Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 29 avril 2011

Revolution: et après?..

Temps de l'espoir, temps de l'incertitude.

__La Tunisie a montré le chemin, surprenant tout le monde par sa révolte soudaine, sa détermination et sa maturité.
Elle a servi de laboratoire pour des révolutions arabes en gestation.
L’onde de choc de la révolution du jasmin s'est faite sentir ailleurs, dans des pays proches, aux parcours historiques différents, mais à la configuration du pouvoir assez semblable.
La révolution est toujours festive, malgré les drames qui l'accompagnent souvent. Les douleurs et l'accouchement sont associés. Elle met en oeuvre espoir, solidarité, projets, elle ouvre des perspectives, de nouveaux horizons insoupçonnés avant. Elle brise résignation et fatalisme. L'utopie accompagne aussi le mouvement. Certains se perdent dans les rêves.
__L'après-révolution, c'est autre chose...
Aujourd'hui, l'heure est à l'attente et à la reconstruction.
Sur les décombres des régimes déchus, il reste à inventer de nouvelles formes de vie sociale, de nouvelles organisations. Une révolution n'est pas une partie de plaisir et un changement de structure ne se fait pas facilement, car on ne crée rien à partir de rien.
Après l’assassinat de César, Cicéron disait : « Le tyran est mort, mais la tyrannie survit ».
La structure policière n'est pas dissoute en Tunisie. L'armée est toujours là en Egypte, avec son pouvoir et ses intérêts. Saura-t-elle s'effacer?
__Les Tunisiens tentent de réinventer leur scène politique , plus de cinquante partis ont demandé à être légalisés. C'est le trop-plein du bouillonnement démocratique , qui va être difficile à gérer. Maladie infantile de la démocratie.
Pour l'Egypte, les choses sont moins claires. Nul ne sait où va déboucher le mouvement qui l' anime. Deux mois après, Le Caire est en révolution permanente. Une large victoire du «oui» a été obtenue au référendum, ce qui rend relativement optimiste. Mais les tensions sont fortes et des militants subissent encore l'arbitraire de l'armée.
_La contre-révolution peut toujours survenir de la part de forces qui ne sont pas éteintes, à la faveur de désordres provoqués ou générés par une situation économique difficile
Mais c'est le propre de toute révolution de connaître des hauts et des bas, de marcher de manière plus ou moins chaotique, pendant une période qui peut être assez longue. L'histoire de notre Révolution Française en est un bon exemple...
__Sur le printemps arabe planent des nuages, sans que nous puissions dire s'ils sont annonciateurs d'orages menaçants ou de pluies bénéfiques et fécondes.
Comme le dit Edgar Morin, "...Cette gigantesque vague démocratique ne doit rien aux démocraties occidentales qui, au contraire, soutenaient les despotismes qu'elles tenaient à pérenniser. Mais elle doit tout aux idées démocratiques nées en Occident. Déjà, en s'emparant des idées de droit des peuples nées dans l'Europe qui les opprimait, les Arabes colonisés opéraient leur décolonisation politique. En s'emparant des idées de liberté, les Arabes opèrent leur décolonisation mentale. Reste la décolonisation économique... qui reste à faire.
Mais le chemin est difficile et aléatoire de l'aspiration démocratique à la réalisation démocratique, du dépassement de l'état de sujet pour l'accession à l'état de citoyen.
Le remarquable fut que là où la répression avait interdit et détruit les partis, emprisonné ou exilé les démocrates, la faiblesse politique a fait la force de la révolte.
Ce fut la force d'une spontanéité auto-organisatrice, désarçonnant, en un premier temps, par son caractère pacifique, les pouvoirs répressifs, inventant, à partir de la téléphonie mobile et d'Internet, ses communications immédiates et permanentes, et, par là, une organisation en réseau, sans tête donc non décapitable, mais avec d'innombrables têtes.
Une merveilleuse créativité, inséparable du caractère pacifique du mouvement privilégiant l'intelligence et non la force, permit à la jeunesse d'entraîner à elle les générations et diverses classes sociales, leur enlevant le poids de résignation qu'elles enduraient.
Ce rôle moteur et majeur de la jeunesse arabe lui a permis d'exprimer les énergies et aspirations de toutes les jeunesses qui partout dans le monde ont animé les grandes résistances et les grandes révolutions.
Mais la force de la spontanéité devient une faiblesse dès lors qu'il s'agit non plus de détruire une dictature, mais de construire une démocratie. Alors se fait sentir le vide d'institutions, de structures, d'idées, de pensée, qu'a produit et entretenu le despotisme. Certes, il se développe dans la jeunesse insurgée un bouillonnement créateur, mais celui-ci est inséparable d'un désordre brouillon, propice aux divisions et aux errements, soit d'une résignation précipitée, soit d'exigences immédiatement impossibles..."__
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Point de vue: Le chaos arabe : Un printemps ou un mirage ?

mercredi 27 avril 2011

Qui sont les (vrais) cochons?

Piigs en crise

Les petits et les deux gros cochons

_Ils sont les derniers de la classe. Ils ne jouent pas dans la même cour et sont déconsidérés. Ils n'étaient pas des "héritiers", n'avaient pas les mêmes moyens. On les avait cependant intégrés, pensant qu'ils allaient rattraper les plus avantagés, en jouant le même jeu, avec les mêmes règles.
Las! L'ambition fut démesurée et irréaliste et l'intégration, à marche forcée, irréfléchie. Les "meilleurs" de la classe, aux mauvaises heures, les virent décrocher, "jouer perso", et rejoindre le peloton de queue.
__Ils les appelèrent les PIGS , les "cochons", dénomination peu amène s'il en est...
(Les«
porcs » en anglais) qui désigne cinq pays de l’Union européenne indisciplinés sur le plan fiscal : le Portugal, l’Italie, l’Irlande, La Grèce et l’Espagne. Acronyme peu flatteur, il symbolise surtout un quintette d’élèves perturbateurs. Forgé au milieu des années 1990 pour qualifier l’Europe du sud (les « PIGS », dont l’Irlande ne faisait pas partie), l’acronyme devient tendance avec la crise de 2008, dévoilant désormais un quintette de pays en banqueroute. En reprenant la rhétorique des « PIIGS », les bons élèves de l’Europe ont un peu plus enfoncé leurs camarades dans le désaveu. A mille lieux de répondre aux valeurs d’entraide et de solidarité que l’UE est censée incarner."
__Et pourtant les règles devaient être les mêmes pour tous et le projet sous-entendait une solidarité sans faille, une avancée concertée et harmonieuse.
Ce sont les mauvais élèves de l'Europe.
Les plus grands de la classe seraient assez d'accord pour les virer. La maîtresse Angela tempère un peu... Une bonne punition s'impose, en tous cas, une cure d'austérité, qui va peut-être les faire mourir.
Dans cette classe, qui se réfère au dieu Marché, comme son partenaire d'Outre-Atlantique, la solidarité n'est qu'un mot, la concurrence est la règle. Les inspecteurs (les agences de notation, qui font la loi) sont sans état d'âme. Pour les maîtres de la finance , il y a les bons élèves et il y a les mauvais. Il n'est pas question de changer les règles communes, même si elles sont devenues impraticables et produisent des effets pervers.
Pas question pour les "bons" de couler avec les PIIGS
_"...L’expérience de l’euro dresse les peuples d’Europe les uns contre les autres. Nous n’en voulons pour preuve que le succès scabreux de l’expression PIIGS. Elle désigne, on le sait, les pays les plus en difficulté de la zone euro : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne (Spain). Trois pays méditerranéens, quatre latins, quatre pays catholiques – et un orthodoxe, ce qui, dans l’esprit de ceux qui se complaisent dans cette expression, ne vaut guère mieux. On n’attend que la France au club : ça ne saurait tarder.
Il y a longtemps que les Allemands s’exaspèrent de ce que les pays d’Europe du Sud ne marchent pas à leur rythme. En fait, sur le long terme, ils ont marché à leur rythme : leur croissance, et cela seul importe, a été au cours des quarante dernières années aussi rapide celle de l’Allemagne, mais leur taux d’inflation « naturel » étant supérieur, depuis que l’euro a bloqué les mécanismes d’ajustement, ces pays tirent la langue. Pour être plus exact, il faudrait donc dire que les Allemands s’exaspèrent de ce que le pays du Sud ne partagent pas leur phobie de l’inflation. Une phobie qui tient peut-être autant de la névrose que de la vertu.

Pour exprimer cette exaspération, les Allemands s’étaient longtemps contentés de l’expression plutôt gentille de « Club Méditerranée. » Maintenant on dit PIIGS, et c’est autre chose : les Latins - et accessoirement les Irlandais - sont désormais identifiés à des cochons !
Cet acronyme qui aurait pu n’être qu'une facilité journalistique est aujourd’hui d’usage courant dans le monde de la finance. Cela est profondément inquiétant...
Dans le peloton de l’euro, ceux qui n’arrivent pas à suivre sont des PIIGS. On ne dit pas encore des untermenschen mais l’idée est sous-jacente, pas seulement en Allemagne : une partie de l’élite française, qui a toujours eu les yeux tournés vers le Nord, partage le préjugé, oubliant au passage que si le Royaume-Uni échappe au banc d’infamie, c’est qu'il a prudemment refusé de s’engager dans l’euro : les élites britanniques ont, elles, une vraie culture économique !.."

_________________________________Alors, qui sont les vrais cochons?
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Europe: rien n'est réglé
Finance prédatrice
Europe en péril
Billet lusitanien

mardi 26 avril 2011

Fukushima (suite)

"Il y aura un avant et un après Fukushima"...

"Après Tchernobyl, le lobby nucléaire occidental avait trouvé la parade : c’est le résultat de la gestion bureaucratique, incompétente et inefficace, propre au système soviétique. « Cela ne pourrait pas avoir lieu chez nous ». Que vaut cet argument aujourd’hui, quand c’est le fleuron du capitalisme japonais – en fait, comme le rappelle dans un article récent Pierre Rousset, rien moins que « le plus grand producteur privé mondiald’électricité » ! - qui est concerné ?

Les médias ont mis en évidence l’irresponsabilité, l’impréparation et les mensonges de la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) – avec la complicité active des organismes de contrôle et des autorités locales et nationales – plus préoccupée de rentabilité que de sécurité. Ces faits sont indiscutables, mais à trop insister sur cet aspect, on risque de perdre de vue l’essentiel : l’insécurité est inhérente à l’énergie nucléaire. Le système nucléaire est fondamentalement insoutenable, les accidents sont statistiquement inévitables. Tôt ou tard, d’autres Tchernobyls et d’autres Fukishimas auront lieu, provoqués par des erreurs humaines, des disfonctionnements internes, des tremblements de terre, des accidents d’aviation, des attentats, ou des événements imprévisibles...
« L’accident nucléaire au Japon pourrait favoriser l’industrie française dont la sécurité est une marque de fabrique »(Guaino). No Comment… (Michael Lowy)
____________"(Il faudra) un an pour colmater les brèches (et à condition que la Terre se calme), vingt ans pour démanteler la centrale, trente ans pour diminuer de moitié les radiations du césium 137 et probablement une génération pour réinventer le modèle économique et énergétique de la troisième puissance mondiale. Ce compte à rebours ne concerne pas les seuls Japonais, mais bien toutes les grandes puissances. Les chercheurs les plus sérieux l’affirment, il faudra au moins trois ou quatre décennies pour bâtir une alternative réaliste à l’énergie atomique.Nul n’en a donc fini avec le nucléaire, pas plus qu’avec Fukushima et ses effets ravageurs..."... si tout se passe bien!
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(Analyses en vrac)

A suivre au jour le jour:
_Le blog de Fukushima
_Dominique Leglu : Science et Avenir

-LE BLOG DE L'ASSOCIATION KOKOPELLI
-Information Japon
-Info et actualités en direct
____________
-Fukushima : informations et désinformation
-La catastrophe qui change tout ____(Complément d'enquête - France 2)
-
Fukushima, révélateur d'une crise institutionnelle majeure
-
Japon: la tectonique des plaques politiques
-
les « intouchables » de Fukushima

-25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl et Fukushima_(France culture)
-
Arte: les 25 ans de Tchernobyl
-L'avenir contaminé
-Tchernobyl n’a pas terminé son ouvrage
-
"Tchernobyl forever" par Alain de Halleux
- Le risque absolu
-Le risque infini existe

_____________________
-Fukushima: le pire du pire?
-
Japon: nucléaire en question
-Nucléaire sur la sellette
-Fukushima vu par Bernard Laponche

vendredi 22 avril 2011

Le Président et son verbe

Quand le premier des Français malmène le français

Morceaux choisis:
-"Casse-toi..."
-"Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts"
-"«On s'demande c'est à quoi ça leur a servi toutes ces années (d'études) pour avoir autant de mauvais sens."....
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On s'demande nous aussi à quoi ça lui a servi toutes ces années ...pour torturer ainsi la langue de Molière.
_______Ignorance? Inattention? Agitation?
Non, plutôt calcul politique....
Un faux langage de la rupture
En tous cas, un style. Certaines expressions sarkoziennes sont devenues proverbiales.
"Il multiplie les fautes de langage, ignorant trop souvent la grammaire, malmenant le vocabulaire et la syntaxe, omettant les accords", souligne François Loncle, qui remarque que Nicolas Sarkozy "s'aventure parfois à employer des termes et formulations vulgaires". ... Autant d'atteintes, selon lui, à la culture de notre pays et à sa réputation dans le monde. "L'ancien secrétaire d'Etat à la Ville de François Mitterrand enjoint donc Luc Chatel de "bien vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre au Président de la République de s'exprimer au niveau de dignité et de correction qu'exige sa fonction"
.
__Fautes de langage ou volonté de se démarquer d'une tradition plus classique, caractérisée par une certaine rigueur dans l'expression, de jouer populaire, de paraître proche du langage courant le plus relâché, voire de celui du café du Commerce? Des linguistes s'interrogent...

__L'instituteur en chef, Chatel, prend maladroitement la défense du locataire de l'Elysée

" La réponse du ministre a quelque peu tardé mais elle est savoureuse. "S'il est évidemment des questions plus importantes, je tiens néanmoins à vous apporter une réponse complète sur ce sujet", commence Luc Chatel. Le ministre appelle son interlocuteur à "reconnaître qu'en de nombreuses circonstances le président de la République montre de grandes qualités rhétoriques, telles que la force expressive, la conviction, l'à-propos, la répartie ou la puissance d'évocation".__Surtout, aux yeux du ministre de l'Education, Nicolas Sarkozy possède un véritable atout: "En ces temps de complexité et de difficulté [il] parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques, qui perdent l'auditeur et le citoyen", estime Luc Chatel. Qui conclut: "Lui qui incarne la parole de la Nation et l'a fait, en de nombreuses circonstances, de la manière la plus digne qui soit (...) se fait comprendre de tous les Français: sur ce sujet et dans une démocratie, c'est, me semble-t-il, l'essentiel."
_Il apparaît que
Sarkozy a dérégulé la langue présidentielle, comme il s'est efforcé de déréguler l'enseignement et les services publics en général, se gaussant même de l'apprentissage des lettres notamment, de la culture en général, valeur en baisse selon les normes technocratiques qui nous gouvenent.
On assiste à une brutalisation du verbe politique, en osmose avec la vulgarité montante, souvent complaisamment médiatisée, en concordance avec une certaine brutalité des rapports sociaux
.

« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux »
(René Char)

jeudi 21 avril 2011

Nouvel ordre agricole mondial

Terres convoitées



La ruée sur les terres agricoles s'intensifie.
Les interventions intéressées, souvent purement spéculatives, de certains pays ou sociétés privées sur d'autres disposant de terres "disponibles" ne manquent pas d'inquiéter, à l'heure où flambe le prix des matières premières et où s'impose l'agrobusiness, considérant la terre comme un produit comme un autre, devant être soumise aux seules lois des marchés.
_La planète est à vendre, aux dépends de la souveraineté alimentaire.
____Un récent document diffusé par ARTE en donne un idée et en montre les différents aspects. _Il est urgent de réagir.
_Un début de
prise de conscience mondiale se produit enfin pour "responsabiliser" les pays et groupes engagés

[ En 2010, la Banque mondiale a rapporté que 47 millions d’hectares avaient été loués ou vendus dans le monde dans la seule année 2009 ; le Global Land Project pour sa part a calculé que 63 millions d’hectares avaient changé de mains rien que dans 27 pays africains. Voir "New World Bank report sees growing global demand for farmland", Banque Mondiale, Washington DC, 7 septembre 2010, http://farmlandgrab.org/post/view/15309, and Cecilie Friis & Anette Reenberg, "Land grab in Africa: Emerging land system drivers in a teleconnected world", GLP Report No. 1, The Global Land Project, Danemark, août 2010, http://farmlandgrab.org/post/view/14816, respectivement.]

Quels effets peut-on en attendre? N'y a t-il pas beaucoup d'arrière-pensées derrière les déclarations d'intention? La notion d'"investissement responsable" est à interroger et à contester dans bien des cas.
__________"...Aujourd’hui l’accaparement des terres se fait à une allure galopante. Des contrats sont signés, les bulldozers sont déjà au travail, la terre se trouve délimitée de manière brutale et les populations locales sont chassées de leur territoire ; les conséquences sont dévastatrices. Quoiqu’il soit difficile d’obtenir des renseignements précis sur la question, il est clair qu’au moins 50 millions d’hectares de terres fertiles – ce qui suffirait à nourrir 50 millions de familles indiennes – sont, au cours des dernières années, passés des mains des paysans à celles des grandes entreprises et chaque jour, de nouveaux investisseurs se joignent à la ruée. __Certains de ces accords sont présentés comme une nouvelle manière de satisfaire les besoins de la sécurité alimentaire de pays qui dépendent des marchés extérieurs pour se nourrir eux-mêmes, comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Corée du Sud ou la Chine. D’autres sont exposés sans détour pour ce qu’ils sont en réalité : des contrats d’affaires et de nouvelles opportunités de bénéfices très intéressantes. Même si certains États jouent un rôle actif, la plupart de ces transactions se font entre les gouvernements hôtes et des entreprises privées. Les sociétés concernées estiment que 25 milliards de dollars US ont déjà été alloués mondialement et elles se targuent de vouloir multiplier ce chiffre par trois dans un très proche avenir..."

Par exemple, "... « La nouvelle vague d'accaparement des terres aura des conséquences désastreuses en Amazonie et dans le cerrado : elle va en effet donner le feu vert aux opérations illégales des grands éleveurs de bétail, de l'agrobusiness, des compagnies minières et des exploitants forestiers et permettre la destruction des forêts et de la biodiversité qui étaient protégées par les petits producteurs et les populations autochtones, » selon Maria Luisa Mendonça, du Réseau social pour la justice et les droits humains, au Brésil. Selon Ibrahim Coulibaly de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes au Mali, membre de La Via Camapesina, « Pour moi, il n' y a pas d'autre terme, l'accaparement des terres, c'est du banditisme d'État. Et il faut le traiter comme du banditisme, parce qu'il s'agit d'accaparer, de prendre la seule ressource qui reste pour les plus pauvres pour le donner à ceux qui ont déjà trop, ceux qui sont déjà extrêmement riches. Et ce n'est pas acceptable. »Cette déclaration commune appelle au contraire à se recentrer sur une véritable réforme agraire et des investissements agricoles qui soutiennent les petits producteurs et leur permette de produire sur leurs propres terres en utilisant des méthodes agroécologiques... "

mercredi 20 avril 2011

Que veut le pouvoir syrien?

Garder le pouvoir...

Révoltes en Syrie

__Malgré la levée de l'état d'urgence, la contestation redouble d'intensité en Syrie, au fur et à mesure des semaines, la répression brutale renforçant la contestation.
Pourquoi la Syrie n'a-t-elle pas (encore...) bougé?,
se demandait-on en février, après les événements de Tunisie et d'Egypte.
Or, elle a bougé, de plus en plus. Il n'y a pas de ville importante qui ne soit touchée par une contestation qui ne craint plus la peur et brise des années de silence frustré
. Les changements économiques des dernières années semblent avoir été les catalyseurs de l'expression d'une colère présente depuis longtemps.
_"L'agitation a débuté à la mi-mars à Deraa, une ville de l'extrême sud du pays, proche de la frontière jordanienne. Ces troubles sont sans aucun précédent pour le régime baassiste au pouvoir à Damas, depuis le soulèvement islamiste de Hama, au nord de Homs, qui avait été écrasé en 1982 par Hafez al Assad, le père de Bachar, au prix de quelque 30.000 morts"
__"Bénéfique pour quelques uns, l'ouverture économique s'est traduite pour la majorité par un chômage accru, une paupérisation généralisée, des déplacements de population, le développement de la criminalité, un désir d'émigration croissant.Depuis l'arrivée de Bachar Al Assad au pouvoir, la corruption, qui pèse en premier lieu sur la masse de la population, soumise aux extorsions quotidiennes des fonctionnaires et des policiers, a cru de façon exponentielle. Ce qui était un travers de l'administration civile et militaire et du monde des affaires sous Hafez Al Assad est devenu, sous son héritier, un véritable système. Sa structure pyramidale interdit qu'il soit porté remède à ce phénomène sans s'attaquer aux membres de la famille présidentielle qui en sont les organisateurs et les premiers bénéficiaires."
___________On n'attendait pas une telle détermination dans la contestation
du régime de Bachar Al Assad et une telle violence répressive de la part d'un régime aux abois, qui semble vouloir chercher des boucs émissaires et entretenir un climat de guerre civile, dans un pays très divisé en une multitude de communautés ethniques et confessionnelles, d'autant plus menacé qu'il monte chaque fois d'un cran dans la violence d'Etat.
La répression donne un second souffle à la contestation
.
Le chaos menace. Il semble être l'objectif d'un pouvoir affaibli, qui ne pourra qu'en profiter.
Difficile de faire le point: les médias sont contrôlés, les journalistes éloignés. Il semble que l'opposition, interdite de fait, ne soit pas structurée autour de leaders ou de projets communs. Si Bachar tombe, quel leader incontesté prendrait le pouvoir?
C'est cette incertitude et cette crainte qui semblent expliquer pourquoi la communauté internationale n'agit pas et ne veut ou ne peut intervenir. Par rapport à la Tunisie et l'Egypte, une certaine indifférence internationale, ne manque pas d'étonner. La France se contente de "condamner les violences"...
De par sa situation géopolitique, la Syrie apparaît comme un élément de stabilité, du fait de la proximité d'Israël, soutenu par la puissance américaine, et du pôle iranien. La crainte de chambouler le Proche-Orient, en restant en retrait, est sans doute un des éléments qui permet de comprendre le silence relatif mais assourdissant de la plupart des grandes puissances et des pays voisins. Ne pas mettre de l'huile sur le feu...
________________
-L'exception syrienne
- Pour comprendre ce qui se passe en Syrie
-Israël et la Syrie au bord de la paix
-Syrie/Libye : deux poids, deux mesures ?
-La crise syrienne place Obama en position délicate
-Dossier d'actualité

mardi 19 avril 2011

Electricité: dogme européen

Une loi controversée
____________________Un dogme contesté

Sur la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité

Concurrence en trompe-l'oeil et histoire sans frein...

__«Je ne pensais pas que cela arriverait, que les autorités européennes de la concurrence auraient une vue si dogmatique et voudraient appliquer la concurrence dans le secteur de l'électricité où pourtant cela s'applique très mal... Emportée par le courant des idées, la France a mis fin au monopole d’EDF et ouvert l’électricité aux disciplines du marché. La pression de la concurrence devait améliorer la gestion, dynamiser les équipes, faire baisser les prix du courant. Une dizaine d’années plus tard, telle la poule qui a couvé un canard, la France ébahie se dépêtre de ses paradoxes, le problème n’est plus de faire baisser les prix, mais d’accepter ou non de les laisser monter pour s’aligner sur ceux du marché européen. On avait ouvert l’électricité à la concurrence pour baisser les prix et il faudrait aujourd’hui les élever pour permettre la concurrence »__(Marcel Boiteux (ancien président d'EDF)
[_Un projet lumineux? _cliquez sur l'ampoule]
___________________

Un véritable hold-up , aboutissement logique du rapport Champsor
"Les fournisseurs profiteront de la manne nucléaire sans aucun investissement. On a vu ce que cela a donné il y a plusieurs années en Californie avec la grande panne électrique. Là-bas comme ailleurs, l’Etat s’est réapproprié le secteur. Quant à nous, nous privatisons à tour de bras !"
"C’est dans la nuit du 24 novembre que l’Assemblée Nationale a voté le texte définitif. Depuis début juin 2010, les parlementaires ont entre les mains l’avenir du service public de l’électricité. Les 27, 28 et 29 septembre derniers, le Sénat avait adopté le projet de loi.
_Du jamais vu : obliger une entreprise, dans le monde de la concurrence libre et non faussée, à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité. Cette loi est une étape supplémentaire vers la déstructuration complète du secteur électrique, sous le prétexte fallacieux de permettre la sacro-sainte concurrence, qui dans le domaine de l'électricité, tout le monde le constate désormais, fait augmenter les prix.
"
La loi Nome devrait faire exploser la facture d'électricité (peut-être 30% en cinq ans...peut-être plus)

_La Nouvelle organisation des marchés de l'électricité: "baptisée loi Nome, elle vise à assurer la concurrence entre les différents acteurs du marché de l'électricité. Elle s'appuie sur un constat: malgré l'ouverture des marchés à la concurrence, EDF conserve la clientèle de plus de 95% des ménages français. Selon le dogme actuel, si les clients restent chez EDF, c'est parce qu'il y a une distorsion de la concurrence, d'où l'idée de légiférer pour augmenter la concurrence. En ligne de mire, les tarifs réglementés d'EDF, que Bruxelles veut supprimer. Dans le même temps, la commission exige qu'EDF vende sa production électrique nucléaire à ses concurrents à un tarif inférieur au prix du marché, en clair à un tarif "régulé".___Curieuse façon de voir l'économie: on exige la suppression des tarifs régulés pour les particuliers et leur création pour les concurrents d'EDF... Etonnamment, Bruxelles n'a pas cherché à obliger les producteurs à faire des gains de productivité. N'aurait-il pas été plus logique de demander aux producteurs autre qu'EDF de faire des efforts pour produire moins cher? De les obliger à passer à des centrales plus performantes?"

__Une curieuse concurrence, organisée au frais des consommateurs , dans l'esprit de la lettre de la commission_europeenne ..."...On peut débattre de la rente supposée liée à la production d'électricité d'origine nucléaire dans notre pays mais il n'y à aucune raison d'en faire bénéficier les nouveaux entrants sans que ceux-ci soient concernés par les charges à venir. En procédant ainsi, on ne les incite pas à innover en investissant dans des unités nouvelles de production d'électricité. Et comment pourras-t-on vérifier que cette électricité achetée à un « prix discount » ne sera pas revendue plus cher à l'étranger par ces mêmes opérateurs ? Au final, c'est le consommateur qui sera pénalisé. Il y a quelques jours, on apprenait que Bercy autoriserait une nouvelle hausse de 3% des tarifs de l'électricité au début de l'année prochaine, après une augmentation identique le 15 août dernier destinée au financement des énergies nouvelles. La loi Nomé provoquera à nouveau une hausse importante des prix de la part d'EDF dans les années à venir qui répercutera à ses clients le manque à gagner du discount fait à ses concurrents sans aucune contrepartie positive, bien au contraire..." (La douloureuse du marché européen)

(Projet de loi portant nouvelle organisation du marché de l'électricité)
_Dans l’article «Sept lobbies à la loupe », paru dans le numéro du 22 mai 2008 du Nouvel Observateur, les journalistes Vincent Nouzille et Hélène Constanty, auteurs de «Députés sous influences» (Fayard), décrivent François-Michel Gonnot en véritable « lobbyiste en chef » de l’énergie. « Cet ancien journaliste adore agir en coulisse dans ses domaines de prédilection : les transports et l’énergie », écrivent-ils à propos du député UMP de l’Oise. _
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___EDF, la victoire qui va faire flamber les tarifs
_ Le gouvernement fait le choix d’une électricité chère et dangereuse
___Sarkozy tranche en faveur de son ami Proglio
Réforme de l'électricité : l'Autorité de la concurrence sceptique
GDF Suez, malmené par la loi Nome
Electricité : "les fournisseurs devraient pouvoir construire des contrats pluriannuels assez rapidement"
Polémique sur les futurs tarifs de l'électricité
La réforme de l'électricité soumise au Conseil d'Etat

Nucléaire à prix d’ami pour les concurrents d’EDF : pas avant mi-2011 (député de l’Oise)
Electricité : l'Etat propulse la réorganisation du secteur

lundi 18 avril 2011

Nucléaire sur la sellette (suite)

"Casser la machine"?


(Jalons)


__A la lumière de la tragédie nipponne, le débat continue en France sur les choix nucléaires, qui font de notre pays une exception.
Les plans de Tepco semblent toujours aussi flous, aussi peu crédibles, du fait d'une volonté déjà ancienne de limiter l'information, du défaut d'une gestion éclairée, d'une situation réellement contrôlée.
________Bernard Laponche, physicien nucléaire, fait une analyse sans concession d'un système qui comportait dès l'origine ses propres défaillances.
Analyse que confortait, hier, un débat intéressant sur France Inter , où l'auteur s'efforçait de démontrer que "la technologie nucléaire n'est pas maîtrisée du tout", malgré les apparences, les discours officiels et médiatiques, qui voient seulement dans Fukushima l'occasion de renforcer les mesures de sécurité, sans remises en question de fond. Le groupe privé semble faire office de bouc émissaire.
Pourtant on peut se demander si les professionnels du nucléaire y croient encore.
Ils semblent ébranlés et plus que jamais divisés, d'autant que les risques de la dérégulation ne sont pas nuls.
L'exception française ne fait plus l'unanimité.
Des
choix politiques vont devoir être faits, quant à la continuation du nucléaire, "le moyen le plus dangereux de faire bouillir de l’eau"
"Sortir du nucléaire", de manière progressive, va devoir mobiliser de l'imagination et des moyens. Jusqu'ici, tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des énergies renouvelables.
Comment opérer la transition énergétique?
Il est temps de réfléchir aux énergies du futur...

samedi 16 avril 2011

Saga City

Qui veut gagner des milliards ?

Excellent document diffusé hier soir sur LCP sur l'histoire récente de la City, de ses pratiques financières, de celles des grandes banques en général.
"À mille lieues du célèbre jeu de TF1, ce documentaire d'Antoine Vitkine entraine les téléspectateurs au cœur même de la City, le cœur financier de Londres où se concentrent les banques du monde entier. Le réalisateur est ainsi parti à la rencontre des banquiers anglais pour retracer « l'histoire du crédit et l'évolution du rôle des banques » à travers le temps."
__La pompe à phynance fonctionne toujours de la même manière, comme si rien, ou presque, ne s'était passé
Certes, la crise financière a vidé la City de ses effectifs au début, mais il semblerait que le marché de l’emploi de la City soit enfin "ressuscité".
__En fait, que ce soit à Londres ou à New-York, rien n'a vraiment changé et toutes les conditions semblent prêtes pour
d'autres crises, des répliques sévères.
Le G20 a été de la poudre aux yeux. Davos a confirmé l'aveuglement. Il s'agit de rassurer la spéculation.
La mise sous tutelle des grandes banques et le contrôle de leur pouvoir n'est plus d'actualité. Faudra-t-il attendre une crise plus grave pour les remettre sur les rails, au service de l'économie réelle?

vendredi 15 avril 2011

Esprit de famille

Une famille singulière

____________Une
saga remarquée.
Il sont quatre. Disons trois et demi.
Certains parlent de Sarkoband.
L'un est un président bien connu. L'autre a prospéré dans la direction d'entreprise puis dirige un groupe d'assurances. Le troisième est impliqué dans un groupe pharmaceutique. Le demi-frère est chez Carlyle.
Le sarkozisme est-il un
affairisme?
Ils ne sont pas seulement frères. Les deux premiers se sont mis en joint venture, une association d'intérêts , un tandem confraternel. Ils ont des fonctions de premier plans, dans le dispositif de privatisation, notamment des retraites et du système de santé
...La famille est réellement brillantissime puisqu’elle compte François Sarkozy, pédiatre de formation, qui siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma, et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement. D’autre part, François Sarkozy a également lancé une chaîne de télévision spécialisée dans la santé sur internet et financée par le laboratoire Sanofi._Ajoutons à cela ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé et on l’aura compris, l’homme est brillant : il fait partie aujourd’hui des lobbyistes de l’industrie pharmaceutique. D’autre part, le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un bel effort de quelques centaines de millions d’euros ; une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts..." (JC Duboc)

__Plan Alzheimer et mutuelle obligatoire pour le profit de Sanofi , ou comment drainer les fonds publics vers des intérêts privés__Medef : 20 propositions pour privatiser la dépendance

jeudi 14 avril 2011

Petit train (de vie) de sénateur...

Rigueur sénatoriale

On ne vit pas de peu au Palais du Luxembourg.
L'austérité proverbiale du sénat romain ne semble pas de mise.
Quand beaucoup de foyers peinent en fin de mois, les rémunérations diverses s'envolent chez nos braves sénateurs, qui semblent vivre dans un monde fermé, une bulle, coupée de la réalité quotidienne des citoyens dont ils sont censés représenter les intérêts.
L'ancien sénateur V.Hugo reconnaîtrait-il les siens?
__On pourrait se demander à quoi peut encore servir cette chambre (2) plutôt conservatrice, au pouvoir limité, régulièrement remis en question, servant souvent de refuge confortable aux candidats malchanceux par ailleurs. Mais laissons de côté ce problème récurrent, qui a déterminé le départ de De Gaulle.__
La question porte sur les privilèges d'une sorte de caste qui semble avoir un sens très poussé de ses avantages financiers.
On a beaucoup glosé naguère sur la retraite dorée de Christian Poncelet
On parle aujourd'hui du très cher cabinet du président Larcher
______________"Le président du Sénat, qui se présente comme un parangon de rigueur budgétaire depuis son élection en 2008, a en réalité dérapé sur les salaires de ses conseillers. C'est ce que révèle l'ensemble des fiches de paye de son cabinet que Mediapart s'est procurées. Ces rémunérations mensuelles, en moyenne de 8.500 euros net, avec une pointe à plus de 19.000 euros net, atteignent des montants insoupçonnables. Insoupçonnables car secrets. En France, les contribuables n'ont pas le droit de savoir comment leur argent est utilisé au Sénat. Le montant des rémunérations expliquerait-il le peu d'entrain à les publier? Au vu des éléments que nous avons recueillis, le cabinet de Gérard Larcher coûte 26% plus cher que le dernier cabinet de son prédécesseur, Christian Poncelet, pourtant réputé particulièrement dispendieux. Les dépenses en personnel du cabinet ont atteint 2.826.610 euros en 2010. Interrogé au Sénat par Mediapart, Gérard Larcher, qui confirme l'augmentation de 26% entre 2007 et 2010, répond qu'il a fait un choix: «Moins de petits fours, plus de neurones». Les anciens du cabinet Poncelet apprécieront. Cette logique a toutefois des limites: pourquoi les économies affichées en frais de réceptions ou de déplacements justifieraient-elles une si forte augmentation des dépenses de personnel au cabinet de la présidence? Prenons quelques exemples, à partir des fiches de paye de mars 2011 que nous nous sommes procurées: la rémunération du directeur de cabinet est de 19.154 euros net imposable par mois. Celle de la conseillère presse de 10.880 euros (contre 6.229 euros sous Poncelet). Le conseiller aux affaires sociales, entreprises et formation professionnelle: 8.788 euros (contre 5.378 euros sous Poncelet). Un conseiller spécial: 8.029 euros, auxquels s'ajoute sa pension de fonctionnaire retraité du Sénat de 11.715 euros. Celui à l'économie, l'agriculture, la ruralité et le développement durable touche 7.971 euros (contre 3.481 euros). Autres exemples: une plume du président gagne 1.052 euros pour 38 heures de vacation par mois. La chef-secrétaire du président 5.304 euros..."
(M.Matthieu)
_Les privilèges de ces honorables et très discrets messieurs interpellent le citoyen de base, surtout en ces temps de crise.
Je sais bien que l'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, même quand on est souvent absent des séances, comme au Palais Bourbon, mais ces abus auraient-ils droit de cité dans les démocraties de l'Europe du Nord?
Il serait temps qu'un nouveau Caton mette un peu d'ordre dans cette dérive aristocratique.
La démocratie aurait beaucoup à y gagner...

mercredi 13 avril 2011

Comment meurt une ville


Sic transeat...

Sauver Detroit ?


_La crise économique montre encore ses stigmates dans certains secteurs du territoire américain, surtout dans le Michigan.
Des ensembles urbains dévastés, des cités qui se vident, surtout là où régnaient naguère des industries prospères, notamment à base de sidérurgie et de construction automobile. Un
séisme est passé par là.
La ci-devant quatrième ville du pays est devenue le symbole d'une certaine tiers-mondisation, affectant des quartiers entiers, coeurs de la puissance industrielle d'antan.
L'ancienne capitale de
l'industrie automobile, où le temps semble s'être arrêté, est devenue une ville qui rétrécit.
Une ville fantôme où seuls restent les plus pauvres .

_"Detroit symbolisait le triomphe de l'industrie automobile américaine (Ford, General Motors, Chrysler...) et, plus que toute autre ville du monde, le succès de l'économie libérale. Elle était le moteur de toute une nation - Motor City - et représentait l'univers de tous les possibles. Aujourd'hui, la ville incarne le déclin sans précédent de tout un système. Sur les deux millions d'habitants d'autrefois, plus de la moitié sont partis. Ceux qui sont restés se cherchent un avenir au milieu des usines désaffectées et des immeubles en ruine." (photos)

"...Detroit déti­endrait la palme de la décad­ence. Autrefois la qua­trième ville des Etats-Unis, aujourd’hui la onzième (en cin­quante ans, la popu­la­tion a dimi­nué de moitié), il lui manque 300 mil­lions de dol­lars pour assu­rer le mini­mum de ser­vi­ces publics. Tout le système sco­laire est en redres­se­ment judi­ciaire. Toute une partie de la ville est vide : sur 400 000 adres­ses pos­ta­les, 20 % sont sans occu­pants (78 000 loge­ments seraient vides). En octo­bre, 9 000 loge­ments saisis en 2006 pour non-rem­bour­se­ment de prêts sont mis aux enchères au prix de 500 dol­lars : ils ne trou­vent que 1 800 acquéreurs. Depuis les émeutes de 1967 qui firent 43 morts, les Blancs ont fui la ville qui est deve­nue un ghetto noir de fait. Il s’est développé un phénomène local, « la nuit du démon », qui voit des incen­dies de mai­sons vides (800 en 72 heures dans une de ces « nuits »)…Quelques-unes de ces mai­sons qui ont survécu sem­blent atten­dre le coup de grâce qui pour­rait mettre un terme à leur misère… Dans les rues com­mer­cia­les adja­cen­tes, « l’acti­vité est si visi­ble­ment absente que vous pouvez penser qu’une bombe a neu­trons y a explosé » (Time, 5 octo­bre 2009). En août 2009, le maire de Detroit a pro­posé un chan­tage aux agents muni­ci­paux syn­di­qués : réd­uction des salai­res de 10 % ou 1 000 licen­cie­ments (3 000 non-syn­di­qués ont déjà été licen­ciés et les entrants doi­vent accep­ter des réd­uctions impor­tan­tes sur tous les points du contrat de tra­vail par rap­port à ceux en fonc­tion. Le 21 déc­embre, la muni­ci­pa­lité réussit à impo­ser aux ensei­gnants une baisse des salai­res de 10 000 dol­lars sous forme de pré­lè­vement men­suel de 500 dol­lars sur leur paie, un « prêt obli­ga­toire » à la ville qui leur serait rem­boursé lors de leur retraite ou en cas de départ ; le but de l’opé­ration serait de faire partir les vieux et d’embau­cher des jeunes à taux réduit..."
Laisser mourir Detroit: une intention délibérée?
Beaucoup d'Etats et de villes n'en sont pas là, mais la faillite financière sévit dans certaines cités ou Etats, incapables de faire face aux dépenses courantes, de payer les fonctionnaires, d'entretenir les écoles...Même la Californie est touchée.
Un déclin programmé?
Détroit, comme Cleveland, n'est pas Wall Street..On sauve Goldman Sachs plus facilement qu'une ville, abandonnée à la pauvreté.
Mais où va l'empire?
Qui veut acheter les Etats-Unis ?
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[photos Yves Marchand et Romain Meffre]