Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 25 septembre 2015

VW: DAS AUTO

 Personne n'est parfait...
                                               Mais certains le sont moins que d'autres...
                                      Nicht korrekt! Wir haben mist gebaut.
      Ils ont merdé. Mais ce n'est qu'une affaire de bagnole...
          Même si on peut parler de vol, étant donné les primes (l'argent du contribuable) accordées par l'Etat aux moins pollueurs.
                On découvre que la concurrence libre et non faussée sauvage entraîne des tricheries. Quelle révélation!
     Il y a pire dans d'autres domaines, notamment alimentaires ou médicamenteux, et on n'en parle guère!
             On dira que le pointilleux protectionnisme américain a encore frappé (même si Angela est très "écoutée" par ses amis d'Outre-Atlantique), que les constructeurs d'Outre-Rhin sont un peu balourds, que la technologie allemande, bien que performante, est plutôt surfaite, que ce n'est pas le premier scandale là-bas ( Avant, il y eut également celle de la santé financière des banques régionales allemandes pendant la crise de 2008, celle des intérêts cachés en Europe de l'Est et en Russie, ou encore celle du scandale des employés de l'Est dans les abattoirs à 0,50 € de l'heure), et que...heureusement qu'il y a la clientèle chinoise, etc...
              En tous cas, VW, la voiture-du-peuple rêvée par le Führer (pas content du tout!) n'est plus ce qu'elle était...
..   Personne n'a le monopole de la rigueur industrielle, de l'éthique de la production,, mais quand on invoque le respect des règles et qu'on prêche la rigueur, on a moins de raison que d'autres de s'afficher comme vertueux quand ont sort des clous
          Mais ne nous laissons pas aller à la tentation facile de la Schadenfreude  ni à la germanophobie
D'autres pays font pareil ou pire..
     Mais la sortie de route est tout de même spectaculaire et le camouflage était grossier.
Cela n'empêchera pas le strict ordolibéralisme de suivre son chemin sans faillir...
            On laissera la parole à un bon connaisseur de l'Allemagne, Guillaume Duval :
 Cela fait très longtemps que ceux qui suivent l’actualité allemande (et les Allemands eux-mêmes) savent que l’image de l’Allemagne vertueuse et respectueuse des règles est largement surfaite. Entre le scandale des caisses noires de la CDU qui à la fin des années 1990 avaient coûté à Wolfgang Schaüble la présidence de la CDU (et permis de ce fait l’ascension d’Angela Merkel), l’attitude bassement mercantile de l’ancien chancelier Gerhard Schröder, fameux pour ses « courageuses » réformes, qui aussitôt après avoir quitté la chancellerie n’a pas hésité à se vendre à Vladimir Poutine, quant à Peter Hartz, l’auteur des fameuses lois si enviés en France, il a été condamné en 2007 à deux ans de prisons avec sursis pour avoir essayé de corrompre les élus du comité d’entreprise de Volkswagen lorsqu’il en était le DRH. En 2007- 2008, toute la direction du groupe Siemens avait été décapitée suite à un énorme scandale de corruption qui concernait 1,3 milliards d’euros de pots de vin et notamment sur le marché grec. Quant au président de la République chrétien démocrate Christian Wulff, il avait l’habitude de se faire payer systématiquement voyages, logements, fêtes par des industriels amis lorsqu’il dirigeait le Land de Basse Saxe. Ce qui avait conduit à sa démission en 2012. Pendant la crise financière, les énormes turpitudes de la BayernLB, la banque publique du Land de Bavière, sont apparues au grand jour. Le scandale a coûté 8,6 milliards d’euros (...)[lire la suite sur Atlantico]
            Mais tout va s'arranger: le boss de VW est " infiniment désolé" et va partir avec une petite enveloppe...
           Gott sei Dank! 
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L’affaire Volkswagen et le modèle allemand
-  L'automatisation des voitures en question
- Le fin du modèle allemand?
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-Relayé par Agoravox
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jeudi 24 septembre 2015

Etre malade aux USA

 La santé n'a pas de prix
                                       Mais elle a un coût.
    Et il est parfois exorbitant pour le citoyen américain.
Mieux vaut être là-bas en bonne santé.
      La récente augmentation astronomique d'un médicament pourtant ancien laisse pantois.
Quand il n'y a pas de régulation, ou si peu, on laisse les spéculateurs faire la pluie et le beau temps..
 Car le marché est florissant, l'industrie pharmaceutique est une industrie comme une autre.
   ...A eux seuls, les citoyens américains consomment plus de la moitié des médicaments vendus dans le monde. Mieux encore, «ils les paient plus cher que partout ailleurs»... Depuis 1994, la facture pharmaceutique du pays progresse en moyenne de 12% par an, deux fois plus vite que sur nos rives de l'Atlantique. L'explication est simple: une fois acceptée par la - très exigeante - agence américaine du médicament (la Food and Drug Administration), une molécule est considérée comme un bien de consommation standard. Du coup, au même titre que n'importe quel vendeur de boisson gazeuse, les industries du médicament sont libres de fixer leurs prix, mais aussi de faire la promotion de leurs produits auprès du grand public - y compris à la télévision. Et ils ne s'en privent pas.
Sans atteindre ces sommets, les médicaments coûtent très cher dans le pays, peu ou pas accessibles aux plus démunis...
   Les timides promesses préélectorales d'Hilary Clinton visant à mieux encadrer l'industrie pharmaceutique changeront-elles la donne? Il est permis d'en douter...quand on connaît l'impuissance du pouvoir à contrôler les lobbies des armes.
     Le système de santé aux USA est très coûteux et inégalitaire et les frais médicaux sont les plus chers au monde. L'espérance de vie n'est pas au meilleur niveau. Elle régresse même.
    La dépense pharmaceutique moyenne par habitant y est la plus élevée du monde : 985 dollars (722 euros) par an, contre 615 dollars en France, selon les dernières données disponibles (2011) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les prix de détail des médicaments y sont supérieurs de près d'un tiers à ceux de la moyenne des pays développés.
     Et pourtant, il est peu efficace.  Selon le Washington Post, les performances sont même jugées déplorables.
          Les États-Unis dépensent 8508 dollars par personne, soit 17,7% du PIB, pour leur système de santé, loin devant la Norvège au deuxième rang (5669 dollars), indique une étude de la fondation The Commonwealth Fund qui a comparé les États-Unis avec dix autres pays, dont la France. Pourtant, les Américains sont plus que tous les autres susceptibles de ne pas se soigner en raison des coûts de la santé ou de payer de leur poche une forte partie des soins, indique l'étude qui a interrogé entre 1000 et 2000 personnes dans chaque pays entre février et juin 2013.
   Ainsi, un adulte américain sur trois n'est pas allé se soigner au cours de l'année écoulée en raison des coûts, contre 14% en France ou 4% en Suède.
    Quelque 40% des Américains, assurés ou non, ont dépensé 1.000 dollars ou plus de leur poche pour des soins, contre 7% en France ou 3% au Royaume-Uni. Ils sont néanmoins un sur trois en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
     Si vous ne pouvez pas vous offrir une assurance très chère, inutile de prétendre à des soins adaptés, à moins de présenter sa carte bleue bien alimentée à l'entrée de l'hôpital, ou de s'endetter pour longtemps, même pour un banal accouchement.
    Comme dit Philippe Batifoulier,  la maladie n’est (elle) plus seulement une épreuve physique et morale, mais aussi une épreuve financière, largement indexée sur les inégalités sociales. Le patient renonce de plus en plus aux soins, faisant les frais de cette évolution jusque dans son corps. S’il fréquente l’hôpital public, sa souffrance rencontre celle des soignants qui, face à la folie managériale, finissent par s’accuser eux-mêmes de maltraitance involontaire. Le système de soins, initialement pensé et construit pour protéger le patient, s’est donc littéralement retourné contre lui. Le patient se trouve dépossédé de son bien le plus précieux, sa santé, qui devient une formidable source de profit pour les cliniques privées, les compagnies d’assurance et l’industrie pharmaceutique.
    Les réformes tentées par Obama avec beaucoup de difficultés n'ont pas changé fondamentalement le système. Elles restent partielles et parfois encore âprement contestées.
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mercredi 23 septembre 2015

Point d'histoire

  Quelques dessous de la réunification allemande.
       Cela fait 25 ans...
    Il est bien sûr encore trop tôt pour fournir une analyse assez exhaustive et nuancée de l'impressionnante réunification allemande, qui a pris tout le monde de court, et qu'il fallu largement inventer, voire bricoler.
    Hier soir, Arte a eu l'heureuse idée de diffuser un document sur ce événement déterminant dans l'histoire récente de l'Allemagne.       Mais  le sujet a été trop vite traité, de manière trop anecdotique.  Quelques aspects furent abordés concernant le climat affairiste, la brutalité et l'improvisation lors du démantèlement de l'ex-Allemagne de l'Est, par des capitaux privés de l'Ouest et d'autres pays.
    Quand on relit les déclarations des responsables politiques français avant les faits, on est frappé par les doutes et les réticences devant une éventualité marquée par tant d'inconnues. La gestion de ce redoutable héritage d'après-guerre n'était pas sans risque.
   L'accouchement fut difficile, après la chute du Mur, l'incertitude dominait.
L'inquiètude aussi dansles pays voisins européens, dans un climat de tension que nous avons oublié.
     Le succès de l'opération fut mitigé, avec une série d'erreurs, chères payées, dont le poids financier ne retomba pas que sur Bonn..
 La réunification fut jugée totalement asymétrique:
  ...la privatisation de l’économie est-allemande via un organisme spécialisé le Treuhand, dont la gestion ne fut pas exempte de diverses dérives. Plutôt que d’assainir dans la durée les entreprises publiques concernées, on les dépeça : 85% d’entre elles furent acquises par des Allemands de l’Ouest qui en prirent les commandes, y compris pour les liquider au plus vite ; 5% par des Allemands de l’Est. Des millions de kilomètres carrés de forêts et de terres arables furent de même cédées à très bon marché. Selon une plaisanterie répandue en ex-Allemagne de l’Est : « Les évènements de 1989 ont été une vraie révolution. Pourquoi ? Bah, Marx avait bien dit que la révolution mènerait à un bouleversement des rapports de propriété »
    Treuhand aux commandes: les bilans furent contrastés, les décisions souvent opaques, les pratiques parfois douteuses.
    Un  bilan mitigé, en tous cas. La polémique sur les modalités de la transition, qui fut une vraie déchirure, bien qu'atténuée aujourd'hui, n'est pas éteinte et il reste beaucoup à comprendre pour les historiens sur l'événement qui reconfigura l'Europe..La crise de l'euro aurait là une de ses origines importantes selon le journaliste allemand W.Münchau..
  Les écrivains furent  plutôt partagés sur le sujet.  On se rappelle comment le romancier Gunter Grass, lui, ne fit pas dans la dentelle. 
     Le dossier reste ouvert...
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mardi 22 septembre 2015

Le Japon inquiète

Deux ou trois choses sur un pays paradoxal, entre relance et fragilité.
                                                            Depuis quelques années, le Japon opère un virage nationaliste, avec le retour de la droite au pouvoir, dans un contexte de difficultés économiques et de désarroi social.
   Cette évolution  inquiète particulièrement les pacifistes: le chef de file du PLD et  premier ministre Abe Shinzo avait déjà inscrit dans son catalogue de campagne la révision de la Constitution et l’essor des dépenses militaires.
  La rupture avec l'orthodoxie financière ne constitue pas un miracle durable. Un Japonais parle de fausse audace économique.
  Dans ce climat d'incertitudes, le nationalisme rebondit sous des formes plus marquées:
 ...il ne suffit pas, pour relancer la machine, de rompre avec l’orthodoxie ambiante et de déverser de l’argent sur les entreprises. Sur le plan social, le bilan des « abenomics » est clairement négatif. Le nombre de ménages touchant l’aide sociale bat un record historique, avec un million six cent mille foyers concernés en août 2013 
Derrière un taux de chômage parmi les plus bas de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’ordre de 4 %, se cache une dégradation de l’emploi silencieuse, mais profonde, avec le renforcement de la précarité et l’intensification du travail. 35 % des emplois sont désormais précarisés (travail à temps partiel, intérim, etc.), et le revenu réel des salariés est en régression : — 1,3 % entre octobre 2012 et octobre 2013, selon le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale.
   Pas étonnant donc que le nationalisme et le révisionnisme  gagnent du terrain, à l'heure où le pays commence à relocaliser de Chine une partie de sa production et à relancer, de manière très contestée, la production nucléaire.
  Le premier ministre  radicalise son discours au sein d'une montée des vieilles rancoeurs...en partie pour faire diversion face à ses demi-échecs.
   Les manuels scolaires japonais ne sont pas en reste, surtout en ce qui concerne les relations avec la Chine.
 La pays n'assume pas son passé militariste et les exactions commises par son armée, en Chine et en Corée, notamment.
     Signe inquiétant,  le Japon va fermer 26 facs de sciences humaines et sociales, jugées pas assez  utiles.
 Le pragmatisme et l'utilitarisme ambiants amènent le gouvernement à vouloir supprimer les sciences humaines.
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lundi 21 septembre 2015

Rhétorique bancaire

 Le roman des banques (suite)
                                                    Plus ça change, moins ça change...

      Dans le monde feutré des banques, une aventure suit l'autre... en toute discrétion.
    Malgré une rhétorique  sans fin, les problèmes ne sont pas réglés, ils ont même rebondi, malgré les réformes annoncées à grand bruit et les doléances des grands groupes bancaires à l'égard de mesures de contrôle proclamées à leur égard, qui n'ont rien changé de fondamental.
"... La loi de séparation bancaire est largement devenue symbolique. Le lobby bancaire, sans pouvoir entièrement réduire la vague réglementaire, a été redoutablement efficace pour en réduire la portée. De l'Union bancaire aux règles prudentielles, les digues semblent toutes incomplètes et garnies de larges crevasses. Et rien ne semble pouvoir stopper une nouvelle vague de l'ampleur de celle de 2007. En réalité, le sujet semble avoir été soigneusement mis de côté dans le débat public et rien ne pouvait davantage satisfaire les milieux bancaires, bien heureux de pouvoir gérer directement et en toute discrétion ces questions avec les pouvoirs en place. L'enjeu, aujourd'hui, est bien de remettre cette question de la maîtrise de la finance et de la nature de l'activité bancaire au centre du débat..."
       Les mesurettes ne doivent pas faire oublier le discours de l'inaction, officiel ou non.
Malgré quelques concessions arrachées, les mastodontes financiers peuvent continuer à dormir sur leurs deux oreilles, continuant à tenir les Etats en otage, comme le redoutait Roosevelt en son temps.
     Leur lobbying est permanent et efficace, même au sein des instances européennes.
Malgré les dissimulations  et les discours lénifiants, les épargnants restent des otages et ne seront plus à l'abri en cas d'une nouvelle crise bancaire. . Une crise systémique n'est pas à exclure.
Le problème des fonds propres, de la capacité à résister à de nouveaux chocs,  reste posé.
  La transparence est loin d'être assurée. L'opacité reste la règle.
Malgré quelques menues révélations.
   Tant que le contrôle bancaire ne sera pas réellement instauré, toute réforme de fond sera vaine. 
   Malgré les réformettes de façade, les mesures purement esthétiques, le système financier est intact, les lessiveuses à argent sale fonctionnent toujours bien, le shadow banking reste prospère...   
      On voit mal comment cela pourrait changer dans un proche avenir. Tant que l'hydre mondiale  exerce son empire spéculatif aux dépends des finances publiques.
    Les médecines utilisées jusqu'ici semblent bien dérisoires et ne traitent que les symptômes.
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dimanche 20 septembre 2015

Une époque formidable...


Chères funérailes

 Pas données!
             Mourir écolo, sans tralala, c'est mieux
      Le dernier voyage peut coûter cher..

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Evêques en pointe



Certains ont juste oublié de lire l'Evangile..

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Silence, on vire!

     Le boss a dit!..._Téléréalité?_

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L'ombre d'un doute
  
 Tout n'était donc pas clean dans la production d'électricité la plus propre?

Mais où va Areva? 
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 Pas clair!

       Nouvelle baisse des salaires en France

Claire Chazal est particulièrement touchée 
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On se calme!

      On peut discuter pacifiquement....

...du pacifisme 
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Rendement

        Foin des sciences humaines!

Pas assez utiles.
               Efficacité, pragmatisme et docilité avant tout!
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samedi 19 septembre 2015

Au fil du net

Un ant-Blair sur la sellette. Le contraire d'un arriviste.

*  Athènes: Saison finissante.

*  Le roi est mort.

*  A voir et à revoir sur la dette. Dettes souveraines.

Moscou en Syrie. Un soutien ambigü.

Le quotidien de Viktor Klemperer sous le IIIe Reich

*  Japon: La technique avant la théorie...

*  Pour une fois, n'aurait-il pas raison?

*  Raser Grenelle?

*  Un bac hyper-connecté?
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- Photos
- Revue de presse 
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vendredi 18 septembre 2015

USA: bulle étudiante

Les étudiants américains font des bulles.
                                                              Malgré eux, les pauvres!
                       Ce n'est pas une blague.
      Depuis quelques années, une bulle financière monte, monte, au pays de l'oncle Sam.
A côté d'autres, comme celle qui concerne les gaz et pétroles de schistes.
    Une bulle de grande ampleur, annoncée depuis déjà longtemps. (*)
     Un sorte de  spirale infernale, reposant sur le principe que les marchés peuvent financer les études supérieures de la jeunesse, contre une part de leurs revenus futurs. Mais comme ceux-ci sont hypothétiques, problématiques....
      Une vraie bombe à retardement:
 "...Un business juteux et sur le long terme pour les organismes de crédit qui n'a pas échappé à certaines universités : elles sont de plus en plus nombreuses à développer des entreprises rentables de prêts sur le dos des étudiants. Les critiques se font de plus en plus virulentes contre ce fonctionnement, les facultés incriminées ciblant délibérément les étudiants issus de familles pauvres. Une politique clairement irresponsable pour Jake Stillwell, porte-parole de l'Association des étudiants américains. Selon lui, alors que ces universités font miroiter de bonnes chances d'emploi grâce à leur diplôme, elles passent sous silence les conséquences de contracter un prêt. « En moyenne, les dettes d'un diplômé s'élèvent à 25 000 dollars avant de se lancer sur le pire marché de l'emploi de l'histoire. »..
      Obama a vaguement tenté une semi-réforme. Lui- même et sa femme n'ont fini de rembourser leurs prêts étudiants qu'en 2012. Enfin, notons que le doublement des taux d'intérêts sur les prêts étudiants va mécaniquement continuer à compliquer l'accès des populations les plus modestes aux études supérieures.
    Même l'Economist s'en alarme, y voyant, outre la bombe financière, une accentuation de la dégradation du système universitaire américain.
    Selon  Peter Schiffqui avait vu venir la crise immobilière de 2008, 
       « ‘Pour réussir aux États-Unis vous avez besoin d’un diplôme d’études supérieures’. Cette idée est aujourd’hui tellement répandue que le droit à une formation supérieure est aujourd’hui l’un des points clés du programme de la plupart des plates-formes politiques. Quid des jeunes qui ne peuvent pas se permettre de telles études ? La réponse ‘logique’ des politiciens des 2 bords est que le gouvernement doit les subsidier. Mais très peu sont assez courageux pour poser la question suivante, à savoir ‘combien tout cela coûte-t-il ?’.
La réponse est simple : aujourd’hui, ce coût s’élève à 1,2 trillion. Il s’agit du montant accordé en prêts étudiants aux États-Unis. Ils sont désormais la seconde catégorie la plus importante du crédit privé derrière le crédit hypothécaire. Le prêt étudiant a littéralement explosé depuis la dernière crise financière de 2008 pour dépasser aujourd’hui les encours du crédit auto et des cartes de crédit
    Le Rêve Américain était simple : il représentait la capacité de chaque individu de tracer sa propre destinée et sa prospérité sans interférences de la part du roi, du gouvernement ou d’autres intérêts puissants ; le droit à la vie, à la liberté et à la propriété. Au fil des générations, ce rêve a été coopté par les politiciens et les banquiers pour que ceux-ci accaparent les votes et les richesses. Au 20e siècle, posséder son logement devint partie intégrante du rêve. Une idée qui déboucha sur l’opinion catastrophique que même les emprunteurs qui ne remplissent pas les conditions ont le droit d’acheter une maison. Nous en avons déjà subi les conséquences avec la crise des crédits subprime qui déboucha sur la grande récession.
    Aujourd’hui, 10 ans plus tard, les politiciens affirment désormais qu’un diplôme d’enseignement supérieur fait partie intégrante du rêve américain et qu’il s’agit donc d’un droit qui doit être accessible à tou(te)s, peu importe vos moyens financiers ou intellectuels. Encouragée par des taux d’intérêt toujours plus bas et la promesse implicite que Mr Contribuable viendra encore une fois la rescousse en cas de défaut, la bulle du crédit étudiant n’a cessé de gonfler.
    Depuis 2003, cette dette a plus que quadruplé, passant de 250 milliards à plus d’un trillion. Depuis le premier mandat du président Obama, elle a augmenté de plus de 500 milliards (une hausse de 75 %) alors qu’elle n’était encore qu’à 660 milliards avant son élection. De plus, fin 2008, le taux de défaut était de 7,9 % alors qu’il est aujourd’hui à 11,3 %, une énorme hausse d’un chiffre qui reste probablement sous-évalué.
    Mais le facteur le plus alarmant de cette tendance est qu’aucune garantie n’est requise pour l’octroi d’un crédit étudiant. Les banques peuvent saisir et procéder à la vente publique d’une maison lorsque le propriétaire n’est plus en mesure de rembourser son crédit. Cependant, que peut faire une banque dans le cas d’un crédit étudiant ? Saisir le diplôme ? Le savoir ?  En bref, chaque dollar en défaut d’un crédit étudiant sera un nouveau coup de poignard dans l’économie.
      Mais ne pensez pas un seul instant que les étudiants en réchapperont indemne. Les crédits étudiants ne sont pas effacés via la faillite personnelle (note : aux États-Unis, les individus ont le droit, comme une entreprise, de se déclarer en faillite et d’obtenir ainsi l’effacement total ou partiel de leurs dettes). Le gouvernement fédéral a le droit de saisir jusqu’à 15 % des revenus bruts des personnes qui ont fait défaut durant 25 ans.
      Certains pourraient dire : et alors ? L’Amérique a déjà fait face à des niveaux massifs de dette, quelle est la différence aujourd’hui ? Le problème c’est que la bulle du crédit étudiant ne fait que s’ajouter au fardeau énorme de la dette nationale, qui à 102 % du PIB américain est clairement irremboursable et qui nous mènera inexorablement vers un effondrement financier.
     De plus, le chiffre de 1,2 trillion n’est que le total actuel des crédits étudiants. On s’attend à ce que montant triple dans les 10 années à venir. (…) »
     Note : de nombreux articles et reportages ont montré que les prêts étudiants sont utilisés par de nombreux ménages pour nouer les 2 bouts depuis la crise de 2008. Pour en bénéficier, il suffit de s’inscrire à une formation ou un cursus. Il n’y a aucune vérification quant à l’utilisation des montants prêtés.__________________
(*)  ...Les facs portent aussi une responsabilité essentielle dans le coût faramineux des études. A Harvard, à Yale ou à Duke, la facture minimale dépasse 37 000 dollars par an (près de 28 000 euros), sans compter le logement ni l'assurance médicale. Mais ces institutions hypersélectives et cotées, dotées de bourses pour les étudiants de milieux modestes, ne constituent pas le coeur du problème. L'essentiel des hausses de frais d'inscription provient des colleges d'Etat, des facultés pourtant conçues pour offrir des études supérieures aux rejetons de la middle class. "De la Californie au Kansas, les Etats en crise budgétaire chronique se sont désengagés de l'enseignement, réduisant parfois de deux tiers leurs subventions, rappelle Rory O'Sullivan, l'un des dirigeants de Young Invincibles, un lobby d'étudiants et de jeunes salariés. Résultat, la part restant à la charge des élèves ne cesse d'augmenter. C'est un gigantesque transfert du public local vers le privé que l'Etat fédéral tente de compenser au mieux." 
   Les facs privées, de tous niveaux, ne sont pas en reste pour profiter de la manne publique. Ainsi, 93 % des étudiants de Clark Atlanta, une université historiquement ouverte à la population noire de Géorgie, paient leurs études. Pour ces jeunes, majoritairement issus de milieux modestes, la note de l'emprunt s'élève en moyenne à 47 000 dollars (35 400 euros). Près du double de la moyenne nationale. Un pari risqué sur l'avenir. 
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jeudi 17 septembre 2015

Tutelle européenne

Les dessous de Bruxelles (suite)     
                                              Beaucoup l'affirment: l'Europe est devenue une usine à gaz et avance comme un mastodonte géant sans cap ni souplesse, ni véritable idéal démocratique.
Une équipe de comptables à courte vue, loin des idéaux des fondateurs, gérant sans âme un espace de libre-échange, que J. Delors regrettait bien tardivement et bien hypocritement.
        C'est   Jean-Claude Juncker  qui l'affirme: "Les Européens n’aiment pas l’Europe"
                S'est-il déjà interrogé sur les causes profondes de cette désaffection? Il s'enferme, comme tant d'autres, dans l'incantation et le déni.
    Certains rêvent d'une nouveau traité, celui qui changerait tout...
La fuite en avant sans perspectives mobilisatrices sur le fond sur les sentiers ultralibéraux, la politique de l'autruche, l'inertie sans auto-critique n'ont que trop duré.
  La direction "disciplinaire" de Bruxelles Berlin ne peut durer sans préparer un avenir plus qu'incertain.
      Les peuples doivent reprendre leur place, dans une nouvelle configuration, qu'il reste à repenser, sans attendre des divorces violents au sein de l'Union
      L'euro-mark bride les économies, les investissements de croissance, tout en favorisant les intérêts à court terme d'une Allemagne viellissante, mais devenue hégémonique.
   La voix des critiques les plus chevronnés, comme celle de Krugman ne parvient pas aux oreilles de nos  experts, qui défendent un « pragmatisme » qui dissimule des choix théoriques marqués....Tusk ne s'en cache pas, toujours dans l'entretien du 17 juillet (dans la version publiée par le Financial Times, cette fois), où il dresse l'éloge de l'ordo-libéralisme,(ce libéralisme à la sauce allemande) cette théorie économique dominante à Berlin, arc-boutée, pour le dire vite, sur la lutte contre l'inflation et l'indépendance de la Banque centrale à l'égard de tout pouvoir exécutif.
   Les dessous de Bruxelles sont généralement peu connus.
____On comprend mieux pourquoi  pourquoi Paris tremble devant Bruxelles:
           Pour comprendre la difficulté dans laquelle se situe le nouveau gouvernement français actuellement face à la Commission européenne, il faut avant tout saisir la réalité et le sens de la nouvelle architecture institutionnelle européenne mise en place pendant la crise. Cette architecture a cinq volets qui s'entrecroisent, ce qui rend sa visibilité parfois complexe....
  L'esprit de ces réformes est clair : il s'agit de limiter le plus possible l'autonomie budgétaire des Etats. Certes, en théorie, nul ne peut contraindre directement un parlement à voter un budget qui accroit son déficit et ne respecte pas les recommandations de la Commission ou le pacte budgétaire. Mais désormais, un tel comportement est un revers infligé à la volonté du conseil européen, donc à la solidarité européenne. Et à ce titre, elle se paie directement par des sanctions quasi-automatiques. Les Etats sont donc contraints désormais de négocier avec Bruxelles et de suivre ses recommandations. La marge de manœuvre des Etats membres est très réduite....
 Chaque Etat doit « faire ses devoirs », comme on dit en Allemagne et ne dispose pas d'éléments de solidarité ou d'aides à la croissance pour y parvenir. La solidarité n'intervient que de façon conditionnelle en cas de crise grave, notamment d'absence d'accès aux marchés pour se financer par le Mécanisme européen de Stabilité (MES), qui, par son traité fondateur, doit imposer, en retour, des « plans d'ajustement.
       ____ Bruxelles-Berlin ont donc mis l’Europe sous tutelle:
 .............En particulier, la surveillance des politiques économiques des États membres ne devrait plus se limiter à la surveillance budgétaire, mais devrait inclure un cadre plus détaillé et formel en vue de prévenir les déséquilibres macroéconomiques excessifs et d’aider les États membres affectés à établir des plans de mesures correctives avant que les divergences ne s’ancrent. Cet élargissement du périmètre de la surveillance des politiques économiques devrait aller de pair avec un renforcement de la surveillance budgétaire....
       ___Du début à la fin, règnent le juridisme et l'économisme:
..... Les États membres conduisent leurs politiques économiques en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, et dans le contexte des grandes orientations visées à l’article 121, paragraphe 2. Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources, conformément aux principes fixés à l’article 119....____On est loin de la réalité.
____Le projet politique attendra...
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(Suite...) 
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mercredi 16 septembre 2015

Il était une ville

 Cité en déshérence
                       Des villes qui ont régressé ou ont été laissées à l'abandon, il y en a eu dans l'histoire...
        Détroit ne disparaître pas, elle, mais elle est devenue l'ombre d'elle-même...La crise et l'incurie des gouvernants est passée par là...
.           L'écrivain Thomas B. Reverdy donne à imaginer et à penser Détroit  dans son dernier roman
  ... Dans Detroit en putréfaction, la mort frappe souvent, indistinctement. Les bodybags encombrent la morgue, clos sur les corps d'adultes et d'enfants qui ne seront jamais identifiés. Mais, dans Il était une ville, Thomas B. Reverdy, ne fait pas que le sombre constat d'une enfance meurtrie par une société que ce fou de Taylor n'a pas su totalement rationaliser et qui produit l'abondance de la violence et du malheur. La glissade à toute blinde, ce vertige qui fascine les mômes, ne conduit pas toujours au pire et le bas d'une pente peut aussi révéler l'autre côté du possible, la résurgence de la vie.....
Ghost City
       Vestige du rêve américain, Détroit fascine et effraie.
    Oui, une ville peut mourir (et pas une petite!) ou presque..
La ville symbole est une des plus touchée par la crise, même si elle tente de se relever péniblement, par une renégociation d'une dette abyssale, aux conséquences sociales traumatisantes.
  En 2008, c'est la crise immobilière et les banqueroutes de General Motors et Chrysler, pendant que Ford met ses actifs en gage. Donnés pour morts, les constructeurs automobiles ont été sauvés par le gouvernement et sont désormais bénéficiaires. Mais cela s'est fait au prix de concessions qui remettent en cause le concept même de classe moyenne ouvrière. (Mediapart)
      Soixante ans de déclin ont amené cette cité dans l'état où on peut la voir aujourd'hui:
             Cela fait soixante ans que Detroit agonise lentement, sur fond de déclin industriel. « La ville n'est plus en mesure de générer suffisamment de revenus, explique Yan Cimon, professeur de stratégie à l'université de Laval à Québec. Elle voit sa population constamment diminuer et ses coûts d'entretien, notamment d'infrastructures, exploser. Donc c'est une ville qui a lentement décru, avec l'industrie automobile américaine. A mesure que les trois grands ont perdu des parts de marché, ils ont déménagé beaucoup d'usines notamment vers le sud des Etats-Unis donc ça a laissé Detroit sans base industrielle pour lui permettre de se renouveler ».
      Les trois grands, ce sont les constructeurs Ford, Chrysler et General Motors. A mesure qu'ils ont délocalisé, la ville s'est dépeuplée passant de 2 millions d'habitants dans les années 60 à seulement 700 000 aujourd'hui. Elle a troqué son surnom d'autrefois, Motor city, pour Ghost city, la ville fantôme. « Aujourd'hui, l'équivalent de Manhattan est inhabité à Detroit. Pour une ville de cette taille, c'est énorme », conclut Yan Cimon.
                    Les géants de la construction automobile  s’étaient mis, de 1941 à 1945, à produire chars, avions et munitions, ce qui avait valu à la ville le surnom d’"arsenal de la démocratie". Aujourd’hui synonyme de déclin, de ruine, de criminalité, la ville a vu fondre sa population progressivement, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à 700 000 aujourd’hui. Désormais, un tiers des habitants vit dans la pauvreté et 20% environ sont au chômage.
         Une "résurrection" commence à avoir lieu, longue, coûteuse et douloureuse. La reconstruction reste problématique. L'Etat a été plus généreux avec les banques.
      Même si aujourd'hui, la ville n'est plus officiellement en faillite, les blessures sont profondes et multiples.
La Motor City est toujours sous tutelle. Jusqu'à quand et à quel prix?
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mardi 15 septembre 2015

Caca non grata

 Et si on en parlait...
                          Il est des réalités qu'il ne faut pas évoquer en public, dit-on, du moins quand on parle de l'homme.
    Notamment concernant les résidus de la fonction digestive, tout à fait naturelle et vitale.
    On évite d'en parler, sauf dans certaines gauloiseries, certaines situations limites scabreuses ou graveleuses.
   (Non, il ne s'agit pas de la Chinese American Citizens Alliance.)
C'est moins conventionnel.
     Quelle indécence y aurait-il à l'évoquer?
De manière surréaliste et critique,  Bunuel, dans Le charme discret de la bourgeoisie, redonne à cette fonction son aspect banal.
      Faire caca, déféquer, est l'opération la plus naturelle qui soit, auquel la médecine d'autrefois et la médecins chinoise accordaient beaucoup d'attention.
Mais elle est chargée de connotations négatives, au coeur de notre éducation et de notre histoire. Cela n'a pas toujours été, même si on trouve toujours, dans l'acte même, une mise à distance sociale, une recherche d'intimité.
   L'anthopologie et la psychanalyse ont montré les aspects culturels et psychologiques de la répulsion, qui amène le petit enfant à identifier comme caca, haïssable,  ce qui est le produit de son corps.
        Il fut un temps où les sénateurs romains pouvaient discuter affaires tout en déféquant discrètement côte à côte. A Versailles, des commodités existaient , mais en nombre trop restreints.... Louis XIV faisait " ses commissions" en public sur sa chaise d'affaire apportée dans sa chambre, lors de son petit lever, en présence des " gentilshommes à brevet d'affaire" et du fameux domestique , appelé " porte chaise d'affaire". Le roi se mettait en cette situation plus par cérémonie que par nécessité chaque matin, seulement lors du "grand lever".
   Aujourd'hui, le trône individuel est un support quotidien. Notre santé en dépend...
_____Et pourtant, c'est toujours le règne du grand tabou, du caca non grata
     Mais à Bristol, on sait utiliser cette matière honnie. Le caca-bus  est un succès
         Un Japonais a inventé un moteur à étrons.
    On est parti vers la caca-exploitation, comme à la ferme des mille vaches.
En tous cas, Rien de ce qui est humain ne m'est étranger, comme disait le poète Térence.
  ______ Le corps ne mérite pas le mépris, tout juste une légitime discrétion.
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lundi 14 septembre 2015

Pouvoirs et medias

MMedias et emprise des pouvoirs                                                
                                                       Le premier qui dit la vérité ♪♫♪
                    L'information la plus objective possible est essentielle pour la citoyenneté.
        Elise Lucet nous donne, une fois encore, un leçon de journalisme, au sein du quasi désert informationnel français.
    Un petite frange de la télévision et de la presse écrite dominante a encore (mais pour combien de temps?) un rôle à jouer dans sa fonction d'investigation, sur des sujets qui touchent tout le monde, de près ou de loin..
   Du courage, il en faut, pour traiter, à rebrousse-poil, un certain nombre de sujets soigneusement évités par ailleurs ou abordés superficiellement. Mais il faudrait plus. Cest peu dire.
         A l'heure où les medias sont en péril du fait d'une raréfaction inédite, d'une excessive concentration des organes de presse et des pressions que permettent les intérêts en jeu et des censures multiples qui s'exercent, directement et surtout indirectement...
...Le mimétisme conformiste finit pas devenir la règle, l'audace et la pugnacité une exception, et le devoir d'informer s'impose de moins en moins. La déontologie journalistique exige une autonomie parfois difficile à conquérir.
      Aux Etats-Unis, les medias, le pouvoir et l'argent achèvent leur fusion et le contrôle des grands  medias n'est pas nouveau.
                Les medias sont de moins en moins indépendants, s'installant bien souvent dans la futilité ou la servilité.
  On dit la presse  mourante.  Le journalisme de connivence domine, de manière ostensible ou masquée..
  ___Repenser le medias est une urgence, qui ne peut aller sans une remise en question des pouvoirs, des nouveaux chiens de garde...
       Les médias distillent de plus en plus une substance toxique pour la démocratie.
Ils inhibent le débat, formatent la pensée des responsables et assurent la promotion fugace d'improbables vedettes. Souvent impuissants, les journalistes assistent à la régression de leur métier et à la progression foudroyante de la médialomanie. C'est ce malaise profond que Pierre Servent dénonce dans La Trahison des médias. Dans une analyse au vitriol, il décrit les mécanismes d'un empire médiatique qui règne désormais sans partage sur les autres pouvoirs et trahit sa mission démocratique. 
    -Notre métier a mal tourné, disent Philippe Cohen et Elisabeth Lévy.  Qu'est-il donc arrivé au journalisme ? Les deux auteurs disent tout haut ce qu'on ne peut s'avouer dans les rédactions : leur métier a mal tourné ; la peur est devenue le premier carburant de la profession. L'industrie des médias est à présent dominée par quelques grands groupes, ce qui a contribué à écraser les individualités. Pour autant, si les journalistes se contentent de rediffuser la même information et la même vulgate en mille éclats de voix et de phrases, ils en sont aussi responsables.
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