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vendredi 2 novembre 2012

Israël-Palestine : l'Europe se renie

 Ambivalence
_______________ Une visite de Netanyahou en France, fort bien .
Pour rencontrer un président qu'il ne connaissait pas, pourquoi pas?
Mais une visite bien trop tranquille...
" L'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a regretté que la diplomatie française n'ait plus rien d'original à dire sur le conflit israélo-palestinien"
Notre président n'est-il pas en train de lui donner objectivement  des gages, à la faveur d'une rencontre officielle et d'une manifestation toulousaine, qu'on peut juger déplacée dans un cadre strictement diplomatique, le chef du gouvernement hébreu demandant en aparté aux Juifs français de venir s'installer en Israël, comme si l'antésimitisme avait en France un caractère général et ravageur...Etrange visite.
Toujours le mélange des genres, cette confusion entretenue entre antisémitisme et critique légitime de la politique israëlienne du moment...
Ce que Jean Robin appelait naguère judéomanie, qui pousse par exemple un certain nombre d'hommes politiques français à cautionner le CRIF, une organisation qui approuve aujourd'hui inconditionnellement la ligne israëlienne la plus dure, par leur présence à son repas annuel, ce que beaucoup de Juifs de France ou de sympathisants réprouvent.
Cette visite n'était pas tout à fait innocente dans le contexte actuel de campagne préélectorale israëlienne: elle est porteuse d'un message implicite.
Avant les élections législatives, le chef du gouvernement israélien a besoin de montrer qu'il n'est pas isolé sur la scène internationale. D'autant plus que ses relations avec le président américain, candidat à sa réélection, Barack Obama, sont notoirement détestables." (Lénaïg Bredoux)
 Le chef du gouvernement hébreu met de plus ouvertement le cap à droite, voire à l'extrême droite, proche de Lieberman.
La "caution" de Hollande (son silence) n'est pas sans équivoque dans la stratégie du gouvernement actuel de Tel-Aviv dont on connaît déjà les antécédents. Les relations de Benyamin Nétanyahou avec Nicolas Sarkozy étaient à la fin devenues exécrables. «Je ne peux plus le voir, c’est un menteur», confiait l’ex-président français il y a un an, le 3 novembre 2011, en marge du G20 de Cannes. Et son interlocuteur Barack Obama renchérissait : «Tu en as marre de lui, mais moi je dois traiter avec lui tous les jours.» Jamais confirmé officiellement, mais jamais démenti, cet échange devant un micro resté malencontreusement ouvert 
_______Le plus grave est que l'Europe se renie.
Sa politique moyen-orientale en zig-zag, faite de condamnations, de silences approbateurs pose problème. En fait, malgré quelques protestations de circonstances sur le problème de la colonisation ininterrompue en Cisjordanie, l’Union européenne renforce le processus, suivant la ligne de la Maison-Blanche,conditionnée par le lobby de l'AIPAC.
 Ce qu'on a pu appeler la paix au rabais.
Pourtant, après la Déclaration de Venise de 1980, un récent  rapport  tout à fait officiel avait mis les points sur les "i" de la manière la plus claire.
Mais la politique menée par Netanyahou est on ne peut plus louvoyante, refusant aujourd'hui ce qu'il avait promis hier, afin de temporiser, encourageant ainsi sans le dire la colonisation rampante rendant de plus en plus insoluble la constitution future d'un Etat palestinien viable, sur fond de société israëlienne divisée et malade d'elle-même.
On aurait pu attendre de F.Hollande une parole moins consensuelle, plus courageuse pour tout dire..
 

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