Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 31 janvier 2011

Hausses des prix agricoles

Les matières premières agricoles s'envolent


_________Dangereuse volatilité des prix

_On le voit aujourd'hui, en Tunisie et en Egypte: la hausse des prix alimentaires a été pour partie à l'origine des événements que nous suivons de loin. Comme l'augmentation du prix du blé fut une des causes du déclenchement de la Révolution Française. Les émeutes de la faim reviennent régulièrement. En Afrique particulièrement. C'est tout, sauf un problème de pénurie.
Il n'y a pas de fatalité à la hausse des prix. Ni aux famines. Même si l'on peut mettre en avant des déficits de productions accidentels ou structurels, c'est l'organisation des marchés au niveau international qui est en cause. Spéculation et dérégulation sont les deux principales causes du phénomène., qui revient de manière récurrente depuis quelques décennies. L'agriculture a été largement sacrifiée sur l'autel du marché. La FAO le reconnaît. A Davos, il y fut timidement allusion...

__Mêmes causes, mêmes effets: "La part des spéculateurs sur les marchés alimentaires explique en partie la hausse continue des prix depuis l’été 2010. Les produits alimentaires sont devenus des actifs financiers comme les autres...On se souvient en 2008 des images des « émeutes de la faim ». Depuis, plus rien ou presque sur nos écrans, même si le nombre de sous-nutris a bondi et dépassé le milliard. Surtout, les causes de la flambée des prix n’ont en rien été supprimées. Il n’est donc pas étonnant que le monde connaisse de nouveau le même phénomène, avec une hausse continue des prix des produits alimentaires depuis l’été dernier et un indice des prix désormais plus élevé qu’en 2008. Comme vient de l’exprimer le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, nous vivons le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008.
_Difficile de ne pas pointer tout d’abord la responsabilité majeure des Etats-Unis et de l’Union européenne dans la baisse des stocks céréaliers
mondiaux, et ainsi dans la tendance à la hausse des prix. Difficile également de ne pas souligner le rôle des agrocarburants, qui ont détourné plus du tiers de la production de maïs des Etats-Unis l’année dernière. Les terres qui y sont consacrées sont autant de terres disponibles en moins pour le soja ou le blé, ce qui explique la hausse corrélative des cours mondiaux, directement liés aux prix américains..."

__"...Aujourd'hui comme en 2008, il n'y a pas de problème de pénurie. Mais lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s'accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait cela, les prix montent. A ce phénomène s'ajoute l'augmentation de la production de biocarburant. Aux Etats-Unis, la part de la production de maïs destinée à l'éthanol sera cette année de 38,3%, contre 30,7% en 2008. Dans le contexte actuel, c'est complètement irresponsable de continuer ainsi ! Les stocks mondiaux de céréales - toutes céréales confondues -seront en 2011 de 427 millions de tonnes, contre 489,8 en 2009. Cette perte de près de 63 millions de tonnes est imputable pour plus des deux tiers aux Etats-Unis et à l'Union européenne. C'est là que les stocks sont les plus restreints. Et c'est notamment dû à la diversification des productions de céréales vers les agrocarburants..."
___________________Pour Paul Jorion, "...La spéculation se déroule sur les marchés « futures » ou à terme, c’est-à-dire où les intervenants fixent un prix aujourd’hui pour une transaction qui interviendra dans quelques mois. A l’origine, cela devait permettre aux négociants de se couvrir contre les variations de prix. Mais aujourd’hui, entre deux tiers et 90% des transactions émanent de spéculateurs. Il faut distinguer deux approches spéculatives : les investisseurs « longs » et les traders opportunistes. Les premiers achètent en général des parts dans des « fonds longs » constitués de « paniers » de matières premières, comprenant en particulier des produits agricoles et misent sur une hausse à long terme des prix, comptant sur des facteurs structurels comme l’accroissement de la demande chinoise. Ces investisseurs peuvent notamment venir sur le marché des matières premières pour se couvrir contre une baisse du dollar. Cette stratégie de long systématique génère une tendance à la hausse des cours._La deuxième catégorie est celle des traders opportunistes qui entrent et sortent en permanence du marché pour profiter des changements de prix. Ils alternent ainsi positions acheteuses (long) et vendeuses (short) selon que les prix montent ou baissent__...(Nicolas Sarkozy a évoqué lundi un opérateur qui avait acheté 15% des stocks mondiaux de cacao)…Oui : Anthony « Chocfinger » Ward ! Là il ne s’agit pas à proprement parler de spéculation mais d’accaparement. Le « négociant », comme on appelle celui qui dispose véritablement du produit ou est capable d’en prendre livraison ne fait pas un pari en achetant ou en vendant des contrats sur le marché à terme mais intervient directement sur le marché physique. S’il y a par exemple un problème climatique qui va peser sur l’offre du cacao, le négociant a intérêt à acheter et stocker un gros volume pour réduire encore plus l’offre et faire monter les prix avant de revendre. Aujourd’hui, certains fonds d’investissements font aussi bien de l’accaparement que de la spéculation. On sait maintenant que la banque d’investissement américaine Bear Stearns par exemple faisait les deux sur le marché de l’argent en 2008..."
-Volatilité des prix et crises alimentaires
-Non à la spéculation sur les matières premières..

dimanche 30 janvier 2011

USA: épine égyptienne

Un air de liberté souffle en Méditerranée

______USA dans l'embarras

__Il se passe quelque chose sur les bords du Nil.
Effet tunisien? Oui et non.
Le Caire n'est pas Tunis.
Un bouleversement dont il est encore difficile d'apprécier l'ampleur réelle, le devenir, l'issue.
« Je n'avais jamais rien connu comme ce que j'ai vu mardi. On présente les Égyptiens comme des gens passifs, mais maintenant qu'ils sont descendus dans la rue, cela signifie que le cycle de la peur a été brisé. » dit Hisham Kassem, militant égyptien des droits de l'homme, cité par le Daily Telegraph
Un mur tombe en tout cas. Une page d'histoire s'ouvre sous nos yeux.
Un défi à la peur, malgré la répression, la difficulté à se fédérer.

«L’Egypte est à l’aube d’un grand changement», pense l'écrivain Alaa El Aswany (1) . Ce peut être l'ouverture vers de grandes avancées ou le risque d'une régression terrible. Un tel régime aux abois est capable de tout. Le pire est possible, mais de moins en moins probable... L'armée égyptienne reste une institution puissante, même économiquement. Elle est divisée, mais déterminée.
__
Les Frères musulmans , décimés, divisés, en crise, ont encore apparemment la possibilité de resurgir de l'ombre, plus forts que jamais. La misère sociale, qui a contribué à leur succès, ne régressera pas de si tôt.
___Un volcan prêt à exploser depuis longtemps.
Un pouvoir autocratique. Une corruption généralisée. Une pauvreté endémique. Une situation de crise aigüe . Un pays des ventres vides. Un important chômage au coeur de la crise alimentaire.
Une situation de flambée des prix, qui a sûrement été l'élément déclencheur, avec l'exemple tunisien. "On a touché le fond" répètent beaucoup d'Egyptiens.
Des effets sensibles dans certains pays voisins .Le monde arabe semble défier le mur de la peur .

_________Mais les USA veillent. Des partenaires pas comme les autres
.
Hier soir, Obama a utilisé la langue de bois en invitant Moubarak à le retenue, mais en évitant les questions qui fâchent...Son équipe s'empêtre en Egypte.
Les États-Unis sont de plus en plus inquiets . C'est que, pour l'oncle Sam, ce pays a une haute importance géostratégique au Moyen Orient. Depuis Sadate, la diplomatie égyptienne a versé du côté de Washington, ce qui lui a valu reconnaissance et dollars. En échange de la "stabilité" assurée à tout prix, de la lutte antiislamiste, de l'appui au voisin israëlien, elle n'a pas ménagé son aide.
Mais ce n'est pas sans contradiction...
__Les USA semblent décidés à lâcher leur "salaud" selon l'expression peu diplomatique utilisée, selon certaines sources:
_"...La CIA possède depuis longtemps un dicton pour certains des personnages les moins ragoûtants qu'elle soutient, dictateurs ou sources troubles : « C'est un salaud. Mais c'est notre salaud. » Les Etats-Unis sont ces jours-ci confrontés à la délicate position de savoir s'ils doivent continuer à soutenir « leur » salaud en Egypte, le président Hosni Moubarak.
__Depuis trente ans, celui-ci a toujours donné tous les gages que Washington attend de lui : relations apaisées avec Israël, musèlement des islamistes, toujours prêt à accueillir un sommet international de crise (Charm El-Cheikh a probablement vu défiler plus de diplomates qu'aucune autre station balnéaire dans le monde) et les vols secrets de la CIA pour « interroger » les prisonniers difficiles... En retour Moubarak a bénéficié des largesses du Trésor fédéral américain : 1,3 milliard de dollars d'aide militaire directe par an et 28 milliards de dollars d'aide au développement depuis 1975.
_Longtemps le second bénéficiaire des fonds de l'Oncle Sam derrière Israël, l'Egypte a été relé
guée au quatrième rang, non parce que le pays est devenu moins proche, mais parce que d'autres « alliés » turbulents lui ont grillé la politesse (l'Afghanistan et le Pakistan). Ainsi, comme le confie anonymement un ancien diplomate américain travaillant désormais dans le privé : « Si l'armée égyptienne décide de tirer sur la foule pour soutenir le régime, elle le fera avec des fusils et des balles américaines... »
___________-Wikileaks nous apprend des choses que nous ne soupçonnions pas sur le double jeu de Washington. Les USA appellent aujourd'hui à "une transition en bon ordre"
_"..."Washington sait que les opinions arabes lui sont massivement hostiles. Mais dans le même temps, nombre de diplomates américains, sont conscients du fait que c'est justement cet appui aux régimes répressifs qui est à la source de cet anti-américanisme. Il suffit de se plonger dans les câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks pour se rendre compte que les émissaires américains n'ont pas des œillères sur les yeux en permanence._« Il existe, au sein Département d'État, un certain nombre de diplomates qui sont convaincus que beaucoup de régimes arabes ne peuvent plus tenir par la force, parce qu'ils sont corrompus et qu'ils nient les aspirations de leur jeunesse », explique l'ancien du State Department. « Par conséquent, ils estiment qu'il faut commencer à s'en désolidariser et à appuyer les mouvements de réformes, quitte à lâcher nos alliés habituels. » (Mediapart)
_________________Israël, qu'il soutient et finance, craint d'être plus isolé si le régime égyptien tombe. Les pressions de Tel Aviv risquent d'être très fortes, malgré un attentisme diplomatique.
L'armée soutient le chef d'Etat, qui est issu de ses rangs, mais ne veut pas que le fils succède au père.
-L'effacement du père, s'il a lieu, ne se fera pas en douceur, même si Obama le pousse doucement vers la porte. Mais il fait de la résistance, par une diverson qui ne convaincra pas la masse des Egyptiens. Une chance pour Baradei ?
Le successeur éventuel devra être capable de poser les bases d'une démocratie naissante, en déjouant les provocations, en évitant le chaos. Que fera l'armée?
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Égypte | Dossier d'actualité
L'Egypte à la croisée des chemins

Quand la France formait la police égyptienne de Moubarak
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Article repris dans Agoravox

samedi 29 janvier 2011

Modestes propositions...


...d'un citoyen de base concernant certains points d'actualité
__________ au bon peuple de France et à nos éminents z'élus et z'élites


1-_Ne pourrait-on pas supprimer les allocs des députés absentéistes ?
"Le Journal officiel vient de publier le décret n° 2011-89 du 21 janvier 2011 relatif aux modalités de calcul de la part des allocations familiales suspendues ou supprimées en cas d'absentéisme scolaire. C’est le texte d’application de la géniale loi n° 2010-1127 du 28 septembre 2010, que l’on trouve dans le Code de la sécurité sociale à l’article L. 552-3-1 : « En cas de manquement à l'obligation d'assiduité scolaire, le directeur de l'organisme débiteur des prestations familiales suspend, sur demande de l'inspecteur d'académie, le versement de la part des allocations familiales due au titre de l'enfant en cause, selon les modalités prévues à l'article L. 131-8 du code de l'éducation »...
Une voix peut suffire !

2- Ne faudrait-il pas
virer les experts civilisés qui n’ont "rien" vu venir?
_______"La révolution tunisienne est un formidable révélateur de la sincérité démocratique des responsables politiques, des intellectuels et des personnalités médiatiques qui tiennent chronique et ont micro ouvert en permanence dans les médias français. Au delà des « hésitations », soulignées parfois avec une certaine cruauté par de nombreux observateurs, de la diplomatie française, une chose retient l’attention : le silence assourdissant des experts et des analystes de haut niveau qui peuplent les écrans de télévision. La révolte démocratique du peuple tunisien n’a en effet guère suscité de réactions – ou alors fort embarrassées – des préposés à la « bien-pensance » et des donneurs de leçons civilisés, de ceux qui se mobilisent avec constance contre les régimes iranien, vénézuélien ou chinois, de ceux qui à longueur de colonnes fixent de facto la ligne éditoriale de la grande majorité des médias français..."

3-__Ne faudrait-il pas renvoyer chez eux les députés de l’UMP qui veulent supprimer les fonctionnaires !
_____________"...Cette proposition, consultable sur le site de l’Assemblée Nationale, a été déposée le 13 janvier 2011 par M. Mancel, mentor de M. Woerth dans les années 90. L’exposé précise qu’une «telle mesure viendrait renforcer la volonté de rationalisation des dépenses de l’État». En d’autres termes : ça permettrait de licencier à tour de bras au lieu de se limiter au non remplacement d’un départ sur 2. Par ailleurs, la volonté serait d’offrir des passerelles entre public et privé. Il est évident qu’il s’agit de faciliter la privatisation de secteurs entiers grâce à la tristement célèbre méthode France Télécom (même droit d’option pour ceux en place, droit privé pour les entrants)..."

4-___Ne pourrait-on pas exiger une autocritique des Tartuffes de haut vol?
«Nous n'avions pas pris la juste mesure» de la «désespérance»
"...il faut bien le reconnaître - nous n'avions pas pris la juste mesure. Il y avait une colère qui venait d'un sentiment d'injustice, une irrésistible volonté de liberté qui, trop longtemps étouffée, s'est libérée. Que le peuple tunisien soit assuré que le peuple français est à ses côtés. Une ère nouvelle s'ouvre, c'est dans cet esprit que j'ai demandé à François Fillon de prendre un certain nombre de mesures pour accompagner la Tunisie...."
...et d'une ministre si étrangère aux Affaires

5-___(à suivre...)

vendredi 28 janvier 2011

Internet: outil politique?

Quel outil ?

_________On a souvent décrié certains usages de l'internet, qui a un double usage possible, un double aspect, comme Janus: la meilleure et la pire des choses, comme disait Esope de la langue.
C'est une banalité. Internet peut jouer contre la vie privée et facebook peut être un leurre et un piège.
_____Mais les événements en cours en Tunisie ont mis en évidence le rôle important, peut être déterminant, joué par certains réseaux numériques, conjointement aux portables, qui ont facilité, diffusé en temps réel les nouvelles, les événements, tout en les amplifiant et les accélérant, par effet de feedback.
____On apprécie encore mal l'importance politique du "pouvoir numérique'' dans nos démocraties , en période électorale ou en temps normal.
Mais on ne peut mésestimer le rôle joué en temps de crise,
dans les mouvements insurrectionnels, par des réseaux comme twitter ou facebook. On est allé jusqu'à évoquer le rôle "révolutionnaire" de ces nouveaux moyens de communication, redoutablement efficaces par leur instantanéité, en Tunisie et aujourd'hui en Egypte.(1)
_____C'est aller un peu loin. Ces outils existaient avant les événements et n'ont rien provoqué par eux-mêmes. Il fallait un déclencheur, un mouvement réel qui se déploie, des événements sur le terrain, un contexte favorable à la révolte à un moment donné. Internet n'a joué qu'un rôle de diffusion, de relai puissant, d'amplification rapide, défiant les censures et la répression, impuissantes sur ce terrain.

"La "mobilisation numérique" n'a été que seconde.Des outils tels que Twitter donnent aux mouvements contestataires un avantage tactique, en accroissant la rapidité de leur mobilisation et en diminuant leur temps de réaction... Ils ne remplacent pas les moyens traditionnels de pression, de mobilisation et d'action, ils les complètent et peuvent en améliorer l'efficacité à condition d'être bien utilisés. Autrement dit, il s'agit de raison garder et de cesser de crier à la révolution technologique à chaque nouvel outil."
____C'est par un certain abus de langage qu'on a pu l'appeler "moteur de la révolte". C'est plutôt un relai. Il serait plus adapté d'évoquer ce phénomène comme courroie des révolutions modernes, comme ce fut le cas (sans succès) déjà en Iran, peut-être un jour en Chine, comme c'est le cas aujourd'hui en Egypte, où les réseaux sociaux deviennent une nouvelle arme de la jeunesse, malgré des interdits bien dérisoires, qui ajoutent à l'exaspération et favorisent les contournements.
Cependant, la diffusion des messages par capillarité ne se fait pas toujours aussi parfaitement
qu'on pourrait le croire, elle peut favoriser la diffusion de fausse nouvelles , être l'objet de manipulations et de confusions et n'a pas la puissance coordinatrice et la précision de la diffusion par la parole et la presse, quand elle sont possibles.
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-Après la Tunisie : Internet sert-il à faire la révolution ?
-Twitter, l'Iran et les limites de la révolution en direct
-La révolution Twitter ?

jeudi 27 janvier 2011

Davos: pour que rien ne change

Bienvenue au club!

Ambiance feutrée dans le gotha des affaires et de la politique

Grand messe formelle ou foire aux affaires?
Un thème sans surprise: crise économique et terrorisme en toile de fond
La routine: juste quelques inquiétudes, quelques craintes exprimées, à titre d'exorcismes, quelques voeux pieux, qui ne mangent pas de pain.
Propos lénifiants de notre Président, qui n'est pas venu faire du ski...

_____En 2009, le désenchantement était de mise. Désarroi justifié par un sombre contexte économico-financier.
Cette année , on discute doctement, comme s'il ne s'était rien passé ou presque, sur la «nouvelle réalité»
Le ronronnement habituel reprend...
__Comme disait J.Attali,Le Forum économique mondial n'est qu'un "café du commerce", . Selon l'ancien conseiller de François Mitterrand, "les gens se rencontrent là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères", ajoutait jacques Attali, précisant cependant saluer "le génie" de son fondateur Klaus Schwab."
__Dans les réunions informelles, loin des ennuyeux exposés à l'affiche, se nouent des relations économiques et politiques, se préparent des rendez-vous décisifs, se signent des contrats industriels et commerciaux, se pratique un lobbying intense...
-Etre invité à Davos, ça coûte cher !
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"...Les participants du groupe Bilderberg, qui se retrouvent pendant cinq jours dans un hôtel luxueux et systématiquement isolé, occupent tous les plus hautes fonctions dans leur secteur respectif. Lors des séances plénières, se côtoient ainsi des ministres, les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales, les rédacteurs en chef de grands médias, dans une ambiance très privée, à l’abri de toute médiatisation. Ceci est une grosse différence avec Davos qui, au contraire, mise sur l’ultra-médiatisation. Le Forum de Davos est avant tout une grande entreprise, brassant des fonds importants par le biais de sa fondation : il a donc besoin de cette visibilité médiatique. Et pour que cela marche, il faut faire des coups permanents, créer une multitude d’événements, même si parfois, cela brasse de l’air..." (M.Gama)
__________________

_"
Claudia Schiffer, Sharon Stone et Angelina Jolie ont fait partie ces dernières années des «personnalités globales» invitées à réfléchir sur l'avenir de la planète par Klaus Schwab.

Le «vieux forum» de Davos, celui dont le professeur d'économie Raymond Barre fut longtemps le rapporteur au terme de débats plutôt austères, produisait une certaine valeur ajoutée intellectuelle. C'était avant que Schwab, le fondateur et président à vie du Forum de l'économie mondiale, ne découvre que son véritable savoir-faire n'était pas l'économie (qu'il enseigna dans sa jeunesse) mais le marketing. Basé sur une valeur sûre, éternelle, indestructible, aussi bonne que l'or: l'égo.
__A partir du début des années 90 (la fin de l'ère Barre), ne pas être de «Davos» fin janvier a fini par être comme porté comme un stigmate chez les «décideurs» de la planète, notamment les chefs de grandes entreprises prêts à payer (ou plutôt à faire payer par leurs actionnaires) une petite fortune pour le plaisir de se retrouver entre eux et en compagnie de dirigeants politiques, d'économistes, d'intellectuels plus ou moins en vogue. C'est la logique du «club», désiré parce que réputé exclusif, celle que le désormais mondialement célèbre Bernard Madoff a exploité avec tant de talent pour attirer les souscripteurs fortunées dans sa pyramide de Ponzi. Certes, Klaus Schwab n'est pas accusé d'avoir volé quiconque. Et ceux qui déboursent chaque année des dizaines de milliers de dollars pour aller sur les cimes écouter des platitudes sont des victimes consentantes. Toutefois,
une enquête irrévérencieuse du Wall Street Journal sur les finances plutôt opaques des fondations de droit suisse du bon docteur (et de sa cascade de sociétés) avait provoqué par mal de remous et un net refroidissement entre le Forum et le grand quotidien du monde des affaires américain...
" (P.Ries -Mediapart)

_IMPROBABLE GOUVERNANCE A DAVOS_______-_En marge: un autreDavos 2011
-Rideau!

mercredi 26 janvier 2011

Chatel's revolution

Alertez les bébés!

Osons l'anglais à 3 ans !
________ My minister is a madman, it's not ?

Voilà un ministre qui ne manque pas d'audace: il propose de commencer l'étude de l'anglais dès 3 ans.
"Je veux réinventer l'apprentissage de l'Anglais dans ce pays" clame-t-il avec modestie . Rien que ça!
Ainsi, dans un proche avenir,
« les petits Français parleront l'anglais et apprendront le français » (Allègre) ?..
_________The Chatel's revolution is coming! (1)__ Comme Medvedev?

_Alors que
les intervenants en langue sont peu à peu retirés du primaire pour raisons d'économie, que les conditions d'enseignement se dégradent en collège et au lycée , pour les mêmes raisons...
Allez enseigner correctement une langue vivante avec des effectifs de plus en plus nombreux, au lycée, surtout quand les bases indispensables en français, sans lesquelles tout autre apprentissage est compromis, deviennent problématiques!
La langue de Molière, sans la maîtrise de laquelle on ne construit rien de solide, a été mise à mal depuis longtemps. Beaucoup appellent à "sauver les lettres".
__Et si on osait le français?!
__On répète de manière lassante que notre pays accuse un retard scandaleux: aucun élève ne parlerait couramment anglais en sortant de ses études secondaires... Pas tout à fait vrai pour une minorité de privilégiés dont les familles ont les moyens de payer des cours privés de soutien et des stages prolongés à l'étranger.
S'interroge-t-on sur le niveau des jeunes anglais en français ou des jeunes espagnols en allemand? On serait surpris.
_C'est que la langue de Shakespeare prend de plus en plus de place, phagocytant toutes les autres, en Europe comme ailleurs. C'est plutôt un anglais minimaliste, un globish appauvri, un sabir des affaires, de la globalisation, des élites commerciales et politiques.
_L'anglomania gagne du terrain, portée par la volonté des managers internationaux de "coloniser les esprits", de formater les dirigeants, de les gagner aux intérêts de l'empire, de la puissance économique encore dominante.
____-« L’anglais est la langue du vainqueur. »(général Jean Béca)
____-"L’anglais est l’avenir de la francophonie"
(B.Kouchner)
____-
« Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond. »( rapport de 1987/88, le directeur du British Council)
____-
« Il y va de l'intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais et que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains; et que, si s'élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ..." (David Rothkopf, Praise of Cultural Imperialism, 1997)
On peut comprendre, par pragmatisme, l'intérêt d'un tel apprentissage, même si les Québécois critiquent notre zèle excessif, notre véritable anglolâtrie.
Mais à trois ans!...


Commencer à 3 ans, le e-learning aidant, une fausse bonne idée...
_Les syndicats s'interrogent et pointent l'irréalisme et les contradictions du projet
___Beaucoup de sceptiques en pointent les contradictions..."Le lin­guiste Alain Bentolila a ainsi rap­pelé « qu'on ne construi­sait pas une seconde langue sur les ruines de sa langue maternelle ». Autre point qui passe dif­fi­ci­le­ment auprès des syn­di­cats d'enseignants, le pro­jet doit être mis en place sans embauches sup­plé­men­taires : Luc Chatel entend en effet déve­lop­per « l'usage des nou­velles tech­no­lo­gies et d'Internet dans les écoles pour faire appel à des pro­fes­seurs à dis­tance », notam­ment en deman­dant au Cned de conce­voir et de déve­lop­per un outil spécifique. Or, rap­pelle le SNUipp, en pri­maire, l'enseignement de l'anglais est déjà obli­ga­toire dès la classe de CE1. Mais, selon le syn­di­cat, c'est pré­ci­sé­ment dans ce domaine que porte l'essentiel des res­tric­tions. Il cite ainsi un article du Monde daté de samedi, selon lequel, dans l'académie de Créteil, « en pri­maire, sur 120 sup­pres­sions [de postes], 103 concernent des inter­ve­nants en langue ».
______D'autres vont plus loin et notent le caractère délirant d'une mesure, qui, inapplicable, représente un rideau de fumée pour faire oublier les échecs et les déboires d'un ministère et d'un pouvoir, qui imposent à l'enseignement en général une rigueur inédite.
"Allègre, un de ses prédécesseurs dans l'entreprise de démolition du patrimoine intellectuel français, estimait (je cite de mémoire) que « dans l'avenir les petits Français parleront l'anglais et apprendront le français ». Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ! C'est tout simplement céder aux pressions de la « mondialisation », concept fuligineux inventé par les Zétazuniens pour asseoir leur domination du monde. Méditons les mots de grands... Zétazuniens dont le regard n'est pas obscurci par les illusions, et par exemple celui-ci : « La mondialisation n'est pas un concept sérieux. Nous l'avons inventé pour faire accepter notre volonté d'exploiter les pays placés dans notre zone d'influence » (J. K. Galbraith, économiste célèbre)...
"....Et pendant ce temps on démolit l'apprentissage du français, un des fondements essentiels de notre république avec la laïcité et la liberté. J'ai été effrayé, l'an dernier, alors que je donnais quelques leçons de français à mon petit-fils, de l'incroyable indigence des gosses « SMS » en matière d'orthographe. Les médias de masse se font les complices de cette acculturation..."
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L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire : la qualité en question
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Romilly enterrée, l'agrégation de lettres aussi

mardi 25 janvier 2011

Céline: mémoire nationale sélective

Vraie ou vaine controverse?


Une querelle franco-hexagonale



__Dans le petit monde franco-parisien, une petite tempête dans un verre d'eau s'est levée. Elle sera de courte durée. Elle est révélatrice de certaines crispations nationales qui reviennent de manière récurrente. Symptôme d'un rapport ambivalent à notre passé, proche ou moins proche, qui ne passe pas (surtout pour les plus tragiques de notre histoire) et qui déclenche les passions.
Il s'agissait, sous la pression d'un groupe d'opinion, de retirer d'une liste des célébrations nationales les écrits de Louis-Ferdinand Céline .Le ministre de la culture a cédé, sous la pression élyséenne.
___Doit-on célébrer Céline? . L'affaire peut paraître dérisoire. C'est ce qu'elle signifie et ses effets qui le sont moins. Pour certains, le ministre a eu raison. Pour d'autres, cette décision est un non sens. On peut aussi se demander si cette liste officielle de commémorations, qui est assez arbitraire, historiquement détermi
née, négligeant tant de talents oubliés...a un sens.
____Certes, Céline ne mérite pas de figurer dans notre panthéon pour ce qu'il a été dans une partie de sa vie, marquée d'engagements coupables. Certains de ses écrits, antisémites, même peu lus, provoquent encore à juste titre des réactions de rejet, voire de répulsion, mais méritait-il d'être exclu pour cela d'une liste de commémorations, qui a pour but de saluer une oeuvre?
Il fut tout de même un novateur en matière d'expression littéraire, bouleversant tous les codes, exprimant avec un incomparable et original talent l'horreur de la guerre et du colonialisme, surtout dans les deux principales oeuvres les plus lues.
Comme disait déjà Bernanos (Le Figaro, décembre 1932)"Pour nous la question n'est pas de savoir si la peinture de M. Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l'est. Et plus vrai encore que la peinture , ce langage inouï, comble du naturel et de l'artifice, inventé, créé de toutes pièces à l'exemple de la tragédie , aussi loin que possible d'une reproduction servile du langage des misérables, mais fait justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, la sombre enfance des misérables."
On peut aimer ou ne pas aimer cette forme d'expression artistique, qui peut heurter, comme peuvent heurter d'autres formes d'écriture, de Villon à Butor.
Céline n'est certes pas "excellent". On peut comprendre qu'il rebute certains.
__Ce rejet, dans de telles conditions, sous la pression d'un lobby , a pu être appelé voyage au bout de la bêtise. Faut-il admettre cette forme de police de la pensée?
Le problème de fond est de savoir s'il faut introduire des considérations d'ordre moral et politique dans des jugements d'ordre littéraire. Le beau est le bien doivent être dissociés. L'art n'est pas fait pour édifier, donner des le
çons, susciter une exemplarité. Faut-il mettre au pilon Les fleurs du mal? S'il fallait rejeter toutes les oeuvres (pas seulement écrites) qui heurtent et choquent le sens moral, à une époque donnée, il faudrait faire un énorme ménage.
Ne mélangeons pas esthétique et morale. On sait depuis Villon et Rimbaud que le beau peut avoir ses noirceurs. On connaît les déboires de certains auteurs du 19° siècle, comme Flaubert, avec la police des moeurs bourgeoises.
Comme dit un commentateur sur le net:

"..Vite, il faut interdire :
François Villon (1431-1463) un de nos plus grands poètes , qui participa à des rixes et fut un voleur : mauvais exemple pour la jeunesse !
Jean-Jacques Rousseau qui abandonna ses enfants à l’Assistance Publique : un enfant, c’est sacré !
Verlaine, Rimbaud qui aimaient immodérément l’absinthe : Campagne contre l’alcoolisme ; " à consommer avec modération " nous rabâche-t-on sans cesse !
Baudelaire, Théophile Gautier qui dégustaient des gâteaux à l’opium !
...Sans oublier Sade, Bataille, Genet, Apollinaire ; rien que de la racaille... _"Céline, emporté par sa parano, a tenu et écrit des propos inadmissibles sur les juifs, justifiant Hitler ; et, de ce point de vue, il me semble normal qu’il ne soit pas "honoré par la nation" ; mais s’il est question de littérature, seuls les aveugles ou les imbéciles peuvent nier son génie, qui a bouleversé la littérature contemporaine. De fait, ses écrits ne deviennent antisémites qu’à partir de "Bagatelles pour un massacre". Avant ça, c’est à dire pour son chef-d’oeuvre absolu "le "Voyage", et "Mort à crédit", il ne fait que dénoncer les horreurs absolues de la guerre, la saloperie de la colonisation, et la profonde détresse de la nature humaine, livrée à elle-même, en proie à la pauvreté, la misère... Céline était un profond misanthrope, mais il fut un écrivain touché par la grâce, avant que sa pathologie ne l’emporte dans des positions indéfendables... Maintenant, que ce gouvernement.. le retire des personnalités à "honorer", est, si j’ose dire, un hommage à sa cruelle lucidité sur les gouvernants de ce monde... Et, effectivement, l’histoire portera à son "crédit" beaucoup moins de nuisances que ceux qui, aujourd’hui, l’écartent, sous la pression des lobbies sionistes. .."
_Un autre conclut de cette manière
:"Sur le plan humain,par ses convictions politiques ,par sa profonde misanthropie,Louis Ferdinand Destouches est un type infiniment détestable.Vous ne pouvez pas engager le débat comme si quelqu’un ici et moi en premier lieu niait ce fait.Il se trouve que cet homme est l’auteur de deux ouvrages qui sont parmi les plus grandes oeuvres ,les plus bouleversantes de la littérature française,que ces oeuvres ont marqué plusieurs générations et font incontestablement partie du patrimoine culturel de ce pays.Il se trouve aussi que dans état civilisé il ne revient ni aux états,ni aux gouvernements ,ni aux groupes de pression communautaires de se juge ou arbitre en matière d’art ou de littérature.Céline a été jugé et condamné,le jugement ne portait ni sur le Voyage ni sur mort à crédit...je ne me fais aucune illusion sur la portée des commémorations officielles,des personnalités aussi brillantes et attachantes que Julien Gracq, JP Vernant ou Jacqueline de Romilly sont parties dans l’indifférence générale des médias.Je ne veux pas qu’une communauté ,qu’elle soit juive ,musulmane ou chrétienne se voit établir le droit d’établir un Index,parce que derrière il y a le lynchage de Pétré -Grenouilleau ou de Renaud Camus,la fatwa contre Rushdie...
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Céline, la névrose scélérate et la saloperie humaine

lundi 24 janvier 2011

Dévalorisation du travail

Logique destructrice

__Ce ne sont pas les syndicats qui le disent, c'est un très sérieux rapport, mené par deux parlementaires qui en fait état. Joël Bourdin (UMP) et Patricia Schillinger (PS) ont mené une étude sur l'évolution parallèle des salaires et des profits dans les plus grandes entreprises au niveau européen. Une étude qui n'est pas révolutionnaire , qui n'entre pas dans le détail de mesures précises à prendre, au niveau économique et politique, qui débouche seulement sur certaines recommandations: "la situation ne fera que se dégrader si la tendance reste la même".
Les conclusions confirment
d'autres études plus anciennes d'économistes qui avaient déjà pointé le problème
, mettant en cause les effets pervers d'une certaine globalisation, des nouvelles exigences de l'actionnariat et de la financiarisation de l'économie, la tendance à la précarisation des emplois, à un surcroît de productivité et de stress du fait d'un management souvent brutal...
L'affaiblissement du salariat est patent. Mieux vaut être rentier que salarié.

"....Depuis 1975, les gains salariaux sont déconnectés de la productivité apparente du travail, expliquent les auteurs, citant l'INSEE. Les rémunérations augmentent de moins en moins vite, ce que les sénateurs montrent de plusieurs façons. ...
Ils n'hésitent pas à remettre en cause le diagnostic d'une stabilité du partage de la valeur ajoutée, réaffirmé en 2009 par le directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, dans un rapport à Nicolas Sarkozy. Les chiffres de l'OCDE, sur lesquels ils s'appuient, montrent en effet que la part des salaires a chuté de 15 points depuis 1975 dans l'Union européenne. En France, s'il n'existe pas d'étude globale, ils citent une enquête portant sur les 250 plus grosses entreprises cotées en bourse (SBF 250). Celles-ci ont augmenté la part de leur profit de près de 20 points depuis 1990 alors même que "l'intensité capitalistique de la production" est restée stable.
Les sénateurs estiment que les résultats obtenus par les autres études sur le sujet tendent à "sous-estimer la part des profits dans la valeur ajoutée" et que leurs conclusions "obligent non seulement à remettre en cause le consensus de stabilité du partage de la valeur ajoutée, mais encore à donner crédit à l'hypothèse d'une poursuite de la réduction de la part salariale dans la valeur ajoutée". Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cet "affaiblissement du salariat" comme le niveau du chômage, l'augmentation des situations de monopole, la hausse de la part des femmes dans la masse salariale...

D'emblée, les deux sénateurs font le constat "d'abandons en termes de sécurité de l'emploi", alors qu'augmentent les formes de travail précaire. En contrepartie, on a cherché à renforcer l'employabilité et la motivation des individus, même si les discours manageriaux "sont souvent illusoires".

Sous l'effet de la mondialisation, les entreprises sont passées sous un mode de gouvernance "corporate", qui transfère une grande partie du pouvoir de direction aux investisseurs. Ainsi, note le rapport, les lieux de décisions "se sont éloignés des salariés", participant à une dégradation des relations sociales. La réduction du temps de travail, autant que les impératifs de rentabilité, conduisent à une intensification du travail et à une pression accrue sur les salariés.

Or la "vulnérabilité accrue" des salariés entraîne des "coûts objectifs" pour une entreprise. Une étude de l'INRS de 2009 montre que le stress au travail couterait entre 2 et 3 milliards d'euros par an, ce qui est une "estimation basse". De manière générale, le "climat de défiance est contre-productif pour l'entreprise" selon les sénateurs.
.."
La crise a pour effet de renforcer cette baisse relative des salaires et de renforcer la précarité, qui devient de moins en moins l'exception, sous ses formes variées, mettant en péril tout le système de production.
Travailler plus , disait-il?...
Il est à craindre qu'en sortie de crise, la précarisation soit renforcée.
Michel Husson redoute qu'à cette occasion, la recherche de rentabilité n'accélère la précarité de ceux qui ont un emploi. Ce qu'il résume d'une formule : la généralisation du «bricolage social».

samedi 22 janvier 2011

Santé: bientôt un luxe?


Notre santé les intéresse

La santé va-t-elle devenir un luxe?


C'est déjà le cas pour un nombre grandissant de nos concitoyens.
Il existe de plus en plus d'exclus de la sécu pour soins trop chers et revenus insuffisants. Beaucoup abandonnent les soins dentaires, où reporte une intervention importante, en attendant des jours meilleurs.
Certains se mettent en danger, faute de prévention.
Bien sûr, nous n'en sommes pas encore arrivés au stade anglais, où le système de santé est en état de longue maladie et frôle maintenant le coma.
Bien sûr, notre système de santé nécessitait un certain nombre de réformes, de réorganisations.
__Mais les mutations en cours sont d'une autre nature. Notre service public est en voie officielle de "rationalisation", ce qui a un sens très particulier, très technocratique. Il est soumis à la pression des impératifs européens de libéralisation des services, de privatisation rampante. L'Hopital Public est en danger,constatent maints praticiens.
La santé est en passe de devenir rentable. L'Institut Montaigne est un groupe de réflexion libéral où s'élaborent et continuent de s'élaborer des projets en ce sens.
Le système, l'offre sanitaire, sont en train de changer de nature peu à peu. Il y a une réelle volonté des Etats européens de se désengager de l'offre de soins ouverte à tous.
De « plan 2007 » en « plan 2012 »,
il est clair que les choses changent et s'orientent vers un système à plusieurs vitesses, du fait de la concurrence voulue entre cliniques privées et établissements publics, qui assurent le plus gros des charges tout en étant de moins en moins bien doté. L'asphyxie gagne. La "modernisation"/privatisation va bon train.
"..La France consacre 11% de son PIB pour la santé. Les partisans du libéralisme contestent que ces sommes considérables échappent à la loi du profit, mais n’ont bien sûr rien à redire sur le coût des hospitalisations en milieu privé lucratif, dont la France détient le record européen (23%).Ces cliniques appartiennent le plus souvent à des sociétés internationales comme la Générale de Santé et un nouveau venu, Vitalia, lié au fonds d’investissement américain Blackstone, dont les actionnaires exigent des taux de rentabilité du capital supérieur à 20%.Le financement public enrichit ces sociétés privées et a permit à la Générale de santé de verser, en décembre 2007, 420 millions d’euros à ses actionnaires !Le secteur de la santé français attire donc des capitaux internationaux en attente de vagues de privatisations..."

___L'
assurance maladie suit la même pente. On a tout fait pour que la sécu ne soit plus viable, dans le cadre d'une gestion technocratique et libérale. La sécu va se trouver ruinée par une politique restrictive, alors que nous dépensons moins que les USA en matière de santé. Le mythe du "trou de la sécu" fait de la résistance...

_____________Demain, que restera-t-il de notre Sécurité sociale?
"...Rien n'est dit publiquement. Dans toutes ses déclarations officielles, Nicolas Sarkozy jure même de son attachement à la Sécurité sociale, qui, depuis sa fondation en 1945, repose sur le système de la répartition, c'est-à-dire sur un système
collectif et solidaire, tournant le dos au système de l'assurance privée individuelle. Depuis des lustres, le lobby très puissant des assureurs privés rêve de mettre à bas ce système. Et pour la première fois, un gouvernement, celui de François Fillon, s'apprête à accéder à ses demandes.
__Le premier à sonner la charge a été Claude Bébéar, le fondateur du groupe d'assurance Axa, qui, dès 1996, avait sommé le gouvernement d'Alain Juppé d'avancer vers des «
sécurités sociales privées », en émettant la recommandation que ce système fonctionne au « premier franc ». « Autant dire, tuer la Sécurité sociale », commentait à l'époque L'Express.____Puis, il y a eu un deuxième assaut, celui de Denis Kessler (ancien numéro deux du patronat, ancien président de la Fédération française des sociétés d'assurance et actuel président de la Scor, un géant de la réassurance) qui, dans une déclaration tonitruante au magazine Challenges, le 4 octobre 2007, avait estimé que la politique économique de Nicolas Sarkozy était moins brouillonne qu'on pouvait le penser : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression d
e patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui d
e sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »..
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Hopital Public en danger
Sécu: dérives.
-En finir avec la politique de la caisse vide