Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 29 avril 2013

Finance: apprentis sorciers

 A quand le prochain krach?
__________________________Ce ne serait qu'une question de temps...car rien n'a vraiment changé dans certaines pratiques bancaires qui ont produit les effets que l'on sait. 
Le Trading haute fréquence (ou haute folie) domine aujourd'hui une grande partie des transactions financières: un système qui fait problème, de l'avis même de certains experts...
__La Bourse n'est plus ce qu'elle était.
Une mutation invisible a transformé le monde de la spéculation dans les trois dernières décennies : près de 70 % des transactions sont maintenant opérées par des ordinateurs, et la puissance boursière s'acquiert essentiellement par la maîtrise des meilleurs algorithmes. Ceux-ci doivent déjouer les pièges des adversaires, à  savoir  déceler dans la variation minime du cours d'un titre le moment pour l'acheter et surtout agir vite, à la vitesse du millionième de seconde. "Le fait de pouvoir montrer aux caméras de télévision des pantins devant des écrans est bien utile pour rassurer l'homme de la rue et masquer la réalité des choses : les marchés ne sont plus qu'un réseau de machines impénétrables"...Le système devient incontrôlable. Non seulement il ne sert plus l'économie dite réelle, mais il flirte en permanence avec les limites de l'écroulement, menaçant de chuter à tout moment, dès lors qu'une série fulgurante d'actions informatiques l'entraîneraient vers le précipice. Cette perspective inquiète les auteurs d'algorithmes eux-mêmes, modernes Frankenstein : l'un d'entre eux, Thomas Peterffy, secoua ainsi, en octobre 2010, le congrès annuel de la World Federation of Exchanges, en déclarant : "Les technologies, la structure des marchés et les nouveaux produits financiers ont évolué plus rapidement que notre capacité à les comprendre et à les contrôler. (...) Le système tout entier est désormais un jeu truqué."
La bourse est devenue un vaste casino géant, tandis que le pillage financier se poursuit.
C'est la domination des algorithmes et des robots. C'est le règne des ordinateurs, fonctionnant à grande vitesse et une d'absurdité galopante.
Selon  Thomas Peterffy, un auteur d’algorithmes très élaborés, des programmes informatiques permettant de procéder à des achats, des ventes et des paris sur les marchés financiers à la vitesse de l’éclair : « Les vingt dernières années ont connu l’émergence des ordinateurs, des communications électroniques, des marchés électroniques, des dark pools, des flash orders, des marchés multiples, des systèmes de négociation alternatifs. Le trading à haute fréquence, Mifid en Europe, Reg NMS aux États-Unis… et ce que nous avons aujourd’hui est un vrai bordel. »... « Pour le grand public, les marchés financiers ressemblent de plus en plus à un casino, sauf qu’un casino est plus transparent et plus simple à comprendre. Si le public en vient à penser que les marchés financiers sont une escroquerie, alors les entreprises et les entrepreneurs n’obtiendront plus les fonds dont ils ont besoin pour développer notre économie, créer des emplois et améliorer le niveau de vie. »
Les marchés financiers ne sont plus ce qu'ils étaient, déconnectés de l'économie réelle.
La technique a rendu les finances encore plus opaques
La question de F.Lordon ne reste-elle pas pertinente: et si on fermait la Bourse ? du moins la partie qui se livre à la prédation financière, déconnectée de l'économie réelle.

vendredi 26 avril 2013

Margoulins de l'histoire

Presse et (més)usages de l'histoire
___________________________La presse va mal
Ça se voit...
Les titres accrocheurs à la Bild font de plus en plus florès et se répondent par mimétisme.
Sous tutelle et mourante , la presse hebdomadaire surtout, dans le cadre d'une crise plus large, fait feu de tout bois, jouant sur le fait divers, le buzz et le sensationnel, les rapprochements historiques douteux..
L'histoire, souvent instrumentalisée, subit un traitement singulier, une certaine presse se croyant apte à se mettre à l'école de l'Histoire, ou à celle qu'elle imagine, jouant sur les analogies de surface, télescopant les événements, tordant le sens des faits.
______Le passé est  revisité par une presse en mal de lecteurs, eux-mêmes souvent accrochés à des images d'Epinal et incapables de recul historique et critique.
Comme dit Antoine Perraud,"... la presse est devenue la Madame Irma du passé : une voyante penchée sur son rétroviseur de cristal. Où ne mènera donc pas le « service » au lecteur, après la météo, la bourse et le trafic automobile en guise d’informations ?!
L’inanité de cette couverture et du dossier afférent tranche d’avec l’article publié dans le même hebdomadaire, le 23 décembre 1974, par François Furet, sous le titre « Le journaliste accoucheur ». L’historien y proposait cette définition du journalisme : « Fabriquer du sens avec du bruit. » Le Nouvel Observateur, dans sa course de canard acéphale, fabrique aujourd’hui du bruit avec du sens...
Il n’est pas le seul à profiter du désarroi de l’esprit public pour le désorienter davantage encore, telle une boussole qui indiquerait le sud. Le Point, dans cette course prudhommesque aux références historiques aléatoires, sort de son chapeau 1789. L’Express n’a plus qu’à préempter 1848 et Marianne 1871 !
Le Nouvel Observateur a choisi les années 30 au nom du « chaos ». Le chaos n’est pas un critère mais un cliché. Les décennies précédentes furent chaotiques. En 1924, le monarchiste Jacques Bainville conclut ainsi son Histoire de France, alors lue bien au-delà des cercles maurrassiens : « On peut remarquer que presque partout en Europe, les gouvernements ont perdu pied. Le vieux monde est dans un état qui ressemble beaucoup au chaos. »
Les hebdomadaires en quête de chalands, donc de consommateurs dupés plutôt que de citoyens critiques, agressent l’histoire, en la faisant régresser sous l’effet d’une instrumentalisation fâcheuse. Nous ne recommandons certes pas d’enfermer Clio dans un écrin d’érudition. Nous ne souhaitons pas errer dans le présent en marmonnant la formule latine « Ignoramus et ignorabimus » (nous ne savons pas et ne saurons jamais). Nous refusons toutefois de considérer le passé tel un self-service présentant, sur des plateaux, moult exemples prêts à se reproduire à mesure que tourne la roue du temps. Vous reprendrez bien un peu d’années 30 ? Merci, je préfère une pincée de 1789 !...Ces hebdomadaires confondent le travail de mémoire avec un exercice ou un jeu de mémoire. Ils confondent surtout mémoire et histoire, ainsi distinguées par Pierre Nora : « Parce qu'elle est affective et magique, la mémoire ne s'accommode que des détails qui la confortent ; elle se nourrit de souvenirs flous, télescopants, globaux ou flottants, particuliers ou symboliques, sensible à tous les transferts, écrans, censure ou projections. L'histoire, parce que opération intellectuelle et laïcisante, appelle analyse et discours critique. La mémoire installe le souvenir dans le sacré, l'histoire l'en débusque...
Interroger le passé avec les questionnements du présent est une affaire trop sérieuse pour la confier à des margoulins de rencontre, auto-promus historiens d'un jour ! ..."(Mediapart)
________L'histoire ne se répète pas... elle bégaie.
___________________
- Qui croit encore que nous sommes en 2013?
 

jeudi 25 avril 2013

Rond-point

 Du vin, du pain... et du rond-point_____
______________________________________En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des ronds-points
____Nous sommes vraiment une exception dans le PRE (Paysage routier européen), et même dans le PRM (au niveau mondial).
Les angliches, qui ont aussi inventé la locomotive, ont ouvert la voie: ils ont mis en place les premiers, roundabout, parfois un peu bizarres. il est vrai.
Mais qu'est-ce qui n'est pas bizarre au pays de Sa Gracieuse Majesté, à commencer par ses chapeaux?...
__Les places rondes à Paris, dès le 17°siècle, ne méritent pas encore le nom de rond-point. D'ailleurs, à cette époque, ou roule comme on veut, comme on peut...dans un joyeux désordre dont se plaignait Boileau.
Les carrefours giratoires sont récents, même si l'idée est ancienne: on  doit à Eugène Hénard, en 1906 l'idée du « carrefour à giration».
__Il y du mystère dans certains ronds-points...On peut les visiter, il y a des ronds-points qui méritent le détour. Des petites merveilles à la gloire d’une production locale ou d’une célébrité du coin.
On en voit même (pas à Auteuil) avec trois vaches aussi belles que fausses, broutant le gazon. Pas de frais de tondeuse...Certains diront que ce n'est pas de l'art et que ces oeuvres risquent de distraire le conducteur le plus concentré. Certes, on ne trouve pas partout le (vrai-faux) pouce de César, et on ne peut demander à nos édiles d'exposer la Joconde ou une statue de Rodin quelque part entre St Omer et Charleville-Mézières...
______Un "mauvais esprit" comme Nabum estime que, dans les ronds-points, quelque chose ne tourne pas rond...
Et il y va de sa critique habituelle et perfide des investissements coûteux et inutiles, au frais du contribuable, du petit manège enchanté de la corruption quotidienne. bla, bla ...
  Stop au lobby des giratoires ! veut-il nous dire, comme le Hérisson, dont on comprend ce qu'il risque à traverser un rond-point.
_____Bref, on peut tout dire sur les ronds-points, tout et son contraire. 
Par exemple, à leur avantage, ils permettent de faire demi-tour facilement en territoire inconnu, ou de tourner autant de fois qu’on veut (c’est gratuit !) sans aucun stress pour repérer la bonne direction sur le panneau adéquat, d'abord mal repéré ; ça donne le temps de la réflexion au touriste sans GPS. Et on peut toujours trouver une issue, contrairement à ce que dit R. Devos...
On peut en  matérialiser un au milieu de son salon, pour éviter les rencontres malencontreuses et les chocs de personnes pressées et distraites. Les incidents de famille et les coups de gueule en seront certainement nettement diminués..
On peut aussi faire remarquer que les giratoires permettent de fluidifier le trafic et qu'ils ont été inventés lorsque l’on s’est aperçu qu’il était ridicule qu’un feu rouge nous arrête pendant qu’il n’y a strictement personne. Donc on peut dire qu’en quelque sorte cela fait (un peu) baisser la pollution car la voiture ne passe pas son temps à s’arrêter tous les 100m.
D'autres, qui les prennent sur les chapeaux de roue, critiquent l’usure inégale des pneus qu'ils provoquent à la longue. Mais une réglementation intelligente devrait permettre de prendre les rond-points dans un sens ou dans l’autre (une fois à la française, une fois à l’anglaise) pour équilibrer cette usure, en changeant le sens tous les mois par exemple..Une proposition à soumettre à votre député...
Et on oublie l'aspect girato-philosophico-anthropologique de la question...
___Nous sommes quand même les champions du monde dans ce domaine, ce n'est pas rien!
Il n'y en a que cinq mille en Allemagne, qu'on nous propose comme modèle. Lamentable!
Vive nos ronds-points! Cocorico!
Point!

mercredi 24 avril 2013

Crise et inégalités

Et pourtant elles montent..  
________________________On le sait, on le dit, on le voit, on finit par le reconnaître, même à l'OCDE, contre le dogmatisme officiel: les inégalités s'amplifient. 
La crise économique plonge ses racines, d'abord aux USA, dans les inégalités, dans une baisse de la demande des moins solvables, qui a débouché sur un endettement démesuré et de folles aventures bancaires déstabilisantes (1)
 Mais la crise creuse aussi les inégalités, frappant surtout les plus pauvres, (même  si les yachts de luxe se revendent moins bien à Antibes.. )
Aux USA, les écarts se creusent toujours, mais la France n'est pas épargnée
Même le Figaro s'en fait l'écho. 
___Les inégalités ont un prix
Selon l'Insee, ": la pauvreté s’installe et les inégalités n’ont cessé de se creuser. Les ménages les plus pauvres paient le plus lourd tribut. « En 2010, le niveau de vie de la majorité de la population stagne ou baisse, après avoir faiblement augmenté l’année précédente. Au sein de l’ensemble de la population, les personnes les plus modestes sont particulièrement touchées depuis la crise. À l’inverse, le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 5 % de personnes les mieux loties repart à la hausse, après avoir stagné en 2009 », note d’emblée l’institut (lire l'intégralité de l'étude ici).
Le niveau de vie médian – c’est-à dire le point d’équilibre entre la moitié des ménages qui gagne le moins et la moitié qui gagne le plus – s’est élevé à 19 270 euros par an, soit 1 610 euros par mois. Il est en baisse de 0,5 % en euros constants, par rapport à 2009. La baisse a été particulièrement sensible pour les ménages les plus pauvres. Les trois premiers déciles accusent une chute entre 1,3 % et 1,6 %. Les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 430 euros annuels, correspondant au 1er décile.
Dans le même temps, les revenus des ménages les plus aisés, qui avaient enregistré une baisse en 2009, ont recommencé à augmenter. Le niveau de vie des 5 % de personnes les plus aisées a progressé de 1,3 % en 2010. Celui des 1 % les plus riches a enregistré une hausse de 4,7 % en 2010, après avoir baissé de 4,3 % en 2009. « Les 10 % les plus aisées disposent d’au moins 36 270 euros annuel, soit 3,5 fois plus (que les foyers les plus modestes) », note l’étude.... 
C’est la première fois, insiste l’Insee, que la crise accentue autant les inégalités. Cette remarque conduit à un constat inquiétant : le système redistributif français, mis à mal depuis de nombreux années, est en passe de se casser. Il n’a plus les mêmes effets protecteurs qu’auparavant. Les dispositifs de solidarité permettent encore d’atténuer la chute mais plus de l’effacer. « Avant transfert, le premier décile de revenu par unité de consommation diminue de 3,2 % en moyenne par an de 2008 à 2010 et de 1,2 % après transferts ; pour le deuxième décile, les évolutions sont respectivement de 1,8 % et de 1,3 % », signale l’étude.
De plus en plus de ménages se trouvent ainsi renvoyés aux marges de la pauvreté. « En 2010, le taux de pauvreté monétaire atteint 14,1 %, en hausse de 0,6 point. Les plus fortes contributions à la hausse de la pauvreté en 2010 sont en fait celles des populations inactives : les retraités (11 % de l’accroissement du nombre de personnes pauvres), les adultes inactifs autres que les étudiants et retraités (16 %) et, surtout, les enfants de moins de 18 ans (63 %)», relève l’Insee. Selon l’institut, 2,7 millions d’enfants vivent désormais dans des familles pauvres en 2010. Le risque de pauvreté s’accroît pour ces enfants, quand ils vivent dans des familles monoparentales, ou s’il y a plus de trois enfants dans la famille. Toutes ces données seront-elles prises en compte par les experts qui prônent une réforme des allocations familiales ?
La pauvreté touche aussi les retraités les plus âgés, souvent des femmes seules n’ayant pas ou peu travaillé. Le minimum vieillesse avait permis ces dernières années d’apporter une sécurité à cette population très fragile. Mais là encore la situation se dégrade : « En 2009, le taux de pauvreté monétaire des personnes âgées de 75 ans ou plus s’élève à 13,0 %, contre 7,7 % pour les personnes âgées de 65 à 74 ans et 12,8 % pour les personnes d’âge actif », pointe l’étude.
La troisième catégorie la plus menacée, ce sont les ménages endettés. Par rapport au reste de l’Europe, les ménages français sont peu endettés. Selon l’Insee, 46 % des ménages vivant en France déclarent avoir au moins un emprunt encore en cours. 18 % sont endettés uniquement pour l’achat d’un bien immobilier ou pour financer de gros travaux. Mais il y a ceux qui s’endettent pour boucler les fins de mois, ceux qui cumulent les crédits immobiliers et les crédits à la consommation. Plus de 18 % des ménages endettés doivent rembourser l’équivalent de plus de 30 % de leurs revenus chaque mois. Certains se retrouvent totalement étranglés : ils sont 12 % à avoir un endettement dépassant 80 % de leurs actifs, et même 9 %, qui ont accumulé un endettement dépassant la totalité de la valeur de leur patrimoine.
Que reste-t-il du « modèle français » ? De moins en moins de protection manifestement au fur et à mesure que la crise se prolonge et s’amplifie. Jamais les inégalités n’ont été aussi grandes en France depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Mais rien n’est fait pour corriger la situation. Aucune réforme de la fiscalité n’a été entreprise par le gouvernement. « La réforme fiscale est faite », assurait avec aplomb Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget, en janvier. Plutôt que de regarder les chiffres et de s’en inquiéter, beaucoup préfèrent s’en tenir au mythe." (Martine Orange_Mediapart)
___________________La révolution fiscale, promise, attend encore..

mardi 23 avril 2013

Graines de vie

 Biodiversité malmenée
____________________Depuis le début du néolithique et de l'agriculture, les graines, issues d'espèces sauvages, extrêmement variées, représentent le premier maillon de la chaîne alimentaire.
Les agriculteurs ont pratiqué depuis longtemps une sélection empirique des  variétés jugées les plus rentables. « Il a fallu 3,5 milliards d’années d’interactions du vivant pour engendrer la diversité génétique, rappelle l’écologiste Marie-Christine Blandin. Puis les sociétés paysannes ont identifié, sélectionné, transporté, échangé durant quelques dizaines de milliers d’années. Ce bien commun naturel et culturel ne saurait être confisqué : il est patrimoine de l’humanité. Le “découvreur” d’une variété ne saurait se l’accaparer ! »
Depuis la maîtrise génétique de la reproduction, le développement des groupes mutinationaux de l'agroalimentaire et du formidable marché qu'il représente, la privatisation des semences se poursuit, vers  toujours plus d'homogénéité au détriment de la diversité.  Déjà 5 multinationales contrôlent 75 % de la semence potagère sur la planète.
. Contrôler les semences, c'est contrôler la production agricole...
_Un pas de plus vers la privatisation du vivant... et une diversité en recul accéléré. "Il s'est produit une "extraordinaire érosion de la diversité des plantes cultivées au point qu’aujourd’hui quelques variétés de blés, très proches génétiquement les unes des autres, couvrent 80% de l’assolement annuel en blé , et que 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu." (RSP)
 Bientôt les semences paysannes seront-elles illégales ?
 "La loi du 8 décembre 2011 relative au « Certificat d’Obtention Végétale » (COV), proposée par un sénateur UMP, soutenue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et votée par la majorité UMP, a gravé dans le marbre l’interdiction de semer le grain récolté et l’obligation, dans cette hypothèse, de payer des royalties aux semenciers-sélectionneurs dès l’usage en deuxième génération des semences vendues sur le marché."
Heureusement, contre l'offensive des grands semenciers, certains agriculteurs luttent localement pour préserver la diversité, surtout pour les espèces de blé pour la boulangerie, comme l'association  Graines de Noé .
Seules les solutions locales préserveront l'avenir, contre les intérêts des puissants lobbies.
Repenser l'agriculture reste toujours d'actualité.
 

lundi 22 avril 2013

De l'Allemagne (suite)

 La part allemande
________________Au sein de l'Eurozone en crise, la question allemande revient de plus en plus souvent.
En Hollande aujourd'hui, le gouvernement libéral commence à prendre ses distances avec les normes économiques imposées par Berlin, nos amis d'outre-Rhin étant eux aussi traversés par une contestation grandissante à l'approche des élections.
Il n'y a aucune germanophobie à contester un modèle, qui d'ailleurs commence à accuser des faiblesses (*). Et ce ne sont pas les Allemands qui sont en cause, mais la ligne suivie par Merkel et la coalition qu'elle dirige, depuis la virage Schröder, qui déclare que:
"l’Allemagne est appelée à jouer un rôle de meneur au sein de l’Union européenne, du fait de sa force économique et de son importance politique", en oubliant  le rôle crucial de l’Allemagne dans la crise des dettes souveraines, la politique de l’Agenda 2010 qui a baissé les salaires réels allemands par rapport aux "concurrents" européens, ce qui a entraîné des pressions néfastes sur leur croissance et, par ce biais, sur leurs finances publiques, en oubliant qu’en même temps l’Allemagne leur interdisait d’exporter en retour, puisque sa demande globale stagnait?
 L'économie allemande respire, mais à quel prix et pour combien de temps? Elle a tout à perdre de l'affaiblissement de ses voisins. Le pacte européen de stabilité, critiqué par l'OFCE  et M.Fitousi,conduit à l'austérité  et à la récession.
__ Le rêve allemand serait-il un cauchemar européen?
"Que se passera-t-il lorsque l'outil de la dévaluation ne sera plus disponible en Espagne et en Europe et que l'économie allemande s'imposera partout grâce à ses énormes gains de productivité avec la monnaie unique ?", s'était interrogé, dès 1997 le futur chancelier...
Le discours de F.Hollande, souvent équivoque, fait allusion ce risque: 
"Les pays européens qui sont en excédent courant et budgétaire doivent soutenir la demande», insiste le président la République, qui ne fait que reprendre une requête adressée aux Allemands par Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre des Finances de Nicolas Sarkozy… La réaction des Allemands, outragés à l'époque, n'a guère changé avec la crise. L'orthodoxie budgétaire et la désinflation compétitive restent, pour Berlin, la principale issue à la crise européenne", déclare F.Hollande.
_____Il s'agit plus qu'un voeu, mais d'une nécessité économique urgente, dans l'intérêt même de Berlin et d'une reconstruction d'une Europe sur d'autres bases, car: 
(*)"... Pour qu’une union monétaire ait un intérêt il faut donc que les avantages l’emportent sur les coûts.
Depuis les années 60, avec les travaux de Mundell, Mc Kinnon et Kenen, on connaît assez bien les conditions de réussite d’une union monétaire. Ces conditions sont les suivantes : 1°) les travailleurs doivent pouvoir être mobiles et s’installer sans contrainte  là où le marché du travail est le plus favorable, 2°) les capitaux doivent pouvoir circuler librement entre pays, 3°) des transferts fiscaux importants (par exemple à travers un budget fédéral) doivent pouvoir avoir lieu, 4°) les cycles économiques entre pays doivent être assez proches. Les Etats-Unis constituent un bon exemple d’union monétaire fonctionnant de manière satisfaisante. Les cinquante Etats américains partagent le dollar comme monnaie commune. Ils présentent pourtant des différences importantes. Les économies du Mississippi, du Nevada ou du Massachusetts sont très différentes. Cependant, la facilité de circulation et d’installation des travailleurs entre ces différentes régions, ainsi que l’existence de transferts fiscaux importants des régions riches aux régions pauvres, permet à l’union américaine de fonctionner sans que des déséquilibres insupportables ne s’installent entre ses membres.
La zone Euro ne remplit pas ces conditions, en particulier les points concernant la mobilité du travail et les transferts entre pays sont loin d’être remplis. Dès lors, dans ces conditions, la seule et unique façon d’éviter une explosion de l’union monétaire est de coordonner les politiques économiques de ses membres pour s’assurer que ne naissent pas des déséquilibres trop importants. En particulier, l’Union Européenne doit s’assurer que ceux dont le poids économique est le plus important (Allemagne, France, Italie, Espagne) ne connaissent pas des évolutions trop divergentes. Or, ce n’est pas du tout le cas depuis la création de l’Euro. Les cycles et les politiques économiques des différents pays de la zone divergent fortement. Les responsabilités sont partagées mais l’Allemagne en porte une part importante. En effet, elle a mis en place au début des années 2000, une politique économique visant spécifiquement à devenir plus compétitive que ses voisins. Qui plus est, elle ne l’a pas fait grâce à des gains de productivité mais simplement en comprimant ses coûts salariaux, en réduisant la consommation à travers des augmentations de TVA et en ayant une inflation inférieure à l’objectif de 2% de la BCE. L’Allemagne a volontairement freiné sa demande interne : consommation des ménages, investissement des entreprises et même les dépenses publiques jusqu’en 2008... Elle a tout fait pour gagner des parts de marché vis-à-vis des autres membres de la zone Euro. Cela a eu pour conséquence de faire exploser son solde des échanges extérieurs qui est maintenant sur des niveaux jamais atteints depuis 1945. Compte tenu de l’absence de mobilité des travailleurs et de l’absence de transferts fiscaux entre Etats, cette stratégie est exactement à l’opposé de ce qui doit être fait pour assurer la viabilité de l’Union Européenne...
 Le succès de la stratégie allemande et ses bonnes performances économiques n’ont été rendus possibles que parce que dans le même temps, ses partenaires étrangers importaient ses produits.  Sa croissance depuis 2000 a reposé essentiellement sur les surplus commerciaux. Sans cela les performances de l’économie allemande auraient été beaucoup moins convaincantes. Ce sont les achats de ses voisins qui ont été la clé de son succès. La politique et les performances économiques de la France ont été plus respectueuses des équilibres intra-européens. La productivité française a progressé dans les mêmes proportions que l’Allemagne mais la France n’a pas cherché à comprimer ses salaires ni à réduire son inflation en-dessous de l’objectif européen des 2%. La politique française n’a pas consisté à fonder sa croissance sur le moteur des exportations. Aujourd’hui, la Commission Européenne, la BCE et les gouvernements européens veulent dupliquer le modèle allemand à l’ensemble de l’Europe, en se lançant dans une course à la compétitivité avec compression des coûts salariaux et mise en place de programme d’austérité généralisé (voir ci-dessous le graphique de l’évolution des soldes budgétaires. Mais c’est un contre-sens économique majeur. Aucun pays ne pourra dégager les mêmes surplus commerciaux que l’Allemagne des années 2000, puisque ces politiques économiques ont pour conséquence de freiner la demande dans toute l’Europe et donc de réduire les importations potentielles de nos principaux partenaires commerciaux.
 Contrairement à ce qu’écrivent certains, il n’est nul besoin d’être extrémiste pour se rendre compte que la stratégie d’austérité imposée à l’ensemble de l’Europe et la course à la compétitivité par la baisse des coûts salariaux mène droit à la faillite de la zone euro. Au contraire, si l’on veut sauver le projet européen, il convient de faire les bons constats. Il faut comprendre les conditions de fonctionnement d’une union monétaire, et  il faut comprendre que des politiques d’austérité en période de récession sont un contre-sens économique majeur. Critiquer la politique économique allemande n’est pas être anti-allemand ou anti-européen. L’ancien Chancelier allemand Helmut Schmidt l’a formidablement bien expliqué dans un discours prononcé en décembre 2011 : "Celui qui croit que l'Europe peut réussir à recouvrer la santé uniquement grâce à des coupes budgétaires devrait étudier plus en détail la politique déflationniste du Chancelier Heinrich Brüning en 1930-1932. Elle avait déclenché une dépression et un chômage d'une telle ampleur qu'elle avait ainsi initié la disparition de la première démocratie allemande..." (Bertrand Groslambert)
__________________________
_Ulrich Beck: “Germany has created an accidental empire-
-Habermas: L'Allemagne profite de la crise 
-  Altkanzler Schmidt kritisiert Merkels Europa-Kurs -
- Europe : est-ce vraiment l'Allemagne qui paie ?
 -Et si l' Allemagne n'était pas si exemplaire...
-L'Allemagne prise au piège

vendredi 19 avril 2013

Mourrez, nous ferons le reste

 Ceci est mon e-testament!
  ________________________Pourrez-vous dire demain.
 Le plus tard possible, bien sûr..
__Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus, Google est vraiment plein de sollicitude à votre égard..
 Non content de vous suivre pas à pas, dans la vie, il vous accompagne jusqu'au tombeau.
Mais pas au-delà.
Après, c'est votre affaire...
Soucieux de votre personne, il prend en charge quelques menus problèmes, dont la gestion ne vous est plus nécessaire dans l'au-delà, et efface tout sur simple demande...avant que la nature se charge de le faire pour votre corps mortel.
Il ne va pas tout de même pas jusqu'à vous remettre post mortem en main inerte une clé USB contenant toutes vos traces laissées sur le web, que vous pourriez réutiliser peut-être plus tard sur quelque méga-ordinateur céleste, mais il peut garantir que vos e-oeuvres seront à tout jamais à l'abri de toute indiscrétion et réutilisation futures. Vous ne laisserez plus vos productions  dans les poubelles du net, à la merci de médiocres ou malhonnêtes usagers. Place nette!
__Même s'il n'y a  pas de vie virtuelle après la mort (mais qui sait?), pour Google, il y a au moins une façon de l'organiser. Le géant américain vient de lancer son nouveau service "Inactive Account Manager", qui permet de prévoir et d'organiser ce qu'adviendront les données personnelles du titulaire d'un compte Google, avec tous ses services associés, après sa mort...
Celui-ci pourra en premier lieu décider de la date de mise en inactivité de son compte (trois, six, neuf ou douze mois après sa mort), ainsi que de ce qu'il adviendra de ses photos sur Picassa, de ses vidéos publiées sur Youtube ou de ses Google Docs. Le titulaire du compte peut ainsi décider du transfert de l'ensemble de ses données vers une personne de son choix..."
 "Inactivité" , c'est bien le mot....
__Sympa, non? Et tout cela gratuitement!
Si vous le désirez, vos héritiers et amis pourront même en profiter, gardant ainsi de vous un e-souvenir impérissable.
Un simple clic remplacera une visite fastidieuse à une cimetière peut-être lointain.
Des pages de commémorations seront prévues..
 "Nous espérons que cette nouvelle fonction vous permettra de préparer votre vie numérique après la mort, d'une manière qui protège votre vie privée et votre sécurité", a commenté le géant de l'internet.
 Sur Facebook non plus, on ne meurt jamais...Sur Memorial on line non plus...
Merci qui?
Alleluia!
_________________
Paru dans Agoravox

jeudi 18 avril 2013

Thatcher: un mythe s'efface

Une dame très contestée
____________________ Maggie n'eut pas une famille modèle, mais de nombreux enfants spirituels, en continuant à inspirer  les règles économiques du pays de sa Gracieuse Majesté.
Tout inoxydable qu'elle fut, elle quitta la scène, laissant des héritiers et un l'héritage, un lourd héritage.
Son pouvoir hypnotique perdure, ambivalent.
  Les  mythes aussi, sur cette personne hors du commun, un icône célébrée par ses proches en libéralisme, "à commencer par le  Premier ministre David Cameron, conservateur comme «Lady Thatcher», qui selon lui «n’a pas seulement dirigé» la Grande-Bretagne, mais «l’a sauvée». Le chef du gouvernement a d’ailleurs écourté un déplacement sur le continent pour regagner Londres."
Mais d'autres voix s'expriment: "la toile s’est aussi faite l’écho de la rancoeur de nombre de ses concitoyens, opposants, syndicalistes, responsables nord-irlandais ou victimes de sa politique, qui l’exécraient. «Je bois un verre en ce moment précis. C’est un jour merveilleux. Je suis ravi», a lancé David Hopper, responsable régional du syndicat des mineurs dans le nord-est de l’Angleterre ajoutant «elle a décimé l’industrie, détruit nos communautés».
Un mythe perdure, que certains s'emploient à déconstruire,  pour retrouver un rapport plus juste au passé:
"... Les constructeurs du mythe Thatcher ont un objectif principal en tête : faire accepter au plus grand nombre que le thatchérisme fut un chaînon aussi inévitable que nécessaire dans l’histoire du pays. Déconstruisons quelques éléments principaux de cette mythologie thatchérienne.
« Margaret Thatcher sauva le pays du déclin économique » : Il n’en est rien. Les résultats économiques des années 80 sont bien en deçà de ceux des années 50 et 60 ; décennies pendant lesquelles la croissance fut plus soutenue et durable. Quand finalement l’économie commença à croitre à la fin des années 80, elle reposa sur la bulle du crédit et l’activité financière. Au moment de son départ de Downing street, l’économie était de nouveau en récession. N’oublions pas non plus que Mme Thatcher bénéficia des revenus importants issus de l’extraction du pétrole dans la mer du nord.
« Margaret Thatcher allégea le fardeau de la fiscalité pour tous » : C’est faux. Entre  1979 et 1989, le niveau de taxation (en tant que pourcentage du PIB) passa de 39% à 43%. Le premier ministre allégea les impôts des plus riches : le taux d’impôt maximal était de 83% en 1979 et de 40% quand elle quitta le pouvoir. Inversement, la TVA – impôt indirect qui frappe davantage les catégories populaires – passa de 8% à 15% dès son arrivée au pouvoir.
« Sous Margaret Thatcher, les Britanniques se sont enrichis » : Nouvelle contre-vérité. En 1979, le 1/5e le plus pauvre de la population recueillait 10% des revenus nationaux après imposition contre 7% en 1989. Pendant la même période, la part du 1/5e le plus riche passait de 37% à 43%. Les riches se sont donc enrichis et les pauvres se sont appauvris. Corolaire de cet appauvrissement la criminalité a augmenté de 79% entre 1979 et 1989.
« Margaret Thatcher a restructuré et modernisé l’économie » : Pas du tout.Encore aurait-il fallu qu’elle ait un projet industriel, ce qui n’était pas le cas. Thatcher a détruit l’industrie britannique qui ne s’en est toujours pas remise à ce jour. Entre 1980 et 1983, la capacité de production de l’industrie a baissé de 24%. Avec les privatisations et la fermeture d’entreprises (dont les puits de mine dans le nord du pays), le pays a compté plus de 3 millions de chômeurs pendant la majeure partie des années 80. Margaret Thatcher fit le pari d’une économie nationale dépendante de la City et de la finance, avec les conséquences que l’on connait aujourd’hui.
« Les privatisations de Mme Thatcher ont permis la création d’un marché libre et compétitif » : Il s’agit d’une affirmation tendancieuse et incorrecte. Les ventes d’entreprises nationalisées, sous-évaluées, ont essentiellement permis de renflouer les caisses du trésor. Les services privatisés se trouvent pour la plupart aujourd’hui dans une situation monopolistique, et remplissent des services d'une qualité médiocre à des coûts élevés (eau, gaz, électricité).
« Thatcher fit reculer l’emprise étatique sur le pays » : sur le plan économique, l’Etat s’est effectivement effacé, ce qui a accru les inégalités économiques entre individus, et les services financiers ont été dérégulés. Sur le plan des libertés civiles et des relations du travail, le thatchérisme fut très interventionniste : lois antisyndicales ; imposition d’une bureaucratie visant à surveiller les fonctionnaires et les enseignants, et crispation autoritaire sur le plan des mœurs.
« Thatcher, personne de conviction, combattit en faveur de la liberté et de la démocratie » : faut-il rappeler que Mme Thatcher s’opposa aux sanctions contre le régime d’Apartheid en Afrique du sud et traita Nelson Mandela de « terroriste » ? Thatcher apporta aussi un soutien indéfectible à Augusto Pinochet, à qui elle rendit visite en 1999 lorsqu’il fut brièvement retenu en Angleterre pour répondre aux charges de crimes contre l’humanité. Elle refusa le statut de prisonnier politique à Bobby Sands et à ses camarades de l’IRA, et n’eut pas l’ombre d’un remords quand ceux-ci moururent après une longue grève de la faim. L’intervention aux Malouines – contre l’avis de ses ministres et de la hiérarchie militaire – fut politiquement douteuse, économiquement coûteuse et humainement cruelle.
« Thatcher a vaincu la gauche et le thatchérisme a connu son apothéose sous Tony Blair » : C’est vrai et, ici, la mythologie rejoint le réel ; une réalité des plus inconfortables pour les directions travailliste et syndicale. Margaret Thatcher a mené de plein front une lutte des classes – pour le bénéfice de sa classe, les nantis - que les états-majors de la gauche britannique ont abandonnée à partir de 1979, pour le malheur de la classe ouvrière. Ce sont Tony Blair et Gordon Brown qui ont entrepris la réhabilitation d’une figure largement détestée dans les années 90 et jusqu’à sa mort. Blair a affirmé que Mme Thatcher avait inspiré son action et Brown la reçut à Downing street avec les honneurs dus à un chef d’Etat en exercice. Blair et Brown passeront à la postérité comme les grands bâtisseurs du mythe Thatcher.
A quoi bon manufacturer le mythe Thatcher, 23 ans après son départ de Downing street ? Le procédé permet à peu de frais de revivifier TINA - le mot d’ordre des néolibéraux de tout poil depuis trente ans : en vertu de celui-ci, rien n’est possible, rien n’est envisageable en dehors du cercle de la raison économique ; cette doxa qui préconise toujours plus d’austérité, le démantèlement de l’Etat social et le libre échange. TINA est de facto la Nouvelle Internationale ; celle qui regroupe aujourd'hui la droite populiste, les conservateurs, les néolibéraux et la social-démocratie blairisée. Il est compréhensible que le bilan politique de Margaret Thatcher soit acclamé par ceux qui soutiennent la barbarie économique actuelle, ou par ceux qui ont capitulé face à elle...." (Philippe Marlière)
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- Sherlock Holmes, Miss Thatcher et l'empire du mal

mardi 16 avril 2013

Paradis fiscaux: un tournant?

Vers la chute d'un mur?
______________________La bombe Cahuzac et l'affaire chypriote ont créé un miniélectrochoc, libéré les langues et les medias et suscité certaines initiatives politiques.
L'ampleur et la nocivité des paradis fiscaux apparaissent mieux pour ce qu' elles sont, même si nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg.
 Les experts cités par « The Guardian » estiment que l’argent placé dans les paradis fiscaux et qui échappe donc de cette façon au fisc est l’équivalent du Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis et du Japon réunis !
En France, cela représenterait six fois le trou de la Sécu...
Et on s'étonnera que les caisses soient vides!
Un élément non négligeable d'appauvrissement général, par manque à gagner fiscalement donc économiquement et socialement.
Une routine... "...quiconque fraude le fisc à travers les paradis fiscaux ou les places offshore ne planque pas simplement ses capitaux mais participe à la spirale de la dette et de ses bénéfices… "
Et on ne parle que de l'évasion fiscale, pas du recyclage de l'argent sale...
__Comment éradiquer l'opacité, qui constitue le mode de fonctionnement et la force de certains organismes financiers, couverts par les autorités de leurs pays, ayant souvent pignon vertueux sur rue?
En quelques années , on pourrait en France résorber le déficit.
Des mesures efficaces pourraient rapporter  30 à 50 milliards d'euros.
Il suffit de se référer du rapport officiel du Sénat pour en être convaincu.
Mais serions-nous enfin à  un tournant, du moins en Europe?
Un mur est-il tombé, comme l'estime Pascal Canfin, comme il a commencé à tomber, en partie aux USA, dans certains secteurs, ou n'est-ce pas plutôt qu'un coup de canif?
 Car la lutte contre l'évasion fiscale en Europe bute sur l'unanimité, même si certains pays, par intérêt, commence à lâcher du lest. "En Suisse, au Luxembourg et ailleurs, on se prépare désormais à l'inéluctable disparition du secret bancaire, ce paravent commode pour refuser de coopérer. Et comme l'affirme le ministre luxembourgeois Luc Frieden, "il sera difficile de refuser aux États européens ce que nous aurons accepté de faire avec les États-Unis" (ici)
 Mais  des mesures beaucoup plus drastiques et courageuses devraient être prises, au niveau international, pour en finir avec la face cachée de la finance mondiale, enfer de l'économie réelle...
Un mur d'opacité et de pouvoirs occultes, qui est loin de s'écrouler.
Juste une brèche... 
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-UBS en première ligne

lundi 15 avril 2013

Où va la psychiatrie?

Le  débat se durcit
__________________Les dérives de la psychiatrie en France sont  dénoncées depuis de nombreuses années:
Réduction des budgets, déshumanisation, personnel moins formé, domination du modèle anglo-saxon, hausse irrationnelle de la prescription des psychotropes, augmentation insensée de la part du pathologique, pression des laboratoires pharmaceutiques déterminant l'information...
 Pour le psychiatre Allen Frances, la psychiatrie est en dérapage incontrôlé, dénonçant le marché des médicaments et la pression des laboratoires, toujours en embuscade.
 "...Nous avons analysé 93 suggestions de changement et n’en avons retenu que trois. Cependant, ces modifications que nous pensions mineures ont eu des conséquences inattendues. Ainsi le trouble bipolaire de type 2, que nous avons introduit, a permis aux entreprises pharmaceutiques, grâce à la publicité télévisée en particulier (les États-Unis sont le seul pays au monde à autoriser les laboratoires à faire de la publicité directe), de doubler le nombre de patients traités pour troubles bipolaires.
De même, nous avons un peu élargi le diagnostic du trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention pour permettre de repérer davantage de filles. Et nous avons eu la surprise de voir les laboratoires s’engouffrer dans la brèche. Le marché des médicaments contre les troubles de l’attention est passé de 15 millions de dollars avant la publication du «DSM-IV» à 7 milliards aujourd’hui…
Dernier point: l’autisme. Constatant que de nombreux enfants ne présentaient qu’une partie des symptômes, nous avons introduit le syndrome d’Asperger. Nous pensions que cela triplerait ou quadruplerait le nombre de cas recensés. En fait, ça l’a multiplié par vingt. Cette inflation est due à un autre phénomène: la possibilité pour les parents de bénéficier de services spécifiques à l’école et ailleurs...
  D’abord, il faut faire très attention quand on pose un diagnostic, surtout sur un sujet jeune. Parce que, même s’il est faux ou abusif, ce jugement risque de rester attaché à la personne toute sa vie. Le diagnostic va changer à la fois la manière dont l’individu se voit et la manière dont les autres le voient. Or, même si les experts du «DSM-5» peuvent avoir parfois raison dans leur façon de modifier telle ou telle catégorie diagnostique, et si chacun d’eux peut avoir la compétence nécessaire pour l’appliquer de manière pertinente à ses patients, il n’en va pas de même des médecins généralistes qui, aux États-Unis comme en France, prescrivent 80% des psychotropes. Ils ne sont pas formés à la psychiatrie et sont particulièrement sensibles au marketing des laboratoires. Et pour ces derniers, comme je l’ai dit, toute modification de diagnostic est une aubaine, parce qu’elle permet de proposer de nouveaux médicaments ou de nouveaux usages pour des médicaments anciens. Ce qui accroît le coût pour la collectivité et les risques d’effets secondaires..."
-Comme dans d'autres domaines... 
 Ray Monihan (lire ici également), journaliste au British medical Journal dénonce depuis longtemps ces relations dangereuses entre médecins et labos, « en élargissant les critères des maladies on fait en sorte que les hauts et les bas de la vie quotidienne deviennent les symptômes d’une maladie dans le but de prescrire plus largement des médicaments ».
Le rêve des labos, souligne-t-il : vendre des médicaments à tout le monde, pas juste aux malades. Car le marché des gens bien portants est bien plus large...
Des psys s'inquiètent...

samedi 13 avril 2013

Humeurs du jour

*Grèce: on n'arrête pas le progrès...
___La braderie continue...

*Londres: les pauvres paieront
___Ils sont tellement plus nombreux ...

 *Chypre : euros forts, euros faibles.

 *Maggie:_ _Rideau___!
___Les héritiers et l'héritage.

* Sodexo : une "world company" au « service » du monde carcéral
___C'est bon pour les actionnaires...

* Le traité sur les armes : un non-événement qui cache une tragique réalité

*Le nouveau job de Nicolas

 *Offshore Leaks: mais où va-t-on, ma bonne dame?

* L'agriculture biologique peut-elle nourrir l'humanité ? 

*Violences médiatiques et luttes sociales

*Un pape ingérable!

*Y en aura pour tout le monde...
__Pourquoi « Dans l’affaire Cahuzac, Marine Le Pen a été très soft. » (L.Aliot)

*La guerre des statines continue.

*La Deutsche Bank dans le collimateur
___" Deutsche Bank est l’exemple le plus criant : selon son rapport annuel, la fraction de ses activités concernant l’économie réelle (prêts à des entreprises, des ménages ou des Etats) représentait 18 % seulement de son bilan total, soit une partie très modeste. Cela veut dire que la Deutsche Bank est une sorte de hedge fund camouflé en banque de détail !"