains sur endettés dont la maison fut saisie faute d’avoir pu régler leurs mensualités !
En fait, le paradoxe est cruel : Voilà en effet un pays qui, responsable de la crise financière, a néanmoins pu bénéficier d’une pression baissière intense exercée sur ses taux d’intérêts par les flux massifs de fonds en direction de ses obligations d’Etat considérées comme la valeur refuge par excellence en période tourmentée et qui doit, à présent que la crise internationale s’estompe, faire face à une faillite virtuelle provoquée par une embellie de la conjoncture internationale qui, en générant des ventes de ces mêmes Bons du Trésor, aura pour conséquence de remonter mécaniquement les taux... Voilà un pays qui creuse lui-même sa propre tombe car 1% de hausse de ces taux se traduirait simultanément en 80 milliards de dollars par an à payer en seuls intérêts supplémentaires sachant que, selon la Maison Blanche, le pays devra s’endetter de 3’500 autres milliards de dollars ces trois prochaines années !
__________Le destin des Etats-Unis est donc plus que jamais dans les mains de la Chine dont l’intervention - et les subventions - ont contribué de manière décisive à comprimer le taux des Bons à court terme, les T Bills, à 0.347% à fin Septembre 2009, soit à des niveaux historiquement bas. Pourtant, les économistes de la nomenklatura Américaine persistent à minimiser le potentiel de nuisance vertigineux des déficits de leur pays : Paul Krugman ne les a-t-il pas en effet qualifié ironiquement de "menace fantôme" dans un récent article du New York Times ? A moins que ces économistes très proches du pouvoir n’aient tout simplement pas le cran de vouer aux gémonies les responsables des Administrations US successives ayant mis leur pays dans une situation inextricable car les déficits sont toujours le symptôme d’une gestion déficiente et le résultat d’une mauvaise politique.
Les ingrédients d’une crise majeure sont toutefois bel et bien réunis car les paramètres fiscaux et autres signaux d’alerte scrutés par des organismes comme le F.M.I. dans le cadre de certains pays en grandes difficultés indiquent que le scénario de banqueroute de l’Etat Américain devient de plus en plus crédible. "(M.Santi)



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jeudi 26 novembre 2009

Bon anniversaire Darwin!

La théorie s'affine, les fondamentaux demeurent

Le débat reste ouvert. Le vivant, dans son hypercomplexité, reste problématique...


Darwin 2009 » Deux anniversaires pour fêter l’évolution

-Le 24 novembre 1859, il y a cent cinquante ans jour pour jour, Charles Darwin publiait son livre « L'Origine des espèces par la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ». La date marquait la naissance d'une conception révolutionnaire de l'histoire de la vie, une grande aventure qui a encore de beaux jours devant elle."

- Quand les poules avaient des dents...
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150 ans après, la théorie de l'évolution est en pleine évolution:
-"L'évolution de la vie est désormais un fait avéré, accepté partout où des principes religieux ou philosophiques n'empêchent pas son évidence de s'imposer.La question suivante est : comment la vie évolue-t-elle ?Quels mécanismes concrets, biologiques et chimiques, font que les espèces vivantes se succèdent, apparaissent et disparaissent, remplacées par d'autres ? C'est aujourd'hui la question centrale pour l'ensemble des spécialistes, toujours empêtrés dans les mystères de la vie et de son histoire.Concernant la seule génétique, qui n'est qu'une partie des mécanismes en question, tout le monde est d'accord pour dire que ce sont les mutations qui alimentent le moteur de l'évolution.Une mutation génétique entraine parfois une modification des caractéristiques d'un être vivant ; cette modification peut se révéler, dans un environnement donné, avantageuse en ce sens qu'elle offre à son porteur de meilleures chances de survie et/ou de faire des petits.
Evoluer, c'est transmettre ses mutationsPar transmission héréditaire, la mutation se propage dans la nombreuse descendance de son propriétaire. En entassant ainsi les mutations sur des centaines ou des milliers d'années, une population peut devenir si différente des voisines que ses membres ne peuvent plus se reproduire qu'entre eux. Et c'est une nouvelle espèce qui voit le jour.____Voilà comment l'évolution génétique est censée se dérouler. Mais ces mutations touchent-elles toutes les parties de l'ADN, ou seulement certaines régions ? Ont-elles lieu à la même vitesse aujourd'hui qu'au Moyen Age, sous Jules César ou quand les T-Rex croquaient de la volaille au petit déjeuner ?__Et elles ne peuvent pas être toutes avantageuses, si ? Il y en bien qui aboutissent à des aberrations plutôt handicapantes ! Une mouche avec des ailes à la place des pattes et inversement, ça doit voler beaucoup moins bien… Et si, finalement, la plupart des mutations n'avaient aucun effet ?______Beaucoup de théories, peu de certitudes:Sur toutes ces questions, les chercheurs n'ont pas de réponse définitive, rigoureuse et qui marche à tous les coups. Car le monde vivant, constitué de cas toujours particuliers, se prête peu aux grandes lois générales.Dans le cas de la vitesse des mutations, par exemple, Charles Darwin pensait que les variations apparaissaient de façon continue, régulière, un petit peu à chaque génération. De nombreux chercheurs le pensent encore.D'autres croient que de longues périodes de calme sont parsemées de courts instants -un instant, à l'échelle géologique, peut durer 5 millions d'années- où la génétique s'affole et essaime du mutant à tout va, ou au contraire un événement catastrophique conduit à de grandes extinctions d'espèces et de variété. C'est la théorie des équilibres ponctués, proposée en 1972 par Stephen Jay Gould et Niels Eldredge.Sur l'effet des mutations, les uns optent pour des conséquences bénéfiques nombreuses ; les autres, comme Motoo Kimura et sa théorie neutraliste de l'évolution, suggèrent que la plupart des mutations n'ont qu'un effet très limité.Le sujet reste, aujourd'hui encore, un des thèmes majeurs de la recherche scientifique. Des milliers de chercheurs s'en passionnent, et bien des questions demeurent irrésolues. Pour encore pas mal de temps a priori, car faire des expériences sur l'évolution, c'est un peu plus compliqué que de trouver la tour Eiffel quand on est sur le Champ-de-Mars.Pourquoi ? Parce que l'évolution est un processus lent qui ne devient souvent visible qu'après des dizaines voire des centaines de générations. Donc, pour l'observer, il faut du temps.
L'évolution est là et on le prouve Mais on peut ! Un cas exemplaire fut relevé au XIXe siècle dans les forêts anglaises, où les troncs de bouleaux passèrent du clair au sombre à cause des poussières noires rejetées par les cheminées de la révolution industrielle. Or ces troncs servent de reposoir à des papillons appelés phalènes du bouleau.Aux ailes claires elles aussi, question de camouflage. Mais quand la suie s'abattit sur les arbres, les papillons passèrent à leur tour du blanc au noir. Probable que le caractère « ailes sombres », assez encombrant sur tronc clair, devint subitement mieux coté en Bourse.Un autre exemple, plus récent, a été publié ce mois-ci dans le magazine scientifique Pnas. Un couple d'ornithologues américains, Mr et Mme Grant, a passé sa carrière à étudier les pinsons des îles Galapagos, appelés pinsons de Darwin .
...
Autre exemple, toujours daté de ce mois de novembre et publié dans le magazine Nature. Cette fois, une expérience menée sur des bactéries et qui dura… près de vingt ans. Vingt ans au cours desquels des chercheurs ont forcé des bactéries à survivre dans un environnement pauvre en glucose, leur principale source de nourriture.____Ils ont analysé, au bout de 2 000, 5 000, 10 000, 15 000, 20 000 puis 40 000 générations, les mutations génétiques qui avaient eu lieu et les améliorations en terme d'adaptation : la bestiole est-elle plus capable de vivre avec peu de glucose que son ancêtre ?____Résultat : entre les générations 1 et 20 000, on observe une hausse régulière du nombre de mutations (45 au total), mais une hausse irrégulière de l'adaptation. Les bactéries s'acclimatent très vite au départ, puis les améliorations sont de moins en moins spectaculaires.____Le gros du travail d'évolution se fait donc dès le début. Logique : il faut s'adapter rapidement pour ne pas disparaître !_________Pourquoi les bactéries continuent-elles à muter ? Mais on s'attendrait alors à ce que les mutations suivent le même rythme. Beaucoup au début, puis de moins en moins. Pas besoin de s'embêter à fabriquer de la mutation à la même allure pour finalement gagner des cacahuètes._____Alors pourquoi observe-t-on ici une hausse constante des mutations ? Aucune idée. Le phénomène ne s'accorde avec aucune des théories en cours.Une explication pourrait être que ces nouvelles mutations sont « neutres », sans effet, mais qu'elles apparaissent toujours car elles ne coûtent pas grand-chose. Raté : tout prouve qu'elles ne sont pas neutres. Elles se maintiennent au fil des générations, et chacune d'entre elles apporte un réel avantage à la bactérie.______Plus étrange encore, ce sont toujours les mêmes gènes qui sont mutés, même lors d'expériences où les bactéries étaient placées dans des conditions de sélection totalement différentes !Avec un tel sac de nœuds, si vous vous sentez perdu, ne craignez rien : les chercheurs eux-mêmes en sont encore à se creuser la tête. Aucune explication satisfaisante n'a pu être apportée sur l'ensemble des phénomènes observés.________Une mutation peut en cacher 600 autres:La suite est presque aussi rigolote. Entre les générations 20 000 et 40 000, une véritable explosion de mutations a eu lieu. De 45 mutations, on passe à 650 ! Et tout ça à cause d'une seule petite mutation, apparemment inoffensive mais touchant un gène permettant de… réparer les mutations.Un mécanisme corrige les erreurs, mutez un gène impliqué dans le mécanisme et les erreurs ne sont plus corrigées. D'une seule pichenette à peine détectable, c'est l'ensemble du système qui se dérègle et les mutations battent des records.Les variations génétiques apparaissent toujours au même rythme ? Non. Ont-elles toutes les mêmes conséquences ? Non. Touchent-elles l'ensemble de l'ADN avec la même probabilité ? Non.Tout est donc si compliqué qu'on a encore un sacré bout de chemin avant de comprendre précisément comment la vie évolue ? Oui. On a du pain sur la planche.Le 24 novembre 1859, il y a cent cinquante ans jour pour jour, Charles Darwin publiait son livre « L'Origine des espèces par la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie ». La date marquait la naissance d'une conception révolutionnaire de l'histoire de la vie, une grande aventure qui a encore de beaux jours devant elle." ______ (_A lire__)
-Le problème se complique:
Ardi, plus vieille que Lucy, éclaire les origines de l'Homme (une découverte capitale)
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__Institut Charles Darwin International_
_______CRNS- SagaScience - Evolution
___L'Agora: Charles Darwin_

-150ème anniversaire de la publication de l’Origine des espèces

-Être vivant sur Terre - AgoraVox

-Le rival de Darwin ? - AgoraVox

-La classification phylogénétique du vivant
-Remarquable documentaire de France 5 sur l'évolution du vivant
_ESPECES D'ESPECES - wiki.france5.fr
-Evolutionnisme : la bestiole qui défie Darwin - AgoraVox
-En finir avec l'Intelligent Design
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-Etrangetés de la nature ?
-Créationnisme : inquiétant retour
-Classer le vivant ?

mercredi 25 novembre 2009

Histoire optionnelle     



L'histoire, discipline incontournable?

-L'Histoire mise à mal-

-« Bon, l'histoire et la géo c'est bien. Mais sur le plan des pures performances, regardons les US qui ont un maximum de prix Nobel, combien savent où se trouve la France ou bien la plupart des 50 états des US? Il n'y a nul besoin de culture pour être performant en mathématiques ou en physique, et pour un gouvernement qui pense en termes de performances ce sont des connaissances optionnelles. Maintenant si nous revenons au but primordial de l'éducation Française qui est de créer d'honnêtes personnes (au sens de la renaissance) capables de penser en tant que citoyens d'une république lumineuse, c'est un tout autre propos, mais qui ne peut intéresser des néo-libéraux comme Sarkozy et ses ministres... » explique ainsi sfjp. « L'éducation coûte cher ? Essayez l'ignorance ! eh bien ça y est, on essaie. » s’indigne Toinou-(Blog Marianne)
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Contre la suppression de l’Histoire-Géographie en Terminale Scientifique:
"On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire. Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une Terminale Scientifique (une Terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis sentis personnellement interpellé par cette mesure.___________Une mesure démagogique et une politique schizophrène.Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirméeAlors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable.Seul le rétablissement de l’Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.Il faut alors souligner l’incohérence profonde de cette décision. Elle survient au moment même où, de la commémoration de l’anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur « l’identité nationale », en passant par le projet d’un musée de l’Histoire de France, la question de l’Histoire, mais aussi de la Géographie (car la conscience nationale s’enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. Contrairement à d’autres, je ne pense pas que le débat sur l’identité nationale puisse être évité, mais je pense qu’il doit être soigneusement défini pour éviter les dérapages.______On se souvient du livre de Fernand Braudel L’Identité de la France, et de la place qu’il donnait à la fois aux paysages, à leur construction sociale, et à l’Histoire dans la production d’un sentiment national. La définition de ce dernier ne saurait renier ce qu’il doit à ces deux disciplines. Dans l’identité nationale, il y a aussi l’histoire des luttes sociales qui permet de comprendre la spécificité de chaque culture politique. Ce n’est pourtant pas à un homme de Gauche que nous devons de nous rappeler de ce que l’histoire du progrès de la civilisation est aussi celle de la lutte des classes. C’est à François Guizot que revient l’honneur de la formule, et Marx lui en avait donné crédit. Que penser d’une histoire qui serait réduite à sa plus simple instantanéité ?Ou alors, mais on n’ose croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à faire reposer ce sentiment national, cette « identité française » sur une couleur de peau ou une religion. Ceci impliquerait pour le coup une rupture absolument radicale avec ce qui fait l’essence même du sentiment national en France.On peut alors s’interroger sur la logique d’une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu’à créer à cette fin un Ministère de l’Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n’est plus de l’incohérence, c’est de la schizophrénie pure et simple.

Quels citoyens voulons nous pour demain ?Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d’un enseignement d’Histoire et de Géographie pour les Terminales Scientifiques.Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l’Histoire et de la Géographie. Est-ce à dire que, pour le Ministère de l’Éducation Nationale, les élèves des Terminales Scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone ? Est-ce à dire que l’on n’attend plus d’un mathématicien ou d’un physicien qu’il soit aussi un citoyen ?Ou bien, voudrait-on ici organiser à terme une France à deux vitesses où d’un côté on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l’autre le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ce dit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques ?________Il est vrai que l’on peut s’interroger aujourd’hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l’a vu pour le vote du referendum de 2005.Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l’on veut en pousser l’externalisation.Aujourd’hui, dans les formations de pointe, qu’il s’agisse de Polytechnique (Chaire de management interculturel), des autres Grandes Écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des Écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc...), qui toutes impliquent de la part de l’étudiant une Terminale Scientifique, l’accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en Géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en Histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain.Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d’internationalisation de leurs activités. Qu’il s’agisse de la question des contrats, ou encore du développement d’activités à l’expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable.L’absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de Terminale Scientifique qui ne veulent pas s’orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature._______L’Histoire, la Géographie et la double nature de la Science Économique.Moi-même, en tant qu’économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l’Histoire (pour l’histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l’activité économique est insérée) mais aussi à la Géographie avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes ? Comment peut-on penser le développement de l’économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n’avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire ? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.___________Pourtant, j’ai fait ma scolarité dans ce que l’on appelait à l’époque une Terminale C, et je ne regrette pas les mathématiques et la physique, qui m’ont été nécessaires justement pour faire de l’économie, pour me frotter à la modélisation, et en mesurer la force mais aussi les limites. Pour dire les choses simplement, si l’on trouve bien en économie des régularités, qui permettent le calcul, ces dernières ne sont que temporaires et en réalité elles n’ont de pertinence que dans un cadre institutionnel précis. Que ce cadre change, et ces régularités changeront aussi.L’économie ne sera jamais une science construite sur le modèle des sciences de la nature, comme les mathématiques ou la physique ou encore la mécanique. La raison fondamentale est que l’économie, activité humaine, dépend par trop de la subjectivité des acteurs et que cette subjectivité change suivant les contextes mais aussi suivant les changements dans la structure de la « dotation en facteur » que l’on reconnaît à chaque agent.Michal Kalecki, un grand économiste polonais qui fut l’égal de Keynes, disait qu’il y avait deux erreurs qu’un économiste pouvait un jour commettre. La première était de ne pas calculer, et la seconde était de croire en ce qu’il avait calculé ! Ceci me semble bien résumer la double nature de la science économique. Les calculs que l’on peut faire n’ont de pertinence que temporaire et limité, pour tout dire contextuelle. Mais cela ne veut pas dire que dans un contexte donné ils n’aient pas de pertinence.On voit donc bien que si l’Économie n’est pas bien sûr le simple prolongement de l’Histoire et de la Géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci de plus sans que cela soit exclusif d’autres disciplines comme l’Anthropologie ou la Sociologie. L’économie est donc fondamentalement une science sociale, mais une science sociale impliquant le recours étendu à des calculs comme instruments et cela sans que jamais on puisse cependant y voir une « nature » propre de l’économie. À ce titre, ceux qui prétendent vouloir trouver dans les mathématiques la clé de la scientificité de la science économique errent gravement, à la fois en tant qu’économistes et en tant qu’épistémologues.Il faut donc arrêter cette mesure avant qu’il ne soit trop tard, et pour cela susciter le mouvement de protestation le plus important et le plus large possible. Le Ministère doit impérativement réintégrer l’Histoire et la Géographie parmi les matières obligatoires en Terminale Scientifique !" (J.Sapir)

-Toute l'Histoire avec Herodote.net
-L'Histoire à la carte
-Sites Web - histoire géographie éducation civique
-Sciences Humaines, Histoire et médias : promotion de l'Histoire sur Internet
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-Histoire revisitée
-Identité nationale: diversion?