Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 22 juin 2010

Avis de tempête

Sur un volcan?

Ce qu'il y a de bien avec les volcans, c'est qu'on ne sait jamais quand ils vont exploser.
Et s'ils explosent , on ne peut rien leur reprocher
...


-"Jean-François Copé : « il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août ».

-"On demande aux pyromanes d'hier de jouer les pompiers." (entendu à Vancouver)


-Au-delà des flons-flons (ratés) du Mondial -qui sert opportunément de diversion passagère-, la situation économique est préoccupante en France comme au sein de l'Europe.
Des Cassandre versatiles annoncent le pire :« Tous ruinés dans dix ans ? » prophétisait récemment un conseiller du prince. Faire dans l'apocalypse relève d'une projection douteuse et fait le lit de la résignation, du fatalisme.
Mais il est sûr que le piège de la rigueur, qui ne dit pas son nom, dont on connaît les causes lointaines_des décénnies de finance prédatrice_ nous entraine vers une récession certaine, qui peut être longue et dont les conséquences en chaîne ne sont pas toutes encore calculables. La montée des périls politiques en Europe est déjà perceptible .Sentant venir le vent mauvais, J.Delors tente de rassurer.
La situation parait si inextricable, les politiques si impuissants, malgré les démentis et les apaisements verbaux, que l'on est en droit de s'inquiéter, en sachant que le pire n'est pas toujours sûr...
__En France particulièrement, l'autocratie et l'arrogance présidentielles, les faveurs faites aux plus favorisés , la régression du niveau de vie des plus démunis,le développement accéléré de la précarité, du chomage risquent de créer une situation de blocage. Le monde patronal cultive l'autisme. Les plans irréalistes ne tiendront pas, le dossier retraite est profondément injuste et l'exaspération, comme à d'autres époques, risque de créer une situation pré-révolutionnaire _la colère montant_( prélude à une reconstruction?), comme le décrit un bourgeois conservateur au 19° siécle, dans le contexte de son époque, A de Tocqueville:

« La France avait jeté dans le monde, la première, au milieu du fracas du tonnerre de sa première révolution, des principes qui, depuis, se sont trouvés régénérateurs de toutes les sociétés modernes. Ça été sa gloire, c’est la plus précieuse partie d’elle-même. Eh bien ! Messieurs, ce sont ces principes-là que nos exemples affaiblissent aujourd’hui.(…) On dit qu’il n’y a point de péril, parce qu’il n’y a pas d’émeute. On dit que, comme il n’y a pas de désordre matériel à la surface de la société, les révolutions sont loin de nous. Messieurs, permettez-moi de vous dire que je crois que vous vous trompez. Sans doute le désordre n’est pas dans les faits, mais il est entré bien profondément dans les esprits. Regardez ce qui se passe au sein de ces classes ouvrières qui, aujourd’hui, je le reconnais, sont tranquilles. Il est vrai qu’elles ne sont pas tourmentées par les passions politiques proprement dites, au même degré où elles ont été tourmentées jadis. Mais ne voyez-vous pas que leurs passions, de politiques, sont devenues sociales ? Ne voyez-vous pas qu’il se répand peu à peu dans leur sein des opinions, des idées, qui ne vont point seulement à renverser telles lois, tel ministère, tel gouvernement même, mais la société, à l’ébranler sur les bases sur lesquelles elle repose aujourd’hui ? N’écoutez-vous pas ce qui se dit tous les jours dans leur sein ? N’entendez-vous pas qu’on y répète sans cesse que tout ce qui se trouve au dessus d’elles est incapable et indigne de les gouverner ; que la division des biens faite jusqu’à présent dans le monde est injuste ; que la propriété repose sur des bases qui ne sont pas équitables ? Et ne croyez-vous pas que, quand de telles opinions prennent racine, quand elles se répandent d’une manière presque générale, quand elles descendent profondément dans les masses, elles doivent amener tôt ou tard, je ne sais pas quand, je ne sais comment, mais elles doivent amener tôt ou tard les révolutions les plus redoutables ? Telle est, Messieurs, ma conviction profonde : je crois que nous nous endormons à l’heure qu’il est sur un volcan, j’en suis profondément convaincu… »

______(sauf que le désordre-institutionnel et économique- est essentiellement aussi et surtout dans les faits, qui, on le sait, "sont têtus"
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La rigueur, appel d'air pour les spéculateurs

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