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vendredi 23 août 2013

Egypte: questions

Points de vue
                         Que se passe-t-il en Egypte?
Bien malin qui pourrait le dire. Il suffit de voir la valse des interprétations dans les organes de presse les plus sérieux et celle des positions dans les chancelleries, pour se rendre compte du flottement et du désarroi dans l'analyse des événements. Le déchaînement et l'accélération de l'actualité brouillent les repères.
Difficile de faire le point sur une situation en évolution constante après la glaciation de l'ère Moubarak, après les espoirs un peu fous des premiers rassemblements de la place Tahrir.
La complexité de la situation interdit tout jugement péremptoire et définitif, même si les craintes dominent.
Les incertitudes ont laissé place à l'inquiétude.
    Comme pour un tremblement de terre, des forces anciennes mais souterraines se réveillent, les tensions éclatent au grand jour, mais les lignes de forces qui préparent une configuration nouvelle n'apparaissent pas encore. Beaucoup d' hypothèses sont possibles.
On peut entrer dans une phase dangereuse et durable de tempête sociale et politique, qui n'impliquerait pas que l'Egypte, mais aussi les puissances du Golfe qui y trouvent intérêt, dans un sens ou dans l'autre. Une lutte d'influence entre puissances aux moyens financiers considérables et 'entre les deux grands courants de l'Islam.
   L'impression d'un grand bond en arrière s'impose.. 
Le désordre domine, comme dans un guerre civile en gestation.. Mais à qui profiterait un chaos prolongé?
La démocratie, dans ce pays, longtemps  dépossédéde de son Histoire, devra attendre. Les prémisses en sont encore fragiles. On ne peut guère se fier à des déclarations comme celle-là: La feuille de route qui prévoit la tenue d’élections avant février 2014 reste d’actualité pour le chef de la diplomatie par intérim, Nabil Fahmy. « Le futur système politique de l’Égypte sera un régime démocratique, ouvert à tous, selon des règles constitutionnelles qui seront écrites bientôt », prêche ainsi le ministre.      On sait que l'armée se bat pour défendre  ses privilèges économiques.
L'instrumentalisation du divin n'arrange rien et donne un tour passionnel aux événements.
    Peut-on choisir entre la peste ou le choléra?
Reconstruire l'économie sur des bases saines est la priorité absolue.
 L'urgence semble être le rétablissement de nombreux rouages de l'économie. La désorganisation et le marasme à ce niveau suffisent à expliquer pourquoi la révolution s'est refroidie et que monte l'exaspération dans beaucoup de secteurs, notamment celui du tourisme, provisoirement sinistré. L'aide espérée et promise semble ne pas encore produire d'effets. L'espoir s'émousse vite quand la pauvreté s'étend, quelle que soit la valeur des transformations démocratiques attendues. Ventre affamé n'a pas d'oreilles... L'éditorialiste Wael Ghonim note:
"«L'économie devrait être la priorité pour les révolutionnaires, parce qu'elle est la soupape de sécurité qui garantira la continuation de la révolution et la purification de l'Egypte de la corruption ...Les travailleurs journaliers (ils ne sont pas moins de 1 million d'Egyptiens) et ceux qui sont employés dans le tourisme et l'immobilier, et bien d'autres, ne nous entendent jamais parler de leurs préoccupations. »

   Mais ce n'est pas à quoi songe Obama, qui peine à retrouver le sens de ses intérêts
" S’il existe une politique égyptienne des États-Unis, personne ne la comprend. Après avoir plutôt bien négocié le départ d’Hosni Moubarak, c’est-à-dire après avoir lâché ce vieil allié juste à temps, la Maison Blanche a multiplié les signaux contradictoires, soutenant tour à tour les Frères musulmans, l’armée et l’opposition libérale, parvenant finalement à se décrédibiliser auprès des trois. En refusant d’appeler coup d'État le putsch de début juillet, afin de ne pas avoir à couper l’aide militaire de 1,5 milliard de dollars annuels, Obama s’est ridiculisé. Puis, en se montrant incapable de décider s’il faut maintenir cette aide ou la supprimer, le président n’a fait qu’afficher son indécision, et donc l’impuissance américaine. Les militaires égyptiens, tout comme Bachar el-Assad, ont fait le calcul que provoquer les Américains n’aurait pas de conséquence négative et ils sont en train de gagner leur pari." (TC Mediapart)
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