Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 8 juin 2010

Turquie: nouvelle donne?

-Un problème nommé Turquie

-Un pays en mutation: une chance ou un risque?





Naissance d'un nouveau tigre au Moyen-Orient?
__"...L’arrivée au pouvoir, en mars 2003, de Tayeb Erdogan, chef du parti Justice et Développement, bouleverse la politique étrangère turque. Dès 2003, la Turquie s’oppose à l’invasion américaine de l’Irak et refuse aux Américains l’utilisation de ses bases aériennes à cette fin. Ce qui prouve que l’alignement turc sur la politique occidentale ne signifie ni servilité ni soumission. Dans la foulée, Erdogan s’engage à assainir ses relations avec l’Iran et les Etats arabes, consolide la coopération avec les pays riverains de la mer Noire, et renforce les relations avec les républiques musulmanes de l’ex-Union soviétique. En 2005, la Turquie entame les négociations officielles pour l’adhésion à l’UE.Cet activisme diplomatique turc répond à trois objectifs : affirmer l’ancrage de la Turquie dans son voisinage immédiat, vider les abcès de fixation hérités du passé et donner un coup de fouet aux échanges économiques.L’affirmation du rôle turc dans la région est condensée dans une phrase du ministre turc des Affaires étrangères, Dovutoglu : "Avec les voisins, zéro problèmes."..)
-Nostalgie de l'empire ottoman?
-La Turquie se découvre un nouveau rôle à jouer-
-Ni Orient ni Occident, les choix audacieux d’Ankara-
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__________Les récents événements au large d'Israël ont montré à l'évidence le rôle diplomatique que prétend jouer la Turquie dans les affaires du Moyen-Orient,sur fond d'absence d'une solution palestinienne et d'inertie des principaux pays arabes. Les tensions avec Israël sont perceptibles depuis des mois, même si les relations économiques étroites continuent entre les deux pays. Forte de ses 6% de croissance annuelle, la Turquie semble ne plus vouloir jouer la carte européenne , cherche à se libérer de l'influence US, de l'Alliance Atlantique, et esquisse de nouveaux rapprochements avec les nouvelles puissances montantes, comme le Brésil ,et avec des voisins plus ou moins écartés du jeu diplomatique comme l'Iran.Pour le meilleur ou pour le pire?
["
C'est une diplomatie qui privilégie le bon voisinage avec les voisins immédiats de la Turquie : amélioration des relations avec la Grèce et l'Arménie, avec l'Iran et avec le monde arabe. C'est aussi "une diplomatie du business", dit une spécialiste de la Turquie, Ariane bonzon : "M. Erdogan ne voyage jamais sans une cohorte d'hommes d'affaires", VRP d'une économie turque plus dynamique que jamais."-A.Frachon]
Ce nouveau jeu, ce nouveau réseau qui se met en place seront-ils facteurs de stabilisation ou facteur d'aggravation . Nouveaux équilibres ou nouveaux périls?
Il est trop tôt pour esquisser des hypothèses sérieuses, même à moyen terme.
-Le chercheur Olivier Roy estime que « cela est parfaitement cohérent avec sa nouvelle politique étrangère: placer la Turquie au coeur du Moyen Orient, sans renoncer à ses alliances traditionnelles. Ce recentrage est bien sûr perçu comme une trahison par les Israéliens mais pas par les USA ni par les Européens. Pour des raisons moins avouables, les européens préfèrent souvent une Turquie plus orientale -car alors comment lui refuser l'adhésion?- mais qui reste une alliée dans le cadre de l'OTAN) »
Du reste , l'attrait européen régresse , pour des raisons facilement compréhensibles."Beaucoup de Turcs, il y a dix ans, fondaient leurs espoirs sur la générosité de l'Union européenne comme, avant eux, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande. Submergés par l'argent «gratuit» de Bruxelles, ces pays sont aujourd'hui au bord de la faillite et sous tutelle de la Commission et du FMI. L'Union est elle-même à la dérive après avoir désarmé les États-Nations qui faisaient sa force.Revenus de leurs illusions, les Turcs découvrent de nouveaux motifs de satisfaction dans les offensives diplomatiques de leur Premier ministre. Peu leur chaut qu'elles déplaisent aux Européens..."(J.Savès)
Cette situation ambigüe sera-t-elle durable ou n'est-on pas là face à une tendance pragmatique et instable?
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-La Turquie s’éloigne de l’Occident:
"...La Turquie, qui connait également une croissance rapide, montre des tendances plus en plus marquées en direction du « Reste », et moins vers « l’Occident ». Ceci est interprété comme par certains en Europe et aux États-Unis comme une « islamisation de la politique étrangère turque », mais cette évolution pointe vers quelque chose de bien plus significatif.
__L’émergence de ce nouvel ordre mondial ne constitue bien évidemment pas une surprise. Il était prévu par ceux qui sont suffisamment compétents pour en déceler les signes avant-coureurs. Nombre d’historiens occidentaux, d’économistes, et des chercheurs en sciences humaines ont décrit ce processus depuis un certain temps.
__Quelques noms viennent immédiatement à l’esprit, notamment ceux de Walter Laqueur (« Les derniers jours de l’Europe : une épitaphe pour le vieux continent »), Joseph E. Stiglitz (« La Grande Désillusion »), et Zakaria, mentionné ci-dessus.__Même un Timothy Garton Ash, apparemment optimiste dans « Monde Libre : l’Amérique, l’Europe et le futur inattendu de l’occident » décrit ce qui se adviendra si le lien de transatlantique n’est pas renforcé dans toutes ses dimensions, ce qui est bien sûr plus facile à dire qu’à faire, comme l’admet l’auteur.
__Dans le même temps, l’anti-occidentalisme en général et particulièrement l’anti-américanisme deviennent de plus en plus palpable chez les Turcs. Rester partisan de l’orientation occidentale de la Turquie dans ce climat devient un défi pour une élite minoritaire. Mais l’éloignement de la Turquie des États-Unis et de l’Europe n’est pas quelque chose qui inquiète les Turcs dans leur majorité.
___Cette attitude à l’égard de l’Occident n’est à l’évidence pas spécifique aux Turcs. De la Russie à l’Inde, de la Chine à l’Afrique on assiste à une réaction croissante et forte contre l’Occident. Certains parlent d’un retour de bâton « post-colonial. »
___Roberto Fao, un doctorant à l’Université d’Harvard qui a écrit pour le Financial Times, a travaillé à la Banque Mondiale et été consultant pour des projets gouvernementaux, propose des vues intéressantes sur la question.___Dans une tribune publiée par EUobserver.com le 25 mai, M. Fao affirme que les Européens doivent aujourd’hui « se demander pourquoi ils provoquent si peu de respect dans le monde. » Il cite Kishore Mahbubani, le doyen de la Lee Kwan Yew School of International Affairs de Singapour, qui soutient que l’Europe ne comprend pas à « quel point elle devient peu pertinente pour le reste du monde. »M. Fao rappelle également que Richard Haas, le président du Council on Foreign Relations, a déclaré publiquement « adieu à l’Europe en tant que puissance de haut rang. » M Fao ne croit cependant pas que l’on puisse négliger cette situation, en n’y voyant qu’une simple « jalousie » de la part des non-européens.« Au contraire », écrit-il, « j’y discerne une vérité plus dérangeante. Les pays du monde entier ne supportent plus depuis longtemps l’ingérence et les leçons de morale de l’occident, et ont acquis assez de confiance pour parler haut face à une Europe dont l’influence mondiale n’est plus considérée comme assurée »...)

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