Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 29 janvier 2013

Homme de demain...

 Pour le meilleur ou pour le pire?...
_______________________ ______Si l'évolution continue à bas bruit, l'histoire, sous l'aspect de notre environnement technique, s'accélère spectaculairement sous nos yeux.
La technique n'a pas seulement modifié le milieu, elle est en passe de fournir à l'homme des possibilités physiques et mentales  qu'on n'aurait osé imaginer il y a encore 20 ans.
Elle nous place, par les perspectives ambivalentes qu'elle ouvre, entre crainte et espoir.
L'impensable d'hier paraît réalisable dans un futur proche.
Les anciennes limites se voient repoussées, autour de nous comme en nous: l'homme augmenté est en route. Mais vers quoi? Pour quoi?
__Si certaines anticipations semblent prometteuses, d'autres s'apparentent à de gentilles rêveries ou à des fantasmes pervers, où l'idéal mythique de perfection humaine renoue avec une vieille tradition, recyclée au goût du néo-scientisme et du technicisme  triomphants.
L'imperfection naturelle et morale de l'homme et finalement sa mortalité ne sont-elle pas des donnée largement incontournables?
 Le transhumanisme, auberge espagnole aux contours flous, côtoyant le posthumanisme, véhicule une notion de progrès revue et corrigée à l'époque de l'homme bionique.
_____ De ce point de vue, comme biologiste, Jacques Testart fait une mise au point utile sur certains délires propres au transhumanisme et sur certains dangers:
" ....se profilent, d’abord pour de grands handicapés, des dispositifs intégrés au cerveau pour en augmenter l’efficacité ou pour lui permettre d’entrer en relation avec l’extérieur ou avec la machine, sans la médiation usuelle de la parole ou de l’écriture. Le « génie tissulaire » promet aussi de remplacer chaque organe défaillant par du neuf, régénéré in situ comme la queue des lézards ou reconstruit avec des cellules souches greffées.De tels projets vont bien au delà des gadgets, telle la puce électronique introduite sous la peau pour commander l’ouverture d’une porte, qui ne sont que des dispositifs facilitateurs transformant l’homme en robot plutôt qu’en surhomme.
 Plus inquiétante, la dernière famille des propositions pour forcer les capacités humaines concerne des propriétés héritables, quand la faculté nouvelle est tellement intégrée à l’organisme qu’elle en devient indissociable et sera transmise à la descendance. Ce caractère d’héritabilité correspond à un changement d’espèce et c’est ce qui fait la gravité de tels projets.
 Les transhumanistes, puissants aux USA parmi les chercheurs les plus brillants (et bien présents mais discrètement en Europe), sont persuadés qu’à l’échéance de quelques décennies, le cerveau sera bien plus performant et aussi que l’immortalité sera possible. Les mêmes sont souvent en faveur de l’élimination de populations entières car il faudra bien faire de la place pour les surhommes inusables .Au-delà de la transgenèse et grâce à la « biologie synthétique » qui emprunte autant à l’informatique qu’à la biologie (avec un zest de physique grâce aux nanotechnologies), des perspectives glorieuses surgissent.En 2010, les médias annoncèrent que le généticien Craig Venter aurait « créé la vie » parce qu’il avait substitué un ADN de synthèse à celui contenu dans une bactérie . Sans négliger cette performance technologique on est bien loin de créer du vivant quand on se sert d’un être déjà vivant (la bactérie privée de son ADN) comme réceptacle d’une molécule inerte (l’ADN) pour reconstituer un nouvel être vivant.. Mais le délire des transhumanistes ne s’arrête pas à cette stratégie du haut vers le bas promue par C Venter, ils promettent plus fort : du bas vers le haut en assemblant des molécules inertes pour construire des organismes vivants complètement inédits, pourquoi pas des humanoïdes puisque toute frontière entre l’homme, l’animal et la machine ne pourrait que relever d’une idéologie passéiste?... 
La place de l’homme devient relative : on nous promet la création de machines intelligentes, combinaisons de l’humain et du machinique, libérées de la violence et du sexe, et capables de s’autoreproduire. La démesure mais aussi la déculturation à l’œuvre dans les projets transhumanistes, est évidente avec le MOP (macro organisme planétaire) dans lequel les individus, dépourvus d’identité, seraient reliés entre eux pour former un monstre unique dont le cerveau serait le réseau internet…"

lundi 28 janvier 2013

Reine de Davos

 Christine superstar
 ______________Les Davos se suivent et se ressemblent...
Eclipsant les vraies reines, elle est arrivée, radieuse, au business-festival.
Notre grande Christine a fait un tabac au club des riches, ce café du commerce pour super-managers pour élites internationales de tous poils, qui viennent se mirer autour de la machine à café, comme disait un jour Attali
"les gens se rencontrent  là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères"
"les gens se rencontrent  là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères"
"les gens se rencontrent  là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères"
"les gens se rencontrent  là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères"
"les gens se rencontrent  là-bas pour coordonner leurs agendas, planifier des rencontres ou faire du réseautage. [...] Il ne faut y voir rien de plus qu'une machine à café mondiale où des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s'en vont". "Davos est surtout une opération commerciale, très efficace et très réussie, où il faut payer pour participer et les places sont très chères"

 Gros succès pour la fringante et voyante extra-lucide, très aimée des médias internationaux car elle parle très bien anglais (sic!). L'anglomanie règne en maître dans la petite ville suisse, où l'on vient aussi faire occasionnellement  surtout du ski, entre soi, sous haute surveillance...

Cette ancienne ministre lobbyiste est la coqueluche des medias.
C'est la plus américaine des française, au parcours édifiant, côtoyant la crême de la finance internationale.
Directrice du FMI qui ne se trompe jamais, enfin presque...
Vu son exceptionnel dévouement, elle ne paie pas d'impôts. Normal... Comme ses prédécesseurs, elle a bien oeuvré à développer compromettre notamment le développement en Afrique par ses ajustements structurels.
Mais cela ne doit pas gâter son si agréable séjour helvète doré.
Elle a tout de même un petit défaut: elle parle parfois trop vite et peut arriver à dire tout...et son contraire!
En grande prêtresse de la compétitivité à tout prix, elle n'évite pas quelques minuscules dérapages. Des moments de distraction, sans doute (.Par exemple:  La Grèce est sur la bonne voie... Elle oublie d'ajouter:dans l’enfer quotidien  Ah! les Grecs!)..avec quelques rares moments de lucidité, vite oubliés  ("De trop fortes inégalités sont nuisibles à la croissance" ou "La suprématie américaine est menacée")
 La légèreté de Madame Lagarde est devenue proverbiale et les anciennes affaires n'affectent pas son inoxydable sourire.
Si elle n'existait pas....
___________________________
- Discours détonnant du Président islandais au forum de Davos

vendredi 25 janvier 2013

Guerre des monnaies

Encore un effort, Mme Lagarde!
 ________________________Il arrive à la Présidente du FMI, grande visionnaire devant l'Eternel, ne payant pas d'impôts sur le revenu, entre quelques bons mots (comme ici), de se livrer à des aveux troublants, mais de bien vite se reprendre, comme coincée entre le constat d'une évolution désastreuse et la dure loi des intérêts financiers à court terme, qu'elle est chargée de défendre.
 Elle déclare que « des inégalités trop fortes sont nuisibles à la croissance, elles sont nuisibles à l’ensemble de la société », un thème nouveau dans sa bouche. Elle n’a fait ainsi qu’exprimer une nouvelle préoccupation du FMI, devant la détérioration de la situation économique et sociale européenne qui se poursuit, qui selon ce dernier « présente un risque considérable pour les perspectives de l’économie mondiale » tout en réaffirmant que « l’ajustement budgétaire » doit être poursuivi. Les plus grandes audaces ont donc leurs limites, Mario Monti faisant de son côté valoir sur la même tribune que : « les mesures politiques impopulaires peuvent pourtant être soutenues si elles sont expliquées simplement (sic) et si leurs effets sont également répartis pour éviter le sentiment d’injustice »…
Le FMI a partiellement mis en cause un tabou, en admettant que les pays émergés qui subissent durement les effets de la guerre des monnaies puissent prendre des mesures provisoires pour s’en protéger. Mais on est loin du compte. Le rappel au règlement de Jens Weidmann tourne le dos à la réalité et la perspective d’une réforme du système monétaire international n’est même plus évoquée. Elle est aussi dérangeante que ne le sont les mesures de régulation financières progressivement remises en question.
Avant de rejoindre Davos, Christine Lagarde avait à ce propos appelé à « achever » la refonte du système financier. Constatant qu’elle est freinée, elle a eu ces phrases : « Cela fait partie du jeu. C’est une approche constante du secteur d’appuyer sur la pédale de frein parce que c’est plus confortable de ne pas être soumis à une régulation (…) je suis peut-être un peu directe, mais c’est ce que j’ai appris de mon expérience en tant qu’ancienne ministre des finances, en ayant observé la profession de près..."
____Le monnaie, telle qu'elle fonctionne, est  une arme ambivalente dans la concurrence internationale.
Michel Aglietta
"...Avec la libéralisation des marchés financiers et leur mondialisation, le pouvoir privé tend à l'emporter sur la préservation du bien public, le marché sur le pouvoir régulateur de la banque centrale. Car, sur les marchés financiers, le mimétisme joue à plein: un titre de créance ou de propriété n'a pas de valeur en lui-même, il n'a que celle que l'ensemble des intervenants jugent bon de lui donner. Comme les frontières sont poreuses entre finance et monnaie, voilà qui autorise toutes les crises et tous les emballements spéculatifs, ou même les appelle car, faute de régulateur public, les éventuels mouvements de baisse ou de hausse, à effet mimétique, ne sont contrebalancés par rien ni personne, même si le FMI s'y essaie, fort mal ..."
_____Dans la guerre économique mondiale organisée par l'OMC,  exporter est vital, baisser le coût des produits, un objectif fondamental, jouer sur la monnaie un élément de la dévaluation compétitive. 
 Un mécanisme assez facile à comprendre, dans ses grands principes, mais une arme à double tranchant dans le protectionnisme monétaire recherché, où tous ne sont pas logés à la même enseigne:
 "Le système actuel pose  deux problèmes. A commencer par le double statut du dollar, à la fois principale monnaie de réserve et monnaie nationale. Non seulement les Etats-Unis sont les seuls à pouvoir financer sans limite leur déficit, mais tous les pays sont à la merci de leur politique monétaire intérieure : si le dollar baisse, la valeur des réserves baisse.
Le deuxième problème est celui du vaste déséquilibre entre Etats prêteurs et débiteurs. Les pays émergents, au premier rang desquelles la Chine, amassent en effet des réserves massives en dollars, et ce pour deux raisons : en cas de crise, et de retraits brutaux de liquidités, des réserves abondantes permettent d'amortir le choc. Ensuite, accumuler des dollars permet d'éviter l'appréciation de la monnaie nationale et de rester compétitifs sur les exportations. Mais cela crée une spirale infernale : les ménages américains vivent à crédit, les Chinois les financent en achetant leurs emprunts et accumulent des dollars, cette masse de liquidités inonde la planète, ce qui fait baisser les taux d'intérêt, et incite les Américains à emprunter pour consommer.."
___Pour sortir du marasme, les Japonais lancent l'offensive . Les pays les plus faibles de l'Eurozône ne peuvent jouer sur une monnaie qui convient à l'Allemagne, tétanisée par l'inflation, même contrôlée.
La confiance ne se décrète pas...
On attend une problématique réforme de fond de l'architecture du système financier mondial.
A quoi sert le FMI
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- La guerre monétaire s'envenime

jeudi 24 janvier 2013

Israël: un tournant?

___La montée des inégalités et la contestation sociale ont produit leurs effets:
Une modification sensible de l'échiquier politique.
Mais quelle en sera la portée?
__La croissance économique de type néolibéral a mis à mal les plus démunis, surtout dans la population arabe, mais a touché aussi les classes moyennes, qui ont été amenées, après les mouvements sociaux inédits de l'année dernière, à modifier leur vote:
"Cette fameuse classe moyenne censée s'être irrémédiablement éloignée de la politique, et qui ne voulait plus rien entendre du conflit avec les Palestiniens, se mobilise aujourd'hui uniquement sur les questions sociales et économiques, sur le front intérieur... C'est elle qui paie les impôts. Et qui en a marre de payer pour les colonies et l'armée, qui absorbent une grosse part du budget. Ils se dressent aussi contre les ultra-orthodoxes, et contre ceux qui ne travaillent pas. Tous ne le formulent pas ainsi, mais au fil de manifestations, les cibles du ras-le-bol sont néanmoins bien identifiées. Les manifestants reprochent aussi au gouvernement et aux promoteurs d'avoir construit quantité de logements pour les juifs français et américains, en vacances en Israël 15 jours par an, et qui ont fait grimper le prix de l'immobilier. Et puis, il y a la critique du libéralisme économique, qui monte en Israël depuis plusieurs années, et dont Nétanyahou incarne le symbole. De ce point de vue, on peut noter le lien qui est fait par une minorité entre la demande d'un Etat providence, et d'un Etat davantage démocratique.» (Marteu)
___Le succès de Lapid, peut-être temporaire, ne doit pas faire illusion: cela ne modifiera que peu les fondamentaux de la vie israëlienne, car la droitisation de la société israëlienne, avec le renforcement de Naftali Bennett, est bien réelle, les partis religieux n'ont pas perdu de terrain et sur le conflit avec les Palestiniens , le grand oublié, il n'y pas d'avancée à attendre: le maintien des principaux blocs de colonies en Cisjordanie n'est même pas contesté. 
Rien ne changera en profondeur, aux yeux de certains Israëliens comme Zee Sternhell tant que la droite israëlienne, dans l'intérêt du pays, ne  remettra pas en question sa gestion, à terme suicidaire, du conflit palestinien.
___L'extrême fractionnement de la Knesset ouvre la voie aux extrêmes.
 «Tant que l’on ne modifiera pas notre système d’élection à la proportionnelle, on aura ces problèmes de coalitions instables», estime la chercheuse Tsilla Hershco, du Begin-Sadat Center for Strategic studies. Depuis sa création, Israël a poussé à l’extrême le concept de régime parlementaire en adoptant la proportionnelle intégrale. Or, en soixante années d’existence, la population israélienne a été multipliée par 10 – Israël compte 7 millions d’habitants en 2008 –, le sionisme socialiste fondateur a largement perdu de son influence et le contexte régional a largement évolué. Mais pas le système politique. «Le paradoxe est impressionnant : pays jeune, pays neuf, Israël est réputé pour sa capacité d'innovation dans tous les domaines, hormis son système politique qui est demeuré à peu près identique», écrivait Denis Charbit, maître de conférences en sciences politiques à l'Open University d'Israël, dans un article publié l’an passé dans la revue Questions internationales, pour les soixante ans d’Israël.... 
"Le système politique traverse une grave crise, c’est indéniable. Mais le problème vient davantage des partis, qui ont subi un long processus de communautarisation, à l’image du Likoud, et ne paraissent plus capables de représenter des intérêts civils. Les partis "dominants" sont aujourd’hui des machines électorales, des outils de communications créés pour porter au sommet de l’Etat des personnages factices. Ce sont des coquilles vides de cadres et de programmes politiques
___La question se pose encore et toujours: où va Israël?

mercredi 23 janvier 2013

La vie, c'est l'évolution

 " Rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution " 
(Theodosius Dobzhansky)
« Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » (JC Ameisen)

Quelques jalons pour une clé indispensable  
______________________________________On croit pouvoir se passer d'un regard sur le passé pour comprendre les divers phénomènes de la vie et on l'a fait pendant longtemps.
Mais soit on resté piégé dans un fixisme naïf, soit on se prive d'un recul permettant de mieux saisir la complexité et la plasticité de ce qui fait la vie autour de nous et en nous.
Les connaissances sur l'évolution, bien qu'encore très partielles, sont indispensables pour donner du sens au macroscopique comme au microscopique.
L'enseignement des notions biologiques devrait commencer par leur cadrage évolutif. Par exemple la sturcture du squelette humain ne s'explique que par le passage de la station quadrupédique à la station bipèdique, la respiration a une longue histoire, depuis son origine marine, la structure de l'oeil a connu bien des aventures. Que dire alors de l'homme dans son ensemble? de la mort elle-même?
Darwin, revu, complexifié  et corrigé nous permet de comprendre même les classifications des naturalistes (1)
L'évolution, ou ce que nous en comprenons pour l'instant, est  une aventure passionnante permettant d'expliquer même les étrangetés de la nature.
Cette aventure fournit encore tous les jours son lot de nouveautés et l'approche génétique ouvre des voies infinies.
Il est regrettable que les étudiants en biologie méconnaissent la théorie de l'évolution, elle-même  sacrifiée dans le secondaire.
_________________Malheureusement, le créationnisme et le fixisme, que sembleront toujours confirmer le sens commun, l'esprit non critique et ignorant, bougent encore. Ils reprennent même parfois de la vigueur.
Mais ceci est une autre histoire.. 
________
La science ne délivre pas des idées toutes faites
_____________________

mardi 22 janvier 2013

France-Allemagne: un couple malade

 Une communauté de destin qui s'effiloche...

__Célèbre-t-on un mythe ou un partenariat encore en construction, au coeur de relations parfois tumultueuses de Charlemagne à Frau Merkel?
L'Elysée-Vertag est fêté comme il se doit, le dernier conflit mondial ayant tellement traumatisé les esprits.
Un acte symbolique, qui inaugura une nouvelle ère, mais qui fut aussi une manoeuvre gaullienne vis à vis d'une Allemagne alors sous influence, De Gaulle qui estimait alors qu’entre deux États, « il ne peut y avoir d’amitié, il n’y a que des intérêts »
La réconciliation sur des ruines fut un tournant paraissant à l'époque d'une évidence manifeste, pour tisser des liens  irréversibles, sur la base d'une union européenne alors en gestation.
Mais l'idéal s'est éteint, l'évidence n’est plus:
" ...L’Allemagne était notre horizon car l’Europe était notre idéal. Que cette Europe s’enferme dans une furie néolibérale, technocratique et a-démocratique, et l’Allemagne n’est dès lors plus considérée comme un partenaire mais regardée avec méfiance comme un rival.
Nous en sommes là, donc très loin du discours du général de Gaulle tenu, en allemand, devant la jeunesse allemande, le 9 septembre 1962 : «Cette solidarité désormais toute naturelle il nous faut, certes, l'organiser. C'est là la tâche des gouvernements. Mais il nous faut aussi la faire vivre et ce doit être avant tout l'œuvre de la jeunesse (…) Puissiez-vous pour votre part, puissent les jeunes Français pour la leur, faire en sorte que tous les milieux de chez vous et de chez nous se rapprochent toujours davantage, se connaissent mieux, se lient plus étroitement !»...
 Comment demander à deux sociétés de construire ensemble sans idéal ni programme ? Les gesticulations du quinquennat Sarkozy, les égoïsmes d’Angela Merkel transformée en une nouvelle Mrs Thatcher n’auront fait que mettre en avant les intérêts de chacun dans une Europe devenue synonyme de crise totale. Au «Construisons ensemble» a succédé le «Sauvons-nous tout seul». Tant que ce discours mortifère se poursuivra, la flamme franco-allemande ne sera qu’une veilleuse sur la table de chevet d’un mourant : l’Europe."
__C'est bien ce qu'est devenu le cadre européen: un simple marché sans solidarité, ouvert au libre-échange mondialiste, qui fait problème actuellement, qui crée le choc des modèles, en partie résultat de deux histoires différentes, mais renforcé par les règles bruxelloises, dont la crise montre les effets pervers.
 "..L’Allemagne a conduit une adaptation particulière à la globalisation. Elle a délocalisé une partie de la fabrication de ses composants en Europe de l’Est, hors zone Euro, pour profiter du très bas coût du travail. Elle a pratiqué en interne une politique de désinflation compétitive en comprimant sa masse salariale. Le salaire moyen allemand a baissé de 4,2% en dix ans. L’Allemagne a obtenu un avantage compétitif, non sur la Chine – dont les taux de salaire sont vingt fois inférieurs, et le  déficit commercial de l'Allemagne avec ce pays est d'ailleurs comparable à celui de la France, autour de 20 milliards d’euros –, mais sur les autres pays de la zone euro dans lesquels une politique de compression salariale n’est pas concevable pour des raisons culturelles. L'euro, qui empêche structurellement l’Espagne, la France, l’Italie et les autres pays de l’Union de dévaluer, a fait de la zone euro un espace d’exportation allemande privilégiée. C’est ainsi que sont apparus des déséquilibres commerciaux entre l’Allemagne et ses partenaires depuis la création de l’euro. En fait, ce sont ces déficits commerciaux internes à la zone euro qui sont la réalité du problème européen et non les déficits budgétaires qui n’en sont qu’une conséquence lointaine..."
___La critique du modèle allemand, qui a tendance à faire cavalier seul, et de la BCE se développe en Europe, surtout de la part des pays qui subissent les contre-coups de ses effets monétaires et commerciaux. 
La diplomatie allemande a changé peu à peu d'orientation, depuis la fin de la Guerre Froide, imposant son "hégémonie douce".Elle regarde surtout vers l'Est.
 Ce modèle est plus fragile qu'on ne le croit. Le problème n'est pas la Chancelière, souvent prise pour cible, mais la politique générale qu'elle représente, oublieuse parfois de l' histoire.
L'Allemagne est entre deux eaux, La France se cherche. L'Europe patine, pratiquant la politique du fait accompli.
 Projet sans fin, elle est devenue sans projet...
 Delors et Schmidt vont-ils contribuer à le réveiller.?
____________________
- Les arrière-pensées de la réconciliation franco-allemande
- "Méfiez-vous du modèle allemand !" Steffen Lehndorff
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Paru dans Agoravox

lundi 21 janvier 2013

Avant qu'il ne soit trop tard...

A trop se goinfrer, les grandes banques sont menacées d'apoplexie et l'économie, de ruine.__________________

___________Et pourtant, elles "sont désormais censées évoluer dans un cadre réglementaire beaucoup plus strict (les fameuses lois Volcker et Dodd-Franck). Des contraintes dont elles n’ont d’ailleurs cessé de se plaindre. Il faut croire, à l’évidence, qu’elles ont l’effet du mercurochrome sur une jambe de bois..."  
Il est vrai que  2012 a été une année  faste pour les banques, mais cette nouvelle n'est pas rassurante.
___"La menace d'une crise plus grave n'a pas disparuprécise, non pas un agitateur illuminé gauchiste américain , mais M.Fischer lui-même, président de l'antenne de la Fed de Dallas (sud des Etats-Unis), dans un discours dont le texte a été transmis à la presse, qui précise que «La Fed en a déjà fait assez» et que:
"Les banques géantes doivent être démantelées "avant qu'il ne soit trop tard" faute de quoi la prochaine crise financière risque d'être encore plus terrible que l'actuelle, a affirmé mercredi Richard Fisher, un des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed).
"Nous recommandons que les établissements financiers jugés trop gros pour pouvoir faire faillite soient restructurés en une multitude d'entités opérationnelles", "Seules les entités vouées aux activités de banque commerciale résultant de cette opération de diminution (...) bénéficieraient de la garantie fédérale d'assurance des dépôts et pourraient accéder au guichet d'escompte de la Fed"
_____Richard Fisher, qui appelle depuis plus de deux ans à démanteler les plus grandes banques, a tenu ces propos avant la publication d'un rapport de la Fed de Dallas détaillant les mesures à prendre pour faire disparaître les risques posés par ces établissements.
Pour lui, la loi de réforme de Wall Street n'a pas fait disparaître la menace que font peser les plus grandes banques sur le système financier tout entier."
Il sait aussi que l'embellie américaine est fragile et de façade, que la Fed ne sait plus quoi faire, sinon fabriquer du papier ...opération lourde de menaces inflationnistes. Bernanke, qui fait dans l'euphémisme, reconnaît que l'économie est "de toute évidence loin d'être satisfaisante", et la stagnation de l'emploi, source de "grande inquiétude".
__Il est reconnu que les banques n'ont guère modifié leurs anciennes pratiques et habitudes.
En se renforçant, après avoir éliminé les plus faibles, elles sont encore devenues plus puissantes, donc plus incontournables, donc too big to fail...
_Pas d'autres solutions que de ramener ces mastodontes devenus malfaisants à des dimensions plus réduites, de briser l'oligopole qu'elles représentent, donc de les rendre plus contrôlables.
" La prochaine crise financière pourrait coûter le produit économique national de plus de deux années, coût qui serait supporté par des millions de contribuables américains", a encore affirmé M. Fisher, rappelant que les plus grandes banques américaines avaient dû être renflouées par l'Etat en 2008.
"Il convient de mettre dans la balance ce coût affreux et les avantages supposés qu'il y a à maintenir le statu quo pour les groupes jugés trop gros pour pouvoir faire faillite", a-t-il ajouté.
M. Fisher a fait remarquer que 12 établissement détenaient aujourd'hui aux Etats-Unis à eux seuls 69% des actifs bancaires du pays
"

__Sachant que ces grandes banques feront de la résistance, il propose d'internationaliser la mesure, pour casser leur hégémonie et leur entente.
Mais la mesure, pour être réalisable,  ne peut être que politique et bénéficier d'un large consensus.
De ce fait on peut douter que les Etats, soumis aux lois du marché, acceptent de briser des liens pervers.
Un retournement semble peu vraisemblable dans un proche avenir, hélas!, d'autant que le mur de la dette menace et paralyse. L'Inside Job n'a pas fini de produire ses effets...
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"Si vous voulez rester esclaves des banquiers et payer le coût de votre propre esclavage, laissez-les continuer à créer de l'argent et contrôler le crédit de la nation" (Sir Josiah Stamp, directeur de la Banque d'Angleterre de 1928 à 1941).

_“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain.(Napléon Ier)
_________________
- Les dangers du pouvoir de la haute finance
- « Banquiers, rendez des comptes ! »
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Paru dans Agoravox

dimanche 20 janvier 2013

Frimas

______Canal d'Aire- ___Photo: propriété de Alain C., artiste local ©_____.-[Robecq]_le 16/01/03_______

Frêle et lointain soleil blanc 
Sûre promesse de printemps...
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...L’hiver est un désert de longs jours de coma
La frêle éternité l’abattement majeur
Un enfer sans flammes, blanc manteau et frimas...

 (JP Llastrajoli)

samedi 19 janvier 2013

Petite sélection en vrac

*USA: prescriptions, antidouleurs et overdoses

*Internet à  plusieurs vitesses ?

* Tunisie: à la croisée des chemins.

*YES! Le Texan a avoué.. Aveu d'un robot, d'un killer
__Tout un système...  ____Un grand classique: .moi dopé ? Jamais !
_ ...Les organisateurs italiens ont annoncé vendredi le plus sérieusement du monde que la mascotte des Mondiaux 2013 de cyclisme sur route serait, tenez-vous bien, Pinocchio ! Le choix (même de longue date) du célèbre pantin, originaire de Toscane, dont le nez s’allonge quand il ment, a de quoi étonner après l’excommunication de Lance Armstrong, déchu de ses sept victoires dans le Tour de France et ancien champion du monde sur route en 1993.

*L' Allemagne n'investit plus sur ses réseaux de transports.

 *Canada, plaque tournante de l’industrie minière… et de ses magouilles.


*Laurence Parisot voudrait un CDI au Medef.
____Mais  les boss se rebiffent.

 *Obama ouvre le feu contre le lobby des armes

 ___100.000 et 4.200.000: Ces deux chiffres, en apparence anodins, et donnés au cours du journal coast-to-coast de 18h sur CBS, hier, mercredi 16 janvier, sont terrifiants, considérés depuis ce côté-ci de l’Atlantique. En effet, 100.000 c’est le nombre d’armes à feu vendues aux Etats-Unis depuis le massacre, le mois dernier, à Sandy Hook Elementary, à Newtown dans le Connecticut, pendant lequel 20 enfants et 6 adultes ont été tués par un déséquilibré armé jusqu’aux dents.
 4.200.000, c’est désormais le nombre d’adhérents, en augmentation constante, de la tristement célèbre NRA, National Rifle Association, qui brandit, jusqu’à donner la nausée au monde entier, le Second Amendment that protects the right of the people to keep and bear arms, donc le deuxième amendement qui préserve le droit des citoyens de garder et de porter des armes.
__La NRA ne chôme pas. Un lobby puissant. 
_Les armes ne tuent pas
 
* Les Allemands et les Luxembourgeois s'inquiètent eux aussi d'un euro trop fort.

*Web:cesser l'addiction... 

*Fantastic Lille! 
__Flânerie onirique.

vendredi 18 janvier 2013

Devenir arriviste...pour les nuls

...Quelques modestes pistes
___________________________Il n'y a pas d'âge pour devenir arriviste, mais il y a une méthode.
Pour gravir plus  efficacement et rapidement les marches de la reconnaissance sociale, de l'influence et des hiérarchies, quelles qu'elles soient... 
Surtout dans le cadre du management d'aujourd'hui, nouveau mode de gestion des hommes et des luttes ouvertes ou feutrées pour le pouvoir, quel qu'il soit.
La méthode Rastignac est toujours bonne, pour l'ascension sociale. Les exemples ne manquent pas. Même les plus improbables. Dans tous les domaines.
Mais il ne suffit pas seulement de vouloir. L'obstination aveugle et  stupide peut être contre-productive..
Il y a des trucs à savoir, des stratégies à adopter, un langage à apprendre pour être conforme, mais pas trop, et avec originalité.
Les coachs en tous genres ne manquent pas, mais promettent plus qu'ils ne peuvent.
__Pas besoin de petit manuel, quoique ça puisse toujours être utile.
On peut en méditer quelques extraits, notamment les considérations sur le Ouiouiland, pays du consensus mou et obligé, qu'on pourra trouver soit comme un peu cynique soit comme un bon révélateur des pratique actuelles dans l'entreprise et surtout le monde des affaires, où le savoir paraître, donc le savoir parler, prend une place prédominante,voire quasi exclusive.
L'apprentissage de la xyloglossie est indispensable pour coller à la réalité des affaires et être admis dans la communauté des happy few sans choquer.
Orwell  est un maître en la matière, lui qui a montré les secrets de la novlangue, où le sens des  mots est parfois inversé, subordonné aux rapports de force.
La novlangue libérale est tout à fait révélatrice des nouvelles formes de hiérarchies, de fonctionnement et de masquage d'une réalité sociale et économique souvent déniée, en vue d'une soumission plus efficace et moins douloureuse.
  "...Les mots tendent à perdre leur sens. Déjà, on parlait de « plans sociaux » pour dire licenciements ; désormais, « sécurisation de l’emploi » désigne la flexibilité. Si sécurisation il y a, c’est bien celle des profits — expression totalement bannie du texte. Qu’on en juge à l’aune des principales dispositions de l’accord.. Le maintien dans l’emploi. Dans la novlangue patronale, cela s’appelle : « trouver un nouvel équilibre dans l’arbitrage global temps de travail/ salaire/ emploi ». Traduit dans la vraie vie, cela devient : quand l’activité baisse, le temps de travail baisse et les salaires suivent. C’est le chômage partiel généralisé... sans indemnités chômage. Ainsi, le travailleur peut voir son temps de travail diminuer d’un quart ou de moitié et son salaire se réduire d’autant, quand le patron le décide..."
Il est important de maîtriser le vocabulaire politiquement correct de notre temps et d'avoir par devers soi un petit dictionnaire de certains termes d'usage courant.
_____On peut aussi se référer à un dictionnaire plus élaboré  ou s'inspirer de cette instructive conférence. 
Il ne reste plus qu'à mettre en pratique...
Bonne réussite!..☺
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-Publié dans Agoravox

jeudi 17 janvier 2013

Ma patrie,mon compte en banque...

Certains faits divers, qui font beaucoup de buzz, fonctionnent comme des paravents ou des masques

___L'affaire Depardieu,  celle d'Arnault et autres Mulliez ou Afflelou  sont finalement plutôt anecdotiques.
Ce sont des arbres qui cachent une vaste et sombre forêt.
Le problème est celui, crucial, de la convergence fiscale, souvent réclamée, jamais réalisée, malgré les voeux pieux, les petits livres verts, dans une Europe qui se voulait solidaire...
Elle débouche sur des régressions économiques et sociales et entretient la zizanie entre pays

__________Pourtant "...la recherche d’une harmonisation fiscale figurait dans le Traité de Rome de 1957. La fiscalité indirecte, pour des impôts tels que la TVA, était la plus concernée_-("elle fait peser un risque sur l'équilibre des économies européennes, voire sur le sens du projet européen"). La fiscalité directe (impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés…) l’était beaucoup moins dans la mesure où la souveraineté des Etats était réaffirmée et où l’unanimité était la règle pour l’adoption de tout amendement. Autant dire qu’on figeait la situation.
Pourtant, on aurait pu espérer que les pays membres évoluent progressivement sur la voie de l’harmonisation. Car il n’existe pas de coordination économique possible en Europe sans rapprochement des politiques fiscales. Pour construire et approfondir l’Europe, il fallait en passer par la fiscalité.
Mais c’est tout le contraire qui se produisit. Un conseil des ministres des Finances (Ecofin) en 1992 décida notamment que  l’harmonisation des régimes fiscaux des Etats membres, et notamment de la fiscalité directe, n’était pas une condition nécessaire à l’achèvement du marché intérieur. On s’en tiendrait, dans le meilleur des cas, à la coordination.
Toutefois, dans la mesure où aucune contrainte juridique n’était imposée, c’est bien le principe de concurrence qui l’emportait. Il aurait fallu octroyer à la Commission européenne des compétences spécifiques qui auraient permis de passer outre la règle de l’unanimité pour faire converger les fiscalités en Europe. Mais pour conserver la maîtrise de leur politique budgétaire, les Etats s’y opposèrent, et la France ne fut d’ailleurs pas le dernier à poser son veto...
...le résultat est là: sans poursuite vers plus de convergence fiscale, la coordination des politiques économiques en Europe est effectivement en panne. Ainsi, les candidats à l’exil fiscal peuvent-ils applaudir à la construction européenne qui leur permet d’utiliser en toute légalité les différentiels de fiscalité des pays membres et les mettre en concurrence au nom de la liberté de circulation des hommes et des services à l’intérieur du Marché unique. Gérard Depardieu est de ceux-là, comme beaucoup d’autres grandes fortunes pour qui «leur patrie est leur compte en banque», selon les termes de Benoît Hamon, ministre en charge de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation.
Toutefois, l’exil fiscal des particuliers n’est rien face à «l’optimisation» pratiquée par les entreprises, à la limite de la légalité mais pas franchement hors-la-loi. Google, au cœur d’une polémique, ne fait rien d’autre que de très nombreuses entreprises, qui s’établissent dans un pays pratiquant le dumping fiscal –à l’exemple de l’Irlande qui n’applique qu’un taux de 12,5% d’impôt sur les sociétés.
Ensuite, le génie financier s’exprime dans les prix de transfert. Les filiales implantées dans les pays où la fiscalité est la plus basse ont tout intérêt à surfacturer leurs services aux consœurs du même groupe installées dans des pays où la fiscalité est élevée. Ainsi, les sociétés les moins imposées sont les plus bénéficiaires, et les plus imposées n’enregistrent que des déficits ou presque. Enfin, un passage par un paradis fiscal... et les administrations fiscales sont bernées..."
Nouvelle version des arroseurs arrosés...
L'Europe joue contre son propre camp.
"... L’histoire revient comme un boomerang à la tête de ceux qui l’ont faite. Et de «découvrir» que les décisions auxquelles ils ont largement contribué, contre toute critique, facilitent la fuite fiscale. Depardieu pas bien? Evidemment! Mais pourquoi s’en offusquer quand on a soi-même largement participé à cette construction politique qui depuis des années permet aux multinationales de priver les recettes publiques de centaines de milliards d’euros à l’échelle de l’Union et favorise les délocalisations? Pourquoi aujourd’hui froncent-ils les sourcils au JT de 20 heures, après avoir accepté dans les années 1980 et 1990 une Europe qui permet les holdings « boîtes aux lettres » au Luxembourg ou aux Pays-Bas?.."
_____________________Les paradis, ces enfers citoyens, que l'on a répété maintes fois vouloir supprimer, ne se sont jamais mieux portés.
Certaines banques se spécialisent dans la pêche aux grosses fortunes sans que s'offusquent beaucoup les instances bruxelloises.
La concurrence n'est pas seulement fiscale, elle est aussi salariale, favorisant les délocalisations et affaiblissant les économies.
L'OMC, le bras armé de la concurrence dérégulée sans frontières, n'y voit rien à redire...