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mardi 21 octobre 2014

Allemagne: Achtung!

 La face cachée de la "prospérité allemande"
                                                          L'Allemagne continue décidément d'être au coeur des vifs débats.
                       Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, si l'équipe libérale au pouvoir à Berlin perçoit les signes qui viennent de toutes parts.
   Elle aussi est rattrapée par la crise de la zône euro.
Ce qui n'est pas étonnant, vu sa politique économique presque exclusivement mercantile et sa position exportatrice centrale, qui a fini par devenir un jeu dangereux.
     L'Allemagne, par détestation de tout ce qui est keynésien, se méprend sur l'Europe économique. Comme le résume Martin Wolf dans le Financial Times: l'Allemagne s'est dotée d'une économie d'exportation qui dépend de la demande des autres, elle est pourtant le pays qui s'évertue à restreindre cette demande des autres.
   Les perspectives d'avenir et les indicateurs ne sont pas bons.
  Les marchés chinois ne suffiront pas à soutenir la production et Pékin faiblit lui aussi.
    Ach! Deutschland n'est pas le  bon élève qu'on croit et tout se passe comme si le pays voulait s'affranchir de l'Union européenne sans le dire ou ramener son fonctionnement à ses propres exigences à court terme.
     Beaucoup d'Allemands en sont conscients et des fissures se font jour dans la coalition au pouvoir.
   Il est clair maintenant qu'elle ne peut pas être un modèle pour la zone euro...mais elle peut le devenir...
         En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas.
     L'Europe décroche et l'Allemagne déprime, ce qui n'est bon pour personne.
  Certains signes indiquent qu'elle semble pourtant vouloir sortir de sa suffisance officielle, celle du moins des libéraux qui mènent la barque.
      La locomotive allemande ne peut tirer le reste de la zone euro que si la croissance démarre aussi dans… les autres pays membres. Et ce, de façon autoentretenue. C’est-à-dire grâce au redémarrage local de l’investissement et de la consommation....
   Alors que le FMI découvre enfin que l'austérité est bien plus nocive que prévu.
       Malgré les changements inévitables en vue à terme, pour éviter la spirale de la déflation, on est loin d'un renversement irréaliste qu'évoquent certains franco-enthousiastes. 
  Les relations avec la France sont pour le moins tendues.
Sans un changement de rapports, c'est toute une conception de l'Europe (qui reste encore à définir) qui risque de capoter.
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Leadership allemand:  "
« ...On s’approche du point de rupture », craint un haut fonctionnaire européen, « cette domination d’un seul est trop éloignée de l’idéal européen ». « La place qu’occupe l’Allemagne devient insupportable », renchérit un eurodéputé conservateur français : « il n’y a pas que nous qui nous plaignions, d’autres nationalités commencent à trouver que trop c’est trop. Le couple franco-allemand ne peut pas être remplacé par Berlin. Une Europe allemande, c’est courir le risque du rejet ».
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