Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 19 novembre 2010

Sauver l'Irlande

Etre ou ne pas être aidé?

__Il y a « Du défaut dans l’Eire », ironise la banque Natixis
Où la ballade irlandaise nous mène-t-elle ?

Fin de la success story:

__De la pauvreté au miracle économique, parent pauvre devenu trop riche, trop vite, grâce à un développement spectaculaire, mais dans des conditions très spécifiques, une concurrence faussée (subventions aux investissements, fiscalité avantageuse, etc...), avec la bénédiction de l'Europe. Un mirage de
miracle? Ou un gâchis ?
"...Pour les économistes Alexis Garatti et Romain Sarron, de Natixis, le "miracle irlandais" a pris fin car il était par plusieurs aspects "artificiel". D'abord, l'économie du pays reposait énormément sur les activités financières et de construction. L'effondrement du marché immobilier et l'implosion du système financier ont lourdement pesé dans la balance. Dublin a d'ailleurs volé à plusieurs reprises au secours de ses banques, qui restent parmi les plus fragiles du vieux continent. Ensuite, les économistes de Natixis expliquent que la croissance a été artificiellement soutenue par un gonflement de la dette des ménages et la bulle immobilière, comme cela fut le cas en Grande-Bretagne par exemple, un autre pays européen qui déchante aujourd'hui. Enfin, le boom économique irlandais a rendu le pays très dépendant des Etats-Unis, qui y investissaient lourdement. La récession américaine a donc eu un effet démultiplié sur la République...."

_
Le tigre celtique est malade. Il était en fait en papier.
_____________________"...
Dans les années 1990, le tigre irlandais affiche une croissance de 6 % par an, et se voit décerner tous les bons points possibles par les chantres du libéralisme sauvage et de la concurrence libre et supposément non faussée. C’est un paradis des entreprises, qui y paient un impôt sur les sociétés dérisoire. En réalité, ce dumping fiscal n’est possible que parce que l’Irlande reçoit un pactole d’aides européennes. C’est, en fait, de la concurrence, très très très faussée. Faussée avec notre argent et à notre détriment. Les multinationales affluent, font venir des immigrés de partout, s’emplissent les poches à plus soif..."
__Une thérapie de choc est nécessaire. On sait qui va en souffrir le plus...Le chômage explose déjà.
La situation du pays peut être le detonateur d'une nouvelle crise, qui peut faire exploser ceux qui sont les plus exposés. Le risque de contagion est redouté.
"Le reste de la zone euro s'inquiète d'une contagion à des pays comme le Portugal, la Grèce ou l'Espagne, dont les taux d'emprunt à long terme ont également flambé.Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a parlé d'une risque "élevé" que son pays doive aussi faire appel à l'aide de l'Europe..."
_Une panade dont on ne voit pas pour l'instant comment en sortir...
Malgré le relatif
optimisme de DSK et du FMI et l'o
ptimisme de façade du gouvernement irlandais, la situation des banques irlandaises, plombées par une bulle immobilière, semble désespérée. "Sous l'impulsion d'un secteur bancaire largement dérégulé, qui accorde prêts sur prêts, de gigantesques programmes de construction sont lancés au tournant des années 2000. Le prix moyen d'une maison passe de 75.000 euros en 1995 à 390.000 euros en 2006. Mais le scandale des subprimes révèle les risques inconsidérés pris par les établissements bancaires. Le pays est aujourd'hui jalonné de logements vides et de ghost estates, des quartiers fantômes jamais terminés..." (S.Mouillard)
__Certains redoutent un vrai désastre.
Un séisme européen de plus, après la crise grecque? L'Irlande n'est pas la Grèce, une Grèce traumatisée, mais...
_________________________
"...
Les plans de rigueur successifs agissent comme les saignées pratiquées au Moyen-Age sur les malades. Elles affaiblissent le malade sans le guérir le moins du monde. Le nouveau plan démontre toute la perversité du modèle irlandais puisque la population subit une double peine : baisse des revenus (le SMIC va baisser de 11%, les prestations sociales sont coupées) et hausse des impôts (la TVA passe à 23%). Tout cela alors que l’impôt sur les sociétés ne bouge pas et pour financer les banques !_L’Irlande nous donne l’exemple d’une exploitation inique de l’homme au profit des multinationales. Car les grandes entreprises ne vont pas contribuer à l’effort pour rembourser les créanciers du pays. Ce sont uniquement les citoyens qui vont le faire. Et certains, coincés entre une baisse de leurs revenus et une augmentation des impôts risquent de perdre leur logement. Il faut noter qu’en dehors de l’euro, une dévaluation aurait permis à l’Irlande d’éviter la baisse des salaires…Oui, ce qui se passe en Irlande est grave. Voici un pays qui démontre que le système économique actuel est aussi inefficace, qu’injuste et instable. Pire, quand vient la catastrophe, il devient encore plus injuste puisque ce sont les petits qui paient pour protéger les gros. Bienvenue dans la loi de la jungle. " (Laurent Pinsolle)
Faut-il sauver l'Irlande pour sauver l'Europe?
Beaucoup d'ombres sur l'euro, qui jouerait sa survie...
_____On s'apprête à tuer l'Irlande
S
ecourir l'Irlande ne suffira peut-être pas...
Un
dérapage incontrôlé n'est pas à exclure.
__
A quand un sursaut ?
"La perspective de voir l'Europe enfin dotée d'un dispositif de solidarité budgétaire pérenne acceptable par tous les Etats européens vaut bien cependant les quelques dizaines de milliards d'euros qu'il va falloir verser, à fond sans doute en bonne partie perdus, à l'Etat irlandais." (GL)

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