Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 29 décembre 2012

Un Japonais chez les Ch'tis


___________________De Tokyo à Loos-en-Gohelle, un chemin improbable...
Un artiste japonais l'a trouvé, découvrant une région, à  travers le prisme de ses souvenirs, de son imagination et de son objectif...

________________Les terrils sont pour le photographe des monuments commémoratifs. Comme il l’explique... le mot « histoire » n’a pas, en japonais, le double sens qu’il revêt en français : la grande histoire (historia) et le récit (fabula). Les terrils sont l’histoire dans sa double acception : traces du passé minier d’une région et récits de lieu, occupation collective comme individuelle d’un espace.
Les photographies de Naoya Hatakeyama sont souvent vides de toute trace humaine : c’est le lieu qui concentre les récits passés et à venir. Des lieux qui, par la magie d’un regard, ne sont plus seulement liés au Nord de la France mais rappellent les montagnes japonaises, en particulier les représentations du mont Fuji... (Mediapart)



Naoya Hatakeyama
 Les Corons, c'est pas le Japon...♪♫♪
 Mais les terrils peuvent fasciner un photographe japonais
Ils n'ont pas la magie du mythique Fuji, mais ne sont pas sans vie.
_________C'est un monde varié, loin d'être triste, enfin reconnu.
Ils sont devenus des écosystèmes complexes, ouverts à la curiosité de tous, connaissant parfois une seconde vie, comme à Noeux-les-Mines (ou Noeux-les-Neiges...)
_________
Paru dans Agoravox

vendredi 28 décembre 2012

Microbes, chers amis

Ils sont partout...
___________________Absolument partout.
 Notre corps héberge dix fois plus de bactéries qu’il ne contient de cellules.
On en parle souvent avec frayeur.
Si petits, si variés et si dangereux...dit-on
La peste
Pourtant tous n'apportent pas la peste...
On peut leur dire: merci les microbes!  Merci Pasteur!
 L'activité de nos amis intimes est indispensable à notre organisme.
Sans microbes, nous ne serions rien...
Vivant leur vie de microbes, ils nous habitent, nous colonisent, alliés aux fonctions vitales.
Nous sommes en symbiose avec nos microbes (comme, par exemple, dans la flore intestinale, dont on dit qu'elle pourrait même agir sur notre mental)
____Relations nécessaires, mais relations occasionnellement conflictuelles, parfois à cause de l'homme.
Entre notre organisme et nos microbes, c'est toujours entre guerre et la paix...
"... Leur activité est indispensable à notre organisme. Il existe ainsi entre l’homme et les microbes une véritable symbiose dont les mécanismes complexes ne peuvent être décryptés qu’avec les moyens de la génétique moléculaire.
Mais ces bactéries provoquent aussi des maladies infectieuses et parasitaires : elles tuent environ quinze millions de personnes chaque année dans le monde. Pour mettre au point des traitements et des vaccins efficaces, il faut comprendre comment elles déjouent les défenses de notre organisme, il faut déchiffrer les règles de la guerre et de la paix entre les microbes et nous."
Le compromis est la règle.
Les neutrophiles (en vert), les cellules qui défendent en première ligne l'organisme contre les intrus, engloutissent la bactérie Streptococcus pyogenes. Ce mécanislme s'appelle la phagocytose. Cette bactérie est à l'origine des angines rouges
"Dès que les êtres vivants sont devenus multicellulaires, ils ont dû socialiser avec les microbes, premiers occupants de la planète, et établir avec eux un état de commensalisme, voire de symbiose. Les êtres multicellulaires modèles, comme le vers Caenorhabditis et la mouche Drosophila, ont un microbiote commensal – c’est le terme désormais utilisé pour définir la flore microbienne résidente – et sont sensibles à des pathogènes. Les systèmes gouvernant la gestion de cette interface, qui sont nés de l’adaptation de mécanismes parmi les plus fondamentaux du développement, ont été remarquablement conservés au cours de l’évolution, de l’insecte aux primates supérieurs. « Rien en biologie n’a de sens, sauf à la lumière de l’évolution », disait Theodosius Dobzhansky. La co-évolution homme-microbes ne s’est pas résumée à la reconnaissance et à l’éradication des pathogènes ; elle a aussi mené à la tolérance des microbiotes commensaux. La veille microbiologique de notre organisme est permanente. Si vis pacem, para bellum. C’est sous ce paradoxe que s’est forgé notre système immunitaire : « vaincre l’ignorance, apprendre la tolérance, ajuster la réponse à la gravité de la délinquance », c’est un défi sociétal que nous imposent les microbes..".
Un combat incertain...
 L'art de la guerre...ne se résume pas à l'offensive...  
« Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? » (Sun-Tzu)
Il faut savoir aussi pactiser avec l'ennemi...


jeudi 27 décembre 2012

Délires et politique

Aux USA et ailleurs...
_______________________La vie politique américaine est régulièrement traversée par des mouvements de fond irrationnels, souvent silencieux, parfois bruyants et inquiétants, parfois limités et circonstanciels ou souvent plus larges, comme les dérives droitières et ultra-droitières qui se manifestent depuis le début de la crise, se cristallisant aujourd'hui sur la personne d'Obama.
On assiste à des vagues paranoïaques qui se déploient sur fond de peurs, de désarroi, de manque de culture politique, de développement des messianismes et de défaillance  des élites politiques. (1)
De Goldwater et du maccarthysme en pleine Guerre Froide au Teaparty aujourd'hui, on retrouve, malgré les différences de contexte, des constantes.  Dans les années 50, l'ancien Président Reagan participait à Hollywood  à un vaste mouvement de chasse aux sorcières, dont Einstein disait qu'elles avaient "déjà largement miné le caractère démocratique de notre société "
__Les théories du complot, aux USA comme ailleurs, se développent en introduisant dans la vie politique et l'histoire des éléments de conspiration supposée, parfois à vaste échelle (comme la conspiration du judaïsme mondial instrumentalisée par le nazisme) 
L’histoire serait une conspiration, ourdie par des forces dotées d’une puissance quasi transcendante et qui ne peuvent être vaincues qu’au terme d’une croisade sans limites. L’adepte du discours paranoïaque appréhende l’issue de cette conspiration en termes apocalyptiques. Il a toujours le sentiment de se trouver face à un tournant majeur : c’est maintenant ou jamais que la résistance doit s’organiser....(R Hofstadter
Récemment, certains ont interprété le massacre de Newtown  comme le produit d'un complot hébreu ou en le mettant sur le compte d'Obama.
____Pour Richard Hofstadter, il a «bien existé des actes de conspiration au cours de l’histoire et (que) ce n’est pas être paranoïaque que de prendre acte de leur présence (par ex. le plan secret de la CIA visant à renverser le gouvernement de Allende, au Chili_-Ndlr_). Mais, poursuivait-il en substance, il n’y a pas une différence de degrés mais une différence de nature entre le fait de repérer des complots ça et là dans l’histoire, et celui d’envisager que l’histoire puisse avoir pour moteur «une vaste et gigantesque conspiration (…) ourdie par des forces démoniaques dotées d’une puissance quasi transcendante».....Dès lors que le secret est inhérent à toute stratégie politique, l’existence de complots, d’ententes discrètes, de machinations au service d’intérêts cachés, ne peut jamais être complètement exclue. Mais en historien des idées, c’est moins les complots réels qui intéressent Hofstadter que «la dimension non rationnelle de la politique»: les mythes, les fantasmes, les représentations qui, il faut y insister, ne font pas moins l’histoire que ne la font les conspirations —dans le sens où «tout ce qui est secret peut souvent être présenté sans trop exagérer comme relevant d’une conspiration». Hofstadter appréhende ainsi la politique comme un univers où se déploient des styles rhétoriques, des postures symboliques, des systèmes de croyances qu’il convient d’étudier pour ce qu’ils sont et pour le rôle crucial qu’ils jouent dans l’histoire. Ainsi écrit-il: «La politique est aussi une arène où sont projetés des sentiments et des pulsions n’ayant que très peu de rapports avec les enjeux manifestes. (…) La compétition politique elle-même est profondément influencée par la manière dont elle est perçue, ressentie».
___Le développement du  conspirationnisme: fait souvent le bonheur de certaines élites, qui y voient un moyen de maintenir le peuple dans l'ignorance et la confusion, détournant son regard de l'essentiel.
"...Le conspirationnisme n’est pas la psychopathologie de quelques égarés, il est le symptôme nécessaire de la dépossession politique et de la confiscation du débat public. Aussi est-il de la dernière ineptie de reprocher au peuple ses errements de pensée quand on a si méthodiquement organisé sa privation de tout instrument de pensée et sa relégation hors de toute activité de pensée. Cela, nul ne le dit mieux que Spinoza : « Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler. La suspension du jugement est en effet une vertu rare. Donc pouvoir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement, c’est le comble de la stupidité. Si la plèbe en effet pouvait se tempérer, suspendre son jugement sur ce qu’elle connaît mal, et juger correctement à partir du peu d’éléments dont elle dispose, elle serait plus digne de gouverner que d’être gouvernée » (Traité politique, VII, 27).
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- LA THEORIE DE LA THEORIE DU COMPLOT

mercredi 26 décembre 2012

Voir Paname

Jean-Claude Lafarge    
Sainte-Chapelle

Paris ne s'est pas fait en un jour
_________________________Mais peut se visiter en deux
 -En bus
____En bateau
-En ballon
____A vélo 
-En calèche 
___En 2cv 
-En rollers...
__En chansons ♪♫
____Et même...à pied!  Avec un guide malin
_________________________________On ne s'en lasse pas.

lundi 24 décembre 2012

Noël

 __Non, IL n'est pas mort...
Une drôle d'histoire.

______C'est Noël pour tout le monde

__Attention à l'échange de cadeaux: une épreuve...
Et ne pas vouloir trop en faire...

-Cadeau1:*Bon pour un carambar*
-Cadeau2:   * Balade au  Mont Everest...*
-Cadeau3: *Une entrée au Louvre-Lens *


dimanche 23 décembre 2012

Pendant les fêtes...

J'accuse!
... Préservons la paix des ménages:
___________________________Surtout, ne parlons pas de l'affaire Depardieu!..Scrogneugneu!__________
Par Toutatis, je rends mon passeport

Trop brûlante..Et on risque de s'emmêler les twittes, après Bardot, Deneuve, Torreton, Lucchini, Jamel, Gad Elmaleh... et les autres. Et par dessus le marché, le flou Afflelou!
Pas de cadeau pour Gégé!
____S'il arrive que ce sujet hautement sensible soit tout de même abordé par mégarde autour de la dinde fumante ou de la bûche glacée (certains diront certainement que « Le cinéma belge va beaucoup y gagner »), il y a un moyen de mettre tout le monde d'accord... pour éviter l'affrontement et l'indigestion assurée.

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On disait autrefois que pour préserver la sérénité d'un repas familial , il ne fallait pas parler de politique ou de religion.
Aujourd'hui, il a cette épineuse question....
Parmi beaucoup d'autres sujets qui fâchent...
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Paru dans Agoravox 

samedi 22 décembre 2012

On en parle...

►   Evasion fiscale des entreprises :  timide réveil international?
"... Google a réussi à payer en moyenne un peu plus de 3 % d’impôt sur les bénéfices en Europe. Alors que, selon les pays de l’Union, ces taxes s’élèvent de 24 à 34 %. L’entreprise n’est bien sûr pas la seule : selon un rapport publié en mai par JP Morgan, les sociétés américaines détiennent 1 700 milliards de dollars d’économies dans leurs filiales étrangères, la plupart du temps pour éviter de payer les impôts que l’administration leur réclamerait si elles les rapatriaient sur leur sol.
Pour la première fois, la situation a déclenché un début de mobilisation. Politique, d’abord. Fin novembre, les ministres des finances français, britannique et allemand ont appelé ensemble la communauté internationale à se saisir de la question. Ils ont missionné l’OCDE, en pointe dans la lutte contre le secret fiscal entre les pays (nous en parlons longuement ici), pour qu'elle s’attaque à la question des « transferts de bénéfices », afin de s’assurer que les grandes sociétés payent une juste part d’impôt. Quelques semaines plus tôt, lors d’une réunion du G20, les ministres allemand et britannique avaient déjà lancé un tel appel.
Le problème est connu depuis longtemps, mais dans un contexte économique plus que morose, il devient aigu pour des politiques cherchant tous les moyens possibles de boucler leurs budgets. D’autant qu’une série de chiffres récents est venue leur agiter la question sous le nez. Ces dernières semaines, on a par exemple appris qu’en France Google a versé 5,5 millions d’euros au fisc pour l’exercice 2011, alors que son bénéfice réel effectué dans l’Hexagone aurait pu donner lieu à une imposition de 150 millions d’euros, souligne BFM Business. Amazon n’a payé que 3,3 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires réel de 899 millions. Selon les calculs de BFM Business, l’entreprise aurait payé 6 à 15 millions d'euros si elle avait déclaré loyalement ses activités effectivement réalisées en France.."
_ Un projet européen contre la fraude fiscale?
_France : La grande évasion fiscale

_ Crise financière: 'l'Islande a fait ce qu'il fallait faire, contrairement aux autres pays' 
_______Une île rebelle...

►Jacques Delors se réveillera-t-il?
_____Il n’est pire aveugle ..
  "Expliquer l’Europe”ou la changer?

Richesse et décence ordinaire

Allemagne: pacte faustien  

Sale temps pour les riches...

La crise comme prétexte pour un dumping social grandissant
___BTP:explosion des chantiers low cost

Espagne : vie low cost pour tous 

Comment rendre un peuple fou et désolidarisé?
____Une société en état de choc
"L’homme, analyse Georg Pieper, se transforme en fauve dans ce type de situations dramatiques"

  A quand l'harmonisation fiscale européenne?

vendredi 21 décembre 2012

Mon village.fr

Fontaine-lès-Hermans-62- __(Photo personnelle)__Cliquez pour agrandir_
 __Ils sont plus de 36000 en France.
Tous ne sont pas classés officiellement comme les plus beaux.
Mais ils sont encore nombreux, loin des villes qui grignotent l'espace rural, a avoir conservé leur identité et leur charme, malgré les mutations démographiques et les transformations de l'espace, comme celui-ci ou celui-là.
Longtemps, le village fut déprécié, lieu d'un passé qu'on ne voulait plus voir dans la fièvre urbaine et industrielle des Trente Glorieuses, au coeur d'une modernité qui tournait le dos aux traditions ancestrales, au temps quasi immobile de la vie rurale. Signe des temps, on en recherche aujourd'hui le calme et l'authenticité, loin de la ville qui a cessé d'exercer ses charmes.
__Le retour aux sources, la quête des racines se fait aujourd'hui évident et massif, soit physiquement soit intellectuellement, par l'intérêt et la recherche. Nous sommes tous des enfants des enfants de la campagne.
  Les villages de France reviennent au premier plan, l'histoire locale attire de plus en plus, pas seulement les spécialistes
Le goût du passé reprend vigueur. La recherche des origines hante nos esprits en pleine crise d'identité.
Georges Duby, avec son Histoire de la France rurale, éleva la recherche, de la préhistoire à nos jours, à un niveau encore jamais atteint.
Jacque Legoff fut un éclaireur, décrivant notamment la Fin du village, ou plutôt d'un certain type de village, ses transformations jusque dans les années 80. La naissance des villes a changé beaucoup de choses.
Robert Fossier a contribué à des recherches pointues sur l'origine de nos villages.
 On la situe généralement en France aux alentours de l'an mille, avec sa nouvelle organisation de l'espace, ses transformations des moeurs et des structures sociales, avec l'accentuation de l'emprise ecclesiastique,  mais des études récentes, à la lumière de l'archéologie, montrent que certains se sont constitués beaucoup plus tôt.
Les débats entre historiens sont toujours en cours:
"Définir le village comme un fait de peuplement spécifiquement médiéval, irréductible à la comparaison, c’est voir une forme émerger dans sa perfection rassurante, c’est s’interdire d’en comprendre la genèse. C’est aussi s’enfermer dans une tautologie : le village présente la quintessenc de la société rurale médiévale, car il n’y a de village que médiéval. De la campagne à la ville, de la ferme à l’agglomération, de la périphérie au centre, s’entrecroisent des liens d’une complexité infinie que le modèle du système de peuplement peut aider à comprendre en éclairant certaines lignes directrices..." 
Les villages français ont encore de beaux jours devant eux... 
Il était une fois... mon village
Naissance et grandeur du village médiéval
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jeudi 20 décembre 2012

La bible et le fusil

 Une petite ville si tranquille...
_____________________Les mots manquent encore pour qualifier et expliquer l'horrible drame de Newtown, qui consterne l'Amérique.
Une fois de plus!
Comme le signale avec tristesse et un certain fatalisme Michael Moore, auteur d'un documentaire sorti en 2002 sur la fusillade de Columbine, qui a aussitôt publié sur Twitter : "Trop tôt pour débattre d'une nation dingue de flingues ? Non, trop tard. Au moins TRENTE-ET-UNE fusillades dans des écoles depuis Columbine", déclare-t-il.
Obama se sent obligé de réagir, mais il s'avance en territoire miné, connaissant le pouvoir d'influence de la NRA (aujourd'hui bouleversée...-sic!-), qui tient la politique...:"Nous reconnaissons les traditions de la possession d’arme qui ont été transmises de génération en génération, que la chasse et le tir font partie de notre héritage national le plus cher..." 
Le président démocrate n’a pas vraiment d’intérêt politique à adopter une approche trop favorable à un contrôle des armes à feu "Mais je crois aussi qu’un grand nombre de propriétaires d’armes à feu conviendraient que des AK-47 doivent être entre les mains de soldats, pas de criminels. Que ces armes de guerre appartiennent aux champs de bataille, pas aux rues de nos villes",
 __ Le lobby pro-armes est un véritable poison, la liberté de tirer 100 cartouches sans recharger ne pose pas problème et il est plus facile d'acheter une arme qu'un camembert...
______Certes les armes parlent aussi ailleurs sur ce continent, surtout au Brésil et au Mexique (où les narcos criminels s'alimentent aux USA) , mais le rapport aux armes, surtout de gros calibre, est spécifique aux USA, enraciné dans une culture et une histoire particulière et encouragé par des lobbies puissants, dont le  NRA.. est la plus connu (Armez-les tous, disent-ils...) On connaît le slogan largement diffusé: ce n'est pas l'arme qui tue, mais l'homme. Jamais on ne s'interroge sur les conditions qui rendent certains hommes capables de se livrer régulièrement à des tueries sans nom...
L'hypocrisie règne, même en plus haut lieu. La compassion et la prière tiennent lieu d'analyse, jusqu'au prochain massacre...
________________Comme le dit un internaute qui pointe des valeurs sous-jacentes à une certaine culture de mort, propre à son histoire:
" Le fait que cet événement se soit passé encore une fois de plus aux States, n’est pas étonnant. Il est à la croisée de plusieurs paramètres, qui ne peuvent que le réamorcer.
Toutes les larmes de crocodiles versées, médiatiquement, par les responsables politiques et les habitants, ne veulent dire qu’une seule chose : Nous préférons l’émotion à la réflexion. Dans ce sens, nous ne voulons pas changer.Nous assumons donc le prochain passage à l’acte.
Les enfants sont les victimes expiatoires de notre manque de courage,Nous préférons garder nos panoplies de cow boys, et nos postures infantiles.Ce pays a une particularité. Il s’est construit sur l’expropriation des terres, sur le meurtre et sur le crime. Il s’est construit sur un mensonge : Un pays vide, pour des gens sans terres.L’ouest, la frontière, c’était le modèle, le pays où l’on pouvait tout se permettre, où l’on pouvait prendre sa revanche. Le fait est que les pionniers, dans leur grande majorité, étaient des exclus de l’ancien monde, pour ne pas dire des repris de justice, avides de prendre leur revanche, et de le montrer ensuite. Il existe sans doute à l’état inconscient une culpabilité, une peur que l’histoire ne soit pas finie. Un retour de ce qu’on a volé. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont là tous à hurler sur la bible, comme dans un exercice conjuratoire. Le fusil, la bible, voilà les deux composantes de l’identité. N’essayez pas trop de leur prendre. Autant tenter de piquer une de leur drapeau,accroché au toit de leur maison
" (sic)
_____________________Difficile de discerner la véritable personnalité du jeune tueur, si on y arrive un jour....
Une  pulsion de mort aux composantes multiples a sans aucun doute été à l'oeuvre, qui relève probablement de la psychiatrie, mais pas seulement...Une chose semble sure: les conditions de l'environnement particulier dans lequel il baignait contribuent à mieux comprendre comment la peur (dont on sait qu'elle est un puissant ressort de violence potentielle) a pu conditionner une psychologie envahie par une certaine folie apocalyptique:
 La mère du tueur de Newtown « se préparait au pire », accumulant les armes, au cas où...
Elle" se préparait à la faillite économique. C’est une crainte à la mode chez les preppers ces derniers mois. Arte a consacré un reportage aux preppers anglais et rencontré Simon Dillon, un habitant de la banlieue de Manchester qui craint une bulle inflationniste en Angleterre, comme dans les années 20.‘"Je me prépare à l’effondrement de l’économie. Regardez ce qui se passe en Grèce. Les gens ont faim et n’ont plus les moyens de s’acheter à manger pour la simple raison que le pays est en faillite. Et ça peut arriver n’importe où ailleurs. Donc si tout part en vrille, c’est bien de faire des réserves.’.."
Influencés par les rumeurs de fin du monde,  toujours réactualisées depuis les mythes ancestraux, relayées par certains films, comme 2012, ces gens entretiennent une sorte de besoin de catastrophe
 L'apocalypse n'est certes pas pour demain, mais les peurs alimentées par la crise, ou ce qui en est perçu à travers le prisme de certains medias, renouent avec celles des vieux messianismes.
Quand la raison s'égare ou s'éclipse, il n'est pas étonnant de voir surgir un monstre sous le fragile vernis d'humanité.
Dans ce pays qui comporte bien des valeurs et bien des failles, le mythe américain, ou ce qu'il en reste, est une fragile construction. La Destinée Manifeste bat de l'aile...
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-_Les armes ne tuent pas...
-Pauvreté: un mot banni 
- Après la tuerie de Newtown, les ventes d'armes ont bondi aux Etats-Unis
- Les professeurs américains bientôt armés ?
- Pourquoi tue-t-on aux États-Unis beaucoup plus qu'ailleurs ?
- Armer les professeurs : après la tuerie de Newtown, l'idée fait son chemin
- Une ex-élue du congrès américain, rescapée d'une fusillade, face au lobby des armes à feu
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Paru dans Agoravox

mercredi 19 décembre 2012

Union bancaire: vraiment?

 L'union bancaire: progrès ou slogan?
_________________________________"Un slogan politique qui rassure...
Espérer mettre en place une union bancaire sur des structures hétérogènes est un emplâtre sur une jambe de bois."
__Cette initiative, bricolée à la hâte, apparaît à première vue comme une bonne nouvelle, mais on voit vite que l'on a affaire à une  solution décaféinée, comme le signale le journal El Pais, une mesure vouée à l'inaction.
"... En raison des manques révélés par la crise de la zone euro, l'UE essaye d'évoluer vers un modèle fédéral. Mais elle le fait sans prendre en compte la nécessité absolue de faire participer les citoyens européens au processus. Sa politique est même conçue spécifiquement pour éviter d'avoir à les consulter. La voie choisie pour créer une union bancaire met au grand jour cette erreur de conception au coeur du projet européen aujourd'hui. Il est difficile d'être optimiste quant au succès d'une initiative qui repose sur des bases juridiques aussi fragiles et qui manque de légitimité démocratique..."
___  Il semble bien que l'on ait affaire à un compromis berlinois:"Les Européens ne se sont entendus que sur le plus facile : la supervision. À l’avenir, c’est la BCE qui aura pour mission de contrôler le système bancaire européen. Et encore ! La Grande-Bretagne, la Suède et la République tchèque ont déjà prévenu qu’elles ne participeraient pas à ce mécanisme européen de contrôle. Les grandes banques de la City sont donc déjà hors contrôle.
La deuxième entorse porte sur le nombre des établissements contrôlés. Tandis que la France souhaitait un contrôle de la BCE sur l’ensemble du système bancaire européen, l’Allemagne s’opposait à ce que la banque centrale européenne contrôle ses banques régionales et ses caisses d’épargne, pivots du système politique allemand..".
Donc cet accord boiteux semble bien ajusté aux exigences allemandes, une victoire pour la Käntzlerin, au coeur des contradictions européennes. Le jeu des banques allemandes apparaît très équivoque, elles qui sont toujours très exposées et fragiles.
  La logique de rentabilité des banques n'est pas remise en cause.
A quand un réelle séparation des fonctions bancaires (*), après le hold-up sur l'Europe?
En France, les promesses ne sont pas tenues, la réforme bancaire est vidée de tout contenu:.
"... Tous les projets discutés dans la plupart des pays occidentaux pour mieux contrôler les banques, pour séparer les banques de dépôts et les banques d’investissement, pour mieux circonvenir les risques imposés aux pays, ont été écartés. La banque universelle « à la française », modèle irréprochable victime de la crise plutôt que coupable, comme le disent ses défenseurs, restera intouchée.
« La réforme bancaire touchera à peine 2 % de notre activité », s’est félicité en petit comité Alain Papiasse, responsable de la banque de finances et d’investissement de BNP Paribas. Grand connaisseur du monde bancaire, Christian Nijdam, un des responsables de la société d’analyse indépendante Alphavalue a fait le calcul. « Rapporter à l’ensemble de la banque, cela signifie que la réforme va toucher à peine 0,5 % du produit net bancaire (PNB chiffre d’affaires) global de BNP Paribas. Si le rapport Liikanen avait été appliqué, cela aurait affecté 13 % de son PNB global », explique-t-il.  Autant dire que la réforme bancaire, à ce stade, risque d’être de l’épaisseur du trait..."
La citoyenneté européenne , la grande absente, reste à construire...
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(*)_"Le lobbying bancaire essaie d’attirer la discussion dans d’insondables méandres techniques. Mais au-delà de discussions sur des points de détail, la raison fondamentale est de pur principe :

  1. L’activité de la banque de dépôt, d’intérêt général, bénéficie d’une garantie publique ;
  2. L’activité de la banque d’affaires, qui n’est pas d’intérêt général, et qui ne doit pas bénéficier de la garantie publique – pas plus qu’un boulanger ou un garagiste…
Le problème est accentué par le fait que la dernière est souvent une activité spéculative (elle comprend entre autres la fameuse « banque casino »), et peut donc, en cas de difficultés, causer des pertes importantes, voire la faillite de toute la banque. En effet, à banque universelle, faillite universelle.
Il serait donc extrêmement pervers d’accepter un système où une entreprise privée bénéficiant d’une garantie publique pourrait librement exercer des activités très risquées. La situation serait ainsi asymétrique, et ne pourrait que conduire à privatiser les profits quand tout va bien et à nationaliser de grosses pertes en les transférant au contribuable – “pile je gagne, face le contribuable perd.” C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le législateur américain avait séparé les activités bancaires en 1933, lorsqu’il a justement créé la garantie publique des dépôts.
Il est d’ailleurs surprenant de voir surgir un projet de garantie publique européenne des dépôts sans se soucier de protéger réellement le contribuable en exigeant au préalable la scission des activités à risque. Comment imaginer sérieusement que le contribuable français renfloue Barclays ou Deutsche Bank dans le futur en raison de faillite de la banque casino ? C’est probablement pour cette raison qu’en réalité le projet d’union bancaire n’avance pas.
Logiquement, on note que s’est aussi développé ces dernières années un vif sentiment d’injustice vis-à-vis du système bancaire lorsque les gouvernements ont dû venir en aide sur fonds publics à des banques qui continuaient à verser des rémunérations et bonus exorbitants à leurs dirigeants et traders.
Il convient donc de revenir à une saine scission, les activités garanties par le contribuable d’un côté, les activités purement privées de l’autre.
À ce stade du débat, il ne s’agit même pas de discuter de limitation desdites activités ; la proposition consiste bien à maintenir toutes les activités, mais à les mettre simplement dans des groupes différents. Cela évitera à l’avenir toute “prise d’otage” des banques, qui ne pourront plus exiger que des fonds publics garantissent ou renflouent des pertes privées sur les marchés financiers." (O.Berruyer)
_________________________
- L’accord scandaleux sur la supervision bancaire de la zone euro
- Capitulation bancaire
- Réforme bancaire : le lobbying dans l'appareil de l'Etat
- Quand les avocats d’affaires écrivent les lois

mardi 18 décembre 2012

Je twitte, mais je me soigne..

J'hésitais...
Bien que souvent sollicité.
Pour Facebook, je n'ai pas osé...
On m'avais bien dit: attention, danger!
J'ai pourtant failli m'y mettre à plusieurs reprises.
Je voulais sortir de mon triste anonymat, de mon petit cercle de relations étriquées, m'évader de mon quartier gris et trop connu, élargir le cercle de mes contacts , rencontrer une multitude de copains, égayer mes longues et tristes soirées d'hiver en échappant à TF1...
On m'avait dit que twitter était  vachement plus supercool que facebooker
____________________Sa Sainteté  a levé mes inhibitions ...
Il s'est passé une  sorte de Miracle au Vatican: Habemus Tweeter!
Le premier gazouilli papal .m'a convaincu.
Dans la plus grande solennité, le faste cardinalice, il a franchi un pas de géant dans l'hypermodernité, permettant aux fidèles de recevoir en retour son e-bénédiction.
Presque une messe virtuelle, très anglobranchée, une adresse urbi et orbiDear friends, I am pleased to get in touch with you through Twitter. Thank you for your generous response. I bless all of you from my heart.
Certes, le saint homme a dû se faire aider à pianoter timidement d'un doigt mal assuré sur le saint clavier ...Mais ce grand pas pour l'humanité était louable et l'événement fut hautement historique: une Pierre blanche dans les Annales du Vatican, un tournant décisif depuis Saint-Pierre. Twitter fut déclaré pastoral et immaculé, instrument de la nouvelle propagation de la foi, virtuel et instantané frère prêcheur. Le numérique fut consacré nouveau messager dans la conquête planétaire des âmes, venant suppléer aux pasteurs en voie de raréfaction.
Même les curés s'y mirent!
Je me suis dit: pourquoi pas moi?...Il faut en être aussi.  
Mon athéisme endurci n'a pas résisté. Je me suis converti, ayant trouvé mon chemin de Damas, my Damascene conversion, comme ils disent...
J'ai donc fait aussi mes premiers gazouillis, avec la ferveur des premiers baptisés .Dans la grande (religion) famille spirituelle des twitterophiles, on peut être aidé. La fraternité twitterienne n'est pas un vain mot. J'ai été vite admis dans la communauté et invité dans le grand cercle des pratiquants, où il arrive que des miracles se produisent...
Donc, avec un zèle de néophyte, j'ai twitté, comme Obama..Je twittais du matin au soir et du soir au matin..♪♫♪... et rencontrais plein de gens, d'abord des milliers. Cool!
Le cercle s'élargissait, exponentiellement. Avec les amis des amis des amis, nous fûmes vite des millions, de Terre-Neuve à Prétoria, de Denver à Kobé. Je n'étais plus seul dans mon terroir exigu, les murs de mon bureau s'élargissaient à l'infini, provoquant l'ivresse des grands espaces et des contacts sans fin...
Je twittais, donc j'étais. Comme Nosados .
Il eût fallu que j'eusse twitté plus tôt, me disais-je...
Incontournable, même pour le business, qu'ils disent. Le monde était à moi!
Je m'y suis lancé à corps perdu, twittant sans répit, avec Juliette, Omar, John, Kurt, Cheng, Dimitri, Fernando et les autres...
J'y passais mes jours et mes (longues)soirées, oubliant TF1, sautant des repas, écourtant mon sommeil.

____Depuis, j'ai maigri, je suis devenu très nerveux, acariâtre. Mon épouse semblait m'éviter, mes proches se posaient des questions, mes voisins me fuyaient, mes livres non lus s'amoncelaient, le robinet non réparé fuyait toujours...
Mon médecin pointa l'addiction: de twitterophile, j'avais glissé insensiblement dans une twitteromanie aiguë...C'est la dose qui fait le poison, m'a-t-il indiqué, en bon disciple d'Hippocrate.
Dangereux, Twitter?
On m'avait pourtant prévenu: une perte de temps...
_______Je me suis finalement remis à lire et à cultiver mon jardin... en (gazouillant) sifflotant ♪♫
Tout est redevenu normal...Je ne twitte plus, mais je suis (enfin, presque...)
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Paru dans Agoravox

lundi 17 décembre 2012

Famille: entre nature et culture

Quelques notes sur un débat en cours
__________________________Sur un sujet surmédiatisé, hyperconnoté religieusement et politiquement, souvent fantasmé et instrumentalisé.
Raison de plus pour y voir un peu plus clair
____Ce débat nous paraîtra sans doute bien dérisoire dans un dizaine d'années, comme lorsqu'il fut question naguère de la légalisation sur le divorce.
Certains, pas toujours croyants, y vont fort et agitent le fantasme de la décadence, de la fin de la famille traditionnelle, faisant même allusion à la fin de l'empire romain, comme les intégristes agressifs de Civitas, maurassiens très proches de l'extrême droite, dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ (sic). D'autres, moins offensifs, mais restant dans le déni, plus puritains que les Américains, continuent à camper rigidement sur des positions traditionalistes. Se sentant déstabilisés dans leurs principes, refoulant le grand secret, ils imaginent que le mariage homosexuel va devenir une règle subversive, socialement mortelle, alors qu'il ne sera jamais que minoritaire. (1)
["En juillet 1992, le Vatican envoie une lettre aux évêques américains signée par le cardinal Ratzinger, dans laquelle les discriminations envers les homosexuels sont justifiées dans certains domaines : le droit à l’adoption, les homosexuels dans l’armée, l’homosexualité des enseignants. Ratzinger soutient que tenir compte de l’orientation sexuelle n’est pas « injuste ». Poursuivant le raisonnement, il affirme qu’en demandant des droits, les gays et les lesbiennes encourageraient les violences homophobes. « Ni l’Église ni la société ne devraient être étonnées quand les réactions irrationnelles et violentes augmentent" (sic!)  (wiki)]
Contre le "mariage incestueux" (sic)?
___Mais tous les catholiques ne partagent pas cette vision homophobe ultraconservatrice, souvent en contradiction avec les pratiques réelles .Des chrétiens, parfois de gauche, revendiquent, contre leur hiérarchie, le droit à l'union homosexuelle et même pour certains à l'adoption, sachant que la famille traditionnelle, recomposée ou non, peut ne pas être toujours le lieu d'épanouissement de l'enfant. Combien d' enfants mal aimés dans le cadre de la famille traditionnelle!..La famille idéale n'existe pas ou n'est jamais accomplie. L'amour dans le mariage n'est pas si ancien et l'infidélité (la polygamie de fait) est souvent si généralisée qu'elle en devient presque institutionnelle.
Les clivages ne sont pas que religieux, mais aussi politiques, traversant toutes les couches de la population, au sens large, reposant sur une certaine conception de la société et de la NATURE humaine, base philosophique revendiquée, spontanée, non réfléchie...C'est sur cette notion équivoque de nature, rigidement conçue, que repose toutes les positions les plus conservatrice (Tony Anaterlla). Ce qui caractérise la nature de l'homme, c'est justement, par rapport au monde animal, sa plasticité, son adaptibilité, sa flexibilité, son historicité et son extêrme diversité dans le temps et dans l'espace. La famille dans sa forme hérite aussi de telle ou telle culture.
__Certains pensent que "l’homosexualité (foncière) est anormative et continue d’être une dysfonction dans l’orientation normale de l’instinct sexuel de même que dans le développement psycho-affectif."
 Mais la notion d'instinct sexuel, au sens strict, n'a guère de sens en anthropologie
Pour Freud, l'homosexualité est la conséquence de la bisexualité précoce de l'homme, qui peut se trouver en condition d'être orientée dans l'une ou l'autre direction, chaque sexe comportant une part de l'autre, à des degré divers. 
__L'homosexualité est aussi vieille que l'humanité, mais dans nos sociétés, elle a été longtemps condamnée, reléguée, voire persécutée. Quand on fait un peu d'histoire et d'ethnologie, on est aussi frappé par l'extrême variété des formes d'organisation familiale. Le mariage tel qu’il existe en Europe a une histoire complexe en Occident même. Son caractère de sacrement est datable (1184). Sans parler de la bisexualité prônée par les Grec classiques, on peut évoquer les formes de matriarcat encore en usage en Chine du Sud. Le mariage classique est devenu aujourd'hui problématique. La nature ne connaît pas la famille, sur laquelle on ne peut réfléchir en dehors de cadres historiques et culturels déterminés.
Depuis l'aube de l'humanité, la culture a marqué très diversement le fait biologique de la reproduction, de la sexualité humaine. Celle-ci, comme construction sociale, a connu des configurations variées, aussi loin que remonte l'enquête historique.
_______________Comme le remarque l'EU, "Il n'existe pas d'état de nature de la sexualité humaine, qui est toujours déjà une expression de l'histoire et de la culture. La construction culturelle ne vient donc pas censurer un prétendu instinct naturel, mais elle établit ou modifie les bases sociales de l'interaction sans laquelle rien de sexuel ne saurait jamais advenir. Alors qu'au sein d'une espèce animale le comportement sexuel est uniforme et stéréotypé, l'espèce humaine a inventé un grand nombre de répertoires sexuels. En témoigne la diversité des pratiques, des représentations et des normes dans les divers segments d'une même société, dans des sociétés différentes ou d'époques historiques distinctes. La sexualité humaine est la seule à connaître cette historicité, cette sensibilité à l'organisation sociale, cette obligation de faire sens.
Mariage dans l'histoire
Longtemps pourtant, sexualité et reproduction humaines avaient fait à tel point partie intégrante de l'ordre du monde qu'elles n'étaient pas perçues comme un domaine à part, qui aurait obéi à des lois particulières. La procréation était inscrite dans une métaphysique, embrassant la nature et les corps, qui témoignaient d'un ordre des sexes immuable, et de sociétés se reproduisant à travers l'alliance et la filiation.
Cet ordre a cessé d'aller de soi. Une étape importante est l'apparition en Occident, dans la seconde moitié du xixe siècle, du terme même de sexualité et de savoirs qui la prennent pour objet, en rupture avec le discours religieux traditionnel sur la chair, parallèlement à l'invention de techniques et de disciplines du corps qui distinguent strictement le normal et l'anormal, comme l'a montré Michel Foucault dans le premier volume de son Histoire de la sexualité. La médecine se constitue alors comme le savoir de référence sur la sexualité. L'Occident contemporain est aussi le premier à connaître l'expérience d'une réduction volontaire de sa fécondité, qui est allée de pair avec l'émergence de nouvelles attitudes en matière de rapports conjugaux et amoureux et d'une nouvelle conception de la différence des sexes, désormais"
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(1)• Le mariage homosexuel est « une aberration anthropologique » (Christian Vanneste, ex-député UMP, aujourd’hui RPF, juin 2011) ;
• « Bientôt, on va nous dire que l’homosexualité est naturelle… Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce »
 (Noël Faucher, maire de Noirmoutier, mai 2012) ;
• L’union homosexuelle « remet en cause l’ordre naturel des choses dans une volonté prométhéenne de reconstruire l’humanité » (Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, 15 septembre 2012) ;
• « Si on accepte le mariage homosexuel, on sera amené à accepter la polygamie » (Christine Boutin, présidente du parti démocrate-chrétien, 4 octobre 2012) ;
• Le mariage gay nie la « réalité biologique » (Marine Le Pen, 8 novembre 2012) ;
• « Il n’y a pas d’humanité sans différence des sexes… Il n’y a pas de reproduction hermaphrodite parmi les hommes » (Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, 20 novembre 2012).
____Cet échantillon est loin d’être exhaustif. Au-delà de leur homophobie, latente ou assumée ouvertement, ces énoncés renvoient à une certaine vision de la nature, censée définir une norme de ce qui est acceptable dans l’ordre humain.
Or, cette vision est simpliste et erronée. Elle s’appuie sur l’empilement de quatre idées fausses : 1°) la nature exclurait l’homosexualité ; 2°) l’ordre naturel fournirait une base légitime pour les lois humaines ; 3°) les règles du mariage devraient être calquées sur le modèle de la reproduction naturelle ; 4°) le mariage pour tous serait la porte ouverte à tous les abus. Comme on va le voir, aucune de ces quatre idées ne résiste à l’examen...
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Michel Serres s'est amusé à imaginer la personne de Jésus comme défenseur d'une famille atypique:
"Cette question du mariage gay m'intéresse en raison de la réponse qu'y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le Ier siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c'est celui de l'Eglise, c'est la Sainte Famille. Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n'est pas le père : Joseph n'est pas le père de Jésus, le fils n'est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n'a jamais fait l'amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c'est ce que Lévis-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l'adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l'impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l'adoption. L'Eglise, donc, depuis l'Evangile selon saint Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l'adoption : il ne s'agit plus d'enfanter mais de se choisir. A tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant "je t'ai choisi", "je t'adopte car je t'aime", "c'est toi que j'ai voulu". Et réciproquement : l'enfant choisit aussi ses parents parce qu'il les aime. De sorte que pour moi, la position de l'Eglise sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de deux mille ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l'Evangile selon saint Luc, ou de se convertir."(MS)
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- Le mariage gay "ne détruira ni la famille ni la société"
- La vieille peur de l’Eglise depuis la révolution
- L’enseignement catholique joue son identité