Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 29 septembre 2012

Juste en passant...

1)-L'IPhone 5 et l'envers du décor
 ________Les ouvriers ne sont pas à le noce à Foxconn... accusé même par les médias officiels chinois

2)_Pour une coopération européenne , renégocier semble le bon sens même

3)_ Le lobbying est intense à Bruxelles, même celui du  numérique

 4)-La classe moyenne,ou plutôt les classes moyennes, sont-elles en péril?

5)_ Pesticides: risques sanitaires
_____Dans notre assiette...
  ____Mort des sols = mort des hommes?

6)_ Flexibilité : un fantasme inflexible ?


Merci à sebrieu
7)_Des Juifs sont partagés:  Trop juif ou pas assez ?
_____ Le conflit israélo-palestinien leur pourrit la vie. Un désarroi souvent profond.

8)_ « La colère des musulmans »: fantasme instrumentalisé?

 9)_A quoi sert la vidéosurveillance ?
____Même les élèves britanniques...
____Télésurveillance en question
 

 10)-_Facebook: cauchemar de la vie privée? 
_____On s'en doutait...

vendredi 28 septembre 2012

Le paradoxe de Fukushima

 Questions sur une énigme technico-culturelle
___________________________________Et pourtant ils savaient...

On peine à comprendre le Japon.
Beaucoup de voyageurs et d'experts qui en reviennent le soulignent assez souvent.
Pour ce qui est de la tragédie de Fukushima, au fur et à mesure des rapports et des témoignages, on tombe dans des abîmes de perplexité et d'incrédulité.
____ L'arrêt du nucléaire aura bien lieu, le gouvernement l'a confirmé officiellement, mais un grand flottement, une cacophonie subsistent et un certain déni général persiste. Pourtant, il semble que la construction des nouvelles centrales programmées continuent...
__Rompant avec la langue de bois précédente, le rapport de la commission nommée par la Diète avait souligné très lucidement que "La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable", ce qui invalidait toutes les déclarations officielles précédentes de la firme.
Les conclusions partielles de ce rapport n'ont pas étonné certains spécialistes japonais avertis, notamment  le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe, qui faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaise et en avait démissionné pour protester contre la position du comité, estimant que ses recommandations étaient beaucoup trop laxistes. Il écrivait le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune (L'article complet est à lire ici): " A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche."
"Il avait prévenu les autorités de son pays que les centrales japonaises souffraient d'une « vulnérabilité fondamentale » aux séismes. Mais ses avertissements ont été ignorés tant par le gouvernement que par Tepco.
Katsuhiko a lancé son alerte en 2006. Les faits lui ont donné raison dès l'année suivante. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a provoqué des incidents sérieux à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus importante unité de production d'électricité nucléaire au monde..
 __D'autres ont suivi. et de nombreux et graves dysfonctionnement techniques avaient été notés mais tus dans plusieurs autres centrales.....Les risques des tremblements de terre étaient connus et signalés avant la catastrophe historique

_________________On comprend mal a priori comment tant d'aveuglement et de déni aient pu coexister avec tant d'assurance et de confiance collective dans une société jugée si performante.
Le Japon tout entier vivait sur un mythe, celui de la sécurité nucléaire absolue.
___Dans Mediapart, des éléments intéressants de réponse sont fournis par "Reiko Hagesawa, chercheuse à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), qui participe au projet franco-japonais Devast, destiné à évaluer l’impact de la catastrophe de Fukushima sur les populations de la région.Cette coopération originale a permis d’apporter un éclairage nouveau sur le grand paradoxe de Fukushima :
 _________Comment un tel désastre a-t-il pu se produire dans l’une de sociétés technologiquement les plus avancées de la planète, marquée par la mémoire d’Hiroshima, et rompue depuis la nuit des temps à la gestion du risque des séismes et des tsunamis ?
Comprendre ce paradoxe, c’est aussi répondre à une question clé : la catastrophe de Fukushima est-elle avant tout un drame japonais, ou concerne-t-elle l’industrie nucléaire dans son ensemble ? Cette interrogation, dont l’enjeu est crucial pour l’avenir du nucléaire, a été le fil rouge d’une conférence internationale sur le risque après Fukushima organisée à Paris les 17 et 18 septembre par l’Iddri et Sciences-Po.
Le mythe de la sécurité nucléaire évoqué par Reiko Hasegawa est au cœur du problème. Il explique que des populations aient pu accepter de vivre près de centrales nucléaires installées dans des zones sismiques. Il contribue aussi à expliquer le chaos dans lequel se sont déroulées les opérations d’évacuation, auxquelles ni les autorités ni les populations n’étaient préparées, ce qui a aggravé le traumatisme des personnes déplacées.
[Propos d’un vétérinaire évacué de Naraha, commune située dans la zone d’exclusion de 20 km autour de la centrale : « Tepco (l’exploitant de la centrale accidentée) avait lancé une vaste campagne de propagande dans les villes où la compagnie a construit des sites nucléaires. D’après elle, ses centrales nucléaires étaient les plus sûres du monde par leur système de sécurité et de défense. On croyait donc au “mythe de sécurité” ; on n’aura jamais d’accident et on n’aura jamais besoin de s’en inquiéter. Voilà, les habitantes de ces villes avaient subi un lavage de cerveau total de la part de Tepco... On n’a donc jamais pensé qu’un accident pouvait s’y produire... » 
Un fonctionnaire de la ville voisine de Futaba raconte : « Je pensais que même si un accident se produisait, on pourrait le régler en 24 heures. Donc, les exercices qu’on faisait à Futaba étaient basés sur l’éventualité d’un accident de ce niveau. Nous n’étions pas préparés pour faire évacuer tous les habitants de Futaba... » (les deux citations sont extraites d’un mémoire réalisé par Rina Kojima, étudiante qui a travaillé avec les chercheurs du projet Devast).]
   ___________Comment une telle croyance a t-elle pu s’installer, au détriment d’une perception réaliste des faits ? Lors de la conférence de l’Iddri, le professeur Noriyuki Ueda, anthropologue à l’Institut de technologie de Tokyo, a démonté la construction du mythe japonais de la sécurité nucléaire.
 __Selon Ueda, ce mythe fonctionne en évacuant la réalité et les faits objectifs. Illustration frappante : à la suite des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, les pays européens ont installé dans toutes leurs centrales nucléaires des systèmes de filtres qui permettent de ventiler les bâtiments des réacteurs en cas de surpression. Autrement dit, d’effectuer des rejets volontaires afin de ne pas soumettre l’enceinte du réacteur à de trop fortes contraintes. Les filtres servent à diminuer la radioactivité des rejets. En France, il s’agit des filtres à sable dits « U5 », mis en place par EDF après Three Mile Island.
Or, explique Ueda, aucun système de ce type n’a été installé sur les centrales japonaises (de sorte que les rejets volontaires effectués lors de l’accident de Fukushima ont été très radioactifs). Mais pourquoi les industriels du nucléaire japonais n’ont-ils pas équipés leurs centrales d’un tel dispositif ? Ueda répond par cette citation d’un ingénieur de Toshiba : « Si nous ajoutons des filtres, cela prouvera que les centrales nucléaires n’étaient pas parfaites et portera atteinte à la croyance selon laquelle elles sont absolument sûres. »
Venant d’un ingénieur du nucléaire, une telle déclaration est ahurissante, car elle revient à éliminer une démarche qui constitue l’un des piliers de la sûreté nucléaire : le retour d’expérience, autrement dit l’utilisation des expériences antérieures pour améliorer la sécurité des installations. En fait, Ueda montre que le mythe de la sécurité nucléaire se développe en effaçant le passé et en se débarrassant de tous les faits qui contredisent l’idée que la technologie japonaise est parfaite et exempte d'erreur...
  Les géologues et sismologues japonais disposaient depuis longtemps de données historiques qui montraient qu’un tsunami de grande ampleur pouvait se produire à Fukushima. Ainsi, en 1896, un séisme de magnitude 8,5, associé à un tsunami dont certaines vagues atteignaient 24 mètres, s’est produit sur la côte de Sanriku. La même côte a été frappée en 1933 par un autre séisme majeur, lui aussi accompagné d’un tsunami. Cette côte est située dans la région de Tohoku, où se trouve aussi Fukushima, et les deux séismes ont touché des zones qui se situent à environ 200 km au nord de la centrale nucléaire accidentée.
Comment toutes ces informations ont-elles pu être ignorées ? Selon Ueda, « la société japonaise rend la réalité invisible ». Rien ne doit obscurcir le mythe d’une industrie nucléaire absolument sûre et sans défauts. Ueda établit un parallèle assez frappant entre ce mythe de la perfection nucléaire et celui de l’invincibilité japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale....
  Un désastre « made in Japan » ?
Kivoshi Kurokawa
Cette idée a été avancée par le docteur Kiyoshi Kurokawa, président de la commission d’enquête parlementaire indépendante sur l’accident de Fukushima ou Naiic (voir notre article ici). Lors de la publication du rapport de cette commission, en juillet dernier, un passage de l’avant-propos rédigé par Kurokawa retenait l’attention : le président de la commission parlementaire qualifiait l’accident de « désastre causé par l’homme », mais parlait aussi de « désastre “made in Japan” » dont les causes fondamentales « doivent être recherchées dans les conventions enracinées dans la culture japonaise : notre obéissance réfléchie ; notre réticence à questionner l’autorité ; notre propension à “coller au programme prévu” ; notre esprit de groupe ; et notre insularité ....
Un propos qui semble imputer la responsabilité de la catastrophe à la seule culture japonaise et peut être entendu comme exonérant l’industrie nucléaire mondiale de toute remise en question : si Fukushima est une affaire japonaise, pourquoi s’en préoccuper – en dehors de la dimension de compassion que suscite le malheur des Japonais ?
Curieusement, le passage sur la culture japonaise ne figure que dans la synthèse du rapport traduite en anglais et présentée début juillet à la presse internationale. Dans le rapport original en japonais (qui n’a pas encore été traduit), cette référence à la culture japonaise est totalement absente (ainsi que nous l’ont affirmé plusieurs interlocuteurs, japonais ou spécialistes français du Japon).
Selon Noriyuki Ueda, le discours d’autocritique de la culture japonaise tenu par Kurokawa serait inacceptable pour beaucoup de ses compatriotes. Ueda n’exclut pas non plus que ce discours, dirigé vers l’étranger, ait une finalité « non nécessairement consciente » de relations publiques internationales en suggérant que ce n’est pas l’industrie nucléaire qui est en cause, mais ce Japon lointain, exotique et insulaire. Le Japon poursuivrait ainsi son rôle d’ambassadeur de l’énergie nucléaire pacifique, malgré Fukushima.
Mais quelle part de vérité y a-t-il dans ce discours ? Dans quelle mesure la catastrophe de Fukushima est-elle l’affaire des Japonais, et dans quelle mesure concerne-t-elle le monde nucléaire dans son ensemble ?
Pour Ueda, même si l’accident nucléaire a été « profondément lié au système socio-culturel japonais, cela ne signifie pas que l’industrie nucléaire soit plus sûre dans les autres pays. Cela montre que les industries nucléaires, dans tous les pays, sont fortement dépendantes d’un contexte socioculturel et que le risque doit à chaque fois être examiné dans ce contexte ».
Il faut ajouter que ce contexte socioculturel n’est jamais immuable et ne détermine pas tout. Le Japon en est aujourd’hui l’illustration vivante : malgré la force des représentations culturelles décrites ci-dessus, un gouvernement japonais vient de décider une sortie progressive du nucléaire.
Cette décision est encore fragile – une victoire du parti libéral démocrate aux prochaines élections pourrait tout changer. Pourtant, Ueda estime que la société japonaise est aujourd’hui à un tournant. L’opinion est majoritairement favorable à l’arrêt du nucléaire, même progressif, tandis que les lobbies industriels font pression sur les politiques pour remettre en route les centrales. Mais, ce qui est nouveau, les citoyens ordinaires manifestent de plus en plus clairement leur opposition.
Depuis avril 2012, des manifestations contre le nucléaire et plus particulièrement contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Ohi, sur la côte ouest du Japon, se tiennent chaque vendredi devant les bureaux du premier ministre. Entre avril et fin juin, le nombre de manifestants est passé de quelques centaines à 200 000. Un réacteur a été remis en route le 2 juillet, un autre deux semaines plus tard. Mais les manifestations hebdomadaires continuent. La société japonaise a peut-être entamé sa révolution culturelle..." (M. de Pracontal)
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Ne pas oublier Fukushima

jeudi 27 septembre 2012

La France se qatarise-t-elle?

Une France à vendre? 
_________________________Quand les banlieues intéressent l'émir...

__Le Qatar investit partout dans le monde, mais massivement en France.
Dans nos banlieues à problèmes. En attendant de financer aussi la Creuse?
Car  la Seine-Saint-Denis   n'est pas le département le plus pauvre. Les plus défavorisés sont l’Ariège (91e rang), le Cantal (92 e) et la Creuse (96 e). Il est vrai qu'il y a le Stade de France...
Une nouvelle qui passe mal...Même François Lamy, le ministre délégué chargé de la Ville, ne cache pas son scepticisme sur ce projet nourri par des fonds privés étrangers : «J’étais plutôt partisan d’une stratégie spécifique développée dans le cadre de la future Banque publique d’investissement [BPI]. Cela me paraît plus conforme à l’idée qu’on se fait de la politique en direction des quartiers»
____C'est vraiment le signe de l'échec des politiques urbaines et un abandon de souveraineté.
 Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas proposer à l'Arabie Saoudite le financement de nos universités, wahhabisme à la clé, ou inviter Monsanto à gérer le CNRS à l'anglaise!...
________________On nous explique que Doha prépare l'après-pétrole et cherche une diversification économique  pour préparer l'avenir, ce qui reflète une certaine faiblesse géopolitique, que ne compensent pas les immenses richesses de son sous-sol.
Certes, ce n'est pas encore la qatarisation de le France et Doha n'investit que quelques miettes de ses immenses réserves financières..Il ne s'agit  pas de l' acheter ( notre pays n'est pas la Grèce), mais de multiplier les investissements de toutes sortes.
_____Mais est-ce seulement du pragmatisme économique, sachant que les intérêts croisés sont nombreux et puissants. La France fait de  bonnes affaires dans la péninsule arabique et les industriels de l'armement tiennent une bonne place dans les relations France-Qatar. Retour d'ascenseur...
N'y a-t-il pas une stratégie politique?
On peut tout de même s'interroger sur le fond du fond de tels investissements, même si le gouvernement reprend la main et si le Qatar semble prudent:
 ".. Tout n’est pas une question de gros sous. Le Qatar n’a pas besoin de l’autorisation de l’Elysée pour investir en France. Et 50 millions d’euros, c’est presque de l’argent de poche quand on sait que le PSG a racheté Thiago Silva au Milan AC pour 49 millions.
Ici, on est surtout dans une logique d’influence diplomatique par l’économie, de soft power, comme on dit en bon français. Le Qatar essaie ainsi d’exister sur la scène diplomatique face à l’Arabie Saoudite ou l’Iran en misant non pas sur la force mais sur l’argent. Investir dans les banlieues main dans la main avec le gouvernement français consolide les amitiés et donne une belle image de mécène. Racheter un club de foot offre une vitrine médiatique exceptionnelle et permet d’inviter ses « amis » dans les loges VIP. Son point d’orgue : l’organisation de la Coupe du monde de foot en 2022 qui fera du Qatar le centre du monde pendant deux semaines..(Causeur)
Doha: une banlieue "nickel"..
______________On sait que le Qatar joue un jeu trouble dans les mutations en cours au Maghreb et au MO, en Syrie notamment, dans sa logique d'affrontement avec l'Iran chiite et sa rivalité idéologico-religieuse avec l'Arabie saoudite. Une diplomatie grise pourrait-on dire...
"De la part du Qatar, rien n’est gratuit", estime le politologue Karim Sader. "Et beaucoup ont été assez naïfs pour ne pas voir la main du Qatar derrière les révolutions arabes et l’établissement de gouvernements proches des Frères musulmans".
Difficile cependant de transposer cela à un contexte français. "L’émirat marche sur des œufs, il sait que la question de l’islamisme est polémique et sensible en France, et il est très soucieux de son image. Le Qatar ne voudrait pas financer un réseau occulte en France. Il n’interagit pas avec les milieux musulmans et salafistes français, ce qui est plutôt le cas de l’Arabie saoudite par le biais de l’octroi de bourses étudiantes. Le Qatar ne mange pas de ce pain-là", analyse pour sa part Nabil Ennasri. D’un côté, l’Arabie saoudite encourage les salafistes égyptiens et finance des mosquées dans les banlieues illettrées du Caire, de l’autre le Qatar préfère soutenir les Frères musulmans, poursuit Nabil Ennasri. "C’est un 'real-islamisme' qui est prôné par l’émirat : un islam bourgeois, humanitaire, soucieux du Coran, mais pas belliqueux a priori, soutient Karim Sader.."
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Doha ou la douceur de vivre...
__" Le Qatar est une dictature personnelle héréditaire, ayant l'islam pour religion d'Etat, faisant de la charia la principale source de sa législation, et où la citoyenneté est soumise à l'appartenance ethnique à la nation arabe et à l'appartenance religieuse à l'islam (art. 1 de la Constitution).
Tout en affirmant que le Qatar est un Etat démocratique, la Constitution prévoit que le pouvoir se transmet de façon héréditaire au sein de la famille Al Thani, par les héritiers mâles d'Hamad bin Khalifa bin Hamad bin Abdullah bin Jassim (art. 8). Le pouvoir est transmis par l'émir au fils qu'il désigne son "héritier apparent". Celui-ci doit bien sûr être musulman et née d'une mère musulmane qatarie (art. 9) - double garantie confessionnelle et ethnique. A sa désignation, l'héritier apparent prête le même serment que l'émir (art. 10, 74) : "Je jure par Allah tout-puissant de respecter la chariah islamique [...]." Il jure aussi "d'être loyal à l'émir". Point important : la rémunération de l'émir est fixée par l'émir lui-même (art. 17).L'émir détient tous les pouvoirs. L'article 67 prévoit qu'il élabore la politique de l'Etat, adopte les lois, réunit le conseil des ministres "si l'intérêt public l'exige", crée et organise les ministères et autres services de l'Etat, définit leurs compétences. Il nomme l'ensemble du personnel civil et militaire, et le congédie à son gré.L'article 21 défend des principes que ne renieraient pas notre bon maréchal Pétain : "La famille est le fondement de la société. Ses pilliers sont la religion, la morale, l'amour de la nation."
Par l'article 26, le « business » est considéré comme "fondamental pour l'éthos social de l'Etat." D'où, sans doute, le suractivisme actionnaire de l'émir, entre autres dans le sport français.
Un parlement sans pouvoir, un émir tout-puissant
L'autorité législative s'appelle - cela en dit long - le "Conseil consultatif". Il est composé de 45 membres, dont 30 élus à bulletin secret et 15 nommés par l'émir. Il suffit donc de huit autres pour que l'émir y ait la majorité absolue, qui est de 23. Ses membres jurent, "par Allah tout-puissant, d'être fidèles à l'émir et de respecter la chariah islamique" (article 92).
L'émir a le droit d'ajourner la réunion du Conseil consultatif pour une période n'excédant pas un mois (art. 90) ; il peut aussi le dissoudre, mais doit expliquer pourquoi. Il ne peut le dissoudre une deuxième fois pour la même raison (art. 104). Après dissolution, des élections doivent être tenues dans les six prochains mois ; pendant ce temps, l'émir assure le pouvoir législatif.
Examinons maintenant les pouvoirs du Conseil consultatif : ses membres peuvent proposer une loi. Si l'émir ne l'approuve pas, il a trois mois pour la retourner au Conseil consultatif. Celui-ci ne peut alors la maintenir qu'à la majorité des deux tiers. L'émir doit théoriquement l'adopter, mais il peut, "quand c'est absolument nécessaire, mettre fin à son application pendant une période qu'il juge conforme aux grands intérêts du pays" (art. 106).S'agissant d'argent, le Conseil consultatif ne peut amender le budget de l'Etat qu'avec l'accord de l'émir (art. 107). Il a le droit d'exprimer des opinions, de demander des explications aux ministres, de leur poser des questions (art. 108, 109, 110). C'est un parlement fantoche, sans pouvoirs, à tout moment placé sous la tutelle de l'émir-dictateur.
S'agissant de l'Autorité exécutive, premier ministre et ministres sont nommés par l'émir. Ils jurent "par Allah tout-puissant, d'être fidèles au pays et à l'émir [et] de respecter la chariah islamique" (art. 118, 119). Le rôle du gouvernement est d'assister l'émir dans l'exercice du pouvoir exécutif (art. 120). L'émir approuve ou non les propositions de loi du gouvernement. Le premier ministre et les ministres sont personnellement responsables devant l'émir (art. 123). Enfin, on ne peut bien sûr modifier la Constitution sans l'autorisation et l'approbation de l'émir (art. 144). Et autres douceurs de vivre... Connu et dénoncé pour sa pratique du travail forcé, le Qatar prévoit la peine de mort en cas d'apostasie (renonciation à sa foi). Les femmes se sont vues octroyer le droit de vote et d'éligibilité en 1999. La sodomie entre adultes consentants est sanctionnée de cinq années de prison. Le Qatar tolère la pratique d'autres religions, à condition qu'elles restent discrètes. Une église chrétienne ne peut ainsi arborer ni croix, ni cloches. La présence de missionnaires est interdite.Le Qatar est bien sûr doté d'un Code de la famille, qui rend le divorce facile aux hommes et difficile aux femmes. Récemment, un tribunal a décidé que l'indemnisation d'une famille pour la mort d'une femme et de sa fille devait être égale à la moitié de celle prévue pour la mort de son mari et de son fils, "onformément à la chariah".
Selon Amnesty International, "onze étrangers au moins ont été déclarés coupables de blasphème. Trois d'entre eux ont été condamnés à la peine maximale de 7 ans de prison pour avoir utilisé des termes considérés comme insultants envers l'islam". C'était notamment le cas d'un Syrien, déclaré coupable d'"avoir insulté l'islam dans un accès de rage" parce qu'il avait prononcé un mot blasphématoire lorsque le crédit de son téléphone mobile avait expiré durant une conversation. Le tribunal a ordonné son expulsion du pays.En outre, le débat se poursuit à propos de l'adoption éventuelle d'une nouvelle loi sur la presse et les publications en remplacement de la Loi n° 8 de 1979, laquelle "punit d'une peine d'emprisonnement toute critique envers la religion, l'armée et l'émir."
Toujours selon Amnesty, en 2009, «"es travailleurs étrangers, qui constituaient plus de 80 % de la population du Qatar, continuaient d'être exposés aux abus et à l'exploitation de la part de leurs employeurs. Ils ne bénéficiaient toujours pas d'une protection juridique satisfaisante. Les employées de maison étrangères risquaient tout particulièrement d'être exploitées et maltraitées, et notamment d'être battues ou violées, entre autres violences sexuelles." "Une nouvelle loi sur le parrainage, adoptée en février, et qui vise à réglementer l'entrée, la sortie, le séjour et le travail des étrangers, a introduit quelques améliorations. En particulier, les employeurs ne peuvent désormais plus conserver le passeport de leurs employés une fois les formalités de visa accomplies." Au moins 18 personnes, des étrangers pour la plupart, ont été condamnées à des peines comprises entre 40 et 100 coups de fouet pour "relations sexuelles illicites" ou consommation d'alcool. On ignore si elles ont été appliquées. Trois personnes au moins ont été condamnées à mort et cinq sentences capitales ont été confirmées en 2009. À la fin de l'année, 27 prisonniers au moins étaient sous le coup de la peine capitale. Finalement, il suffit qu'une dictature islamique soit prête à signer de juteux contrats pour que la chariah, les traitements inhumains et dégradants, l'infériorité institutionnalisée des femmes, l'enfermement des étrangers aient le charme discret de l'exotisme, masqué par celui, plus sonore, du bel et bon affairisme..." (J.Ekher._Médiapart)
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- Le droite se réveille à propos du Qatar
- A quoi joue le Qatar ?
- Qui a peur du Qatar ?
 

mercredi 26 septembre 2012

Rêver le futur

___Futur antérieur__
Que sera l'an 2500?
                                On aimerait savoir...
___Mais imaginer l'avenir en extrapolant à partir des tendances présentes est toujours un pari risqué.
Qui peut surplomber le déroulement du temps?
L'avenir, par définition, nous échappe, riche de surprises, de ruptures, de virages subits, de mutations inattendues, comme l'étude du passé nous le montre.
Qui pouvait prévoir, dans les années 70, l'extraordinaire développement du numérique et de ses nombreuses applications contemporaines?
C'était littéralement im-pen-sa-ble. Pas plus que n'étaient pensables en 2005 la violence et l'ampleur de la crise qui nous affecte aujourd'hui, mais qui était silencieusement en gestation depuis les années 70.
__Au début du siècle dernier , en France comme en Allemagne, on se représentait l'an 2000 sous des aspects qui nous font sourire aujourd'hui par leur naïveté et l'empreinte manifeste de l'époque à laquelle ces représentations ne pouvaient échapper.
Imaginer l'avenir se fait toujours à partir d'un présent qui nous conditionne dans nos représentations, notre imaginaire même, qui nous limite. Nous l'envisageons avec les yeux et les oeillères du présent.
♦Léonard de Vinci, malgré ses géniales anticipations, n'envisageait le proche avenir technologique que de manière limitée, sur la base de technologies disponibles pour l'essentiel à son époque.
♦Jules Verne voyait l'avenir dans l'esprit de son temps, obsédé par le thème du voyage, de l'exploration du progrès, nouvelle religion du 19°siècle.
Nous avons aujourd'hui, sur notre avenir énergétique, une vision forcément bien courte, bien myope.
___La prospective elle-même est toujours ambivalente et sujette à caution
Si elle permet de penser à court terme certaines tendances lourdes (en matière de démographie, par exemple), l'incertitude est grande quand à la manière dont elles se dérouleront à plus long terme.. Par exemple, l'urbanisation est croissante partout dans le monde, mais on peut assister à une inversion de tendance dans plusieurs décennies pour des causes que nous entrevoyons à peine. Et que seront nos villes demain?
_La fascination pour la catastrophe n'est pas elle-même assurée d'un fondement quelconque, même si elle se fait plus forte à certaines périodes  troublées.
 L'utopie d'aujourd'hui n'est pas toujours la réalité de demain, contrairement à ce que pensait V.Hugo.
 Le monde de demain ne se pliera certainement pas à nos désirs et nos fantasmes d'aujourd'hui.

mardi 25 septembre 2012

La (com)plainte des banquiers

Vous avez dit régulation?..
__________Vous n'y pensez pas, mon bon Monsieur!

____Il faut être juste avec les banques,  surtout les grosses , les plus grosses, celles qui sont too big to jail fail.
On les a trop critiquées, trop caricaturées depuis quelques années...alors qu'elles ont fait leur devoir (ne pas laisser dormir l'argent), se sont sacrifiées et ont tant souffert...
Bien sûr, il y a eu quelques broutilles, des petites faiblesses...de plus grosses aussi, mais cela méritait-il les menaces d'un Président, se prenant pour Roosevelt...ou presque? Pourquoi ces vélléités dictatoriales de mise sous tutelle?
.On s'acharne méchamment sur le Liborgate, sur l'indispensable et digne City, osant les traiter de fraudeurs, de manipulateurs et de spoliateurs... C'est intolérable!
Même le bon Michel Barnier fait les gros yeux. A qui se fier?..
Les gens sont méchants et jaloux. Ne parlons pas des mauvaises langues...
On leur reproche abus et opacité, comme si un banquier ne savait pas compter et  devait étaler ses opérations!...
Pourquoi aussi leurs clients sont-ils  si avides et parfois si naïfs?
C'est bien de leur faute, les particuliers et les Etats, s'ils ont accepté de s'endetter outre-mesure, de se laisser séduire par des promesses à la Madoff...même si certains banquiers, traumatisés, ont été parfois saisis de scrupules superflus...
___Les banksters banquiers ont bien raison de se plaindre de tant d'injustices!
 Ils pourraient même le chanter.. ♪♫♪...♥
________________________
__Oh! les gros menteurs...
 ________________________La régulation financière, c'est quand les poules auront des dents?

lundi 24 septembre 2012

OGM : quelle indépendance de la recherche?

Qu'a fait l'État ?
________________________L'aliment est ton premier médicament (Hippocrate)

____  Beaucoup de bruit pour presque rien?..
C'est ce qu'estime un journaliste scientifique, à propos des résultats de la longue enquête de G.E. Séralini, dans un journal en ligne, dont on attendait un débat plus ouvert (c'est un euphémisme), et non pas seulement un avis qui sème la suspicion sur la validité des résultats du chercheur de Caen. Le nombre impressionnant des commentaires manifeste les réticences de nombreux lecteurs informés, sur les limites et la partialité de ce point de vue.
__Par exemple sur le problème de fond posé par la généralisation des OGM: "Pense-t-on sérieusement que des organismes vivants créés en dehors de toute sélection naturelle et de toute co-évolution peuvent être introduits dans l'alimentation sans aucun dommage ?... Il a fallu quelques centaines de milliers d'années pour que nos intestins acceptent de digérer certains produits naturels, et d'autres produits ne sont toujours pas assimilables par nos organismes. Est ce qu'on croit qu'en 25 ans, on va miraculeusement réussir la où l'évolution biologique a parfois réussi, et souvent échoué, sur des millions d'années ?"
__Ou bien, sur la méthologie: " Cette étude montre simplement qu'il faut reprendre des études dans des laboratoires indépendants. Ces études coûtent cher et leur indépendance ne peut être garantie que par des fonds publics, on en est loin. En étudiant la toxicité à long terme  de nombreux produits qu'on avale tous les jours on est pas au bout de surprises très désagréables encore bien plus désagréables que les OGM."
______________Cette investigation est une première en termes de durée et de (relative)indépendance.
On peut légitimement supposer qu'elle présente des limites et des insuffisances méthodologiques.
Mais seules d'autres recherches, pluralistes et contradictoires, pourront apporter des précisions et des confirmations, voire des nuances ou des contradictions sur certains points.
A condition qu'elles soient indépendantes, et non plus menées en catimini et en vitesse par les laboratoires dépendants de l'agrobusiness eux-mêmes, sur des bases insuffisantes et des données biaisées ou des organismes dits indépendants mais financés par des intérêts puissants, directement ou indirectement.
Dans ces domaines sensibles surtout, la recherche scientifiques a bien du mal à assurer son  indépendance. Les collusions d'intérêts sont nombreux et parfois difficilement détectables, rendant les résultats de recherches souvent suspectes. Les exemples ne manquent pas. Le géant Monsanto lui-même ne se prive pas d'instrumentaliser la recherche, par un intense lobbying.
___Comme l'écrit H.Kempf dans le Monde:
"Comme Shakespeare l'écrivait : "Les mauvaises nouvelles sont fatales à celui qui les apporte" (Antoine et Cléopâtre). Ainsi les critiques pleuvent-elles sur l'étude publiée par Gilles-Eric Séralini dans Food and Chemical Toxicology ( qui a déjà publié des études de Monsanto sur la non toxicité des OGM). [Par exemple,Le protocole d'étude de M. Séralini présente des lacunes rédhibitoires
ou: Qu'est-ce que le maïs NK603, soupçonné de toxicité ? ,ou: Un coup de pub, ou un scandale sanitaire ?]
Si la méthode et les moyens s'en révèlent à l'examen faibles, erronés, ou biaisés, ses conclusions - le potentiel cancérigène d'une alimentation transgénique - en seront démenties. Il est essentiel et normal que cet examen se déroule avec rigueur. Mais ce n'est qu'un aspect du problème.
Une question essentielle est de savoir pourquoi un chercheur de qualité, employé dans une structure publique, a été obligé de chercher des fonds auprès de fondations privées pour pouvoir mener en catimini une étude d'un intérêt général.
De savoir pourquoi, alors que les organismes génétiquement modifiés sont entrés dans le débat public depuis plus de quinze ans, suscitent une interrogation collective, entraînent des conséquences majeures en termes d'économie agricole, de savoir pourquoi, donc, les autorités publiques n'ont pas demandé à des chercheurs publics des études approfondies et neutres sur la nocivité des OGM.
Le Centre national de la recherche scientifique, l'Institut national de la recherche agronomique sont-ils dénués à ce point de biologistes et d'expérimentateurs, qu'il faille toujours s'en remettre aux études pilotées par Monsanto, Syngenta, Pioneer, et dont les données restent secrètes, au nom du "secret industriel" ?
Poser la question, c'est souligner la passivité du corps politique et de l'institution scientifique. On ne peut la comprendre que par la dérive de l'activité scientifique depuis une trentaine d'années. Elle était auparavant financée par les fonds publics, ce qui permettait une plus grande liberté à la recherche. Elle est maintenant, de plus en plus souvent, financée ou orientée par des entreprises qui ont peu d'intérêt pour les recherches non appliquées et négligent les effets des technologies qu'elles veulent commercialiser.
La "science" n'est plus indépendante - cela est net dans le domaine des biotechnologies végétales. Par son opération de communication médiatique, M. Séralini prend à témoin les citoyens de ce problème. Derrière les querelles scientifiques sur la nocivité de tel produit ou technologie se joue un drame qu'un Shakespeare pourrait mettre en scène : celui du rapport entre l'argent et la vérité."
_ Sans esprit critique, la science n’est plus la science mais une religion
____S'ils sont interdits dans les champs en France depuis 2008, les OGM entrent dans l'alimentation de 80% des élevages français.
S'il n'y pas encore sur leur nocivité de certitudes parfaitement établies, il y a tout de même de fortes présomptions de toxicité. [On met de côté ici les domaines spécifiques de la recherche fondamentale, de la médecine et de la pharmacologie].Une veille citoyenne s'impose, parallèlement aux études indépendantes qui restent à mener, dans ce domaine comme dans celui du médicament, où les dérives sont manifestes.
Il faudra encore beaucoup de temps et de moyens pour contrer les assauts de la pieuvre Monsanto.
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- Du Roundup aux OGM
- Les 3 points capitaux de l'étude de Séralini
- « J’attends des critiques objectives, de caractère scientifique »
- Au-delà du buzz...
- OGM et Progrès en Débat
- Comment décrypter une étude scientifique
- l’EFSA a manqué à une déontologie élémentaire
- OGM: «Comme si nous étions au Moyen Âge de l’expertise»:
"... La question n’est pas de savoir s’il y a de bonnes/mauvaises technologies ou de bonnes/mauvaises sciences, mais de définir les garanties qui permettent de produire un maximum de crédibilité. 
La contestation des OGM est légitime, selon moi. Nous sommes dans un domaine où les rapports de force sont omniprésents. Les milieux industriels sont très puissants, les experts divisés et les politiques velléitaires. Face à ce chaos, qui fait toujours le jeu des plus forts, des sentiments de manipulation ne peuvent que se développer. 
"

vendredi 21 septembre 2012

Cacophonie climatique?

 Alertez les bébés?

________Alors que certains climatologues annoncent une augmentation probable de prochains hivers plus rigoureux sous nos latitudes, d'un nouvel âge de glace , d'autres constatent une accélération rapide et inédite de la fonte des glaces au Pôle Nord et au Groënland, qui semble encore s'accentuer, si l'on en croit les dernières images de la Nasa. 2012 paraît être nouvelle année de fonte record. 
Pourtant, il est bon de savoir que l'interprétation de ces données ne font pas l'unanimité  ou font l'objet de commentaires nuancés.
Cliquez pour agrandir
__"Le Directeur du NSIDC (The National Snow and Ice Data Center)Mark Serreze déclare : « Alors que nous savons depuis longtemps que la planète se réchauffe,  que nous savions que les changements seraient le plus prononcé dans l'arctique, peu d'entre nous ont été préparés à la rapidité du changement réelle en train de se produire. »
Aucun modèle climatique... n’a réussi à prévoir ce qui s’est passé cet été. C’est bien plus rapide que ce que les scientifiques ont envisagé. L’ouverture de la route commerciale maritime du Passage du Nord-Ouest par les îles arctiques canadiennes était effectives ce mois d’août comme le passage du Nord le long de la côte Russe.
Cette année la superficie couverte par la banquise arctique, à la date du 16 septembre, est la plus petite et la plus mince jamais connue.. Elle représente la moitié de la moyenne basse enregistrée sur la période 1979-2000. Son étendue a été la plus faible jamais mesurée cet été, tombant au-dessous du précédent record de 2007, soit 3,41 millions de km2..."
Comme on peut le constater ICI , LA ou LA
_________________________________Paradoxe et contradictions?
Non, seulement en apparence...
Car le "Gulf Stream se déplace d’une zone tropicale vers une zone de hautes latitudes. Il est chaud près des côtes de la Floride, puis se déplace vers le nord en libérant progressivement de sa chaleur dans l'atmosphère. C'est un mécanisme par lequel l'océan régule le climat, particulièrement à nos latitudes.
Mais
la fonte de la banquise qui couvre l'Arctique pourrait perturber ou même stopper de grands courants qui traversent l'océan Atlantique. Sans la chaleur conséquente que ces courants océaniques délivrent  - comparable à la production d'électricité d'un million de centrales nucléaires - la température moyenne de l'Europe reculerait ainsi de 5 à 10 ° C environ. La côte est de l’Amérique du Nord serait sensiblement moins affectée par le refroidissement. Une telle baisse du mercure ramènerait l’Europe occidentale aux mêmes températures moyennes que celles qui sévissaient à la fin de la dernière ère glaciaire, il y a environ 20.000 ans.."

___Cette hypothèse est cependant loin de faire l'unanimité, tant sont complexes et mal connues les interactions entre tous les paramètres à prendre en compte...
Il est déjà difficile de rendre compte de l'histoire relativement récente du climat.
Les  controverses sont encore rudes entre spécialistes.
Le cas du Groënland, notamment, continue à susciter les débats.
Il n'est cependant pas exclu que nous assistions dans un proche avenir à la  recrudescence d’épisodes extrêmes.

jeudi 20 septembre 2012

Stratégies absurdes

 Quand l'efficacité à tout prix ne paie pas...
_________Ou: comment faire le mieux quand on peut faire le pire?

Evaluer, c'est bien. Quoique...
Mais tout est dans le pourquoi et le comment.
On le sait depuis longtemps, on ne peut demander n'importe quoi aux hommes au nom de principes vertueux en droit, au nom du rendement exigé pour une tâche ou une action collective. Le mieux est l'ennemi du bien, disait-on.
Si on veut exiger une stricte discipline dans un bureau où l'on pense que l'on perd beaucoup de temps à discuter, on peut aboutir à l'effet inverse de ce qui est recherché: par réaction, une lenteur réactionnelle va s'installer et la productivité chuter. Si l'on tend à stimuler la productivité dans un atelier en attisant la concurrence entre les agents, il y a des chances pour que l'animosité développée compromette l'objectif assigné...
Il existe des stratégies absurdes
__Dans cet  ouvrage très sérieux, l'auteur  met en garde contre les pièges du management par les indicateurs.
Des indicateurs qui peuvent tourner au fiasco, qui peuvent être de fausses pistes, ou masquer la réalité, si on ne prend pas d'abord le temps de l'échange avec les acteurs ou les partenaires.
La motivation ne se décrète pas.
__On sait où mène le management brutal, le plus souvent conditionné par la recherche d'économies à tout prix en vertu des principes du lean management.
Comme chez Thierry Breton.
______Le lean management comme méthode de gestion purement utilitaire, financière des hommes, souvent critiqué dans le monde de l'industrie, s'invite aussi dans les services publics.
Le Nouveau management public, qui nous vient du monde anglo-saxon, visant un désengagement de l'Etat et une financiarisation généralisée, investit même l'hopital et l'enseignement,.dénaturant leur mission essentielle. Le patient devient client, l'élève, apprenant. La déshumanisation des institutions n'est pas loin.
La rationalisation managériale fait même son entrée dans le domaine judiciaire...jusqu'à l'absurde.____
"... La première difficulté propre aux services publics, et plus particulièrement présente dans les secteurs les moins marchands, est de définir les objectifs et de construire un indicateur. En effet, la définition des objectifs est en elle-même problématique. L’exemple de la justice  est particulièrement parlant. Avant même de chercher à préciser les indicateurs de la qualité de la justice, encore faut-il s’entendre sur la définition de la qualité. Dans le domaine judiciaire, la définition des objectifs de la justice s’est avérée très difficile et délicate. Par exemple, les TCPS, trial court performance standards, sont une expérience de mise en place d’indicateur dans le domaine judiciaire aux Etats-Unis, initiée en 1987 et étendue sur une décennie. Une commission de 14 personnes, composée de juges, de responsables administratifs et d’universitaires, a mis plus de trois ans pour établir la liste de ces indicateurs. Elle est arrivée à la conclusion qu’il n’existait pas de consensus sur les objectifs assignés au système judiciaire, ni sur les facteurs qui déterminent la production des juridictions, pas plus que sur ce que signifie la « performance » des juridictions et encore bien moins sur la façon dont il conviendrait de mesurer cette performance..."
La langue de bois des gestionnaires peut masquer bien des effets pervers.
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Le paradigme de l'évaluation.

mercredi 19 septembre 2012

Paroles d' Israëliens

 __La vie en Israël n'est pas un long fleuve tranquille...
Des tensions fortes traverse cette société très hétérogène, divisée, jusqu'au sein de l'armée.
Un société jeune, aux frontières non définies, toujours en quête d'une identité problématique, qui oscille encore souvent entre mythe et histoire.
C'est dire que les historiens ont là-bas une tâche difficile, quand ils s'efforcent de mettre à jour les fondements historiques du peuple juif, de son exil, de son retour, des conditions de la constitution de l'Etat d'Israël et de sa légitimation. Notions sur lesquelles planent un brouillard entretenu, des confusions et des croyances qu'il n'est pas toujours bien vu d'éclaircir.
Il faut du temps pour détruire un certain nombre de mythes nationaux. En France, nous sommes seulement en train de remettre en question l'image que nous avions de nos ancêtres les Gaulois, chère à Lavisse.
Quand le nationalisme et/ou la religion interfère(nt), la pensée critique peine à se faire entendre.

_____C'est le cas de l'historien israëlien  Shlomo Sand, et de quelques autres se situant dans le courant dit postsioniste, objet de vifs débats internes, reconnaissant la légitimité de l'Etat d'Israël, mais remettant en question un certain nombres de croyances fondatrices et de pratiques sociales partagées même par des dirigeants athées pour des raisons politiques, notamment l'invention de la terre d'Israël, qui sous-tend le traitement fait au peuple palestinien, à l'existence déniée dès l'origine. Comme citoyen, l'auteur ne met pas en cause l'identité israëlienne , mais il conteste les choix politiques de ses élites au double langage et prône une laïcisation de l'Etat, contre le retour de l'ultraorthodoxie religieuse et les tendances extrêmistes avec lesquelles joue dangereusement le pouvoir.(1). De nouvelles formes de racisme se font jour.
__En tant qu'historien, il n'échappe pas bien sûr à la critique dans sa discipline, comme c'est naturel, mais il est parfois contesté pour les remises en question dérangeantes qu'il suscite chez ceux qui ont renoncé aux engagement au moins formels d'antan.
 "Continuant son entreprise de questionnement du lien entre les juifs et la “terre d'Israël”, Shlomo Sand décrypte « cette image mystifiante centrale » consistant à présenter la Palestine comme “une terre sans peuple” forcément destinée à “un peuple sans terre”. L'ouvrage s'attache à démontrer le rôle des chrétiens évangélistes dans la propagation d'une telle appréhension.
« En apparence, l'occupation, entrée dans sa cinquième décennie, prépare, au plan territorial, la constitution d'un État binational. La pénétration croissante de colons au sein de zones d'habitation palestiniennes densément peuplées apparaît comme un processus qui rend impossible toute tentative de séparation politique (...) Le grand compromis prometteur, reposant sur le retour d'Israël aux frontières de 1967, la création d'un État palestinien voisin (avec Jérusalem comme capitale commune), la fondation d'une confédération entre deux républiques souveraines et démocratiques appartenant à tous les citoyens qui vivent dans chacune d'elle, apparaît comme un rêve qui s'éloigne et s'évanouit dans l'obscurité du temps. »
__Dans ce pays pas comme les autres, engagé aujourd'hui dans un bras de fer avec l'Iran, contesté par certains Israëliens et, officiellement pour l'instant, par Obama, les voix de la modération peinent à se faire entendre.
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- Les élections américaines vues... d'Israël