Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 26 février 2014

La faute aux pauvres

 They won!   On a gagné!
                                                Sont pénibles, les pauvres, ces losers: toujours à se plaindre!
Devraient arrêter...
W.B., source d'inspiration...
   Sont gonflés, d'autant que la plupart ne paient pas d'impôts (oui si peu)
Nous fatiguent...
  Toujours à lorgner sur les beaux quartiers et les solides comptes en banque!
Des envieux, je vous dis, qui pourtant se ruinent à achèter smartphone et champagne à Noël...tout en trouvant les fins de mois difficiles, surtout à partir du 10...
   Toujours à regarder plus haut: la Mercédés du  voisin, sa piscine, son jet privé...
L'herbe est toujours plus verte à côté.
       Devraient enfin comprendre une chose:
 La lutte des classes est terminée: les riches l'ont gagnée !
Warren Buffett l'avait pourtant bien dit, dès 2006, et JLSS confirme:
« C’est ma classe, les riches, qui a déclaré cette guerre et c’est elle qui est en train de la remporter » ! avant de confirmer en 2011 que cette guerre avait bel et bien été gagnée : « they won  » – ils ont gagné!
       Les faits lui donnent raison car, s’il fut approprié un temps d’évoquer les fameux « 1% » les plus privilégiés, certaines fortunes ont pu croître de manière exponentielle à la faveur même de la crise..."
       Et pas qu'aux USA
Les plus démunis n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes: la pauvreté et la précarité sont le produit de la paresse, d'un manque d'initiative, d'audace entrepreneuriale et boursière. Maggie l'avait assez dit, comme son ami Reagan, et Hartz plus tard, à la suite d'une longue tradition, qui remonte au début de l'ère industrielle.  
       Commme disait le Le pasteur baptiste Russell Cornwel  (1853-1925) « Je dis que vous avez le droit d’être riche, et c’est votre devoir de l’être. L’homme qui devient riche est peut-être l’homme le plus honnête de votre communauté. Je serai clair sur la chose : 98 % des hommes riches vivant en Amérique sont honnêtes et se sont hissés au sommet à la force du poignet. C’est justement la raison pour laquelle ils sont riches. C’est aussi la raison pour laquelle on leur fait confiance en matière de finance. C’est la raison pour laquelle ils ont créé de grandes entreprises et qu’ils ont réussi à inciter des tas de gens à travailler pour eux. Je compatis néanmoins avec ceux qui sont restés pauvres, même s’ils doivent, d’abord, à leur propre incompétence de n’avoir pas échappé à leur condition. Rappelons-nous qu’il n’y a pas une seule personne pauvre aux États-Unis qui n’a pas été pauvre par ses propres défauts et faiblesses. »

      Quand on veut, on peut!
Chacun a sa chance, disait un Président et l'argent, c'est la liberté.
      Voici venu le temps des riches, des très riches, qui n'ont même plus besoin d'investir.
   .Mais suffit pas de rêver.. et le ressentiment ne mène qu'à la résignation
    Les riches, sans complexes, sont justement récompensés des efforts qu'ils fournissent, des initiatives qu'ils prennent, donnant du travail aux pauvres, contribuant aussi par leurs impôts à leur existence et à leur bien-être, pratiquant même la charity -(business).
    La richesse ruisselle du haut en bas et plus il y aura de riches, moins il y aura de pauvres, du moins de très pauvres. Même si certains prétendent que les pauvres financent les riches.
  Heureusement qu'ils existent! Et on peut les taxer: ils sont si nombreux!
Sans eux, la jouissance de sa fortune serait-elle possible?
     Les très riche se sont faits eux-mêmes, tout seuls, à la force du poignet. Ce ne sont pas des losers.
Voyez tous ceux qui sont partis de rien, ou presque,comme Rockeller, Carnegie, Soros, etc...
     Ils se sont sortis tout seuls de la précarité.
Demain, tous riches! C'est possible!
Pourquoi tu tousses?...
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lundi 24 février 2014

Cher coltan

    L' exploitation des terres rares est devenue un enjeu stratégique majeur dans la course aux nouvelles technologies, la Chine gardant une grande longueur d'avance.
  Le coltan,  dont le prix ne cesse d'augmenter, en fait partie, qui entre notamment dans la fabrication de nombreux produits électroniques, des téléphones portables, tablettes, etc...
                                                                    Le fondateur de l'Opep avait appelé le pétrole l' excrément du diable.
    On pourrait en dire autant du coltan, du moins dans les sites d'exploitation artisanale encore en activité en Afrique centrale, particulièrement au Kivu, dans la RDC, en déshérence depuis la chute du système Mobutu.
  On peut le considérer là comme un  produit maudit, quand on regarde les conditions matérielles et socio-politiques de son extraction, les trafics auxquels il donne lieu, les conflits locaux dont il se nourrit et qu'il contribue à alimenter, les pratiques de certains Etats et de certaines grandes compagnies.
   Il y est souvent décrit comme un désastre humain et écologique, dénoncé dès 2001 par certaines organisations internationales.   (voir Coltan rf.pps et là)
                             "Aujourd’hui, tout le monde est presque unanime (pour reconnaître )que le « coltan » est au cœur de la guerre en République démocratique du Congo (RDC), l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs rapports, dont celui des Nations Unies, des ONG et les témoignages des évêques et missionnaires qui travaillent dans cette région, ont mis à nue la réalité de la guerre comme un conflit beaucoup plus vaste qui a des implications économiques et stratégiques qui vont bien au-delà du Congo et de l’Afrique même. Les différents mouvements de guérilla qui agissent dans les deux provinces congolaises se disputent le contrôle des gisements miniers. Il y a derrière ces mouvements plusieurs états africains, dont le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Certaines multinationales telles que Nokia, Alcatel, Apple, Nikon, Ericsson sont mises en cause de financer indirectement les guerres par les taxes payées aux groupes rebelles. Doit-on continuer à parler simplement de guerre « ethnique » ou « tribale » ? N’est-ce pas là une manière d’occulter la réalité et, ce faisant, se rendre complice de ceux qui veulent continuer à exploiter impunément cette région au détriment de ses habitants?"
       Le document suivant, aux nombreux liens, cherche à dénoncer certaines approximations énoncées sur cette question, permet de se faire une idée plus complète, plus large, mais aussi plus nuancée  sur les lieux et les conditions actuelles de son exploitation.
  Culpabiliser le consommateur et l'usager n'est ni juste ni efficace. Il s'agit d'abord d'analyser, d'informer, de dénoncer, d'agir...
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Quelques liens en vrac:
-« Pour une poignée de coltan »
-Le coltan congolais a rapporté 250 millions de dollars au Rwanda
( enquête de l'Observatoire des ressources naturelles en Afrique australe (SARW), citée par l'agence de presse associée (APA) - http://www.7sur7.be [archive] le 04/12/08)
Quand les smartphones tuent les congolais [archive], sur le site jssnews.com du 17 février 2011
-Du sang dans nos portables, Jeudi Investigation, Canal Plus. Patrick forestier, 2007.

    Le vert se vend

     Le vert, ça peut rapporter
                                                  On connaît la valeur attractive de la couleur verte dans notre culture, symbole de vie, de renouveau, d'authenticité naturelle, de santé, de jeunesse...Le vert c'est l'espoir.
    La dimension symbolique de cette couleur est devenue omniprésente dans  notre univers consumériste.
       Plus vert que moi, tu meurs... L'étiquette verte sur tel produit alimentaire, le fond vert ressortant de tel produit laitier, le logo vert, comme rappel de quelques exigences écologiques et citoyennes, voilà qui est devenu commun, expression d'un souci environnemental récent, de produits sains, se détachant de ceux qu'une agriculture industrielle, de ses normes et de ses dérives phytosanitaires et productivistes, surtout soucieuse de produits à bas coûts, ont fini par imposer.
      Le vert est devenu symbole de protestation et de ralliement  contre ce qui est devenu hyperindustrialisé, hors-sol, sans qualité ni saveur, toxique parfois...
       Fort bien. Sauf que, comme cela se produit souvent, ces nouvelles exigences sont allègrement récupérées par les producteurs et le business en général, alimentaire en particulier, qui se situent parfois à des années-lumières de ce que l'on recherche derrière l'étiquette au couleur de la nature.
      Le détournement de couleur, l'instrumentalisation du vert à des fins purement commerciales, voilà qui crée la confusion dans l'esprit de la recherche du "bio", du durable, du sain...
      Cela fait un moment que des firmes de tous poils, aux pratiques et aux finalités peu écologiques, se sont mises au vert...
      Une certaine écologie superficielle ou mondaine (non pas l'écologie scientifique) flirte souvent avec l'ambiguïté attachée à une couleur qui aurait valeur d'étendart militant.
      Cela fait un moment que l'on met le vert à toutes les sauces.
    Le consumérisme vert, avec toutes ses ambiguïtés et ses contradictions, se porte bien, pas seulement dans une certaine presse superficielle et racoleuse, où, "dans le royaume enchanté du « capitalisme vert », l’argument de la sauvegarde de la planète se mue ainsi en simple recette publicitaire, un argument de vente parmi d’autres et grâce auquel il s’agit de rassurer le consommateur, ou ici la consommatrice, sur les conséquences de ses achats..."
      On connaît mieux les techniques et les procédés du greenwashing, ou de l' écoblanchiment, qui tendent à introduire confusion et brouillage  dans les esprits les moins informés, les plus poreux à une publicité faussement moderniste et scientifique, qui sait s'adapter pour mieux nous séduire, qui sait habilement renouveler son discours, en se référant souvent à la notion-piège de développement durable.
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    vendredi 21 février 2014

    Epidémie bancaire?

                                 Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre.” (Voltaire) 

               Pas sûr que le conseil (sarcastique) de Voltaire, qui ne valait que pour les banquiers (ou financiers) suisses de son époque, vaille aussi pour la nôtre... vu la dimension des banques et le rôle qu'elles jouent aujourd'hui.

    On pourrait même dire qu'il y aurait lieu de s'inquiéter...étant donné l'impact des grandes crises financières sur l'économie réelle.

    Comme ce fut le cas lors de la grande crise de 29, même si on en exagéra sans doute l'importance.

         Comme on le vit en 2009 

    Comme en  Allemagne plus récemment 

          Une série d'autres , surtout chez JP Morgan, la banque qui sent le soufre.

    Est-ce la crainte d'un nouveau krach boursier qui serait à l'origine du mal? 

          Ou/et l'annonce de suppressions d'emplois massives?

    L'image de la City, cet empire dans un royaume, se dégrade..

          Cette vague de suicides, qu'il reste encore à élucider, pose en tous cas un problème de fond.

    Il ne s'agit pas (seulement) d'un certain mode de management.

         Mais elle touche au mode de fonctionnement  dans la financiarisation de l'économie, à un système qui se serait criminalisé, et au risque d'un nouveau krach possible.

           Si rien n'est écrit, les risques sont grands 

    Donc, attendons un peu avant de suivre notre banquier dans sa chute fatale...

          L'histoire ne se répète pas, mais elle peut bégayer...

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    jeudi 20 février 2014

    Taxer les transactions financières

              Les transactions financières en tous genres ont atteint un tel volume, une telle diversité, 'une telle rapidité  qu'elles échappent au contrôle des Etats,  qui  ont puissamment contribué à leur développement dans  le cadre d'une finance mondialisée totalement libéralisée.
         La taxe Tobin fut un  premier projet, jugée comme utopie réaliste, pour tenter de freiner ce développement anarchique et de détourner un petite fraction des sommes immenses en mouvement à des fins utiles de développement et d'investissement. 
       Le Président Sarkozy, d'abord hostile à cette mesure jugée antiéconomique, finit par reconnaître en paroles la nécessité de son principe: on ne règlera rien, si on ne règle pas d'abord la question du capitalisme financier qui impose à l'économie et à la société son propre système et ses propres normes», a affirmé le Président, selon lequel «les réunions du G20 à Washington et à Londres resteront dans l'histoire comme des étapes décisives, à condition que les engagements qui y ont été pris soient tenus». Mais Nicolas Sarkozy estime que «dans beaucoup de domaines, il faudra aller beaucoup plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs».]
                                                                Si ce type de taxe peut être jugé complexe à mettre en place, surtout de la part de places financières qui ont intérêt à traîner les pieds, son  principe s'impose sous une forme ou sous une autre.
       Malgré les belles paroles, l'inertie est massive. Plusieurs pays européens s'étaient engagés à précipiter la décision . Mais les désaccords sont encore importants et les résistances sont grandes, quand on  mesure le lobbying des banques, certains intérêts puissants   ainsi que les ambiguïtés de Bercy.(1)
         "Six ans après le déclenchement de la crise, les institutions financières continuent de bénéficier d’un soutien sans précédent : pas moins de 4 500 milliards d’euros d’aides publiques, soit 37% du PIB de l’Union européenne, ont été injectés pour permettre au secteur financier de sortir de la crise. Parallèlement, les bénéfices générés sur les marchés financiers échappent à toute contribution fiscale et exonèrent les spéculateurs de toute participation au coût de la crise. Plus grave, les pratiques les plus spéculatives et la course aux profits de court terme perdurent. Or, la grande majorité de ces gains n’est pas réinjectée dans l’économie réelle..."
              Dans le grand jeu bancaire, l'industrie financière casino, il est devenu urgent de définir des moyens de contrôle plus importants et plus généraux pour stopper les dérives maintenant bien connues et enfin mettre la finance au service d'investissements d'avenir..
       On peut toujours rêver, mais....
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    -Hier, ils en ont parlé...dans le plus grand flou. 
    - Notre gouvernement  de gauche  freine à nouveau la réforme des banques et la taxe  Tobin  en Europe.
    - L'analyse du groupe "Banques" du Collectif Roosevelt
    - Les banques spéculent sur les devises, manipulent le marché des changes et la taxe Tobin est dans les limbes
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    mercredi 19 février 2014

    Opération séduction

    François, the good fellow 
                                          Opération charme et sauvetage.
    Non, il n'y est pas allé à scooter...Trop loin, trop long.
    Il a pris l'ex-Air Sarko One.
        L'enjeu était d'importance
    Il s'agissait de redorer le blason  bien terni depuis des mois, de vendre la France aux monde des affaires et de faire allégeance au grand frère sans projet, dans le cadre du futur Accord Transatlantique.
        Il a été accueilli en  holly good fellow.
     On s'aime! s'est-on répété à la Maison Blanche. Amis pour toujours!
               Ce n'est pas de Gaulle que l'on aurait vu se prêter ainsi à de telles courbettes. Les relations France-USA ont toujours été compliquées, souvent conflictuelles sous de Gaulle, parfois tendues sous Mitterand, qui a confié à la fin de sa vie:"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique . Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort."   [Henry Cabot Lodge déclarait dèsle 7 janvier 1901:" La guerre commerciale contre l'Europe a déjà commencé. Elle ne peut finir que par la suprématie commerciale et économique des USA sur le monde entier"]
           L'opération de séduction hollandaise, circonstances obligent, vise à renouer avec le monde du business (la finance n'est plus son ennemie), avec le dogme de la compétitivité, ce mot valise, la logique du profit, essentiellement celle des multinationales.
    "  Nous n’avons pas peur des capitaux qui viennent investir en France, nous ne voulons pas nous protéger, nous n’avons pas une conception qui serait étriquée de notre intérêt national », a expliqué lundi le président de la République, à l’occasion d’un discours dans la droite ligne de ses vœux du 31 décembre et de sa conférence de presse du 14 janvier, et de nouveau à mille lieues de celui du Bourget il y a deux ans....
        Un virage qui n'est pas sans analogie, de la part du très delorien Président, du tournant de la rigueur de 1983
           Un monde soudain enchanté: Le Président vient d'inventer la génération spontanée de capital en réhabilitant la loi de Say dans sa conférence de presse du 14 janvier : « L'offre crée sa demande ». Or, une politique conjoncturelle de l'offre, ni d'ailleurs de la demande, ne peut réussir s'il n'existe pas une production potentielle préalable et des capacités de production inutilisées. Ne pas comprendre que cette crise est structurelle est une faute politique, aux conséquences délétères.
        Finies les critiques vis à vis des géants prédateurs naguère visés pour leur optimisation fiscale: Google, Yahoo,etc...Pas un mot sur la fiscalité des géants du net. Grande réconciliation dans la mythique Silicon Valley, du moins sa face connue.

       Notre social-libéral Président joue avec le feu concernant le futur Accord transatlantique. Il veut accélérer le pas. « Aller vite n'est pas un problème, c'est une solution. Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations. » Et le président français, que l'on a connu plus prudent sur le sujet, d'enfoncer le clou : « Si nous sommes de bonne foi, si nous sommes respectueux des positions des uns et des autres, si nous sommes attachés (…) à la croissance, nous pouvons aller vite »
                    Les intérêts privés vont-ils bientôt prévaloir sur la souveraineté nationale des 28 ?
      Bref, une grande braderie américaine?
      "...Est-il normal qu’un sujet aussi important, jamais évoqué par le chef de l’Etat en France ou devant les Français, soit abordé dans ces conditions ? Sous une signature conjointe avec le président de la partie contraire dans la négociation ? ..Et sur un mode aussi peu respectueux de l’intelligence de ses compatriotes ?...: « en dehors de l’élimination des barrières tarifaires, l’accord doit permettre de démanteler les barrières commerciales existantes du fait de normes et de règles différentes. » démanteler toutes les lois et règlements votés par les parlements nationaux, ouvrir une voie d’avance victorieuse à tous les contentieux que les firmes nourriront contre les états, voilà le projet ! Tout est à l’avenant : « Les marchés publics doivent être ouverts à tous les niveaux, ce qui signifie par exemple la non-application, aux entreprises européennes, des clauses de préférence nationale. Les services financiers doivent être inclus dans la négociation. Celle-ci doit permettre une meilleure harmonisation de règlementations multiples. De plus l’accord devrait également obtenir l’harmonisation des procédures de dédouanement ». Et le MEDEF français et le BDI allemand insistent sur le fait que « cet accord constituerait un progrès significatif pour le développement de règles mondiales ». En fait, il s’agit de réussir ce que l’organisation mondiale du commerce (OMC) ne parvient pas à faire pour le dérèglement mondial et la domination des normes anglo-saxonnes. Barack Obama n’a pas dit autre chose lorsqu’il a rappelé que ce « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement serait le plus important accord de libre-échange jamais conclu puisqu’il couvrirait près de 50% de la production économique mondiale, 30% du commerce international et 20% des investissements directs étranger...». 
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    mardi 18 février 2014

    Un ex-ministre au poil

    Si Copé n'existait pas, il faudrait l'inventer...
                                                                       Dans le monde des humoristes où les  vrais talents ne courent pas les rues, notre ex-ministre, sur tous les terrains, est en train de prendre une place de choix, de se préparer une vraie carrière...
         Tandis que l'étoile de  Dieudonné décline, la sienne monte, lentement, mais sûrement.
                  Depuis son gag sur le pain au chocolat, on le voit progresser et se révéler capable d'abandonner un jour la scène politique pour celle des cabarets.

       Même si ses premiers pas sont encore mal assurés, un peu lourds et limités, on sent poindre un vrai don de réel comédien qui nous réjouit sous une apparence pince-sans-rire.
         Il faut soutenir le soldat Copé!
                            Par exemple, quand il évoque un petit livre sorti de la poussière dont il vante malgré lui les mérites, on est plié...
    Un livre pour enfant, qui ne mange pas de pain, qualifié de marxiste (sic!!)
      Voilà de quoi provoquer l'hilarité des foules.
    Même le très sérieux Marchais aurait été mort de rire
              Subtilement, il fait une publicité inespérée pour ce livre, qui a connu grâce à lui un grand succès.  L'éditeur se réjouit de cette belle promotion! 
    Comme pour les fameuses viennoiseries, qui se sont vendues comme ...des petites pains...
          Tous à poil, qu'il a sorti de l'anonymat, de la banalité et de l'innocence, a révélé les vrais talents de notre bateleur. Savoir faire rire avec des riens, tout un art...
     Il fait mine de l'avoir lu, d'en avoir compris le sens et parvint à mobiliser le petit monde politico-médiatique dans des réactions outrées ou amusées.  Belle manoeuvre.  C'est trop fort!
         En même temps, il donne indirectement et subtilement à tous les parents, qui ne comprendront pas tous, une leçon implicite de pédagogie: il y a tant de livres, si on les prend à la lettre, avec des yeux d'adultes moralisateurs, qu'on ne devrait pas confier aux enfants!
     
    Par exemple,  Les plantes ont-elles un zizi? de Jeanne Failevic et Véronique Pellissier, pour 
initiation camouflée aux différents systèmes 
de reproduction (voir Acte Sud  Junior).
         De quoi faire rougir de honte Marie-Chantal et les contestataires du genre, cette nébuleuse confuse et hétéroclite, réactionnaire  et rance, dont les motivations masquées sont surtout politiques.
    Beau travail de sape!
        Il suggère aussi sans le dire qu' il existe un tas de livres pour enfants qu'il faudrait brûler en autodafé devant l'Assemblée nationale.
        Notre François  est vraiment au poil.
    Avec son humour corrosif,  son air de ne pas y toucher lui conférant un rôle d'avocat du diable, il a réussi le tour de force de ridiculiser un mouvement qui n'y parvenait pas tout à fait tout seul.
             Chapeau l'artiste! 
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    lundi 17 février 2014

    Les labos et les médecins

       Suite...
                 Après tant de scandales révélés, de grands groupes pharmaceutiques n'ont plus le vent en poupe, mais beaucoup gardent encore un pouvoir démesuré concernant la mise sur le marché de médicaments parfois inutiles, potentiellement dangereux ou insuffisamment testés.
        Le contrôle politique des institutions sanitaires a encore beaucoup à faire.
    Notamment dans le domaine de la formation médicale...et pas seulement concernant les cadeaux généreusement offerts.
         Une récente affaire vient nous le rappeler, qui fait débat dans le monde médical. Il suffit que quelques langues se délient pour faire apparaître d'étranges complicités entre des intérêts divergents: le profit des grandes firmes (qui n'est pas mince) et l'efficacité éclairée des praticiens dont la formation initiale et continue devrait être à l'abri des pressions du marché.
          Depuis l'affaire du Mediator,  les conflits d'intérêts sont toujours bel et bien d'actualité dans ce domaine. L'enfumage et la manipulation demeurent, les labos, toujours à l'affut, ayant d'excellents relais dans le corps médical.
        La publicité mensongère est encore une pratique régulièrement dénoncée et échappe encore souvent à la Haute Autorité de santé (HAS)
    Après le Viox et le Mediator qui ont mis à jour d'étranges intérêts croisés, la politique du contrôle des médicaments doit encore être renforcé.
        La transparence reste encore largement un mythe et la résistance au pouvoir des labos est encore faible et minoritaire dans le monde médical.
        Il faut revoir la pertinence des prescriptions des médicaments, et la formation initiale et continue des médecins, souvent sous contrôle à leur insu.
               Mais les principes libéraux de Bruxelles font office de freins dans la mise en place et l'efficacité d'organismes de contrôle étatique plus efficaces.
               "...Un organisme gestionnaire du développement professionnel continu (OGDPC) a été créé. Il s’agit d’une sorte de banque, qui reçoit l’argent de l’assurance maladie (notamment grâce à une taxe sur l’industrie pharmaceutique). Chaque profession y est représentée par une commission scientifique indépendante (CSI), chargée d’agréer les structures qui souhaitent former les professionnels en s’assurant de la qualité scientifique des programmes et de leur indépendance financière (gouvernance, CV des membres, liens d’intérêt, etc.). Parmi les médecins, il existe une CSI pour les généralistes. Et une autre pour les spécialistes.
    Auparavant, les formations étaient en grande partie gérées par des centrales syndicales représentatives de la profession médicale. Mais les directives européennes sur les services (dites Bolkestein) imposent un marché ouvert de la formation. Pas question d’interdire à une entreprise d'intervenir sur celui-ci. Toute la question est de savoir si ces entreprises peuvent être en partie financées par l'industrie pharmaceutique.
    Dès le printemps 2013, la CSI des médecins se prononce pour qu’il ne puisse pas y avoir « de financement des entreprises fabriquant ou distribuant des produits de santé dans les recettes totales de l’organisme ». Or, en juillet 2013, un arrêté du ministère prend le contre-pied de cette demande et autorise les organismes agréés à être financés par des labos.
    Deuxième problème : pour être agréés, les organismes qui veulent être certifiés n’ont à envoyer qu’un seul programme de formation. La CSI doit juger sur ce seul programme, une sorte d'« appartement témoin », sans rien savoir de ce qui sera fait par ailleurs.
    Pas de garantie de qualité. Aucune certitude d’indépendance. Les médecins s’insurgent. En septembre, ils écrivent à la ministre pour lui annoncer qu’ils entament un boycott de l’OGDPC et se retirent du dispositif. Dans leur missive, ils dénoncent « un système trop complexe », sans « les moyens adaptés » avec « des marges de manœuvre anecdotiques ». Ils s’estiment dans l’incapacité de faire leur travail face à un seul « programme vitrine », susceptible d’être présenté par des opérateurs ayant en réalité des objectifs purement commerciaux.
    Dans ce courrier cinglant, le CSI s’estime dans l’impossibilité de garantir l’indépendance des programmes de développement professionnel : « Vous nous demandez de cautionner les dérives que va structurellement provoquer le dispositif. » En octobre, face à ces critiques radicales, la ministre de la santé choisit de temporiser et de demander son avis à l’IGAS. Or l’inspecteur en charge vient d’envoyer ses premières conclusions au ministère (le rapport définitif devrait être rendu dans environ 6 semaines). Au ministère, on explique que les dites conclusions ne sont pas conclusives.
    Au vu de l’expertise, une chose apparaît certaine : un simple décret ne pourrait pas interdire toute relation commerciale entre un organisme agréé et l’industrie pharmaceutique. En revanche, une loi le pourrait. « Politiquement, cette solution aurait notre préférence », assure-t-on au ministère. Mais une telle réglementation pourrait s’attirer les foudres de Bruxelles. C’est en tout cas l’avis des services juridiques du ministère, également consultés sur le sujet.
    La ministre se trouve donc face à un choix éminemment politique et symbolique. « Si le marché de l’offre DPC se structure et est porté par des entreprises commerciales, on aura échoué », explique-t-on au ministère, où l'on se montre embarrassé au vu du climat actuel et des multiples affaires récentes....
    D’autant que parmi les premières offres de DPC adressées aux médecins, certaines ne manquent pas d’interroger (comme des formations proposées dans certains hôtels de luxe outre- mer)... qui permet de « combiner l’utile à l’agréable ».
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    samedi 15 février 2014

    Au fil du net

    * L'envers de la Silicon Valley

    * USA: pénuries d’eau dues au gaz de schiste?
             En Europe, pas de miracle économique à attendre des gaz de schiste.

    * Pour un débat sur le libre-échange et sur l'euro…

    * Les marqueurs culturels et les autres....

    * Quand Cameron a besoin de l'Europe

    * Ne pas céder au lobby des banques

    * Dernières nouvelles d'Europe 
                                                   De combien faut-il encore baisser les salaires pour faire revenir la production en France ? Et question subsidiaire, quand le pouvoir d’achat des salariés sera réduit à la portion congrue, qui achètera encore des voitures ?

    * A cause du précariat, les Américains ont perdu foi dans l’avenir

    * UMP: mémoire courte

    * Un pape d'enfer?
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         Images de la semaine
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    vendredi 14 février 2014

    Euro: toujours en question

                    Déjà en 2009, le statut de l'euro faisait l'objet d'âpres débats.
       L'euro-fort-qui-ne-se-discute-pas a été depuis au centre de nombreuses discussions, pas seulement économiques, car la monnaie unique était d'abord un pari politique. Elle a souvent été présentée comme un parapluie ou comme un boulet, favorisant surtout la puissance exportatrice allemande, aux dépends de ses partenaires.
    L’euro ne fait plus rêver
       A l'approche des élections européennes, le débat tend à se radicaliser.
    Certains, comme J.C. Trichet, juge que seul un saut fédéral peut sauver un monnaie recouvrant des économies si contrastées. Trichet, avait « négocié au nom de Paris chaque virgule de tous [...] les aspects monétaires » du traité de Maastricht, en 1992, confie t-il à Le Point, en octobre 2013. Le poids de la garantie apportée par Trichet à l'euro est à la mesure du prestige dévolu à ses fonctions successives, en particulier à la tête de la BCE, de 2003 à 2011. Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet résume leur place respective : « Trichet a été au système monétaire européen ce que Delors a été à la Commission et à la Communauté européenne ».
          En octobre 1990, François Mitterrand avait prévenu qu’une monnaie unique sans gouvernement européen ne survivrait pas longtemps. Or ce projet, s'il existe un jour, n'est pour l'instant qu'un projet des plus utopiques.
       La persistance d'un déséquilibre entre le nord et le sud de la zone euro, consécutive à la crise financière de 2008, puis la crise de l'euro, est la réalisation du scénario noir envisagé par l'establishment économique américain qui, de Friedman à Krugman, s'étaient penchés sur le rapport Delors.
       Quel était la raison de ce scénario noir ? C'était le vice de l'euro, c'est à dire l'absence de mécanisme pour mutualiser le risque macroéconomique entre les états. Autrement dit, un budget fédéral capable, comme aux États-Unis, de résorber les chocs asymétriques. Et, effectivement, les courbes de chômages des différents états des États-Unis, ont traversé la crise financière de 2008 en demeurant synchrones..."
           Plus d'un économiste, parfois de premier plan, considère l'euro comme une erreur et la possibilité de s'en débarasser comme une nécessité et une possibilité qui ne ménerait à aucune tragédie si le processus est bien préparé, concerté, maîtrisé. Comme l'écrit un ancien européiste, l'euro relevait de la pensée magique.

           Emmanuel Todd considère que la peur paralysante des élites face à une démarche techniquement possible est le principal frein qui nous empêche de passer à une monnaie commune (et non plus unique), permettant aux économies de respirer, de se développer et de sortir d'un marasme paralysant qui accentue la crise dans la plus grande désolidarité.
                  L'euro nous pénalise et entraîne l'Europe à sa perte.
    Selon Arnaud Montebourg, « L’euro pénalise l’industrie au lieu de la soutenir dans la grave crise de compétitivité que nous traversons. Tous les grands industriels européens dans l’aéronautique, dans l’agroalimentaire, dans les transports, et toutes les institutions économiques du FMI au Conseil d’analyse économique, lui-même placé auprès du Premier ministre, en passant par l’OCDE, défendent des politiques nouvelles et «non conventionnelles» visant à enfin faire baisser le niveau de l’euro. Pourquoi devrions-nous continuer à nous mettre la tête dans le sable» Sur ce point encore, on ne peut que partager le constat. Aujourd’hui, le taux de change de l’Euro pénalise la totalité de l’industrie française (et italienne, troisième pays de la Zone Euro). Ce taux de change accélère les processus de désindustrialisation que nous connaissons. Par ailleurs ils plongent aussi les pays de la périphérie de la zone Euro dans la déflation..." 
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    jeudi 13 février 2014

    Adieu facteur?

    Quand l' facteur part en tournée, on l'entend toute la matinée fredonner...♫♪♫
                                                            Le facteur d'aujourd'hui n'a plus le coeur à l'ouvrage...
    même s'il se transforme de plus en plus en agent de contact mutiservice dans les campagnes
    On le comprend...
    ... A l'heure où les services publics sont vouées aux gémonies, sous la pression du libéralisme financier, où l'Etat se décharge de certaines de ses missions essentielles selon les dogmes de l'AGCS et du lean management.
         A la Poste, on est de plus en plus prié de penser en terme de marché.
    Les enjeux tendent à devenir privés, préparant une dégradation programmée, donc le désengagement total de l'Etat.
       Pourtant les slogans de la Maison se veulent toujours optimistes:


    • « La Poste avance, la confiance se développe » (septembre 2012)
    • « Ce que l'avenir vous promet, La Poste vous l'apporte » (2000)
    • « On a tous à y gagner »
       On dira que le courrier traditionnel a beaucoup chuté, ce qui n'est pas faux et s'explique fort bien. Mais on remarque aussi que la besace du facteur, souvent contractuel, regorge comme jamais de publicités, de petits colis amazoniens  ou autres, pour des tournées toujours plus longues. Au guichet, le personnel est prié de faire plus que du service, mais de vendre de plus en plus de gadgets...
      La disparition programmée de la poste s'observe un peu partout en Europe, Bruxelles encourageant le processus. Mais aussi au Canada.
       En Angleterre, Cameron s'engage à vendre le Royal Mail à des intérêts privés.
    En Suède, la privatisation a pris la forme d'une déréglementation avec une ouverture à la concurrence.
     En Suisse, les dysfonctionnements sont nombreux.
         Ce processus économique  touche l'Europe toute entière : la poste autrichienne est entrée en bourse en mai 2006 ! En Allemagne et en Hollande, c'était même déjà le cas auparavant.
    En France,la poste fonctionne déjà sur le mode privé.
    Quel sera son avenir?
    Dans les prochaines années, La Poste pourrait recruter une main-d’œuvre bon marché (comme elle le fait pour la publicité non-adressée en ville), ou recourir à la sous-traitance, pour assurer la distribution du courrier sur les tournées délivrant les usagers. Des livreurs rémunérés au kilomètre...
      Les modalités sont différentes selon les pays, mais il y a une réelle convergence des logiques de fond.
     Le démantèlement généralisé, qui a déjà toute une histoire, a vocation à  aller plus loin.
              C'est ce que certains ont appelé Le Grand bond en arrière...
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