Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 10 décembre 2014

Une Grèce fantôme

 Que reste-t-il de ce pays?
                                        La tutelle de la Troïka a rendu ce pays méconnaissable, en imposant une austérité sans fin.
                    Il est comme en situation de guerre, sauf que tous ne souffrent pas au même degré.
           Certains annoncent une résurrection pour bientôt, mais beaucoup, publiquement ou non, reconnaissent que l'impasse est totale, malgré quelques maigres résultats dans le secteur du tourisme notamment, et que la dette, si minime par rapport à celles de pays industrialisés qui font la morale, ne sera jamais payée. L'étau ne se desserre pas. 
        De crise en crise, on ne sort pas du cercle vicieux. Les erreurs s'accumulent obstinément. Mais sont-ce vraiment des erreurs? Le passé n'explique pas tout...
      Même Martin Schulz finit par le reconnaître.  Le pape François, en déplacement au Parlement de Strasbourg, a également critiqué le fait que les populations étaient traitées comme des "instruments économiques" et "les rouages d'une machine".
  En fait, pour dire les choses crûment, la Troïka se fout de l’avenir de la Grèce.
         On brade le pays par pans entiers aux intérêts étrangers (ports, aéroports, chemin de fer...). La  descente aux enfers continue:
     "...Les pensions des retraités, déjà amputées en 2010, ont encore perdu cette année entre 5 % et 15 % selon les situations. Les services publics ont été mis au régime sec. Ainsi, la part du budget alloué à la santé est passée de 10,03 % à 9,16 % du PIB entre 2009 et 2012, selon l'Autorité statistique hellénique (ELSTAT).
   Neuf hôpitaux d'Athènes et Thessalonique (deuxième ville du pays) ont été transformés en centres de soins aux prestations réduites. Près de 10 000 lits ont disparu et le recrutement du personnel hospitalier a été gelé. Tous les centres de soins de santé primaires ont fermé.
   Dans l'éducation, les dépenses ont diminué de 28,3 % entre 2008 et 2013 et plafonneront à 5,1 milliards d'euros en 2014. Ce qui s'est traduit par la fermeture de départements entiers dans l'enseignement technique ainsi que la mise en disponibilité de 1 750 agents administratifs des universités.
    Dans le privé, au nom de la politique de dévaluation interne visant à rétablir la compétitivité du pays, le salaire minimum brut est passé de 751,39 euros en 2009 à 586,08 en 2012. Il est de 489,38 euros pour les jeunes de moins de 25 ans. Alors qu'avant la crise, c'est au terme de négociations entre partenaires sociaux que s'établissait le niveau du salaire minimum, cette baisse, allant de 22 % à 33%, a été imposée par une loi votée en 2012.
   De manière générale, le marché du travail a été largement dérégulé. Les conventions collectives et accords de branches ont été au mieux vidés de leur sens, au pire supprimés. La flexibilité accrue. Il est désormais plus facile de licencier  et de recourir au contrat à durée déterminée..."
    La réalité est on ne peut plus brutale.
Dans les conditions actuelles, la voie de la guérison est une doux songe.
      A Athènes, qui a perdu un quart de sa population, les gens sont enfermés dans un présent implacable.
  Le délabrement est grand et le désarroi insondable:
      Comme dit l'histoirien Panagiotis Grigoriou, "..La politique de la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international), est un génocide économique lent et la “gouvernance” Samaras se concrétise alors par la propagande, la terreur ; porteuses de mort, de népotisme et de corruption. Avant même les scènes de guerre d’Athènes et de Thessalonique de ce week-end, la police avait été envoyée la semaine dernière pour… stopper des handicapés dans leur marche vers le ministère des Finances. “Dans l’indignité nous mourrons” criaient-ils dénonçant la suppression de leurs allocations et pour certains d’entre eux, leur… expulsion du système de Santé publique
    La crise sanitaire est inouïe.
         Il y a de l'argent pour les banques, mais plus pour les hôpitaux et les services sociaux.
La démocratie est morte au pays de Socrate. 
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VA-TOUT EN GRECE
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-Relayé par Agoravox
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