Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 27 août 2012

La Lune est morte ce soir...

 Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs,
La Lune est morte, la Lune est morte.
Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs,
La Lune est morte ce soir...
Un homme marche sur le sol
De ce vieux miroir de vos rêves
Et c'est votre cœur que l'on crève.
La corde qu'on vous passe au col !
Il va falloir aller plus loin,
Par delà des millions d'étoiles
À la recherche de l'étoile
Qui vous fera rêver demain..
.
( Les frères Jacques 1968)
______________
___Notre cher satellite, proche et lointain, familier et mystérieux, immuable et changeant: un sujet d'inspiration ambivalent mais inépuisable.
" ... Elle règne sur les nuits des Hommes, inspirant les poètes, nourrissant les rêves de générations d'enfants. Source d'innombrables histoires, croyances et superstitions, elle est le centre d'une culture populaire aussi vieille que le monde.
Point de mire de tous les regards, elle est également l'objet de l'intérêt des scientifiques. Peu à peu, la Lune quitte la sphère de la mythologie pour devenir sujet d'étude et l'astronomie prend le pas sur l'astrologie. Mesurée, observée, elle est enfin l'objectif du rêve le plus fou que l'Homme ait jamais réalisé : marcher sur la Lune."
Il l'a fait : ce fut la fin de l'imaginaire sur la lune.
Source de poésie, elle a longtemps régné au coeur des mythes et des religions traditionnelles.
Elle a inspiré des chanteurs, des musiciens (comme Django)...
_C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?.. (A de Musset)

 _...Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées... (Mallarmé)

Elle n'est pas près de déserter les rêves éveillés des enfants...que nous sommes restés.
________________
-Merci à Lunamoon et à Neil Armstrong (Quand même!..)

samedi 25 août 2012

Lu ici et là


1)_ Essence : faut-il alléger la facture pour le consommateur ou est-ce le pire choix pour l'avenir, pour une transition énergétique raisonnée?
__Une fiscalité à revoir
_Les mécanismes des prix de l'essence

2)_Les friches sanitaires existent bien en France.

3)_Quand Baverez double Moscovici sur sa gauche
___"Cinq ans après le début de la crise, écrit Baverez, l'industrie financière ne dispose toujours pas d'institutions et de règles efficaces pour limiter et contrôler les risques qu'elle génère (...) L'incapacité à réguler la finance entretient une instabilité structurelle qui interdit tout sortie de crise durable."

4)_Un autre point de vue sur les troubles d'Amiens.

5)_L'enseignement aux USA en déshérence.

_____A Fukushima, rien ne va plus.
 
7)_La face cachée de nos portables, qu'on ne soupçonne guère.
__L'exemple du coltan.

8)_Si le Bahreïn nous était conté.

9)_On a encore quelques milliards d'années devant nous...

10)_La chute prévisible du Texan. 
________Un système apparemment bien rodé
Guérir le vélo?





vendredi 24 août 2012

Afrique du sud : platine et vie humaine..

Les damnés de la mine                  
______________________________________________________________________ __Notes sur une révolte_
Welcome to Lonmin
__________________ Germinal en Afrique du Sud
_Régulièrement, ce pays se rappelle à nous par des flambées de révoltes parfois sauvagement réprimées.
La récente tuerie de Marikana en est la dernière et tragique illustration.
 "Tout d'un coup, notre pays a basculé dans les années noires de son passé et nous avons vu la 'nation arc-en-ciel' disparaître rapidement dans le sillage d'une telle brutalité", a déclaré Mathole Motshekga, chef du groupe parlementaire de l'ANC au cours d'un débat mardi.
La première puissance économique d'Afrique connaît un taux de chômage record, une situation sociale très dégradée, surtout dans les townships (40% des villes).
Peu de choses ont changé depuis la fin de l'apartheid. Les vrais producteurs sont toujours exclus des richesses qu'ils extraient de la terre dans des conditions qui ont peu évolué.
La situation des plus pauvres s'est considérablement aggravée, surtout pour les mineurs, souvent recrutés à l'extérieur du pays par des rabatteurs, pour des raisons essentiellement salariales. La «flexibilité régulée» avantage les grandes compagnies, sud-africaines ou étrangères.
_L'apartheid n'est plus racial, mais économique et social. La division syndicale, parfois violente, est entretenue dans l'intérêt des puissantes compagnies.
L'ANC n'est plus ce qu'elle était. La politique libérale qui s'est appliquée après Mendela a instauré de nouvelles fractures sociales. Le pays, devenu bon élève du FMI, le courtise maintenant.
Malgré les massacres, le platine flambe...
Sans doute cet événement marque-t-il un tournant...
 "...Ce que personne – à part les mineurs eux-mêmes – n’a osé dire, c’est que l’industrie minière reste dépendante d’une main d’oeuvre bon marché et flexible, dont beaucoup continue à venir des pays voisins. Du point de vue historique, c’est ce qui a été la source de la plupart des doléances des mineurs. Une étude récente de la Fondation Bench Marks sur les mines de platine dans la province du Nord-ouest a divulgué un certain nombre de facteurs qui entraînent le mécontentement croissant des travailleurs de la région.
La mine de Lonmin s’est distinguée par son niveau élevé d’accidents mortels, les piètres conditions de vie des travailleurs et le fait qu’elle n’engage pas assez de mineurs de la région. Le fait peut-être le plus significatif est que presque un tiers de la force de travail de Lonmin est engagé par des entreprises sous-traitantes. Cette forme d’emploi n’est pas nouvelle dans l’industrie minière. En effet, depuis la découverte de ces ressources minérales au XIXe siècle des recruteurs de main-d’œuvre ont sillonné la moitié sud du continent à la recherche de travailleurs. La présence continuelle de ces «courtiers de travail» sur les mines et la réticence de l’ANC à les bannir – optant au contraire pour un système de régulation croissante – est la vérité sanglante de la soit-disante «flexibilité régulée» en Afrique du Sud.
Cette même étude de Bench Marks livre bon nombre de conclusions qu’il vaut la peine de mentionner dans la mesure où elles éclairent certaines des critiques réelles qui se sont perdues au milieu des photos de machettes brandies. Le nombre d’accidents mortels à Lonmin a doublé depuis 2011 et la compagnie a systématiquement ignoré les demandes de recruter parmi les populations locales, favorisant les sous-traitants et les travailleurs migrants. Voici ce qu’a révélé une visite de l’équipe de recherche de la Fondation Bench Marks à Marikana:
«Une prolifération de cahutes et de bidonvilles, la détérioration rapide de l’infrastructure formelle et des logements à Marikana même, et le fait qu’un secteur du township construit par Lonmin n’a pas reçu du courant électrique pendant plus d’un mois au moment de notre dernière visite. Au Township RDP nous avons trouvé, dans trois emplacements différents, des systèmes d’égouts endommagés qui se déversaient directement dans le fleuve."..."
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-Paru dans Agoravox

jeudi 23 août 2012

Gaz de schiste : le retour?

"Nouvelle frontière"?

_________En France, on pensait le problème réglé: exploitation trop risquée pour l'environnement, les nappes phréatiques, étant données les techniques actuelles d'exploitation.
La résistance s'organise.
Ce n'est finalement  pas l'eldorado envisagé un temps.
L'exemple des USA a servi de repoussoir, malgré les résistances là-bas, notamment en Pennsylvanie.
"... Cette zone qui s’étend sur plusieurs Etats -la Pennsylvanie, la Virginie Occidentale, l’Ohio et New York- regorgerait de gaz de schiste. Shell, Exxon, Halliburton, Anardako, Chesapeake Energy et consors n’ont pu résister. Les autorités de Pennsylvanie ont déroulé devant eux un tapis rouge. Et se sont servies au passage. La Pennsylvanie offre une version aboutie d’une démocratie en panne, où le système de collusion entre les grandes entreprises et les élus –finançant ainsi leur campagne- fonctionne à la perfection. En 2010, le gouverneur de l’Etat, le républicain Tom Corbett, aurait touché 1.3 millions de dollars de l’industrie pétrolière et gazière pour financer sa campagne, selon le National Institute on Money in State Politics.
Au début de cette ruée vers l’or, en 2008, les habitants n’ont pas tout compris au film. Les propriétaires terriens ont vu arriver des représentants des grandes firmes déjà citées, leur proposant d’exploiter leurs sous-sols contre un chèque et des royalties sur les bénéfices réalisés. Dans cette région pauvre, où la crise de 2008 n’a rien arrangé, ils ont dit « oui » en masse..."
Il arrive qu'on y manipule l'opinion
_____Mais le lobbying continue chez nous...pour repousser de quelques années la baisse sensible de la production pétrolière.
Total fait dans le volontarisme irréaliste, mais avoue son embarras et son ignorance: "Nous disposons d'énormément de ressources. Le problème, ce ne sont pas les ressources, c'est savoir comment les extraire, d'une manière acceptable." assure son PDG, tout en avançant ses pions: «On a diabolisé la technique de fracturation hydraulique, qui comporte des risques mais que l’on sait maîtriser», déplore Yves-Louis Darricarrère, le patron de la branche exploration et production de Total.
La grande crise est devant nous.
 Sachant le pic pétrolier sans doute atteint, les majors du pétrole font dans l'urgence, prêts à prendre parfois des risques insensés.
____Un certain nombre de compagnies travaillent l’opinion, par le biais de journalistes ignorants ou complaisants.(1)
Malgré l'opposition présidentielle, y a comme une  odeur de schiste schisme dans la majorité
"... Après avoir perdu la première bataille à l’automne, le  gouvernement Fillon validant puis retirant les autorisations d’exploration, les pro gaz de schistes comptent bien prendre leur revanche. Ils ont cette fois-ci un soutien de poids : Arnaud Montebourg. Enfin un soutien… Le ministre du redressement productif sait le sujet explosif. Susceptible de fâcher les Verts tout rouge.  
Mais l’idée de faire de la France un producteur important d’hydrocarbure à tout pour séduire celui qui endosse volontiers les habits gaullo-chevènementiste. Devant le lobby de l’énergie en France qu’est le corps des Mines, Arnaud Montebourg a donc expliqué que l’exploration des gaz des schistes n’étaient pas « pas un sujet interdit ». Non sans prendre quelques pincettes : « L’exploitation des gaz de schistes pose des problèmes environnementaux sérieux. Est ce qu’il y a des évolutions technologiques possibles ? La réponse est oui. Donc, il faut mettre ces questions sur la table et en débattre très tranquillement ». Une approche que ne partage pas vraiment, sa  collègue de l’écologie Delphine Batho.
  La ministre PS ne l’entend pas de cette oreille: « Rien dans l'agenda du gouvernement aujourd'hui n'envisage de revenir sur l'interdiction de la fracture hydraulique », a-t-elle affirmé. C’est la deuxième fois que ca sent le gaz entre le ministère du redressement productif et celui de l’écologie. La deuxième fois sur une question relative à l’or noir. Dans les premiers jours du gouvernements Ayrault, le refus de signer le décret autorisant la Shell et son partenaire Total à forer au large de la Guyane avait couté son portefeuille à Nicolas Bricq. Son successeur à l’écologie, Delphine Batho, n’ignore rien de cette arbitrage venu d’en haut.
Pourtant, comme la plupart des socialistes, et François Hollande plus qu’à son tour durant la primaire PS, Arnaud Montebourg avait pourtant fait son aggiornamento écologiste, lui qui, sur son site, expliquait vouloir « vaincre la résistance des industries polluantes, leur trouver de sérieuses solutions de remplacement, combattre les intérêts financiers considérables de celles qui épuisent les ressources naturelles. » Le ministre du redressement productif semble aujourd’hui plus réceptif aux arguments des pétroliers et des productivistes..."



 




 


 

mercredi 22 août 2012

Prix alimentaires: la faute à qui?

La nature a bon dos...

___La sécheresse: phénomène récurrent, touche cette année sévérement les USA, le Canada, l'Australie, la Russie, le Nord du Brésil, ...
Conséquences: défaut de récoltes,  flambée des prix, les pires difficultés alimentaires pour les pays pauvres, des menaces pour l'équilibre alimentaire mondial...
On a vite fait de faire cette déduction simpliste.
__Les phénomènes climatiques extrêmes ont évidemment leur place dans ces réactions en chaîne, comme causes premières, mais moins aujourd'hui qu'hier. Les époques de famines d'antan n'ont plus lieu d'être aujourd'hui. Le problème n'est plus simplement climatique, mais surtout économique et politique.
Déjà au Moyen-Age en France, les famines n'étaient pas toujours que la conséquence de mauvaises récoltes. ( Les famines au Moyen Âge interviennent lorsque les récoltes sont mauvaises, en particulier pendant la soudure. Le facteur météorologique est aggravé par la guerre et le passage dévastateur des soldats dans les champs (comme durant la guerre de Cent Ans). Les pauvres sont toujours les plus touchés. Les villes organisent le ravitaillement en blé, venu parfois de loin et à fort coût....)
 Les nouvelles famines. ne sont pas des catastrophes seulement naturelles...Les prix ne s'embrasent pas mécaniquement.
  Il n'y a pas de fatalité à la pénurie, à la hausse des prix agricoles.
___ La spéculation joue un rôle important, ce n'est pas seulement la conséquence d'un déséquilibre entre l'offre et la demande.. Déjà en 2008, le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation disait:« Il n'y aurait pas eu de crise alimentaire sans spéculation  Ce n'était pas la seule cause de la crise, mais elle l'a accélérée et aggravée. Les marchés agricoles sont naturellement instables, mais la spéculation amplifie les brutales augmentations, tout comme les chutes des prix, qui sont aussi très dommageables pour les pays producteurs. Cela rend difficile la planification de la production et peut brutalement augmenter la facture alimentaire des pays importateurs de denrées. »
 L'agriculture a été sacrifiée sur l'autel du marché et les mêmes  mêmes causes produisent les mêmes effets. La souveraineté alimentaire est le problème-clé.
__________________________Si la gabegie alimentaire ne cesse pas, le problème s'aggravera dans les années qui viennent:
"... La moitié du blé mondial et les trois quarts du maïs et du soja ne servent pas à faire du pain, des pâtes, du couscous, des tortillas ou du tofu, mais du poulet, des œufs, du porc, du lait et du bœuf ! Est-ce bien raisonnable à l'échelle mondiale ?
Ces crises à répétition ne vont-elles pas nous inciter à nous interroger sur la durabilité de notre système alimentaire, qui nous amène à manger en France chaque année 85 kg de viande et 90 kg de laitage ? Et que dire des Etats-Unis (125 kg de viande), sans compter la Chine qui rejoint notre gabegie alimentaire ? En tous les cas, à court terme, soit nous acceptons une forte hausse du prix de ces produits, soit les éleveurs seront dans la rue, avant de goûter aux charmes de Pôle emploi (ou du suicide malheureusement...). La saga du groupe volailler Doux qui nous a tenus en haleine risque de n'être que le premier chapitre d'une crise plus profonde.
Les politiques de soutien aux agrocarburants de première génération (éthanol à base de maïs aux Etats-Unis, biodiésel à base de colza en Europe ou d'huile de palme dans de nombreux pays du Sud) vont à nouveau être fortement questionnées. Est-il bien raisonnable de continuer à... brûler une ressource aussi essentielle et dorénavant rare que les grains de céréales ou d'oléagineux, et de défricher à grande échelle la forêt vierge pour pouvoir poursuivre ?..
"... Prendre conscience que l'agriculture représente dorénavant une question-clé pour la paix du monde, et qu'elle a besoin d'un effort collectif très important et d'investissements considérables pour être à la hauteur du défi.
S'organiser entre les différents Etats pour prévenir les crises, avec une limitation de la spéculation, la constitution de stocks-tampons sur tous les continents, et la circulation de l'information (ce que le G20 a, soi-disant, décidé de faire !).
Revoir nos habitudes alimentaires : moins d'obèses ici et moins de mal-nourris là-bas, tout le monde finirait par y gagner. Et promouvoir sur tous les continents une agriculture qui réconcilie écologie et agriculture (en particulier agroécologie ou agriculture écologiquement intensive), qui permette aux paysans du monde de produire eux-mêmes, suffisamment (c'est-à-dire beaucoup) et de façon plus durable, même en prenant en compte les effets délétères du réchauffement planétaire."
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- L’agriculture et l’alimentation ne peuvent être laissées aux rapaces de la finance
- « Après les subprimes, on spécule sur la nourriture »
- Quand le riz devient un produit financier
-Les banques et les bulles 
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-Paru dans Agoravox

mardi 21 août 2012

Saignée espagnole

Dieu est-il encore espagnol?

____On a décrit l' Espagne comme étant en déshérence économique et sociale. Une sorte d'économie de guerre. Les financiers et les élites politiques associées ont laissé le béton couler à tout va et vendre sans garantie des appartements comme des petits pains, avec la bénédiction des banques.
Dans le pays de Isabelle la Catholique, la rigueur devient un jeu de massacre. Faut-il autant payer pour ses péchés, l'ivresse du crédit facile, que Bruxelles bénissait?
Une politique suicidaire.
L'Europe va encore une fois renflouer les banques, au frais du contribuable et céder encore plus au privé, même dans le domaine de la santé. Une épargne partie en fumée...
La chimiothérapie liberale fait des ravages.
Comment rebondir dans de telles circonstances, en état de choc, transformer l'abattement, l'effroi en énergie positive? La machine infernale de la dette ne dessine aucune perspective d'avenir.
 _______Beaucoup se demandent quel avenir attend leurs enfants
"... Le sauvetage de l’Espagne, 4e économie de zone euro, n’est pas près de finir car les banques sont des gouffres sans fin, et les finances publiques, plombées par les plans d’austérité, n’ont aucune chance de revenir à un niveau acceptable dans les années à venir. Et pour cause, certains estiment que ledit sauvetage devrait couter au moins 300 milliards pour être vaguement efficace. L’équation est simple : pour que l’Etat finance les banques, on demande aux citoyens « faire des sacrifices ». Le même refrain que Balladur dans les années 90…
Et comme la Grèce, l’Espagne est entrée dans le cercle vicieux des économies à la petite semaine imposées par l’Europe, le FMI et les banques : pour rétablir un vague équilibre budgétaire, le gouvernement a coupé sec dans les dépenses publiques (donc baisse des allocations, du chômage etc.) tout en augmentant les impôts qui pèsent sur la classe moyenne. Du coup, la récession est inévitable, et plus le PIB baisse, plus les comptes du pays sont dans le rouge. Et plus l’Europe, le FMI et les banques demandent que le pays se serre la ceinture
En cette fin du mois de juillet, il est donc question que la BCE rachète la dette espagnole puisque les spéculateurs n’en veulent plus tant elle est risquée. D’ailleurs, on sait déjà que le pays ne pourra jamais tout rembourser, surtout avec des taux d’intérêt à 10 ans de 7,5%
En ce qui concerne l’Espagne, on peut parier que d’ici quelques semaines ou quelques mois, il faudra un plan d’envergure pour que le pays continue à emprunter pour filer l’argent à ses banques. Du coup, l’Europe va devoir trouver un moyen de faire passer ça devant les « Marchés », pour que l’euro passe ce cap. Jusqu’au prochain. Mais, déjà, on nous parle de créer une « structure de défaisance », c’est-à-dire une « bad bank », dans laquelle les banques mettraient tous leurs actifs pourris, avec garantie du gouvernement. L’Irlande avait fait pareil avec la NAMA, tandis qu’aux Etats Unis c’est la FED qui a servi de bad bank. 
De leur côté, les spéculateurs recommencent, comme ils l’ont fait avec la Grèce, à parier sur une banqueroute du pays, c’est-à-dire un non remboursement de la dette. Cela, en pariant à la baisse sur les titres de dette via les CDS (credit defaut swap, des sortes d’assurances contre un défaut de paiement de la dette du pays). Ceux-ci deviennent très prisés, et plus on en achète, moins la dette espagnole sera rentable (car trop risquée) et on s’achemine vers une défiance et un non remboursement..."
Pobre Pais!   Que Dios ayude a España!
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Merci à KAP 
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-Paru dans Agoravox

lundi 20 août 2012

Piège de la dette

 Comment en sortir?

__Le piège se referme sur les Etats et les citoyens. Pas tous les citoyens.
Le problème de la dette souveraine est plus que jamais au coeur de la crise qui secoue l'Europe
Ne parlons pas des USA, où elle atteint un niveau à peine imaginable.
Au coeur de l'Euroland, le débat se poursuit dans des termes souvent mal posés.
Tout le monde sait, sans trop le proclamer, que l'essentiel des dettes de beaucoup de pays  ne pourra jamais être honoré, sauf à mettre l'économie à genoux.Trop anciennes, trop immenses.
C'est particulièrement le cas de la Grèce et de l'Espagne. Dans ce dernier cas, on a pu voir la collusion entre les élites politiques et les forces financières à l'oeuvre pour créer les conditions d'un endettement monstrueux notamment dans le domaine du béton à tout va....
______La question est lancinante: faut-il annuler les dettes?
 L'exemple équatorien  (ou argentin) est là pour rappeler que ce n'est pas une opération impossible, qui commencerait par  un audit sérieux des finances publiques.
Pour sortir de la  nasse néolibérale et annuler la dette illégitime...il faut se dégager du  paradigme conservateur en économie,  qui nous a amené là où nous en sommes depuis un bonne trentaine d'années.
["La dette repose sur un mensonge: elle ne vient pas d'une orgie de dépenses publiques, mais de l'érosion organisée des recettes fiscales. Les niches et les cadeaux consentis aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises se sont multipliées à l'infini. En empruntant sur les marchés financiers pour financer ces déficits, les Etats se sont encore enfoncés davantage puis qu'ils ont dû payer des taux d'intérêts souvent excessifs. Cette dette est donc largement illégitime...."] __Le piège de la dette publique__
_____________Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire de l’économie, fait remarquer Emmanuel Todd, dans une intervention un peu rapide et abrupte.
"...En 2010 puis en 2011, les Islandais affirmaient leur décision, par référendum, de ne pas payer une partie de leur dette publique accumulée suite à l’aide de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas dans le cadre de l’affaire Icesave.
Par le passé, les rois de France annulaient purement et simplement leurs dettes quand ils ne pouvaient plus la rembourser. Au pire ils tuaient ou emprisonnaient leurs créanciers, ou leur déclaraient la guerre. Emmanuel Todd considère qu’annuler la dette peut être la solution arguant que les riches ont intérêt à la dette car cela leur permet de devenir plus riche.
La solution vaut-elle pour les pays européens ? Outre le tsunami que cela engendrerait. Notamment l’impossibilité de recourir à de nouvelles dettes avant un certain délai face à la méfiance des prêteurs, cela ne résoudrait que partiellement le problème. La plupart des pays européens souffrent d’un problème plus grave encore. Ils sont structurellement en déficit..."
Mais, les marchés financiers ont poussé les Etats à emprunter, "ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans Les dettes illégitimes, François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d'une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l'État les ressources dont il s'est lui-même privé. Sans oublier l'auto-interdiction pour l'État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d'une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l'État français. Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d'euros, dont près de 50 milliards d'intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d'argent. Les deux tiers sont d'ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l'endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le triple A. Derrière l'apparente logique libérale du système, l'État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches....
  Le point de départ de la crise de 2008, c'est l'accaparement par la Chine et d'autres, grâce à leurs bas salaires, d'une part croissante de la production mondiale, qui entraîne, dans les pays riches, une compression des revenus, donc une insuffisance de la demande. Le résultat, c'est que les salaires évoluent à la baisse, alors que le volume de la production mondiale augmente. C'est dans ce contexte que les États-Unis, puissance monétairement dominante, découvrent le mécanisme fou du crédit hypothécaire. Les ménages américains ne s'endettent pas seulement pour acheter une plus grande maison, mais pour continuer à consommer des produits chinois. Et à la veille de la crise de 2008, le déficit commercial américain s'élève à 800 milliards de dollars. Le système est étonnant : les États-Unis, forts de leur statut impérial, font de ce déficit un régulateur keynésien à l'échelle mondiale. Ainsi, l'endettement est appelé à compenser l'insuffisance de la demande. Bien entendu, le mécanisme du crédit finit par imploser et les revenus comme les importations par s'effondrer. Dans ce contexte, les plans de relance concoctés par le G7, le G8 et le G20 sont une réaction rationnelle. On célèbre le triomphe de Keynes et le retour de l'État.
... La relance n'est pas financée par la création monétaire - la planche à billets -, qui ne coûterait rien à l'État, mais par l'endettement, qui permet de sécuriser l'argent des nantis sans apporter la moindre réponse de fond à l'insuffisance de la demande. Ce pseudo-keynésianisme encourage la croissance chinoise, booste le CAC 40 et accélère les délocalisations en Europe. À l'arrivée, le fameux "retour de l'État" n'est rien d'autre que l'instauration d'un socialisme des riches. L'État doit sauver les riches, nom de code : "les banques", parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l'a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l'État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n'est pas que l'État est impuissant, mais qu'il est au service de l'oligarchie..."
Comment arrêter les métastases financières?
Certains disent qu'on n'a pas fini de rire...
Cela permet de conjurer le pire... en espérant qu'il ne soit pas sûr.
Si on reprend le contrôle de la finance, comme le suggère de manière inattendue... Baverez
_________________________
- La machine infernale de la dette
- Et si nous laissions les banques faire faillite ?
- L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie
-La dette publique : Interview d’André-Jacques Holbecq
-L'arnaque de la dette 
-Dette publique, rente privée 
- Lecture critique du traité budgétaire : la règle d'or et ses alternatives
____
-Paru dans Agoravox


samedi 18 août 2012

Au hasard du web

1)_Défense du peuple juif?
__Entre les colonies et la paix, il faut choisir
 
2)  _Neuilly: la ville la moins touchée par la précarité
___On s'en doutait...



5) _Ce n'est pas une conte de fée:  Le secret des sept soeurs 


___Il le faudra sans doute. " Ce sont les prêteurs qui nous spolient !"


"... L'idée simple selon laquelle il y a plus de gens en prison parce qu'il y aurait plus de délinquance est fausse. En France, les délits et les crimes constatés ne cessent de décroître : 51,7 pour mille habitants en 2001, 34,8 pour mille en 2010, alors que la population carcérale atteint chaque mois de nouveaux records.
C'est tout sauf efficace : les statistiques établies à partir du casier judiciaire ont montré, par exemple, que 76 % des personnes incarcérées pour violences volontaires sont à nouveau condamnées dans les cinq ans suivant leur libération - éventuellement pour un autre délit. Les courts passages en prison ne protègent pas contre la réitération des délits, ils l'augmentent au contraire. Or, 80 % des détenus passent moins d'un an en prison, et 61 % moins de six mois. La prison est toujours "l'école du crime".

10) _L'Amérique: un rêve français ?(Joe Dassin)
______ Lettre d'un Américain à la France -

jeudi 16 août 2012

Cent et quelques jours

Cent jours...
 Non pas ceux qui font référence à l'ultime et fatal épisode napoléonien, mais ceux qui inaugurent un début de mandat censé être novateur.
Les mythiques cent jours sont passés.
 Et après?
Tout se joue dans les premiers mois, disait le Président, qui a paraît-il ajouté: "Les difficultés commencent"
On ne peut évidemment pas juger globalement un gouvernement à peine installé sur sa rampe de lancement, qui pour l'instant n'a pas entamé de réformes majeures, revenant seulement sur quelques mesures du précédent (retraites, enseignement, heures supplémentaires...)
Juste l'annonce de grandes orientations.
Mais...
Le pouvoir est-il évanescent?
E. Plenel souligne "... cette impression estivale bizarre d’un pays en attente ou en absence, retenant son souffle ou faisant une pause, alors même que les nuages s’amoncellent, que la crise s’approfondit et que les difficultés s’accumulent..."
__On attend les réformes de fond annoncées, urgentes, notamment  la réforme fiscale. Celle que Piketty avait élaborée. En voie de disparition? Va-t-elle accoucher d'une souris?
Vu la gravité des problèmes et le climat d'urgence..."La posture du "président normal" ne suffira pas pour gouverner "_ "Pour l'instant, on ne voit pas de chemin vers un horizon prometteur."
______Pendant la campagne électorale, on se posait la question des marges de manoeuvres étroites du futur Président
De ce point de vue, il y a plus que du retard. De l'inertie. Tactique ou embarras? Le Le chemin de crête n'est pas aisé à suivre.
 Le pacte de croissance de Hollande ne serait, pour certains, qu'un habillage. Il y a loin du mot à la réalité dans le contexte actuel.
__Au sujet du Traité européen, il semble que le débat soit esquivé, " François Hollande fera tout pour enterrer une polémique sur la “règle d’or” qui divise profondément sa majorité."
___L'OFCE est assez critique à ce sujet, "l’indignation des économistes de l’OFCE se ressent à chaque mot. Car, s’il y a un choix qu’ils ne comprennent pas, c’est bien celui-là : pourquoi le gouvernement socialiste, tout juste élu, a-t-il décidé de reprendre, sans chercher même à en discuter certains termes, les choix européens, donc la fameuse "règle d’or" ? Pourquoi a-t-il accepté de cautionner des objectifs et un calendrier intenables ? Le gouvernement semble même en rajouter, soupçonnent les économistes de l’OFCE. Selon ses calculs, « dans le cadre d’une règle d’or budgétaire, les impulsions budgétaires devraient cesser d’être négatives à partir de 2014, ce qui veut dire que l’agenda actuel de réduction des déficits publics va au-delà des recommandations du pacte budgétaire».
Elle l'affiche clairement, comme d'autres, qui rejettent ce corset de fer.
Les débats risquent d'être vifs au sein même de la nouvelle majorité...
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- "Cent jours pour presque rien"?
-La mise en scène de la normailté 
-Point de vue:  Les socialistes à l’épreuve de la normalité
- Renégocier le TSCG, c'est indispensable pour l'Europe
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-Paru dans Agoravox




mercredi 15 août 2012

Syrie: révolution brouillée

Modestes clés pour percer le brouillard...médiatique

La première victime d'une guerre, c'est la vérité

___Sur un conflit qui risque de durer encore longtemps, Assad bénéficiant encore de nombreux soutiens, notamment le noyau de l'armée et les services spéciaux,  les  chiites alaouites,  les communautés non musulmanes et non arabes, même s'il ne contrôle plus qu'une partie réduite du territoire, dit-on, tout en gardant la maîtrise de l'information sur le net.
 Comment arrêter la course à l'abîme se demandait-on il y a quelques mois, à l'écoute  des échos ambigüs ou contradictoires, parfois manichéens, qui parvenaient de la Syrie.
_Quel nom donner à ce conflit apparemment sans fin, aux enjeux géostratégiques complexes, qui n'est ni une guerre civile classique , ni seulement un conflit interethnique, ni un pur affrontement religieux..
Une révolution? En un sens oui, mais d'un type particulier, qu'on ne peut mettre absolument en parallèle avec les printemps arabes de Tunisie et d'Egypte, même s'ils n'ont pas été sans conséquences  à Damas.
Les informations officielles qui nous parviennent, comme celles qui nous parvenaient de Libye, peuvent être souvent sujettes à caution. Cela se confirme dans cet entretien.
Mieux comprendre ce qui se passe en Syrie demande de la distanciation par rapport aux médias dominants, simplifiant à l'excès la situation sur le terrain.
__Ce qui est sûr, c'est que les  racines de la colère sont anciennes et que ce régime, ayant  favorisé un « complexe militaro-mercantile », laissant les plus modestes au bord du chemin,  ne pouvait perdurer.
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mardi 14 août 2012

Les jeux sont faits

La fête est finie...
_________________La  presse populaire britannique, enthousiaste, voire dithyrambique, se fait le relai amplifié d'une exaltation médiatiquement programmée.
"If God really is an Englishman, is this what heaven is like?"("Si Dieu est anglais, est-ce à cela que le paradis ressemble ?")
__"Merci, c'était un vrai feu d'artifice", s'enthousiasmait le Daily Telegraph, "deux semaines de spectacle incroyable qui ont dépassé tous nos rêves les plus fous".
"Mais maintenant il faut revenir à la réalité", avertissait-il. Notamment économique car le gouvernement a beau espérer 16,5 milliards d'euros de retombées, les JO n'auront pas d'effet magique sur un pays en pleine récession, de l'avis des experts."
16,5 milliards? Plutôt 10 pour le contribuable anglais...
Après les critiques sur le fond, la préparation et déroulement des jeux,  l'héritage est en question...
 Après avoir été sur un petit nuage pendant quinze jours, le peuple anglais va devoir continuer à vivre dans un contexte économique et social très dégradé.
La Big Society bat de l'aile...
Dans un climat de récession et d'âpres débats politiques, le très contesté  Cameron a annoncé de nouvelles réductions des aides sociales, après un massacre social déjà bien avancé.
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- Il faut repenser un modèle olympique menacé par l'affairisme et les mafias

lundi 13 août 2012

G. Sachs:une banque au dessus de tout soupçon

   Ou comment la virginité revient aux banques
  

__________________________La plus grande banque de Wall Street, Goldman Sachs l'autre façon d'être une banque , cheville ouvrière de la crise des subprimes, celle qui s'était aussi distinguée à masquer la dette grecque, en jouant un double jeu ("l'ogre bancaire Goldman Sachs a fait beaucoup d'argent en aidant les dirigeants grecs à maquiller les comptes, tout en spéculant à la baisse dans leur dos sur leur dette et gagnant sur les deux tableaux, spécialité maison de cette banque sans foi ni loi."), se félicite d'être finalement quasi innocentée, l'enquête menée à son sujet étant abandonnée, faute de preuves.
Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas...
Pourquoi pas une crise sans causes pendant qu'on y est? 
___Finalement rien de bien grave et on n'est même pas sûr que les faits reprochés soit avérés. De deux choses l'une: soit la justice est corrompue, soit le secteur financier est devenu intouchable...
Les règles de Wall Street continuent à s'imposer aux politiques, malgré quelques menaces symboliques et des réformettes sans grandes conséquences.
Pourquoi la Maison Blanche continue-t-elle à accueillir de gentils conseillers de GS? Bonne question...
 __Le capitalisme financier toxique continue donc son bonhomme de chemin, contournant ou détournant les règles, quand elles existent Jean de Maillard avait bien noté que  "la fraude est un rouage essentiel de ce type d'économie".

_______________"Goldman Sachs, la banque qui symbolise toutes les déviances de Wall Street et du monde financier, ne sera pas inquiétée par la justice. Les autorités fédérales américaines ont annoncé, jeudi 9 août, qu’elles avaient clos les enquêtes menées sur le géant bancaire. « Il n’y a pas de base solide pour engager une procédure criminelle contre la banque ou ses employés », a expliqué le ministère de la justice...." 
Un  long rapport senatorial  avait pourtant fait un constat accablant :
 « La crise n'a pas été le résultat d'une catastrophe naturelle, mais celui de produits financiers complexes et à haut risque ; de conflits d'intérêts tenus secrets et de l'échec des régulateurs, des agences de notation et du marché lui-même à brider les excès de Wall Street. »
_Goldman Sachs tenait dans ce rapport une place de choix. Les sénateurs y confirmaient les révélations de la presse, notamment celles de Michael Lewis dans son ouvrage The Big short (Le casse de siècle, éditions Sonatine), sur le rôle de la banque dans le marché hypothécaire immobilier. Avec la Deutsche Bank, dont le poids a été aussi prépondérant dans cette affaire, Goldman Sachs a été l’acteur principal de toute l’invention financière – CDO, RMBS, CDS – dont on découvrira la toxicité par la suite. Durant ces belles années, la banque a émis pour plus de 100 milliards de dollars de produits titrisés sur l’immobilier. 
__Les commentaires ont été nombreux sur les sites de presse américains à la suite de la publication de cette information. Certains rappellent avec insistance que Goldman Sachs est un grand donateur des campagnes présidentielles. Comme le reconnaissait avec cynisme un trader de la banque, interrogé par la BBC, à l’automne dernier : « Ce ne sont pas les gouvernements qui dirigent le monde. C’est Goldman Sachs qui dirige le monde », avant d’ajouter qu’il espérait une récession, « car il y avait beaucoup d’argent à se faire en cas de crise ».
__La  décision du ministère de la justice, en tout cas, paraît lourde de conséquences. Wall Street va continuer à jouir d’une totale immunité. « Ces annonces sont aussi les dernières indications que les enquêtes fédérales sur la crise financière faiblissent, alors que le temps de la prescription approche », note le New York Times. « Depuis le début de la crise, personne n'est en prison », n’a cessé de s’affliger Charles Ferguson, réalisateur du documentaire Inside Job, dévoilant toutes les turpitudes de Wall Street. Les derniers événements lui donnent malheureusement encore raison... (Martine Orange) 
La banque a bien tiré parti de la crise. Bénéficiant des largesses de l'Etat, elle a mis à terre ses concurrents. Too big...The winner is... Goldman Sachs