Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 30 juillet 2011

mercredi 27 juillet 2011

Libye: faits et ratés

Comment LE sortir ou comment s'en sortir?...

___Chaque jour qui passe éclaire d'un jour nouveau l'aventure libyenne, présentée au début comme une noble croisade humaniste, avec forces simplifications et manichéisme, dont l'Elysée épousa la cause sans sourciller, sous la noble inspiration de BHL, le "Tintin des démocraties" s'improvisant Pierre l'Ermite ou nouveau conseiller du Prince...
Il y a quelques mois seulement, certains dénonçaient déjà le guêpier Libyen et un fameux
rapport visait la dangereuse illusion du chef de l'Etat français, qui promettait une campagne ultra-rapide. N'est pas Heinz Guderian qui veut et la Blitzkrieg ne se décrète pas...
L'absence de démocratie manifeste en Libye semblait un motif suffisant d'intervention armée pour soutenir une opposition apparaissant de plus en plus hétéroclite et parfois manipulatrice au gré des exigences locales, voire tribales.
_Les USA se sont bien gardé de se mettre en avant, dans ce conflit qui allait cependant dans le sens de leurs intérêts moyen-orientaux. Ils reconnaissent "officiellement" aujourd'hui, tout en restant bien présents en coulisse, que l'Otan est "dans une impasse", et, malgré leur engagement limité, ces opérations leur ont coûté déjà plus de 715 millions de dollars. A l'heure d'un âpre débat sur la dette à Washington, entre démocrates et républicains, la Maison Blanche fait profil bas.
_Paris et Londres, n'osant avouer l'échec prévisible de l'entreprise, sont en quête d'une porte de sortie . La cacophonie est grande entre les protagonistes, les pays européens, au sein même des états-majors.
_On peut maintenant clairement parler des ratés d'une guerre française entreprise dans la plus grande hâte et la plus grande confusion, des ratages, dans un cadre d'un conflit qui était surtout celui d'une guerre civile déjà ancienne entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine
__On commence à rétablir la vérité des faits: sans être un paradis démocratique, loin de là, le pays n'était pas l'enfer qu'on a décrit, si l'on en croit ce billet, qui corrige une image diabolisée, qui a contribué à neutraliser au début la résistance de l'opinion et les critiques de presque tous les médias.
S'il fallait combattre tous les régimes qui ne correspondent pas à nos critères occidentaux, la guerre serait permanente. Il est vrai qu'il n'y a pas du pétrole partout...La fameuse "ingérence démocratique", chère à B.Kouchner, aux motivations souvent si peu avouées, a déjà montré ses limites et parfois sa perversion.
Le storytelling mobilisateur a fait long feu. Le
prétexte humanitaire
apparaît de plus en plus nettement
. Place aux négociations politiques. Enfin!
L'aventure africaine commence à connaître une fin piteuse...

mardi 26 juillet 2011

Télé ordinaire



Voleuse de temps et d'attention


Problème sanitaire majeur?

_Il n'y a pas que le problème de temps, que dévore l'usage inconsidéré de l'outil télévisuel, qui nous rend indisponible pour autre chose, et surtout les relations familiales et sociales _la télé tend à atomiser les individus_il y a aussi et surtout la question du formatage de l'esprit qu'elle induit le plus souvent.
Sans parler de l'affligeante téléréalité, du point de vue de l'information citoyenne qu'elle prétend donner, la télé joue rarement un rôle positif (pas seulement pour les enfants), au sens où elle ne donne pas les clés pour comprendre l'événement et valorise l'événementiel, l'anecdotique, le futile et le sensationnel, détournant notre regard de l'essentiel, de ce qui détermine nos vies en profondeur, occupant démesurément notre temps de cerveau disponible...(comme disait Patrick Le Lay)
La structure rituelle du Journal télévisé tend à formater nos esprits, surtout sur certaines chaînes et de la part de certains présentateurs.
La cérémonie liturgique du 20 heures, a-t-elle encore un quelconque intérêt par sa dramaturgie ou sa légéreté programmées?
De l'info sans infos, voilà à quoi pourrait se résumer le grand rituel du midi et du soir, pour faire simple.
Manipulation parfois, de manière grossière ou subtile, explicitement ou par abstention, par censure interne.
Alors, que faire de la télé?...

lundi 25 juillet 2011

Europlan

Qu'a-t-on sauvé?

____Points de vue


1_____Euro: la guerre des rentiers contre les citoyens
-"..En Europe, bâtie justement pour en finir avec les conflits fratricides du XXè siècle, le paradoxe est que nous assistons à l’affrontement brutal des créanciers et des débiteurs. Les débiteurs, ce sont les contribuables, c’est à dire, en définitive les citoyens. Les créanciers sont les banques, les assureurs, les fonds de pensions, et au-delà, les épargnants. Sur le champs de bataille que sont les marchés, on entend rouler le tambour des représentants des créanciers, comme les agences de notation financière, Moddy’s, Standard & Poor’s et Fitch, qui n’ont d’autre rôle que de répéter aux citoyens : je vous ordonne de payer, intérêt et capital, jusqu’au derniers centime, sinon vous serez en faillite ! Les sommes sont énormes : 350 milliards d’euros pour la Grèce, mais aussi 1600 milliards pour l’Italie, au même niveau que la France...
De l’autre côté de l’Atlantique, à Washington, une autre version du conflit oppose les démocrates, qui veulent que l’extraordinaire facture de la crise -14300 milliards de dollars de dette publique !- soit assumée d’abord par l’infime minorité qui a capté, pendant les années de la bulle, 40% de la croissance du pays, en supprimant leurs privilèges fiscaux exorbitants, aux républicains, et particulièrement les radicaux du Tea Party, qui au contraire, exigent que ce soient les pauvres et les vieux qui soient mis à contribution, en réduisant les assurances maladie et les pensions de vieillesse. En Amérique les nantis s’opposent aux pauvres ! En Europe, les rentiers attaquent les citoyens. .."


2___USA : FIN DE PARTIE "... Les républicains prétendent démanteler une fois pour toutes ce qu’il reste aux États-Unis d’État-providence, et en particulier Medicare, l’assurance-maladie des retraités, tentent aussi d’empêcher la mise en application de la loi Dodd-Frank de réforme de la finance votée l’année dernière – en l’asphyxiant par manque de fonds, et enfin et peut-être surtout, tentent de réaliser un vieux rêve républicain d’interdiction de fait de l’avortement, en éliminant son financement. Avec une dette publique de 14 mille milliards de dollars, l’État américain est de facto en faillite et un relèvement du plafond autorisé n’arrangera pas les choses. Les deux partis en présence le savent, et plutôt que de tenter de trouver une « solution » à un problème insoluble, ils semblent s’être résolus, chacun de son côté, à présenter au mieux aux yeux de l’opinion les raisons de son refus d’un compromis. Et ceci pour que ce soit le parti d’en face qui apparaisse responsable de l’échec des négociations, et soit blâmé in fine de la faillite des États-Unis… qui est elle d’ores et déjà acquise, et à laquelle ils ont tous deux contribué vaillamment au fil des années..."
-Chantage à Washington


3___Une Allemagne autiste?
-Was denkt Deutschland?
-Face cachée de la réussite allemande

-Couple franco-allemand et Europe fédérale

4___Plan euro: diversement apprécié...
-De ce compromis de la dernière chance, contorsion horriblement technique pour le commun des mortels, ressemblant fort à un bricolage de dernière heure, in suffisant, par lequel rien n'est réglé, faute de s'attaquer aux vraies causes, essentiellement la finance prédatrice, que retiendra-t-on dans quelques années?...
___La perfusion ne résout rien, mais coutera cher:
"
...La réponse apportée par l’Europe est incroyablement compliquée. Elle constitue un effort louable, mais une contorsion qui n’inspire ni la transparence ni la confiance. Remplacer de la dette par une augmentation de dette n’a jamais résolu le surendettement. C’est cependant ce que l’Europe a présenté cette semaine. La Grèce reste encore en salle d’urgences, et n’est pas prêt de sortir de la perfusion pour longtemps. Au moindre accès de fièvre, ce sera la contribuable européen qui sera sollicite. « Calmer les marchées est essentiel. Mais les dirigeants Européens leaders ont, au mieux, gagne du temps. On a besoin de beaucoup plus » écrivait ce matin le New York Times. Quant au Financial Times, il écrivait que « les banques européennes ont encore des montagnes à gravir »-__Un signal important» pour l'UMP, du «rafistolage» pour le PS___

- Un plan qui sauve la Grèce mais pas l'Europe: "...Les spéculateurs connaissent désormais le fonctionnement de l'Europe. Ils savent que la panique peut changer bien des choses, arracher bien des consentements. Savoir qu'il existe en face un fonds alimenté sans limite par les contribuables européens est une tentation irrésistible pour les banquiers et les financiers. Ils vont d'abord tester les résistances, puis tenter de transférer les risques les uns après les autres sur le secteur public européen. Censé être un outil de solidarité et de mutualisation européennes, le fonds pourrait se voir transformer en gigantesque bad bank, une structure de défaisance recueillant tous les actifs publics risqués ou dévalués du système bancaire européen. Le risque est d'autant plus fort qu'en dépit des apparences, peu d'efforts et aucune contrainte n'ont été imposés au système bancaire européen dans ce nouveau plan. A aucun moment, il n'a été évoqué de nouvelles réglementations, un encadrement de leur activité, même en cas de recapitalisation par des prêts européens. Une nouvelle fois, l'Europe utilise l'argent public pour mettre en place un déchargement des risques pris par le privé, sans contrepartie..."

-«Cet accord ne désarme pas les marchés financiers dans leur capacité à spéculer»___-La victoire de l'Allemagne et la défaite des fédéralistes ____-Les pyromanes saluent le plan anti-incendie de la zone euro___-Sommet européen : une escroquerie sans fin ___-Sauver l'Europe plutôt que l'euro___-Ouf, les banques sont sauvées !

dimanche 24 juillet 2011

Beauté et mystère du visage


___"Le vrai blason de chacun, c'est son visage" (Jouhandeau)















L’inoubliable, c’est la beauté d’un visage souriant et serein. Jouhandeau Marcel


vendredi 22 juillet 2011

De gène en gène...


..."L'histoire de la vie n'est pas un long fleuve tranquille" (D.J.)

__Quoi de plus fascinant que le monde complexe du vivant, en constante autocréation
?
Du big bang à l’homme, par des déterminismes complexes couplés à nombre de hasards, la nature a suivi des voies improbables, des chemins inouïs, tortueux,sans finalité préalable, pour aboutir (provisoirement) à ses formes les plus complexes, les êtres capables d'intelligence_contingence étonnante_ ,susceptibles de rendre compte de cette évolution, de manière fragmentaire, mais perfectible.
_De Néandertal à nous, le chemin est impressionnant, mais la science, la biologie ne concerne que la toute petite dernière partie de cette trajectoire.
__Darwin, plus qu'aucun autre, a jeté les bases d'une telle compréhension, qui ne cesse de se complexifier, à la lumière de nouvelles découvertes.

Dans la fascinante biodiversité, les "étrangetés" de la nature prennent progressivement du sens.
_Des scientifiques posent souvent les problèmes de manière apparemment paradoxale, pour souligner notamment certaines grandes mutations qui ont scandé l'histoire de la vie qui mène jusqu'à nous.
-Par exem
ple, se demander comment les pattes viennent au serpent ne relève pas de la mauvaise blague. Les biologistes adorent provoquer notre gros bon sens ignorant...pour mieux bousculer nos évidences premières, nos limites sensorielles, nos croyances spontanées, principaux obstacles épistémologiques.
-De même, se demander quand les poules avaient des dents est une démarche pertinente.
-Si on analyse sérieusement certains fossiles comme le ventastega, témoins du passage vers des formes tétrapodomorphes, ou le fameux coelacanthe, toujours vivant, prédisposé à la vie aérienne, par ses poumons préformés, on peut mieux comprendre que les poissons sont vraiment nos cousins, nos ancêtres. Mais le "vieux quatre pattes" reste encore à décrypter plus avant.
-Saura-t-on un jour pourquoi les poissons ne marchent pas ?

On commence à comprendre peu à peu le mode de fonctionnement génétique de certaines modifications morphologiques, ayant commandé le phénomène le plus complexe à résoudre: le secret de la genèse et de l'architecture des formes, le passage d'une espèce à l'autre
:
"...les souris et les poissons ont un mode de développement des membres (grâce aux gènes Hox) et un mode de contrôle du développement des membres (grâce au gène CsB, entre autres) très similaires. Les gènes se ressemblent beaucoup, et ceux d'une espèce sont reconnus par les autres, pourtant séparées de la première par des centaines de millions d'années d'histoire. Un tel résultat confirme la parenté des espèces étudiées, et nous conforte dans l'idée d'une origine commune à l'ensemble des êtres vivants de la planète. On sait déjà que les gènes Hox existent chez tous les animaux bilatériens (dont l'organisme présente une symétrie droite/gauche), de la palourde au rhinocéros blanc en passant par la fourmi rouge et le lévrier de concours On sait aussi que les invertébrés ne portent qu'un lot de gènes Hox, alors que la plupart des vertébrés en portent quatre. Ce qui appuie l'hypothèse d'un événement génétique fortement lié à l'apparition des vertébrés : le génome entier de certains animaux se serait dupliqué, « photocopié » en quelque sorte, deux fois de suite. Une hypothèse alléchante, initiée par l'Américain Susumu Ohno en 1970 et depuis… à la fois confirmée et débattue..." (D.Jayat)
__
Des avancées spectaculaires dans le domaine de la connaissance, mais il reste encore tellement à comprendre!...

jeudi 21 juillet 2011

Crise en cours: brefs aspects

Quelle fin prévisible?
_________ Se réveiller, enfin!..

1___L’Amérique est une bulle spéculative!

2____Bricolage aveugle
-ORGANISER OU SUBIR "Éponger toute cette dette dont le remboursement se révèle impossible est la seule solution, mais il faut le mettre en musique et en assumer les conséquences. Il est clair que cela serait d’une autre portée que cette inflation dont le système ne veut pas et dans laquelle il sera peut-être de toute façon entraîné. S’engager dans cette réduction ordonnée, c’est réduire la taille d’un monde financier hypertrophié, dont le poids même le fait tomber. Un bon début pour la remise à plat que cela induira. Somme toute, il y a le choix entre deux solutions : tailler dans la finance ou laisser l’inflation y procéder dans le plus grand désordre. Organiser ou subir."
_[
Les commentaires font apparaître la complexité des solutions possibles:
"...
il ne s’agit pas d’annuler l’ensemble des dettes, qui serait une solution tout particulièrement injuste puisqu’elle reviendrait à faire un cadeau fantastique au nabab qui vient juste de s’acheter la superbe résidence secondaire au cap d’Antibes en signant une hypothèque sur 20 ans et d’ôter une partie de ses économies au simple employé qui galère depuis dix ans pour essayer de réunir le capital minimum nécessaire pour signer une hypothèque pour acheter une maison pour y loger. Il est clair que toute annulation d’une partie des dettes devra se faire après un processus d’audit détaillé et la détermination de critères précis qui justifient ou non la liquidation . Processus qui a de grandes chances d’être tout particulièrement délicat à mettre en oeuvre, d’autant plus que de l’autre côté il s’agira de faire la même chose avec les avoirs en banque des créanciers qui ne sont pas tous des riches nababs ou des banksters mais aussi des gens ordinaires. Tout cela va demander une organisation et des moyens politiques extraordinaires (au sens propre du terme).. Mais il faudra bien qu’on s’y mette un jour car, comme le dit justement François Leclerc, soit on s’organise pour faire face à cette restructuration des dettes à grande échelle, soit on devra subir les conséquences de la politique de l’autruche actuelle.."-Chris]
3____L'Euro au bord du précipice ?
4____Le grand mythe de l'euro protecteur bouge encore
5____L’euro, la fin d'un rêve néolibéral
6____Le modèle allemand est-il exportable?
______La face cachée de la réussite allemande

_______________
Réveillez-moi en cas de bonne nouvelle...Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, lors d'une conférence de presse à Paris, en décembre 2010 (Bloomberg)-Photo-

mercredi 20 juillet 2011

Quand un empire s'écroule

Le business contre le journalisme

___Murdoch, un empire médiatique planétaire


Le citizen-aventurier Murdoch: ses succès, ses pratiques, ses relations..son déclin.
__________________Tout empire, par sa puissance même, qui le conduit aux pires excès, finit un jour par se déliter..

_Un scandale à plusieurs niveaux. Nous assistons à un délabrement inouï qui touche, de proche en proche, toute l'"anglosphère".
Il
ébranle l'Angleterre. Le scandale des écoutes est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.Des méthodes de pirate qui compromettent beaucoup de monde.
A la tête du Sun, , "Rebekah Brooks aura toujours invoqué la liberté de la presse pour museler les consciences. Elle fut l'extraordinaire icône et porte-voix d'un cartel, qui a sciemment confondu le droit à l'information et la dictature de la transparence; l'enquête et la manipulation; les grands principes et le petit sensationnel; le contrôle démocratique et l'enfumage aliénant. Cette étonnante Trinité – Murdoch, son fils et leur Saint-Esprit Rebekah – se réclame de ce qu'elle détruit: l'émancipation. Les grands moyens de communication sociale sont devenus, entre leurs mains, des instruments de domestication. Ils ont mené des tests sur l'être humain, réduit à rien comme dans une pièce de Beckett. À leurs yeux, le lecteur est un cobaye et le téléspectateur un sujet d'expériences politiques..." (Mediapart)
__L'homme le plus puissant de l'univers des medias déclenche aussi une polémique aux USA, étant donné sa position dominante, dans une multitude de sphères..
Entre business et politique, l'homme a fini par devenir si compromettant que l'on taisait en haut lieu ses pratiques.
__Le magnat des médias fut le suppôt des néo-conservateurs et continua à s'allier aux républicains les plus extrêmes. On sait qu'il s'engagea aux côtés de Tea Party, après avoir été un bon soutien de Tony Blair.
"...En s’emparant du Wall Street Journal et de Newsday, Murdoch a un peu plus consolidé son emprise sur les médias et sur le débat politique aux Etats-Unis.
Il possède déjà le studio hollywoodien Twentieth Century Fox, la chaîne de télévision Fox et 35 télévisions locales qui, ensemble, touchent 40% du pays. Ce à quoi il faut ajouter la chaîne National Geographic, 19 chaînes régionales consacrées au sport et la chaîne câblée d’infos Fox News. Cette dernière, véritable outil de propagande ultra-conservateur, a dépassé en 2002 les audiences de CNN et reste aujourd’hui la n°1 en nombre de téléspectateurs. Selon le magazine Business Week, « à tout moment, au moins un foyer américain sur cinq regarde une émission produite ou livrée par NewsCorp » la holding de Rupert Murdoch. Ce papivore est aussi le patron de 177 quotidiens à travers le monde, y compris en Royaume-Uni, où il possède l’hebdo au plus fort tirage du pays, The Sun. Sans oublier le Times de Londres, le Times du dimanche et le tabloïd trash News of the World. Murdoch est aussi bien implanté sur le Net depuis le
rachat en 2005 du très populaire réseau de « networking » social MySpace (108 millions d’internautes inscrits) et devrait renforcer sa présence grâce au puissant partenariat qui vient d’êtreagréé entre MySpace, Microsoft et Yahoo (Forbes du 10 avril).
__Et Rupert Murdoch qui est un conservateur pur et dur n’hésite pas à instrumentaliser son empire médiatique pour tirer l’Amérique vers la droite. Sans surprise, il a apporté un soutien sans failles à George W. Bush qu’il a loué comme « un homme de grande moralité et d’humilité profonde ». Pour Murdoch, ses titres de presse sont autant d’armes destinées à servir ses points de vue ultra-conservateurs comme ses intérêts commerciaux. Aussi bien dans les colonnes de « news » que dans les éditoriaux de ses médias..."


____________On le pensait indéboulonnable...comme le Citizen Berlusconi. La descente aux enfers ne fait que commencer. Il va entraîner avec lui bien du monde de haut rang, qui a favorisé son ascension et ses méthodes, ses tentatives de contrôle de l'opinion. Il réveille le spectre des subprimes, mettant en évidence l'absence de régulation de la part des investisseurs qui ont contribué à sa montée en puissance. Ne disait-il pas: "Le meilleur régulateur est un régulateur mort"?...
Enfin! le début de la fin de la presse sous tutelle ?
On peut rêver...
___________________
Article repris dans Agoravox

mardi 19 juillet 2011

Démystifier le PIB


"La France produit trois fois plus qu'il y a trente ans. Sommes-nous trois fois plus heureux?...les richesses sont-elles mieux réparties?" (E.Joly)
_____________________________

____Le PIB, utile outil économique, mais indicateur imparfait de croissance, apparaît souvent comme une notion fétiche, une sorte de référence absolue, par laquelle on juge la richesse d'un pays et souvent sa qualité de vie.
Or, cette
notion est à revoir.
Le PIB est une mesure de la valeur de l'ensemble des biens et services produits sur le territoire d'un pays donné au cours d'une période donnée . C'est essentiellement une valeur comptable.
Elle ne reflète en rien la valeur d'une société, la qualité des rapports sociaux.
Elle peut même paradoxalement représenter une absence de progrès social. "Imaginons, disent Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice.. que « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir."
_ Le bonheur ne se mesure pas, si on ne craint pas d'affirmer un tel truisme, qu'expriment tant de remarques de bons sens populaire.
Il n'est donc pas dans le PIB : "L’interprétation des données de satisfaction de vie, comme de toutes les enquêtes d’opinion, est délicate, notamment parce que les normes sociales de bien-être sont évolutives. On n’est peut-être pas plus « heureux » aujourd’hui en disposant de deux fois plus de biens qu’en 1970, mais si nous étions contraints d’en revenir au niveau de vie de 1970, nul doute que la majorité d’entre nous estimerait que son bien-être est affecté. Il en va de même des comparaisons entre pays : le bien-être subjectif est plus élevé au Honduras (et dans d’autres pays d’Amérique latine) qu’en France, alors que le PIB/h y est dix fois inférieur, mais les Français apprécieraient peu les conditions de vie qui règnent dans ce pays."
__________ _Dans un discours étonnant, à l'Université du Kansas, Bob Kennedy, Le 18 mars 1968, quelques semaines avant son assassinat, Bob Kennedy disait:
Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l'air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants.
En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue”.

lundi 18 juillet 2011

Insaisissable Chine

Chine: toujours aussi difficile à décrypter...

Avis de gros temps?
___Le coeur politique du réacteur chinois, le centre de décision, la logique qui l'anime, nous échappe dans une large mesure.
Pour ce que nous en saisissons, la Chine nous apparaît comme ambivalente
Est-elle un ami qui nous veut du bien et finalement nous sortira de la crise par son seul développement, ainsi que le pensent certains, comme Raffarin et Rocard, comme Paul Jorion aussi, ou son mercantilisme agressif finira-t-il par nous affaiblir économiquement un peu plus?
_La Chine est un usine géante , mais aux fondements politiquement et économiquement fragiles, pouvant être confrontée assez vite à une crise de surproduction massive, pas seulement par défaillance possible du marché américain.
Les débats autour des réformes en Chine sont vifs. Les mouvements sociaux prennent de l'ampleur. Les cahiers de doléances commencent à fleurir au grand jour. La corruption se développe, malgré une volonté du régime de la contrer. Les classes moyennes se réveillent, ne se contentant plus de consommer, et des contradictions surgissent au coeur même du régime, pour autant qu'on puisse en percer les secrets.
"Le mécontentement s’accroît ; les luttes pour l’amélioration des salaires s’intensifient. Et les injustices commencent à indigner une partie des couches moyennes jusque-là obnubilées par leur propre enrichissement. En témoigne l’article de Liu Junsheng, chercheur reconnu d’un institut dépendant du ministère des ressources humaines et de la sécurité, publié dans le très officiel China Daily sous le titre « Augmenter les salaires est vital pour le pays ». Pointant l’augmentation des inégalités, il conclut en retournant le slogan du pouvoir : « Ce résultat n’est guère compatible avec l’objectif de construire une société harmonieuse . » Devant les cadres de l’école du Parti communiste à Pékin, le président Hu, qui, une fois de plus, devisait sur « le chemin vers l’harmonie et la stabilité », a mis en garde : « Nous sommes à un moment où de nombreux conflits sont susceptibles de se produire. » (M.Bulard)
Pékin cherche à concilier puissance et stabilité, ordre et désordre engendrés par une modernisation TGV.
La Chine cherche un nouveau paradigme, mais les contradictions sont manifestes:
"«La Chine n’a pas d’autre option [consommer plus]; spécialement dans cette conjoncture post-crise, sans demande croissante venant des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon. Et le gouvernement va dans cette direction: il a mis en place un plan pour développer de nouveaux emplois, élever les salaires et réduire le taux d’épargne en construisant un embryon de réseau de sécurité sociale. C’est le ciment d’une société de consommation. Cela est absolument nécessaire. Mais, à la fois, c’est un risque énorme. La Chine est le principal épargnant du monde. Elever le niveau de consommation [des ménages qui ont une épargne de précaution pour faire face aux coûts de l’éducation, de la maladie, de la «vieillesse», etc.] réduira le taux d’épargne et, avec lui, le niveau d’accumulation des réserves en devises, de la demande en bons du Trésor américain, de dollars étatsuniens. Là se trouve le problème… Il peut y avoir une collision si le principal épargnant commence à consommer, mais le principal consommateur ne commence pas à épargner. Comment les Etats-Unis vont-ils se financer?»...Un vrai problème.
La Chine n'est pas à l'abri de crises multiples, et la crise de la dette aux USA terrorise Pékin, qui détient le quart de la dette américaine
Comment réagira-t-elle aux immenses défis constitués par ses contradictions internes et les périls externes, les uns et les autres liés dialectiquement?

dimanche 17 juillet 2011

Brèves du dimanche

1__Banques européennes: camouflage...
-"
L’Europe vient de franchir un pas dangereux pour sa crédibilité : si au cours des premiers stress tests il y a deux ans elle avait refusé de voir la situation en face, l’Autorité Bancaire Européenne annonçait des tests plus sévères. Aujourd’hui, alors que la situation est infiniment plus grave elle a accepté de camoufler une situation infiniment dangereuse pour une partie de son système bancaire..."
-Stress tests : les banques auraient 80 milliards à lever
-PLONGÉE EN APNÉE: "En définitive, qu’est ce que les stress tests de l’EBA ont bien pu montrer ? Que la mesure des risques financiers que font prendre les banques est un art dont l’apprentissage ne fait que commencer et dont l’aboutissement est très incertain, faute d’interdiction ou de stricte régulation des instruments financiers qu’elles utilisent, en raison d’un shadow banking, dont la seule existence n’a même pas été évoquée par le régulateur en chef."

2__Google power
-"Ne cherchez pas sur Google une information publiée sur les sites de journaux belge francophones (Le Soir, La Libre Belgique…) : ces derniers ont disparu de l'écran radar du moteur de recherche. Voilà ce qui arrive quand on défie le géant américain…"
(__Dernière heure: Les sites des journaux belges de nouveau accessibles via Google__)
-Googelisation généralisée?
-Offensive de charme de Google en France

3__Krach immobilier
: bientôt en France?
-"...Le marché immobilier parisien présente des caractéristiques inquiétantes : les prix du mètre carré ont pris la bagatelle de mille euros en six mois, pour atteindre un nouveau sommet 235% plus élevé qu’en 1998 ! Pire, entre temps, les taux sont remontés d’à peine plus de 3% à près de 4%, renchérissant plus encore le coût complet d’achat. Enfin, le niveau des transactions a diminué, signe classique d’un retournement de marché. Bref, tous les indicateurs passent au rouge..."

4__Patriotisme ou nationalisme?
-Point d'histoire..."Le premier défilé militaire a lieu le 14 juillet 1880 dans un contexte de propagande ethno-nationaliste suite à la défaite de Sedan. Cette année -là, Savorgnan de Brazza fonde Brazzaville et l’année suivante, toujours au Congo, le traité Makoko déclenche une fièvre nationaliste suivi d’une succession de surenchères de la part des nations impérialistes qui mèneront au « big scramble for africa » et à la conférence de Berlin. L’acte de naissance du défilé est doublement lié à la constitution de la « plus grande France » donc de l’empire colonial et à l’antagonisme franco-allemand. L’organisation de l’armée de la troisième république en sera profondément affectée..."(Tiptop)
-Sur les origines du défilé du 14 Juillet
-Eva Joly met son "patriotisme"en avant
-« Messieurs, le 14-Juillet est une fête, déclara Victor Hugo à la tribune du Sénat le 3 juillet 1880 . Quelle est cette fête ? Cette fête est une fête populaire. Voyez la joie qui rayonne sur tous les visages, écoutez la rumeur qui sort de toutes les bouches. C'est plus qu'une fête populaire, c'est une fête nationale. Regardez ces bannières, entendez ces acclamations. C'est plus qu'une fête nationale, c'est une fête universelle. Constatez sur tous les fronts, anglais, espagnols, italiens, le même enthousiasme ; il n'y a plus d'étrangers. »

5__Financer l'avenir sans creuser la dette?
-"...
Notre modèle de développement se révèle intenable car il mine les conditions même d’existence de l’humanité. Alors que nous atteignons les limites écologiques de notre planète, l’économie actuelle est incapable d’anticiper cette évolution. Bien au contraire, la recherche exclusive de la croissance des biens matériels accentue le phénomène. Réchauffement climatique, désertification, épuisement accéléré des stocks de ressources naturelles fossiles et renouvelables, dégradation des écosystèmes et des services écologiques que nous en tirons, tous les rapports convergent . Nous sommes en train de détruire le socle naturel dont nous dépendons. Notre modèle économique se révèle également insoutenable socialement tant la misère continue à côtoyer l’opulence en dépit de décennies de croissance..."

samedi 16 juillet 2011

Brèves d'été




1____Afghanistan: inventaire d'un désastre:
-"Il faut l'inconscience ou la morgue de François Fillon pour oser affirmer que les six soldats français tués en deux jours sont «morts pour la paix» en Afghanistan. Même les Américains, dont les soldats entament ce vendredi 15 juillet leur retrait, n'osent plus le dire. Certes, le premier ministre tentait à la fois d'endiguer l'émotion causée par ces morts (qui portent à 70 le nombre de militaires tués depuis 2001) et de répondre aux critiques de l'opposition. A celles de Ségolène Royal, par exemple, qui a dénoncé des «sacrifices inutiles» et une «obstination aveugle» avant d'ajouter: «Ils ont donné leur vie pour un objectif qu'on ne connaît pas et qui n'a absolument rien changé sur le terrain»
-Afghanistan: et maintenant ?
-Le général Desportes ne mâche pas ses mots


2___"L'UE devrait enquêter sur l'irrationalité des agences de notation"
-Qui note les Etats?
-Tyrannie financière?

-Moody’s nous pousse à la faillite

3___Le "plafond de la dette américaine", c'est quoi en fait ?
-Moody's met en garde les Etats-Unis
-L'Amérique se sauvera toute seule.
..
-Le combat des conservateurs américains contre les syndicats des agents publics

-Dette américaine : "Les esprits s'échauffent" à Washington


4___Euro: crise ultime?
-Les trois cercles vicieux de l’euro
-Quelques leçons de cette nouvelle crise de l'euro

"L'UE n'est pas les USA: "En imposant une cote mal taillée, l’euro accentue les problèmes au lieu de les résoudre : l’euro reste trop fort pour les pays en déficit, les accroissant davantage et ne s’apprécie pas assez pour ceux en excédent, qui en accumulent toujours plus. Bref, loin de faire converger les pays, l’euro les fait diverger. En fait, il était plus facile de faire converger les pays européens avec des monnaies nationales. Et ce n’est pas un budget commun qui changera quoi que ce soit à ces trois problèmes…"
-La fin de l'euro est-elle inéluctable?
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LE RÉALISME AURAIT-IL CHANGÉ DE CAMP?