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samedi 16 juin 2012

L’économie verte dénaturée?

 Les ambiguïtés de l'économie verte

 "Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert" (Meadow)
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____On connaissait les dérives du greenwashing, de la récupération industrielle et commerciale de thèmes écologiques.
L'économie verte...devenue une nécessité, comme la Chine le proclame elle-même officiellement, confrontée à des problèmes graves de pollution multiforme, un pilier de développement  pour nos pays, n'est-elle pas devenue ou en voie de devenir très floue, voire  mystifiante.
Ecologithèque
"Au niveau des entreprises, on entend plutôt l’économie verte comme une nouvelle stratégie pour durer. Anticipant les réglementations environnementales, qui menacent de se multiplier à l’avenir, bon nombre d’entreprises ont choisi de réduire leur impact sur l’environnement ou de s’afficher comme un représentant des activités «vertes» qui pourraient être soutenues à l’avenir par les politiques économiques. En France, des multinationales de l’eau aux géants de l’énergie, tout le monde veut être plus vert que vert. Et dans de nombreux pays, les régions sinistrées misent sur les «éco-technologies» pour relancer la croissance...
Ce que redoutent les associations, c’est une financiarisation de la nature pour la faire entrer dans les cases des économistes. «Au nom de la conservation de la biodiversité, de la purification de l'eau, de la pollinisation des plantes, de la protection des forêts et de la régulation du climat, ils considèrent comme essentiel de donner un prix aux fonctions écologiques qu'assurent les plantes, les animaux et les écosystèmes et de les transformer en «services» compartimentés, monétarisés et échangeables sur les marchés», écrivent un collectif d’associations françaises, parmi lesquelles Attac, Les Amis de la Terre ou le réseau Sortir du nucléaire.
 Pour ces militants, l’économie verte n’est qu’une «volonté d’étendre le modèle économique néolibéral capitaliste à de nouveaux domaines» et «perpétue le modèle productiviste». La tenue du G20 quelques jours avant le sommet de Rio autour du thème de la «croissance verte» ne les rassure pas."
_________"L’économie verte, c’est l’une des plus grosses boulettes politiques de ces dernières années. Popularisé par l’OCDE, les Nations unies, la Banque mondiale et l’Union européenne, ce concept voulait désigner un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement. Alors que le développement durable perdait de son sens à force de discours jamais mis en œuvre ou d’invocations mensongères, parler de croissance et d’économie verte devait rassurer les acteurs économiques en consolidant l’objectif de créer des richesses, et consacrer l’écologie comme moteur universel de développement. Un compromis vertueux entre capitalisme et nature. En théorie. 
Sauf qu’à coups de rapports plus néolibéraux les uns que les autres, les institutions internationales en ont fait un synonyme d’exploitation de la nature au profit des intérêts privés, et occidentaux en particulier. Eloge des mécanismes de marché, promotion de l’innovation technologique, valorisation du rôle des entreprises, mécanismes de compensation : tout l’arsenal de l’orthodoxie économique et de la réduction du rôle de l’Etat à la portion congrue a été mobilisé...
Partout où il est fort (en Chine, en Allemagne, au Danemark, aux Etats-Unis), le secteur des énergies renouvelables est subventionné par l’Etat à travers le mécanisme du tarif d’achat. La croissance verte n’est pas qu’une cour de récréation pour intérêts privés. C’est un enjeu d’action publique. D’où le discours montant chez les dirigeants politiques autour de la transition énergétique, qu’on retrouve chez François Hollande, et l’inflexion du discours européen, qui relie désormais plus fortement verdissement de l’économie et exigences sociales..."
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