Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 31 décembre 2014

V'là 2015!


Bonne Année!
                     On peut toujours faire dans le conventionnel.
  Mais il n'est pas interdit de faire plus original.
  ____  Que sera cette année, dans laquelle on aurait envie d'entrer à reculons?..
A moins de lire dans les étoiles ou dans une boule de cristal,  on le saura le 31/12/2015...
      Une bonne nouvelle quand même, avant de commencer:  tous les sans-abri pourront être hébergés. La preuve par la Savoie...
  ___ Certains esquissent les pires scénarii:
-Un effondrement keynésien?
-Une paralysie économique?
-Un tournant pas très rassurant?
     Ou alors un nuage de sauterelles ou une pluie de grenouilles... 
     Si l'horizon n'est pas bien dégagé, pour utiliser un euphémisme, on peut relativiser le catastrophisme à la mode.
       Les Cassandre peuvent parfois se tromper...Mais un accident est vite arrivé...


                   Qui vivra verra...♪♫♪♫
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mardi 30 décembre 2014

En bref

*  Allemagne: pour un euro de plus par heure.
     C'est déjà mieux que un euro de l'heure...
C'est mieux que rien, mais le nouveau salaire minimum est mité de toutes parts.

*  Rothschild n'est pas avare avec ses amis, ce banquier qui disait:  "Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois" 

*  Question brûlante 

*  Les cochons!

*  L'espagnol qui veut changer la France. Hombre!

*  Autoroutes: on pouvait le prévoir

*  Incredible! my Frend Mosco écrit à Mister Sapin...in english! 
        Globish is beautiful

* L' aide alimentaire aux States: ça marche

*  Diaboliser Zemmour? Ce brave garçon qui ne dit pas que des bêtises, hélas...

*  Ennemi de paille pour durcir le contrôle d'Internet

*  Pas de femmes au volant! Va falloir encore attendre...

*  Puisqu'il le dit... 
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lundi 29 décembre 2014

Qui va réguler la finance?

 Réguler ou rigoler?
                                  Je régule, tu régules...ils ne régulent pas! 
   Ou si peu... Il n'y a pas de quoi rigoler.
Malgré les promesses, les tergiversations, les reports, les textes flous et unilatéraux.
            Toujours promise, jamais réalisée, la régulation est dans les discours, pas dans les faits.
 En fait, rien n'est réglé.
     C'est même reparti comme avant..
          "... G8, G20, FSB : les banquiers spéculateurs, les bonus pousse-au-crime, c’est fini ! On va re-réglementer : Bâle III, CRD IV, Barnier et ses 41 directives et règlements, Dodd-Franck aux États-Unis.
Dodd-Franck, justement, et sa section 619, dite règle Volcker : les banquiers ne doivent pas spéculer pour eux-mêmes. Enfin une règle claire, simple, propre à éviter les dérives qui ont mené à la crise !
Mais alors, quel est ce titre des Échos le 17 octobre 2014 : “Le trading redémarre sur les chapeaux de roues à Wall Street” ? Les spéculateurs sans doute, mais pas les banques, quand même ? Ah, mais si : “La hausse atteint même 32 % chez Goldman Sachs. La hausse est également de 19 % chez Morgan Stanley, et de 11 % chez Bank of America...”.
        Des tests truqués. Des mesures aussi efficaces qu'un pistolets à bouchon.
Tout continue à aller vers le pire dans le pire des mondes financiers possibles, légèrement amendé à la marge.
  Les Européens, si vertueux, ne montrent pas l'exemple
     Pour la France, on dérégule, on torpille...
          Adieu, la modeste taxe Tobin, par exemple. Le verrou de Bercy a bien fonctionné.
  Le lobbying bancaire est puissant.
Le pays de Mr Junker donne l'exemple.
                 Et pourtant, il y a urgence à réguler. (*)
   Pas seulement formellement. 
          "...Les différents textes adoptés par chaque régulateur réduisent considérablement les risques, mais les régulateurs, précisément, auront-ils le courage de faire face aux puissants lobbyistes qui feront tout pour réduire à minima les réformes du système bancaire afin de protéger leurs activités les plus rentables ? "
   Bonjour la spéculation, le casino et les bulles!
         C'est reparti comme avant.
Les marchés ont toujours raison, selon la bonne parole de Hayek et ses prophètes, A. Greenspan, B Bernanke, etc...
Les mêmes causes produisant les mêmes effets.... 
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(*) ____Comme le dit M.Naulot, ex-banquier: "...Face à l’hypertrophie financière, les changements seraient donc insignifiants ?
Je ne dis pas cela. Mais prenez le trading à haute fréquence. Il était marginal avant la crise, il représente aujourd’hui 50% des transactions sur les marchés actions aux Etats-Unis et en Europe. Quelle est l’utilité sociale de ces opérations faites par des robots en une nanoseconde ? Faut-il rappeler que 12% des hedge funds britanniques ont un effet de levier supérieur à 50 ?
C’est-à-dire ?
C’est simple, ces fonds ont des positions sur les marchés qui représentent 50 fois les montants qu’ils gèrent. Ces effets de levier peuvent se révéler des bombes à retardement.
Où sont les risques ?
Nous avons vu que la sphère financière n’en finissait pas de grossir. Par ailleurs, nous vivons un moment de crise où les Banques centrales tentent le tout pour le tout. Dans l’espoir de faire repartir la croissance, elles ne cessent de créer de la monnaie. Or, cette liquidité en abondance se déverse en grande partie dans la sphère financière. Et ce au risque d’alimenter la spéculation et de participer à la formation de bulles qui peuvent éclater à tout moment. Nous serions alors désarmés. Certes, en 2009, les Etats ont tenté d’endiguer la crise en actionnant les budgets publics. Mais cet outil est devenu inutilisable. Les dettes publiques ont explosé sous l’effet de la crise de 2008. Quant à la politique monétaire, nous n’avons plus aucune marge de manœuvres puisque les taux sont à zéro. D’où l’urgence à réguler la sphère financière..."
____Ils disaient:
                         Il faut des contrôles. La survenue de la crise tient principalement à la suppression des règles. »  [Claude Bébéar, L’argus de l’assurance, 11/2009] -Baverez-
« Ce qui, pour l’essentiel, explique le développement de l’ère de prospérité générale, aux États-Unis et dans le monde, dans les années qui ont précédé le krach de 1929, c’est l’ignorance, une ignorance profonde de toutes les crises du XIXe siècle et de leur signification réelle. En fait, toutes les grandes crises des XIXe et XXe siècles ont résulté du développement excessif des promesses de payer et de leur monétisation. Partout et à toute époque, les mêmes causes génèrent les mêmes effets et ce qui doit arriver arrive. » [Maurice Allais]
« Le salaire est considéré par chaque entreprise exclusivement comme un coût qu’il faut diminuer autant que possible alors que c’est un élément essentiel de la demande globale. La croissance va s’étouffer si l’on ne fixe pas des règles du jeu collectives. » [Henri Ford]
 « Le marché, il a du bon. Il oblige les gens à se dégourdir, il donne une prime aux meilleurs, il encourage à dépasser les autres et à se dépasser soi-même. Mais, en même temps, il fabrique des injustices, il installe des monopoles, il favorise les tricheurs. Alors, ne soyez pas aveugle en face du marché. Il ne faut pas s’imaginer qu’il règlera tout seul tous les problèmes. Le marché n’est pas au-dessus de la nation et de l’État. C’est l’État, c’est la nation, qui doivent surplomber le marché. Si le marché régnait en maître, ce sont les Américains qui régneraient en maitre sur lui, ce sont les multinationales, qui ne sont pas plus multinationales que l’OTAN. Tout ça n’est qu’un simple camouflage de l’hégémonie américaine. Si nous suivions le marché les yeux fermés, nous nous ferions coloniser par les Américains. Nous n’existerions plus, nous Européens. » [Charles de Gaulle, 12 décembre 1962, d'après Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, Tome I]
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- Relayé par Agoravox 
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samedi 27 décembre 2014

Nouvelle route de la soie

Un monde qui bascule.
                               Alors que l'empire présente tous les signes du déclin , même s'il survit par le privilège exorbitant du dollar et de la suprématie militaire, la Chine est en voie d'être la première puissance économique mondiale. (*)
   Fin d'une parenthèse.
 Retour à l'esprit d'un intense développement qui caractérisa l'histoire de la Chine, de 1100 à 1800.

    De l'ancienne route aux nouvelles... jusqu'à Lagos 
   Redessinant l'économie du monde. 
C'est le début de la fin de  l'unipolarité
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(*)  Mais...
                    "... le développement soutenable dans toutes ses dimensions économique, social, écologique et politique, est une oeuvre bien plus compliquée à réaliser que la croissance économique, surtout dans une phase de décollage et de rattrapage. En tout cas, après son grand écart entre croissance et développement qui ponctue la période des trente cinq dernières années, la République populaire de Chine devra se frotter au grand défi de passer d’une croissance forcenée, inégalitaire et prédatrice pour l’environnement à un développement durable. De cette réussite, découlera la progression bien légitime du bien-être de l’ensemble de sa population car, en dépit de son nouveau statut de première puissance économique du monde, la Chine reste encore un pays relativement pauvre. Mais l’enjeu d’un changement de trajectoire de l’économie chinoise pour les décennies à venir concerne également, plus que pour les autres pays émergents en raison de sa taille, directement l’intérêt général de la planète Terre, à travers la problématique écologique mondiale et centrale du début du XXIè siècle: l’insoutenabilité de la généralisation du mode de vie occidental actuel à l’ensemble des pays de la planète (nous aurions besoin de cinq planètes Terre….). Le succès d’un « grand bon en avant » chinois, cette fois-ci, vers un modèle de développement durable, souhaitable pour l’intérêt général du monde entier, appelle donc incontestablement des responsabilités partagées avec les  puissances économiques du Nord, notamment du point de vue de la nécessaire transition énergétique mondiale, qui ne peuvent être pleinement assumées par les uns et les autres qu’en transcendant les intérêts particuliers des égoïsmes nationaux. Un autre défi, celui-là pour l‘Humanité, peut-être hors de portée dans le cadre actuel du capitalisme mondial néolibéral."      
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mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël!

Bon Noël...quand même.
                Malgré ci, malgré ça...
       Restons bien au chaud, en famille.
           Ne partons pas en Amazonie, paradoxalement gelée, bien que soutenue, ni au pays des Gogols, qui empire.
                  Ces destinations sont aujourd'hui peu recommandées...
                                         Bonnes lectures près du sapin!
                                                          Pas celui de Bercy, le vrai!
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NB: * Si vous voulez envoyer une lettre au Père Noël, vous pouvez suivre ces conseils.
        * On peut visiter l'usine de Père Noël
        * Il n'est pas interdit de blaguer.
..      * Au lieu de s'enguirlander, mettez des guirlandes partout. 
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Noël en images
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mardi 23 décembre 2014

Par ci par là...Cueillette de Noël

*  Un répit pour Fukushima
     Encore au moins quarante ans de travaux à hauts risques. Mais quid des déchets?
        Fukushima: ce qui est prévu et ce qui ne peut encore être chiffré                              Fukushima: trois ans après.

*   Espagne : la rue bientôt baillonnée
              Rien n'est résolu 

*   L’idéologie de la Silicon Valley

Grèce, le coût social et humain de l'austérité
        dans ce pays fantôme

*  Guerre économique dans le cyberespace 

*  La BBC traque Apple 

*  Google nous aime...asservis 
        Le monde selon Larry Page, le fondateur de Google -

*  Silence, on dérégule,on torpille... La France montre l'exemple.
          Adieu, la taxe Tobin!
                 Et pourtant, il y a urgence à réguler.

*  La spéculation, le casino et les bulles 
         C'est reparti comme avant...

*  François voit rouge et tape fort contre les gardes rouges. 
     "Il a expliqué à plusieurs reprises qu'il se sentait quelquefois « anticlérical »...
           Moi aussi.Mais souvent.
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lundi 22 décembre 2014

La faute à Poutine

 Pas gentil, Poutine, mais pas gentil du tout!
                            Y fait rien que d'nous embêter!
            Comme dit ironiquement un certain Contrarien, Poutine est vilain, Poutine est un méchant mangeur d’enfants, Poutine ci, Poutine çà… 
  Oui mais, poursuit-il, lorsque l’on se penche sur les chiffres de l’économie russe, il y a de quoi être agréablement surpris par la gestion en bon père de famille de Vladimir Poutine, et les statistiques russes feraient pâlir d’envie n’importe quel économiste du monde libre (nous, les gentils quoi).
Je n’oserais pas dire que Poutine gère à la « De Gaulle », on pourrait me taxer de « poutinophilie » alors que vous avez bien compris qu’il faut être « poutinophobe »… Sinon vous êtes un vilain affreux collabo des forces du mal obscur, ou quelque chose comme ça.
      Pourtant, Poutine fait comme de Gaulle en son temps. Pas de dette, l’accumulation de réserves d’or et évidemment une politique d’indépendance… Bon, autant dire que Poutine comme De Gaulle ont su faire suer les Américains au plus haut point, ce qui se termine généralement assez mal. En France, mai 68 n’est pas tout à fait un hasard… Et ce qu’il s’était passé à cette époque s’appellerait aujourd’hui une « révolution orange »… C’est beau une révolution orange, c’est un concept marketing financé par la CIA et c’est d’ailleurs l’un des objectifs recherchés par les États-Unis… Renverser Poutine en affamant le peuple parce que objectivement, l’attaque contre la monnaie russe ne repose sur aucun des fondamentaux économiques permettant de faire la force ou la faiblesse d’une monnaie. Le rouble ne devrait pas baisser dans ces proportions compte tenu de la typologie de l’économie russe.
              Haaaa, la dette… Alors que notre pays a un ratio dette sur PIB de 95 %, que les USA sont endettés à hauteur de plus de 105 % de leur PIB, la Russie, elle, n’a presque pas de dette… Un pauvre petit et minusculement ridicule 15,7 % de dettes sur PIB pour l’année 2014… Autant dire rien. Objectivement, la Russie est nettement plus solvable que la France…
  Haaaaaaaaaaaa la balance commerciale… Alors que la France, la 2e économie de la zone euro tout de même, importe pour des centaines de milliards de chinoiseries diverses et avariées (sans oublier un grand paquet de gaz russe et de pétrole), ce qui nous fait tout de même une balance commerciale déficitaire d’environ 101 milliards d’euros, soit un paquet de sous tout de même qui quitte chaque année notre pays pour aller enrichir les autres (et accessoirement faire monter leur monnaie respective).
  Le solde commercial de la Russie est, lui, de 179 milliards de dollars… Ce qui le rapproche de façon très dangereuse de l’Allemagne, grand exportateur devant l’éternel et dont pourtant personne ne cherche à contester la puissance.

  Le déficit russe est de zéro… Là où nous nous débattons depuis plus de 40 ans pour obtenir un budget équilibré, sans succès évidemment, et nos déficits s’enchaînent inexorablement en nous menant vers une ruine collective.
Nous sommes 65 millions d’habitants et les Russes plus de 145 millions.
  Alors que nos mamamouchis se demandent quand ils seront en mesure d’inverser de façon positive la courbe sans espoir du chômage de masse, en Russie, sous Poutine, le chômage plafonne à 5,6 %… De quoi laisser rêveur plus d’un mamamouchi français.
  Le PIB russe est d’un peu plus de 2 057 milliards de dollars US, là ou le PIB de la France est de 2 902 milliards de dollars. C’est donc un avantage enfin pour nous petits Français. Nous sommes certes plus riches mais nettement moins bien gérés… Nous sommes donc, au final, nettement plus pauvres si l’on raisonne en « net de dette »…
  La pression fiscale ne souffre également d’aucune comparaison… En effet, en Russie, les recettes fiscales ne sont que de 15,1 % du PIB là ou, en France, elles sont de 47 % (chiffre 2012) et les recettes publiques (au sens large de la taxation en France) de 53,5 % du PIB… Vous comprenez donc mieux pourquoi notre acteur national, le grand Gégé, est allé se faire tondre par Poutine plutôt que par Hollande….
  Vous voyez également pourquoi la Russie a potentiellement la possibilité d’augmenter encore la pression fiscale pour s’en sortir, elle a de la marge avant d’atteindre une pression fiscale à la française… Et quelle marge !!

           En dépit de la propagande à laquelle nous sommes soumis ici sur la faiblesse de la Russie, ce pays est en réalité beaucoup plus robuste que l’image que l’on nous en donne. La Russie est pays économiquement solide, aux fondamentaux excellents. C’est un pays qui exporte plus qu’il n’importe et c’est l’un des rares dans le monde dans ce cas. C’est donc un pays dont la devise devrait structurellement s’apprécier et non pas l’inverse. C’est également une économie qui peut parfaitement introduire l’or en étalon monétaire contrairement à tous les pays déficitaires sur leur balance commerciale. Ainsi, un pays déficitaire comme la France verrait finalement ses réserves d’or partir à l’étranger en quelques mois afin de payer ses achats… ses importations ! Ce n’est pas le cas de la Russie. Et vous voyez que tous les pays commercialement déficitaires éprouveraient les plus grandes difficultés avec un étalon-or… À commencer par les Américains, grands déficitaires devant l’éternel.
   Il ne faut donc pas enterrer la Russie, l’ours russe que nous venons bien imprudemment de réveiller.
La Russie est une grande nation, son peuple est courageux et capable d’endurer des efforts qui nous semblent tout simplement impossibles. L’âme russe a brisé aussi bien les armées de Napoléon que celles d’Hitler… Ce n’est pas celles d’Obama et encore moins d’Hollande qui feront mieux.
Nous ferions mieux, bien mieux, de revenir à des sentiments nettement plus constructifs à l’égard de la Russie qui fait partie de la grande Europe comme la définissait le Général de Gaulle, « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural »…  Car il ne faut pas imaginer que l’attaque économique dont la Russie vient de faire les frais restera impunie… En Russie, plus qu’ailleurs, la vengeance est un plat qui se mange froid....
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                                Même si le Contrarien me contrarie en poussant le bouchon un peu loin et idéalise un tantinet, il est nécessaire de relativiser la russophobie à la mode dans nos medias, qui font dans le suivisme washingtonien sans nuance et de mettre le problème en perspective géostratégique, en voyant l'avenir..
   Poutine est ce qu'il est...
La situation politique de la Russie est ce qu'elle est ...après le choc du démantèlement de l'empire, bien orchestré par la banque mondiale, comme le déplorait Stiglitz.
    La crise qui la frappe actuellement l'affaiblit, c'est sûr. Mais c'est l'effet d'une volonté extérieure.. Un jeu dangereux...
    La Russie reste un chantier en reconstruction, la presse est sous contrôle, les prisons sont un problème, etc....Bref, ce n'est pas un modèle de démocratie. Mais les nôtres fonctionnent-elles si bien que nous soyons en mesure de donner des leçons? La patience historique fait défaut.
        L’anti-poutinisme de principe, qui en est encore aux fantasmes de la Guerre froide, est absurde.
C'est Henry Kissinger, qui n'est pas un enfant de choeur, qui le dit, comme d'autres Américains un peu lucides: il a expliqué à de nombreuses reprises ces derniers mois que « l’anti-Poutinisme » hystérique des Etats-Unis et de la presse américaine, ne constituait nullement une politique mais était en réalité une réponse à l’absence de politique. Il n’y a rien de plus exact. Il le dit dans une interview qu’il a donnée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel le 13 novembre[1]. Le niveau de délire de la presse américaine a été bien analysé par Robert Parry, l’un des plus grands journalistes indépendants des Etats-Unis. Il est aujourd’hui tragique de voir que ce discours, qui est une véritable propagande de guerre, envahit les médias en France et en Grande-Bretagne.
 Ron Paul y va aussi de sa critique
      Or, la Guerre froire est fi-nie!  Comme le Rideau de fer
Une invasion russe est pure chimère, comme le reconnaissent d'anciens membre du renseignement US.
  Voir la menace d'une nouvelle Guerre froide, diaboliser Poutine est plus qu'un fantasme, c'est une erreur, c'est une faute, qui pourrait nous coûter cher, comme le dit aujourd'hui le très  prudent Gorbatchev.
 On a tout à perdre à provoquer l'Ours  On l'a plus que chatouillé en Ukraine...
Les silences de Poutine sont plus éloquents que ses déclarations à usage interne.
   L'Europe, mais aussi les USA, qui soumettent à ses intérêts le vieux continent via l'Otan, ont intérêt à conserver restaurer des rapports équilibrés avec l'immense Russie, que De Gaulle voyait comme une partenaire future, très liée économiquement aujourd'hui à l'Allemagne...
       Rien ne se passe comme la presse ordinaire le présente...
Tout est beaucoup plus compliqué et moins manichéen.
    Le malentendu est ancien, comme le dit JP Chevénement.
Les enjeux économiques aujourd'hui sautent aux yeux.
    La  dialectique de Poutine doit être d'abord bien comprise.
            Jouer à la roulette russe est toujours risqué.
                 La Russie nous surprendra toujours.   
                                Arrêtons donc la dangereuse schizophrénie géopolitique, la fabrication de l'ennemi. Revenons à un peu plus de raison...
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Pourquoi la Russie ne va pas s’enfoncer dans la crise
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samedi 20 décembre 2014

Au fil du net

Fiscal cliff
*  La dette, la dette!...américaine
          Plus qu'un gouffre. Souvent bien masquée
              Toute une histoire... 

*  Naissance de l'Etat islamique

Contractuels: bouche-trous de l'éducation nationale nnemis d'hi

*   Grèce: les marchés ont voté...
           Un pays fantôme.

*  Le schiste, c'est fric
      Le doute s'installe

*  Cuba: marché prometteur
       Comme la Chine à une époque,  comme l'Iran bientôt...
          Les ennemis d'hier...Business first!

*  Accaparement des terres: le monde perdra sa capacité de se nourrir.  La terre: une marchandise?

*  Pour un ministère  des multinationales 

Evaporations japonaises 

*  Légalement discriminés aux Etats-Unis, les athées se rebellent 
      Laïcité ignorée

JC Junker promet!ah! ah! le cachottier

       Jean-Claude Juncker, qui ne cesse de promettre depuis un mois de renforcer la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales, a de nouveau affirmé mercredi que "l'harmonisation fiscale" était une "nécessité absolue", pour ne pas être "soumis à la seule volonté des groupes qui essaient d'échapper à l'impôt".
Il est sous pression de l'opinion publique, des ONG et du Parlement européen. Mercredi, le groupe socialiste, deuxième force politique derrière les conservateurs du PPE de Jean-Claude Juncker, lui a donné six mois. "Si cela n'est pas fait, notre groupe ne pourra plus lui accorder sa confiance", a averti son président, Gianni Pittella.
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- Photos
- Revue de presse

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vendredi 19 décembre 2014

Israël: vers un tournant?

 ...Ou l'esquisse d'un début de tournant?
                                          Il y a lieu de rester prudent et circonspect.
          On a eu depuis Camp David,  Oslo, Annapolis, Genève, tant de raisons de croire à un tournant, une issue décisive.
  En vain.
  A chaque fois ce fut plutôt à un durcissement  auquel on assista, une radicalisation même parfois, une relance des colonisations.
     Actuellement, on s'active plutôt positivement dans les chancelleries.
Plusieurs pays, dont la France, moins timorée, le Parlement européen (du bout des lèvres) prennent des initiatives qui ont pour effet de rendre les autorités israëliennes furieuses.
 La Suisse fait même l'objet de pressions et de menaces.
    Cette réaction, ce revers pour la droite extrême de Tel Aviv, sont plutôt bon signe, l'Europe ayant été plutôt jusqu'ici en situation de retrait, voire de reniement.
  Mais "le compromis des eurodéputés paraît en retrait par rapport aux initiatives récentes dans certains Etats membres. La Suède a ainsi reconnu l'Etat de Palestine et les parlements français, britannique, espagnol, irlandais et luxembourgeois ont appelé à cette reconnaissance."
      Ce basculement, qui reste symbolique, est sans aucun doute la conséquence du traumatisme constitué par la dernière opération tragique de Gaza et la fuite en avant d'un régime compromettant l'avenir de la paix et de son pays, provoquant même une vive colère de nombre d'Israëliens restant encore lucides.
    C'est juste un bout de chemin, bien tardif.
Qui n'aboutira à rien, qui provoquera de nouvelles paralysies, s'il se heurte comme d'habitude au veto américain, l'allié toujours sûr  et le pourvoyeur de fonds.
   La surdité du régime de Netanyahou qui s'enferme dans la crispation est cependant toujours inquiétante et constitue un piège,  que d'aucuns estiment mortel.
       La crainte entretenue et instrumentalisée depuis des années, jouant sur la confusion entre antisémitisme et critiques légitimes d'un régime que bien des Juifs de par le monde et bien des Israëliens ne manquent pas de critiquer durement. Certains gardent le souvenir amer d'un Rabin courageux, victime de l'extrêmisme religieux.
     Ce courant désagrégateur n'a cessé de se durcir et de gagner du terrain au sein d'une opinion qui s'est de plus en plus droitisée, dans une société déchirée.
Il faudrait plutôt dire extrême-droitisée.
     Favorisant la montée inquiétante de faucons , comme Naftali Bennet..
L'armée, qui joue un rôle si fondamental, est de plus en plus colonisée par les religieux -(1)- est devenue explicitement l'armée de Dieu.    (2
           "... Début 2009, s’adressant à des soldats réunis sur la base de Tse’elim, dans le Negev, avant de participer à l’opération « Plomb durci », dans la bande de Gaza, un rabbin avait soutenu que « la bataille de Gaza est la guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres ». Un « halo de sainteté nous enveloppera dans cette guerre », avait poursuivi le religieux. Au cours du même rassemblement, une brochure du rabbinat militaire avait été distribuée aux soldats. On y lisait notamment qu’il est « interdit de céder un seul millimètre de la terre d’Israël » et que la cruauté à l’égard de l’ennemi « est parfois une vertu ».
En novembre de la même année, s’exprimant devant les étudiants de l’école militaire religieuse de la colonie de Karnei Shomron, à l’est de Qalqiliya, le rabbin Avichai Rontsky, aumônier en chef de l’armée israélienne, s’était référé au discours de Maimonide sur les lois de la guerre pour avertir ses auditeurs que « tout soldat qui manifesterait de la pitié à l’égard de l’ennemi serait damné »...
     Ce durcissement a de quoi faire réfléchir les plus enthousiastes.
          Le chemin sera encore long et seule une crise majeure provoquant un changement de régime et un changement d'attitude de Washington pourront modifier le paysage du MO.
  Heureusement, certaines personnalités israëliennes, ont encore quelques visions à moyen-terme:
       Dans un entretien à la chaîne israélienne Channel 2 accordé mi-janvier, l’ancien premier ministre Tzipi Livni disait : « Le monde ne comprend pas les implantations (sous-entendu "israéliennes en Cisjordanie"), affirme-t-elle. Les négociations de paix constituent une véritable digue contre cette vague (du boycott international). » Interrogée sur le risque pour Israël de se voir isolé à la manière de l’Afrique du Sud au milieu des années 1970, Livni répond sans détour : « Je crie :“réveillez-vous”», conclut-elle.
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jeudi 18 décembre 2014

Taxe Tobin: enterrée?

       Ce fut d'abord une belle idée
                                                        Un projet justifié. Qui devint urgent avec le développement anarchique de la finance-casino devenue folle et destructrice de valeurs. Un projet difficile à mettre en place, mais pas irréalisable, déjà envisagée autrefois par Keynes, souhaitée dès 2002 par J Stiglitz pour mieux stabiliser les marchés financiers et leurs processus erratiques et déstabilisantes pour les monnaies et les économies réelles.
     Proposée en 1978 par l’économiste et Prix Nobel américain James Tobin, cette modeste taxe vise à imposer les transactions monétaires (opérations de change d’une monnaie à une autre) à un taux très faible, de 0,1 % à 0,25 %. Cela de manière à ne pas pénaliser les activités de l’économie réelle (importations, exportations, investissements), mais à mettre un « grain de sable » dans les rouages de la spéculation.
     En 2009, la taxe Tobin, jugée jusque là irréalisable, commence à connaître, la crise aidant, un début de crédibilité dans le monde politique, du moins européen, la peur étant le commencement de la sagesse.
     La question a été débattue en 2011 à Wroclaw en Pologne, lors d’une réunion des Ministres des Finances européens. Plusieurs pays souhaitaient mettre en place une taxe sur les transactions financières.
 Mais Timothy Geithner avait déjà répondu : « You can’t ! » Circulez, ya rien à voir... !
           En 2012, N. Sarkozy, dans sa période blin-bling-réformiste, décide d'accélérer le processus de sa mise en oeuvre. Il lance une déclaration de guerre : 
                   Nicolas Sarkozy s'est déchaîné contre le monde de la finance. Face à la crise, «on ne règlera rien, si on ne règle pas d'abord la question du capitalisme financier qui impose à l'économie et à la société son propre système et ses propres normes», a affirmé le Président, selon lequel «les réunions du G20 à Washington et à Londres resteront dans l'histoire comme des étapes décisives, à condition que les engagements qui y ont été pris soient tenus»
      Mais Nicolas Sarkozy estime que «dans beaucoup de domaines, il faudra aller beaucoup plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs».
     «Il faut tout revoir», a-t-il martelé, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération. La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible...»

                      Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes de la finance à reconstruire.
   Mais l'imagination a fait faux bond, le discours s'est ramolli, la volonté a fait flop.. Le réalisme politique (= la soumission aux grands groupes bancaires) a fini par imposer ses règles et ses habitudes.
    On attendait un rebond du projet sous la nouvelle législature et la fameuse annonce (mon adversaire, c'est la finance) semblait annoncer un passage à l'acte.
            Patatras! voilà qu'aujourd'hui, alors que trés peu de choses ont changé dans les pratiques financières, la taxe va être mise en lambeaux  ...
     On verra en 2016...quand les poules auront des dents? quand un nouveau krach aura fait des dégâts plus destructeurs encore?
       Aujourd'hui, la réforme sent le Sapin.
              C'est la France maintenant qui fait barrage.. 
                                      Mais est-ce vraiment étonnant?  (*)  -Les lobbies veillent... 
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(*) - L'un des principaux porte-parole des positions françaises, dans les dossiers économiques et financiers à Bruxelles, vient de rejoindre le secteur bancaire privé. Alors que les ministres des finances réunis lundi à Bruxelles n'ont pas réussi à s'entendre sur les contours d'une future « taxe Tobin » européenne, ce changement de casquette relance le débat sur la mainmise de l'industrie financière sur l'élite politique de la France. 
    Benoît de La Chapelle était, depuis 2010, responsable des « affaires financières et monétaires » au sein de la représentation permanente française auprès des institutions européennes. Un poste influent à Bruxelles, qu'il a occupé en pleine tempête économique. Il l'a quitté pour rejoindre, le 3 novembre 2014, la Fédération bancaire française (FBF). À 44 ans, La Chapelle est désormais directeur délégué de la FBF, lobby de l'industrie bancaire française, et l'un des plus fervents adversaires à l'actuelle taxe sur les transactions financières. « Il est chargé d'assister la directrice générale dans l'ensemble de ses missions, y compris à l'international », précise une porte-parole de la FBF, jointe par Mediapart.  
   La compétence de ce conseiller, qui fut aussi directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Jouyet, lorsque ce dernier était secrétaire d'État aux affaires européennes, n'est pas directement en cause. Mais ce mouvement est un nouveau cas flagrant de « portes tournantes » (« revolving doors »), ces allers-retours entre public et privé, que dénoncent à longueur de journée certaines ONG et d'autres observateurs, aux effets ravageurs sur l'avancée des politiques publiques.  
    Dans un essai récent (La Capture, La Découverte, 2014), Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat décrivent avec précision ce phénomène de « capture » d'une partie du politique par la finance, particulièrement vif, estiment-ils, dans l'Hexagone. « En France, la capture est largement sociologique du fait du système organisé de pantouflage et de la consanguinité bien connue des élites financières. Cette situation, combinée avec l'extrême concentration du système bancaire français, explique la volonté, non avouée mais bien réelle, de Paris de ne pas réformer la structure des banques », écrivent les deux spécialistes. On pourrait ajouter : cette situation explique aussi, en partie, le manque d'ambition de l'exécutif français dans le dossier de la future « taxe Tobin » européenne. 
        En novembre, Michel Sapin avait proposé une taxe réduite aux actions et à certains CDS (des contrats d'assurance contre le défaut de paiement d'une obligation), reportant la taxation des dérivés à plus tard – aux calendes grecques, avaient alors jugé les sceptiques. Aux yeux du ministre des finances français, la priorité n'est plus de lever des recettes importantes grâce à la TTF, mais tout au plus, dans un premier temps, de mettre en place un mécanisme qui fonctionne, fût-il au rabais. Dans un entretien aux Échos, début décembre, le même ministre avait eu cette formule qui a le mérite d'être claire : « La France a beaucoup agi de conserve avec l'Allemagne et nous progressons avec l'Italie dans des conditions qui ne mettent pas en danger la place de Paris. »....
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Taxe Tobin : Hollande, l'ami de la finance
Comment la France a fait échouer la taxe sur les transactions financières
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mercredi 17 décembre 2014

Laïcité: toujours un combat

          Comme toutes les valeurs, toujours imparfaites et instables, la laïcité est loin d'être solidement établie et universelle,  même si on reste dans le cadre des sociétés occidentales comparables. Un valeur qui n'a pas une si longue histoire et qui tarde à s'imposer, même en Europe.
               Cela semble difficile à croire, mais être athée aux USA n'est pas facile à vivre et peut apporter bien des désagréments. Cela peut même compromettre une élection. Les athées là-bas essaient de faire prévaloir leur point de vue, mais avec beaucoup de difficultés, surtout dans certains Etats. 
      En Caroline du Nord, dont la Constitution oblige les gens à croire en Dieu s’ils veulent se présenter aux élections ou accéder à une haute charge administrative...Aux Etats-Unis, le pire n’est pas d’être un fanatique religieux. Non, le pire est de n’avoir aucune religion, ou plutôt, de ne croire en aucun Dieu.... La Pennsylvanie exige : «  Nul ne peut être empêché d’accéder à un poste public à cause de sa religion – aussi longtemps qu’il croit en Dieu, au paradis et à l’enfer."
        Pourtant d'illustres Américains se sont exprimés assez nettement sur ce sujet:
* G.Washington disait:  "Tous possèdent également la liberté de conscience et les protections de la citoyenneté. Le gouvernement des États-Unis n’apporte aucun soutien au sectarisme, ni aucune assistance à la persécution, et requiert seulement que tous ceux vivant sous sa protection se conduisent en bons citoyens […] Les croyances religieuses d’un homme ne le priveront pas de la protection des lois, ni du droit d’obtenir et d’exercer les plus hautes fonctions publiques existantes aux États-Unis."
* James Madison: «  Le gouvernement n’a pas l’ombre d’un droit de se mêler de religion. Sa plus petite interférence serait une usurpation flagrante. »
*  John Adams: « Le gouvernement des États-Unis n’est en aucune manière fondé sur la religion chrétienne ; il n’a aucune inimitié envers la loi, la religion ou la tranquillité des musulmans. »
* Thomas Paine:  « De toutes les tyrannies qui frappent l’humanité, la pire est la tyrannie en matière de religion."
               Par delà les déclarations officielles parfois ambiguës, dans les faits, le poids de la religion et la référence à la divinité sont omniprésentes et parfois pesantes, même au niveau officiel: lors de son investiture, le nouveau Président prête serment sur la Bible, beaucoup de réunions, même de haut niveau, commencent souvent par une prière, sur le billet d'un dollar, on lit: in God we trust, etc...
   Bref, le Siècle des Lumières et la Révolution ne sont pas passés par le Nouveau Monde et la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'a jamais été clairement explicitée.
       Tout porte encore la marque de la religiosité des Pères fondateurs et de la multitude des courants religieux issus du protestantisme, plus ou moins militants. L'évangélisme, parfois de combat, est lié profondément au politique, aux partis les plus conservateurs, surtout dans le Sud. On l'a vu surtout sous l'ère de Bush II, avec le retour de l'idée de croisade.
     Dans le rêve américain, l'idée de destinée manifeste est toujours bien présente, même si elle a pris quelques coups..
    L' héritage religieux est tellement prégnant que, à l'issue de la Première Guerre mondiale, le président Wilson affirmait : « L'Amérique est la seule nation idéale dans le monde [...]. L'Amérique a eu l'infini privilège de respecter sa destinée et de sauver le monde [...]. Nous sommes venus pour racheter le monde en lui donnant liberté et justice."   Nabil Shaas, ancien ministre des affaires étrangères rapportait : "le Président Bush nous a dit à tous : "Je suis investi d’une mission par Dieu"
  La tolérance religieuse n'est donc pas ancrée dans la société  américaine, surtout dans certains Etats.
            Chez nous, la laïcité n'est pas exempte de malentendus.
Même sans évoquer les régulières offensives sectaires, chez nous ou à Bruxelles. On l'a vu naguère quand est apparue la notion étrange de laïcité positive.
   La laïcité n'est ni positive, ni négative. Elle est. Fondée sur quelques principes simples.
       Mais elle va mal comme le rappelle H. Pena-Ruiz, ancien membre de la Commission Stasi sur l’application du principe de laïcité dans la République:
      "La laïcité va mal. Naguère, la droite au pouvoir la malmenait par la bouche de Monsieur Sarkozy. Aujourd’hui certains élus de gauche ne la traitent pas mieux. Tout se passe comme si les vrais ennemis de la laïcité et ses faux amis semblaient d’accord pour l’encenser en principe et la violer en pratique...
    D’abord un vocabulaire polémique brouille les choses à loisir. Il est trop facile, par exemple, d’inventer une opposition artificielle entre la laïcité dite “ouverte” et la laïcité dite “de combat”. La première expression est usuelle chez les adversaires de la laïcité qui insinuent ainsi que la laïcité tout court serait fermée. Une calomnie travestie en signe d’ouverture. La seconde est fréquente chez ceux qui par électoralisme refusent de défendre la laïcité et en édulcorent le sens. Une trahison déguisée en réalisme. Un tel vocabulaire est d'ailleurs absurde. Parle-t-on de la « liberté ouverte » ou des « droits humains de combat » ? Bref, on adjective la laïcité soit parce qu’on en rejette les exigences soit parce qu’on manque de courage politique pour les faire valoir.
     Les  vrais ennemis de la laïcité rêvent de rétablir les privilèges publics des religions: c'est ce qu'ils appellent “laïcité ouverte”. Ils parlent de “liberté religieuse” plus que de liberté de conscience. Faudra-t-il parler aussi de “liberté athée”? Ses faux amis répugnent à la défendre par peur de perdre des voix et inventent l'expression polémique “laïcité de combat” pour qualifier une telle défense. C’est ce qui ouvre tout grand un chemin à une contrefaçon de laïcité par la droite extrême. Celle-ci feint de défendre la laïcité alors qu’elle la caricature en la tournant contre un groupe particulier de citoyennes et de citoyens. Ce qui est alors en jeu, c’est une conception  discriminatoire travestie en laïcité. Tout le contraire de celle-ci.
     Un premier exemple d’attaque contre la laïcité par la droite puis de refus de la défendre par la gauche au pouvoir. Comme on sait, la loi Carle votée sous la présidence de Monsieur Sarkozy met à la charge des communes la scolarisation d’enfants dans des écoles privées de communes voisines. Quand les laïques contestent cette loi et en demandent l’abrogation, les vrais ennemis et les faux amis de la laïcité, tout uniment, les accusent de vouloir rallumer la guerre scolaire ! Une accusation ridicule qui dissimule mal la volonté de faire entériner une violation de la laïcité. Aujourd’hui, que fait le gouvernement dit socialiste contre cet héritage de l’ère antérieure qui renforce les privilèges des écoles privées religieuses, affranchies de surcroît de l’obligation d’appliquer la réforme des rythmes scolaires ? Rien. C’est triste. Pire. Monsieur Peillon, précédent ministre de l’Education Nationale, a rédigé une charte de la laïcité. Mais il a étendu le financement public des activités périscolaires aux écoles privées, alors que la Loi Debré ne le prévoyait que pour les disciplines d'enseignement. Comprenne qui pourra...
... A Paris, tout en s’affirmant fidèle à la laïcité, la mairie continue à subventionner des crèches confessionnelles et des fêtes religieuses comme celle qui a été organisée l’été dernier pour le ramadan. Ainsi des contribuables athées ou agnostiques sont obligés de subventionner à hauteur de 70 000 euros une fête religieuse. A quand une grande fête de l’humanisme athée financée sur fonds publics, à Paris et ailleurs ? Invoquer la culture, en l'occurrence, est peu rigoureux et néfaste. Confondre la culture arabe et le culte musulman c'est offrir un cadeau inespéré aux extrêmistes religieux qui persécutent les arabes athées, accusés de “trahir leur culture..
   Dans le Limousin, on a financé sur fonds publics des processions religieuses catholiques, en présentant  ces dernières comme des « manifestations culturelles ». Heureusement, dans ce dernier cas, les tribunaux ont condamné ce subterfuge....
 Quant au récent voyage officiel à Rome du Premier Ministre de la République, aux frais de l’Etat, il enfreint aussi la laïcité. Lorsque François Fillon s'était rendu à Rome en 2011 pour y assister à la béatification de Jean Paul II, le Parti socialiste avait à juste titre protesté, au nom de la laïcité. Quand trois ans trois ans plus tard Manuel Valls s'y rend pour sa canonisation, le PS approuve. Comprenne qui pourra! On marche au pas sur les principes. On ne peut justifier la chose au nom des relations entre Etats. Manuel Valls n’a rien négocié à Rome. Il ne s’y trouvait pas pour évoquer des problèmes diplomatiques. Des cérémonies de canonisation n’ont de sens que religieux. Entendons-nous. Si Manuel Valls le voulait, il avait tout à fait le droit d’assister à un tel événement, mais à titre privé et sur ses deniers propres...
  Le pape est venu haranguer le parlement de Strasbourg. Pourquoi un tel privilège conçu par Martin Schulz ? A quand une invitation du même type à un représentant de la Franc-Maçonnerie ou de la Libre-Pensée ? En fait, il y a erreur de destination. Un parlement démocratique n'est pas un lieu de prêche, ni de propagande athée. Quant aux racines chrétiennes de l’Europe, elles relèvent d'une conception très partisane de l'histoire. Que fait-on des racines que sont l’humanisme antique, la médiation arabe qui en a sauvé l'héritage, le rationalisme des Lumières, la pensée sociale du dix-neuvième siècle, les droits humains conquis souvent contre l’Eglise ou malgré elle? Et qui les représente? Le souci de l’humain, au demeurant, est venu bien tardivement à l’Eglise institutionnelle, qui n’a pas répugné à user des deux glaives chers à Bernard de Clairvaux, canonisé par l'Eglise, ni à lancer l’Inquisition contre les hérétiques prétendus, les juifs ou les musulmans mal convertis, les athées ou les francs-maçons..."
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- Le régime canadien désire protéger les religions
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