Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 21 mars 2012

Catastrophes et catastrophisme

(Orientations bibliographiques)

_Le thème de la
catastrophe semble traverser tous les temps et tous les pays, aussi loin que l'on remonte dans l'histoire connue.

__Elle est le signe de notre finitude, nous replace face à nos limites et nos imprévoyances, perturbant notre croyance au progrès indéfini et notre conscience prométhéenne née de la science moderne.
Hiroshima en fut une expression majeure, d'une ampleur inédite dans l'histoire des hommes.
Elle transforme souvent le rapport de l'homme à lui-même et à son histoire et façonne inégalement nos mémoires.
Effondrement financier, que personne ne disait avoir vu venir, effondrement naturel, écologique qui s'annonçait comme prévisible ou inéluctable...
Il est à la fois un événement et une construction imaginaire, amplifiée parfois de manière fantasmatique, qui peut avoir une valeur mythique fondamentale sur la plan religieux, comme le déluge, ou profane, comme l'Atlantide.
Le catastrophisme sous toutes ses formes, peut finir, à certains époques troublées ou en crise, à investir les modes de pensée et marquer les manières de se situer dans le temps.
Comme Fukushima, la catastrophe peut être structurante et constituer le début d'un tournant énergétique hautement probable.
Elle peut être assimilée à un risque majeur, comme celle qui a frappé Haïti, menace toujours le Japon, nous interpelle forcément par ses conséquences possibles.
Mais elle est rarement seulement naturelle.
La littérature s'est emparée très tôt de la notion de catastrophe et de ses prolongements mythiques à des fins esthétiques, morales ou philosophiques, comme Voltaire, qui a thématisé le tremblement de terre de Lisbonne...

La prise en compte scientifique du risque majeur, quand elle existe (on a vu ses limites incroyables à Fukushima) peut être tout à fait partielle et partiale, surtout quand priment les intérêts industriels et financiers à court terme, comme pour l'exploitation du gaz de schistes.
La préparation à la catastrophe possible est toujours défaillante, malgré les moyens et les scénarios envisagés. L'homme se laisse toujours surprendre par un ensemble de conditions qui n'avaient pas été programmées, par la désorganisation imprévue et une multitude de facteurs humains inenvisageables a priori.

Aucun commentaire: