Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 31 octobre 2015

Un époque formidable...


Danger!

La nouvelle heure m'a tuer...

Je resterai au lit l'année prochaine...
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Mea culpa!

Sacré Tony!

   Il continue sa com'...

Je regrette...enfin pas tant que ça....

      Peut encore mieux faire...

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Bon coin

Mais (parfois) mauvaises affaires

   On y trouve tout, absolument tout.
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 Un comble!

L'auteur du Kapital se retournerait dans sa tombe

    On est prié de passer à la caisse, dévot ou pas...

So british!

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Halte au globish!


L'anglomanie fait des ravages
              Si  "courriel" peut facilement remplacer "mail" ou "bogue" prendre la place du "bug", voire le "mot-dièse" pour désigner le "hashtag":...relativement connus mais peu utilisés, les nouveaux venus ont de quoi laisser les Internautes beaucoup plus dubitatifs. Ainsi, il serait préférable désormais de parler de "fouineurs" et non de "hackers", de "dialogue en ligne" et plus de "chat" ou encore "d’arrosage" pour désigner les "spams". Le "cloud" devient quant à lui le "nuage". Et vous, vous likez ?
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Il l'a dit

Fi-ni! C'est fini...

   Les paradis fiscaux, c'est fini!

Schengen tel que nous l’avons voulu, c'est fini!

    Sarkozy, c'est fini?

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vendredi 30 octobre 2015

Petit panorama d'aujourd'hui

 ___Faut-il s'étonner de la colère palestinienne?
            Une jeunesse poussée à bout
    
____Le dernier secret de .Medhi Ben Barka
           Exécution d' un gêneur de notre ami le roi, avec l'aide du Mossad

____ Le marché du travail de plus en plus précaire, dans un contexte où le chômage ne baisse qu'en  parole. Un régime normal?..
"... Il faut prendre en compte, dans le détail mais aussi dans leur ensemble, les catégories de demandeurs d’emploi, cet abécédaire désincarnant la tragédie du chômage sur les individus (A, B, C, D et E) qui regroupe tous les types de chômeurs, y compris ceux qui ont effectué des missions de très courte durée ou qui, par découragement, ont cessé de faire des recherches. En avril 2012, avant que François Hollande n’emporte la présidentielle, toutes catégories réunies, ils étaient près de cinq millions (4 925 800). En septembre 2015, ils sont plus de six millions (6 111 300), soit en l’espace de trois ans une hausse de plus d’un million (1 185 500). Voilà le bilan social, la France du réel en septembre 2015 : plus de six millions d’hommes et de femmes sur la touche, sans emploi ou vivotant dans la précarité du sous-emploi, du temps partiel subi, de l’intérim. Des cohortes de sans-travail et de travailleurs pauvres.
Et lorsqu’on regarde de près les courbes de chacune des catégories qui les réduisent à une lettre de l’alphabet, en ce mois de septembre, comme les précédents, elles sont toutes à la hausse. La réalité, c’est aussi un chômage de longue et très longue durée (d’un an à plus de trois années sans emploi) qui n’en finit pas de grimper (sur un mois : de 0,9 % à 1,2 % selon les tranches ; sur un an : de 6,4 à 7,8 %). Ce drame décrété « cause nationale » en 2014, « priorité des priorités » de 2015, emporte presque trois millions de personnes… La réalité, c’est aussi un chômage des seniors enkysté qui n’en finit pas de progresser. En septembre, il augmente de 0,1% ; sur un an, de 8,5%. Les plus de 50 ans ne connaissent pas de répit. « Ils sont ma priorité », dit Myriam El Khomri..'

____Qui veut tuer son chien...

____Un débat biaisé

____Et pourquoi pas Qwant, plein de promesses? 
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jeudi 29 octobre 2015

Algorithme, mon amour

 Technopouvoir algorithmé
                                   A  la suite de la récente émission de Ce soir (ou jamais !), d'excellents rappels ont été faits sur la nature, le développement, les incidences du fulgurant développement algorithmique, dans les domaines les plus variés, notamment ceux qui touchent au plus près  notre vie quotidienne, en ce qui concerne la numérisation sans fin notamment.
    La neutralité de ce développement fait problème, malgré les propos rassurants de certains intervenants.
         Nous avions déjà noté qu'une grande ambivalence caractérise ces "outils" logique et leurs applications, parfois très sophistiqués et souvent abscons pour le commun des mortels. Ils sont partout, bien souvent à notre insu.
   Certes, il n'est pas question de diaboliser et de condamner l'héritage lointain de Turing, souvent plein de promesses Mais on a trop vite fait de rassurer à bon compte, si l'on ne tient pas compte de certains usages, souvent encore mal identifiés. Comme le notait un des intervenants, le philosophe Eric Sadin, les technologies informationnelles envahissantes demanderaient à'être interrogées davantage:
             Le mouvement de numérisation à l'oeuvre depuis une trentaine d'années gagne aujourd'hui des pans de plus en plus étendus de la réalité via l'extension des capteurs et des objets connectés. Dorénavant, les flux de data témoignent de la quasi-intégralité des phénomènes, s'érigeant comme l'instance primordiale de l'intelligibilité du réel. Une connaissance sans cesse approfondie s'instaure, orientant en retour les décisions individuelles et collectives au prisme d algorithmes visant les plus hautes optimisation, fluidification et sécurisation des existences et des sociétés. Les technologies informationnelles imposent un mode de rationalité fondé sur la définition chiffrée de toute situation et sur une maîtrise indéfiniment accrue du cours des choses. Une raison numérique établie sur l'appréhension et l'évaluation en temps réel des faits ordonne désormais les pratiques du commerce, de l'enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l'habitat...
    Ce livre examine, en s'appuyant sur une foultitude d'exemples, la quantification et la marchandisation intégrales de la vie qui s'instituent, soutenues par l'industrie du traitement des données, aujourd'hui dotée d'un pouvoir qui perturbe nombre d'acquis démocratiques fondamentaux.
  
Avec une rare lucidité et une écriture d'une précision clinique, Éric Sadin dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie détaillée des forces à l' oeuvre... Observations et réflexions qui dessinent une nouvelle condition humaine, et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance toujours plus totalisante détenue par les systèmes computationnels.

  Le technopouvoir n'est pas innocent.
        Il est conforme à un certaine idéologie, qui veut notre bien, celle des maîtres de la  Silicon Valley et leurs rêves de transhumanisme libéralisé.
  De son côté, Amazon accélère sur le remplacement de l'homme par la machine.
 Un ou deux lignes de programme a suffi à VW a introduire dans son système de production une vaste supercherie...
     L'ére des robots, de toutes formes et de divers usages, n'en est qu'à ses prémisses....
Une tendance lourde qui touche et touchera vite d'autres domaines, en profondeur. Pour le meilleur et pour le pire.. 
  C'est vers de nouvelles formes d' existence que nous glissons progressivement, parfois dans une sorte de servitude volontaire.
    Face au changement de paradigme qui se met en place sous nos yeux de somnanbules, l'auteur souligne l'urgence d'une nouvelle réflexion éthique et l'urgence d'une action politique, au sens large:
" ...il revient au pouvoir de mettre en place des cadres d’évaluation non soumis à la séduction des innovations et d’un techno-discours ambiant, qui semble ne laisser aucune place à la critique..."
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mercredi 28 octobre 2015

Point d'histoire

 Versailles: nn Traité mal géré                 [Quelques rappels...]
                                                                             Tout commença à Sarajevo, selon la vulgate officielle, qui signa le début d'un marche somnanbulique vers un inconnu infernal.
   L'hitlérisme.devait naître des ruines d'un engrenage tragique, d'un affrontement inouï, sans merci et sans pitié. d'une hécatombe inédite qui fit changer de siècle.
        Pour Wilson, ce traité devait être le fondement de la paix
       Pour Foch; la guerre n'est pas finie
  Le Traité de Versailles, considéré comme bâclé, fut vite l'objet de multiples critiques (*)
              Le problème des réparations  fut au coeur des débats
    L' article 231 du Traité stipulait que Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés.
     Certains, comme l'économiste Keynes estima « que la campagne pour faire payer l’Allemagne, l’ensemble des frais de la guerre était l’un des actes les plus graves manquant de sagesse politique..» et qualifia le traité de « paix carthaginoise » qui affecterait économiquement toute l’Europe ». Keynes déclara que les sommes des réparations du traité « dépassaient généralement la capacité de l’Allemagne » à payer.
   Une dette dont le plan Young ne fera que prolonger l'issue. Avant les entorses de 1953 et 1990.
Les deux crises économiques, l'arrivée de Hitler au pouvoir, suspendirent  les engagements.
Si les alliés avaient désarmé l'Allemagne, au motif qu'elle était la seule coupable,  il avaient contribué à son réarmement moral et laissé intacte l'industrie tournée vers le réarmement
  Les crises qui suivirent, la première, mais  surtout la dernière, d'une rare violence, avec l'entêtement de Brüning, favorisèrent l'ascension problématique puis fulgurante d'un système dictatorial

     Les capitaux américains permirent un redémarrage de l'économie. Mais
  l’Allemagne, en particulier, dont les crédits américains alimentaient l’industrie, fut à son tour durement atteinte dès décembre 1930, présentant des symptômes de crise analogues à ceux des États-Unis » taux de chômage de 17,5 %, recul de 40% de la production manufacturière, effondrement des prix... 
( L’historien américain Stephen Schuker fit valoir que les Allemands reçurent autant de prêts américains (qu’ils ne remboursèrent jamais) que l’Allemagne ne paya de réparations. En effet, Schuker nota qu’entre 1921 et 1931, l’Allemagne avait payé 19,1 milliards de marks de réparations, et dans le même temps, elle contracta 27 milliards de marks de prêts envers les États-Unis, sur lesquels l’Allemagne fit défaut en 1932.)
               L’occupation de la Ruhr, contestée,écourtée et inutile, donna lieu à de multiples incidents.
Le premier ministre français Raymond Poincaré était extrêmement réticent à ordonner l’occupation, et n’avait pris cette mesure qu’après que les Britanniques eurent rejeté ses propositions de sanctions plus modérées contre l’Allemagne. Les socialistes tentent de démontrer les dangers d’une occupation. Clémenceau s’y opposait et le Maréchal Foch parlait d’un “terrible nid de guêpes” où la France avait mis la main. Poincaré était sous pression, car la France avait besoin de l’argent allemand pour rembourser sa dette envers les États-Unis et l’Angleterre. La France et la Belgique tentèrent donc de faire respecter par la force les obligations financières qui étaient imparties aux vaincus par le traité de Versailles avant de commencer leurs propres remboursements.
Rappelons enfin que, selon le traité de Versailles, l’Allemagne devait payer aux alliés 20 milliards de marks-or (MdMo) avant mai 1921 puis 5 milliards d’ici le 31 décembre 1922, soit 25 MdMo. Elle n’en a versé en fait que 7,5 puis 2,9 MdMo, soit 10,4 MdMo, somme sur laquelle la France n’a touché que 2 MdMo environ en raison de la priorité de remboursement belge.
      __La conférence de Lausanne annula le plan Young
                     ____  Le montant réellement payé par L'Allemagne

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(*) __ Jacques Bainville, dans un petit essai prophétique : Les conséquences politiques de la paix (1920). L'historien français démontre avec brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d'un autre conflit. Suite au remodelage de l'Europe centrale, «il reste l'Allemagne, seule concentrée, seule homogène, suffisamment organisée encore, et dont le poids, suspendu sur le vide de l'Europe orientale, risque de faire basculer un jour le continent tout entier», écrit-il, rappelons-le, dès 1920. Il résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : «Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur et trop dure pour ce qu'elle a de doux».
Son analyse est reprise par l'historien René Grousset dans Bilan de l'Histoire (1946) : «La seconde Guerre de Trente Ans était commencée. La plupart des contemporains ne s'en rendirent pas compte, parce que le Traité de Versailles leur parut achever la ruine de l'impérialisme allemand. Par quelle aberration fallut-il que nos alliés anglo-saxons, consacrant au contraire à Versailles l'oeuvre de Bismarck, maintinssent intacte l'unité allemande ou plutôt qu'ils prissent soin de la renforcer encore, car la suppression des autonomies provinciales ne pouvait avoir d'autre résultat ? Et devant cette Allemagne plus unifiée que ne l'avait jamais été celle du Chancelier de fer, ils servirent, morcelés à souhait, des États danubiens sans lien fédéral, auxquels s'attaquait déjà la propagande de l'Anschluss. La grande voix du maréchal Foch s'éleva vainement contre ces erreurs, génératrices de tant de prochains massacres».
Plus près de nous, Margaret MacMillan, historienne canadienne, nous offre un point de vue plus distancié mais tout aussi passionnant sur les traités de paix avec : Les artisans de la Paix (2006).
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mardi 27 octobre 2015

La Sécu, c'est réglé..

Enfin presque...
                       SI...on s'en donne les moyens.
   On peut tenter toutes les réformes que l'on veut, si les recettes font défection dans ce système complexe de solidarité, si la volonté politique est absente, on laissera inexorablement se dégrader cette belle conquête datant de 70 ans., qu'on pouvait à juste titre nous envier.
 Une conquête que est en train de glisser dangereusement vers une médecine à trois vitesses et de plus en plus privatisée.
  La santé sera-t-elle bientôt un luxe?
   Il faudrait regarder de près la réalité des comptes.
Dans certains pays, les dépenses de santé sont supérieures. 
    Il y a certes des économies à faire, mais pas seulement. Il y a surtout des choix à faire et des dérives à éviter pour résister à la marchandisation et à la néolibéralisation d'un service qui se dégrade en se "modernisant".
  Revoir les dépenses pharmaceutiques et la pression des labos n'est pas la seule tâche prioritaire.
    Le fameux trou de la sécu est en partie un mythe.
Les recettes ne poseraient plus problème si on voulait se donner les moyens de sévir contre les petits et les gros fraudeurs (*)
 L' évasion fiscale  n'arrange rien, à très grande où à moyenne échelle
Ce n'est pas rien et c'est maintenant connu, après les enquêtes approfondies de Antoine Peillon. C'est   600 milliards qui manquent dans les caisses de Bercy...
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   (*) Il existe un moyen pour résorber le déficit de la Sécurité sociale, sans rogner sur les remboursements de soins, les retraites ou les indemnités chômage : combattre réellement les fraudes patronales aux cotisations sociales. Celles-ci dépassent les 16 milliards d’euros. Des employeurs des secteurs du BTP, de la restauration ou de la sécurité privée en sont les principaux responsables. Sur le papier, ils encourent de lourdes sanctions. Mais en pratique, elles sont rarement et faiblement appliquées. Et seule une petite part des montants fraudés est recouvrée...
    La fraude aux cotisations sociales constitue un manque à gagner important pour notre système de solidarité nationale. Ces fraudes prennent différentes formes : travail dissimulé (au noir), heures supplémentaires non déclarées, travail détaché illégal, déclarations erronées... Selon la Cour des comptes, en 2012, elles représentent entre 16,8 milliards et 20,8 milliards d’euros ! Ce montant correspond à celui du déficit des régimes obligatoires de base et du fonds de solidarité vieillesse, soit 19,1 milliards. En clair, si la fraude était réduite à néant – hypothèse utopique s’il en est – la dette cesserait de se creuser, sans avoir à fournir d’effort supplémentaire..
   .A l’échelle nationale, selon le rapport de la Cour des comptes, le taux de recouvrement des redressements pour travail dissimulé représente de 10 à 15 %. Ce qui signifie que pour 400 millions de redressement pour travail dissimulé… seuls 40 à 60 millions sont finalement récupérés. Le reste ? Évaporé dans la nature. Sur 1,6 milliard de fraudes pour travail dissimulé constatée depuis 2008, moins de 240 millions sont effectivement récupérés...
      Il manque des moyens pour  remédier. Souci économique mal placé ou laisser aller coupable?
                  ...Aucun nouveau moyen n’a été affecté récemment à la lutte contre la fraude : « Nous sommes à effectifs constants. Pour être plus efficaces, nous avons dédié à temps plein environ 200 de nos 1500 inspecteurs à la lutte contre le travail dissimulé », précise Jean-Marie Guerra, directeur de la réglementation, du recouvrement et du service de l’Acoss. En bref, l’équipe doit faire mieux avec autant. « Or, il faudrait 1 500 recrutements d’inspecteurs pour obtenir un rythme de contrôle tous les trois ans, au lieu de tous les 10 à 14 ans actuellement », s’insurge Pierre-Yves Chanu, le vice-président CGT de l’Acoss. Un rythme insuffisant qui a de quoi éloigner la peur du gendarme...
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lundi 26 octobre 2015

Lancinant probème kurde

L'unité introuvable
                              Périodiquement, les Kurdes, ces descendants des Mèdes, font parler d'eux.
   Tantôt en Irak, moins en Iran,depuis plus longtemps en Turquie, où ils sont les plus nombreux et souvent les plus contestés par les régimes successifs.
    Ils ont connu une histoire compliquée.
Divisés depuis 1635, ce peuple indo-européen, malgré ses fractures internes, connaît régulièrement de fortes aspirations  à l'unification et à l'indépendance.
   Mais n'a-t-on pas affaire là, dans la phase actuelle de l'histoire moyen-orientale, à un mythe? L'unité est plutôt culturelle. (vidéo)
  C'est à partir de le fin de l'empire ottoman que les problèmes surgissent, avec la montée du nationalisme kurde.
 C'est à la conférence de paix de Paris (1919) que se décida le sort des Kurdes. En 1920, le traité de Sèvres prévoit la division de l'Empire ottoman et évoque notamment la possible autonomie des provinces kurdes avec à terme la création d'un État kurde indépendant. Cependant en 1923, le traité de Lausanne, signé après le refus du précédent traité par Mustafa Kemal, revient sur cette autonomie
   A cheval entre la Syrie, l'Iran et la Turquie, les Kurdes semblent en avoir fait leur deuil, ce qui n'interdit pas certains échanges transfrontaliers    (*)
    La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir. En 1915,, les accords franco-britanniques dits de Sykes-Picot (*)prévoyaient le démembrement de leur pays. Cependant les Kurdes étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l'idéologie "pan-islamiste" du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d'autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l'Empire ottoman. D'autres, se réclamant du principe des nationalités, des idéaux de la Révolution française et du président Wilson des Etats-Unis, combattaient pour l'indépendance totale du Kurdistan.
Le clivage s'est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées, en 1918. Les indépendantistes formèrent une délégation dépéchée à la Conférence de Versailles pour présenter "les revendications de la nation kurde".
  Le Kurdistan reste donc de l'ordre de l'imaginaire.
Le monde kurde reste fragmenté et toujours soumis à un éclatement problématique.
Le double jeu de Erdogan, après des négociations fragiles,dans un contexte de méfiance et de peur, a de nouveau conflictualisé l'opposition en Turquie.
   Une stratégie qui ne trompe personne. Le  12 octobre 2015 : l'attentat meurtrier à Ankara suite à la rupture de la trêve entre les Turcs et les Kurdes relance le conflit. Conflit qui remonte à la naissance de la Turquie, accouchée au forceps par Moustafa Kémal.
  La turcisation forcée d'après guerre, après l'alliance contre le peuple arménien, témoigne d'un double jeu déjà ancien.
  Les Kurdes doivent désormais compter aussi avec la duplicité du président turc Erdogan qui fait mine de combattre les djihadistes sur le territoire syrien, mais frappe avant tout les Kurdes, en Turquie comme en Irak et en Syrie
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(*)    ____Jusqu'à sa victoire définitive sur les Grecs en 1922, Mustafa Kemal n'a cessé de promettre la création d'un Etat musulman des Turcs et des Kurdes. Il était ouvertement soutenu par les Soviétiques, et plus discrètement par les Français et les Italiens mécontents des appétits excessifs du colonialisme britannique dans la région. Après la victoire, à la Conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs affirmeront parler au nom des nations soeurs kurde et turque. Le 24 juillet 1923, un nouveau traité fut signé dans ce contexte entre le gouvernement kémaliste d'Ankara et les puissances alliées. Il rendait caduc le Traité de Sèvres et sans apporter aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits des Kurdes consacrait l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel Etat turc. Auparavant, par l'accord franco -turc du 20 octobre 1921 la France avait annexé à la Syrie placée sous son mandat les provinces kurdes de la Djezireh et de Kurd-Dagh. Le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde Simko vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan.
    Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul très riche en pétrole. Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d'une consultation organisée par la Société des Nations, s'était prononcée dans une proportion de 7/8 en faveur d'un Etat kurde indépendant. Arguant que l'Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne finit par obtenir le 16 décembre 1925 du Conseil de la S.D.N. l'annexion de ces territoires kurdes à l'Irak placé sous son mandat. Elle promettait néanmoins la mise sur pied d'un gouvernement kurde autonome, promesse jamais tenue ni par les Britanniques, ni par le régime irakien qui a pris la succession de l'administration britannique en 1932.
   Ainsi fin 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIème siècle sous le nom de "Kurdistan", se trouvait partagé entre 4 Etats: Turquie, Iran, Irak et Syrie. Et pour la première fois de sa longue histoire, il allait être privé même de son autonomie culturelle....
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dimanche 25 octobre 2015

Une époque formidable..

 On s'en tamponne...

 ___Il est des débats à l'auguste Assemblée qui suscitent les passions...

Comme sur la fragilité des tuyaux de pipe ou la flexibilité des queues de vache...
Pas étonnant que certains se laissent aller à une sieste réparatrice...
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  Citytropismes
                        Londres: une cité si attrayante...et si active.

On blanchit beaucoup au bord de la Tamise
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Berezina

C'est le naufrage, que dis-je? ...

Le Désastre!
                        Perseverare diabolicum
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Cyberécriture

Le comble de l'ennui  
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La faute aux Helvètes

Sous-marin nucléaire en patrouille dans le Lac?

Non, manoeuvre ordinaire d'un avion  

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Audacieux!

Mettre à la même table des cousins si proches...

Mieux vaut cela que les murs, qui ne montent pas jusqu'au ciel
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samedi 24 octobre 2015

Au fil du net

              Air France ou Air Qatar? (sympa avec son personnel, surtout les hôtesses)_____

*  Il revient!

*  Toujours plus dur...

*  Sans eau, fin de Las Vegas

*  Comment étudier décemment?

*  Les coulisses du plan B grec

*  UK: les Chinois et le nucléaire

*  Netanyahou, Hitler et les Juifs

Total au Collège de France!?
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- Revue de presse
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vendredi 23 octobre 2015

Je dialogue, tu dialogues, nous dialoguons...

Us et abus du dialogue (social)
                                                 On n'a jamais autant dialogué qu'en ces temps.
  En ces temps pourtant si durs socialement ou personne ne semble écouter personne et où dominent, dans le domaine des faits économiques et sociaux, des butoirs et des contraintes fortes, des injonctions explicites ou implicites: there is no alternative. On n'aurait pas le choix...L'horizon est bouché, il n'a pas de grain à moudre...
    Les échanges concernant des changements de fond, politiques ou sociaux, rencontrent vite leurs limites, dans un contexte qu'on appelle de crise, engendrant tous les renoncements: les services de santé manquent de moyens, les salaires stagnent, la précarité monte, les injustices croissent, le chômage poursuit sa courbe. Le domaine des causes et des vrais remèdes est esquivé ou fait l'objet de palabres ou de velléités inconsistantes. Les chemins du néolibéralisme et de la finance mondialisée sont étroits...
  De nouveaux dogmes impérieux, sous une apparence amène, bloquent l'ouverture qu'impliquerait un vrai dialogue.
  Dès l'instant où le mot dialogue est évoqué, on devrait supposer qu'on est écouté réellement, qu'on est sur une voie de déblocage de situations figées, que le compromis est possible, le plus fort renonçant, du moins partiellement, à des exigences sur lesquelles il ne veut (ou ne peut ) se plier.
  Peut-on dire que Tsipras dialoguait avec les instances de Berlin, qui voulaient le ramener à tout prix à leurs exigences financières? Quel sens a le dialogue entre des délégués du personnel d'une entreprise où on licencie en masse sous la pression des actionnaires? On négocie juste sur des miettes, à partir de bribes d'informations souvent tronquées ou falsifiées..
    Bien souvent les dés sont pipés. 
Lundi, le Premier ministre a répété : « Pour réformer, la voie du dialogue social est la plus durable, la plus efficace, la plus apaisée et apaisante ».
Fort bien!
     Mais la notion de dialogue est souvent incantatoire, quand elle n'est pas piégée, et fait partie de la novlangue politique.
     Parler de négociations, dans un climat forcément plus ou moins conflictuel, est plus exact.
Le dialogue suppose un relatif apaisement, une relative transparence, une certaine égalité de niveau de conditions, de pouvoirs, une certaine symétrie dans les échanges.
  Or la plupart des conditions actuelles de discussion sur le droit du travail, par exemple,sont imposées avant d'être discutées.
         « Le dialogue social, c’est la marque du quinquennat », a une nouvelle fois assuré Manuel Valls aux partenaires sociaux qu’il recevait lundi pour préparer la conférence sociale des 7 et 8 juillet. François Hollande n’avait-il pas promis d’inscrire dans la Constitution l’obligation de consulter syndicats et patronat avant toute retouche du droit du travail ?..
 François Hollande a profité de la conférence sur l’emploi ce lundi pour rappeler aux partenaires sociaux l’importance du « dialogue social ». Se retrouver pour discuter n’est-il pas une attitude forcément saine ? La politiste Corinne Gobin en doute. L’expression « dialogue social », apparue pour la première fois en 1984 dans le cadre de la Communauté européenne, représenterait au contraire une manière de fermer le débat.
Dans Les nouveaux mots du pouvoir, l’auteure explique : « Le dialogue social représente une version dégradée, sur le plan de la qualité démocratique du fonctionnement des sociétés, des relations collectives du travail ». Cette recherche du consensus à tout prix disqualifie le conflit. Pourquoi s’opposer quand on peut dialoguer ? Le dialogue social menace alors la légitimité du droit de grève, souligne Gobin. « Le conflit et la confrontation sociale doivent être abandonnés au profit de relations sociales plus harmonieuses vécues comme des relations entre partenaires orientés vers un objectif commun, stimuler la compétitivité des entreprises, écrit-elle. Les dissensions entre "partenaires sociaux" ne proviendraient pas de visions antagonistes de ce qu'est une société, mais de malentendus : à force de dialoguer, de communiquer, l’on atteindrait une vision consensuelle de la marche à suivre pour gérer les sociétés de façon "efficace". » L’objectif final ne souffre aucune discussion : la création de richesse collective à travers l’épanouissement des entreprises, le capitalisme. En cela, la systématisation du dialogue social revient, selon Gobin, à déconstruire l’essence de la démocratie. Il n’est plus possible de proposer de projet alternatif..."
           Un leurre donc? Bien souvent. Une hypocrisie? Plus d'une fois..
L'asymétrie, les rapports de force dénaturent d'emblée l'engagement dans des processus supposés de solutions d'une impasse, d'une crise.
    En matière de droit du travail, dans le cadre de son détricotage progressif, au nom du progrès, c'est plutôt la flexibilité et l'allégement qui sont recherchés par l'une des parties... 
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                   "... Si la justice est si peu sensible au droit du travail, c’est aussi parce que ce droit est délégitimé par le pouvoir politique lui-même. Le droit du travail est d’abord délégitimé par un discours idéologique récurrent, pour ne pas dire omniprésent : l’idée selon laquelle le droit du travail serait « trop rigide », « trop complexe », un « frein à l’emploi », à la « croissance », etc. Ce discours pour le moins « compréhensif » est remarquable sur fond d’inflation du discours sécuritaire fustigeant depuis près de 20 ans un supposé « laxisme » judiciaire.
   Un tel discours a pour conséquence de légitimer les employeur(euses) en infraction, qui non seulement ne se vivent pas comme des délinquant(.es), mais se sentent conforté.es à contester le bien-fondé des contrôles de l’inspection du travail. Fanny Doumayrou relevait que « la déréliction qui frappe ce corps de fonctionnaires s’explique en premier lieu par l’injonction paradoxale qui fonde sa mission : maintenir dans les clous du code du travail des chefs d’entreprise que les gouvernements encouragent par ailleurs à prendre leurs aises ; offrir un garde-fou contre l’exploitation, mais sans jamais recevoir de l’Etat, également garant de la liberté d’entreprendre, les moyens d’assurer une réelle protection des salarié(es) »
   Mais surtout, ce discours s’est incarné depuis 30 ans en une succession de réformes visant à déréguler le droit du travail. Ce processus s’est accéléré ces 10 dernières années, avec l’extension continue des possibilités de déroger, par  accord collectif, à la loi au code du travail dans un sens défavorable aux salarié.es. La loi a ainsi perdu de son importance au profit de la règle négociée. Parallèlement s’est opéré un renversement de la hiérarchie des normes au sein de la négociation collective avec primauté à l’accord d’entreprise, c’est-à-dire là où le rapport de force est le plus défavorable aux salarié(es). On observe ainsi un mouvement de fond vers un éclatement et une individualisation de la règle de droit, notamment sur des sujets aussi importants que la durée du travail, la rupture du contrat, la majoration des heures supplémentaires,…) Mouvement de fond qui a pour effet d’éclater le salariat et sa capacité de réponse collective..."
   ____ Il existe des patrons de plus en plus décomplexés concernant le droit du travail: Lors des entretiens filmés de Royaumont, Alexandre de Juniac s’est dit prêt à remettre tous les acquis sociaux en cause, y compris l’interdiction du travail des enfants et le droit de grève. Pas étonnant que les syndicats de la compagnie aérienne ne veuillent plus discuter avec lui...
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Pour construire l'avenir d'Air France, des négociations loyales et une concurrence non faussée
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jeudi 22 octobre 2015

Biomasse: l'avenir?

La forêt: une marchandise comme une autre?
                                                                        Mardi soir, la Cinq présentait un petit document concernant les Menaces sur les forêts françcaises...et d'ailleurs.
   La biomasse a le vent en poupe comme source d'énergie électrique  alternative, tout en continuant à assurer aussi, à moindre échelle et sous plusieurs formes, des besoins en chauffage, individuels et collectifs.
    Mais il y a biomasse et biomasse...
              Les mégaprojets, qui se développent actuellement, en France ou ailleurs, comme à Gardanne, posent des problèmes, jusqu'ici escamotés: (*)
 Il ne s'agit pas du traitement des déchets forestiers ou de diverses activités humaines, mais de vastes projets forestiers sur une échelle régionale, parfois avec des dimensions internationales (importations de bois américains en Angleterre, pas exemple). Des critiques locales et administratives se font jour contre des opérations contestables, malgré leurs prétentions greenwashing.
             On commence à relativiser ces projets en haut lieu, surtout pratiqués à grande échelle.
Des mégaprojets en question, surtout en cas de coupes à blanc,qui mettent en péril la régénération et la diversification des forêts.
   Les effets à long terme ne sont pas maîtrisés et les rendements sont discutables.
L' extension croissante de ces projets, leur passage en mode industriel à grande échelle suscitent la crainte de surexploitation.(..Selon les données de l’université du Maryland (USA) et de Google, rien qu'en 2014, les forêts ont reculé de 180 000 km2 dans le monde (soit environ deux fois la superficie du Portugal). En Asie, en Amérique du sud ou encore en Afrique, ce phénomène affecte les principaux poumons verts de la planète. La forêt amazonienne, qui est l'une des trois plus grandes forêts primaires du monde, a ainsi perdu en 40 ans environ 800.000 km2 (soit près d'1/7ème) de sa superficie. L'élevage est la principale cause de ce problème..)
   Ces puits à carbone vitaux que représentent les forêts n'ont pas qu'un intérêt esthétique.
Ce qu'il nous reste de forêts, en déclin  surtout dans certains pays, doit nous amener à mieux poser, à long terme, le problème fondamental d'une sylviculture raisonnée.
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              (*) Ce type de centrale se multiplie dans le monde, avec le soutien des politiques de transition énergétique et de réduction de l’usage des énergies fossiles, très émettrices de gaz à effet de serre, et donc cause majeure de dérèglement climatique. En Europe, les producteurs d’électricité ne bénéficient plus d’allocations gratuites de quotas de CO2, ce qui plombe la rentabilité des centrales à charbon. EON a occupé les unes de la presse internationale début décembre en annonçant sa réorganisation autour d’un pôle « énergies renouvelables ». La France est l’un des théâtres de cette reconversion industrielle. Quant à la combustion de bois, le sujet a éclaté médiatiquement avec la sortie de Ségolène Royal contre l’interdiction des feux de cheminée au nom de la défense de la filière bois-énergie. Tout semblait donc réuni pour que la centrale d’EON devienne un symbole de la révolution énergétique made in France. 
    Et pourtant, l’installation promet plutôt d’incarner les incohérences, apories et dérives d’une transition énergétique mal jaugée et non maîtrisée, à force de vouloir à tout prix concilier des intérêts contradictoires. À quelques mois de son ouverture officielle, le site Provence 4 ne semble pas reposer sur un modèle économique et environnemental viable à long terme.
...  son rendement énergétique est faible : 36,8 % d’efficacité nette. En valorisant sa vapeur (la chaleur est récupérée pour chauffer un site industriel, des serres ou une ville), elle atteint péniblement 44,7 % d’efficacité nette. Très concrètement, cela signifie que pour dix arbres coupés, au moins cinq ne servent à rien. Pas terrible, et surtout insuffisant pour bénéficier du tarif d’achat qui garantit le prix de vente des électrons à EDF pendant 20 ans. Dans son appel d’offres, la CRE conditionne le bénéfice de cette aide : « Seules les installations pour lesquelles l’efficacité énergétique est supérieure ou égale à 60 % sont admissibles à cet appel d’offres. » 
    Mais la commission a prévu une dérogation pour la région PACA, « à titre expérimental », si « un candidat fait la preuve que son projet contribue à améliorer la sécurité d’alimentation en électricité de la région ». Ça tombe bien, c’est justement là qu’EON veut sortir son unité biomasse. EON se glisse dans la brèche et emporte l’appel d’offres pour sa centrale, à 115 euros le mégawatt/heure (MWh) payé par la CSPE, c’est-à-dire par nos factures d’électricité. Au total, l’aide représente environ 70 millions d’euros sur 20 ans. France nature environnement (FNE) proteste : « Trop gros, avec un rendement médiocre, payé cher, Gardanne a tout d'une erreur majeure ! » Pierre-Marie Abadie, directeur de l’énergie au ministère, n’est pas loin de partager cette analyse devant les sénateurs, : « Il  y a toutefois eu au moins une exception célèbre avec le dossier de Gardanne. L’électrique pur ne représente que 35 % d’efficacité énergétique. C’est un désastre en termes d’utilisation de la ressource. »
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mercredi 21 octobre 2015

Poutinisme, hypertrophie individuelle et apathie politique

Le mystère Poutine?
                           L'actualité géopolitique projette au premier plan celui qu'une certaine presse occidentale présente souvent sous  les traits d'une nouveau despote au pouvoir hypertrophié,menaçant parfois les intérêts de ceux qui furent les alliés, qui entretiennent encore des relations étroites ou distendues avec l'Otan.
   Qui peut répondre simplement, sans tomber dans le moralisme facile, la caricature grossière, le journalisme de pacotille, l'approche au ras de l'écume des jours reflétée presque quotidiennement jusque dans la presse people, avide de sensationnalisme?
  Nos regards d'observateurs épisodiques et mal informés, distants et hors contexte historique et géopolitique ne perçoivent que des éléments fragmentaires, conditionnés pas le brouillard manichéen  alimenté par l'affaire ukrainienne, moins claire que ce qu'on nous en dit.
    La complexité du système Poutine , comme la situation réelle en Russie, pas seulement à Moscou, nous échappe dans une large mesure.
    Tantôt, le leader post-eltsinien  apparaît comme un despote plus ou moins éclairé et cynique, tantôt comme l'utile redresseur d'une Russie exsangue et humiliée après la gestation cahotique post-gorbatechvienne, traumatisante pour beaucoup de Russes moyens et modestes.
         Les tensions avec Washington se sont accentuées, surtout depuis Clinton, malgré les réactions d' un petit nombre de diplomates et d'intellctuels américains, comme Mac Govern qui s'efforcent de donner une image moins caricaturale d'un Président souvent diabolisé dans leur pays,. et qui  s'interrogent: comment reconstruire la confiance entre Obama  (et ses successeurs) et Poutine?
  Là-bas aussi, l'antipoutinisme primaire se donne souvent libre cours et pollue l'analyse.
  __________        On peut trouver ici une approche, qui, sans être  suffisante, donne une idée assez pertinente sur ce que certains considèrent comme l'énigme du  Poutinisme.
  L'auteur analyse la nature du pouvoir, les formes d'opposition, leur nature et leurs limites et s'interroge sur les racines de l'adhésion actuelle d'une grande majorité russe:
      "... Le soutien que la majorité des Russes accordent à Poutine est largement lié à une peur panique du chaos et de la déstabilisation, symbolisés par les années 90, celles du premier président de la Russie post-soviétique, Boris Eltsine. Celles-ci sont perçues par la majorité de la population comme des années noires où la priorité était de survivre, alors que le pays se désintégrait, les usines fermaient, les salaires n’étaient pas payés, l’inflation allait en galopant. Or dans ces mêmes années 90, les médias, les hommes politiques et les intellectuels prêchaient la victoire de la démocratie et des droits de l’homme. Comment ne pas voir là l’une des sources importantes de la délégitimation de ces valeurs, de la remise en cause d’une démocratie injuste et méprisante envers le « peuple » ?
 Dans les années 90, les parents et les grands-parents trimaient pour nourrir leurs enfants, tout en voyant, à la télévision ou autour d’eux, des individus sans scrupules faire fortune grâce à de petites ou grandes escroqueries. Et, alors que la majorité des gens paupérisés se contentaient d’essayer de faire leur travail et de vivre, ils étaient souvent brocardés dans les médias comme étant les « perdants » des réformes, les « inadaptés », voire les « nostalgiques d’un communisme révolu ». Ce mépris pour les « masses », le « peuple » ou les « petites gens », je l’ai moi-même ressenti lors de mes premières recherches en Russie, en 1994-1999. Des « petites gens » laborieux, consciencieux, citoyens soviétiques ni trop critiques ni trop zélés, qui ont perdu en un instant patrie, repères idéologiques, valeurs sûres, revenus et épargne. Comment ces gens ne se retrouveraient-ils pas dans le discours populiste initié par Poutine qui leur confère importance et respect et qui prend acte de leur demande d’un Etat plus social, au lieu de dénigrer leur prétendu paternalisme d’assistés ? Pourquoi n’adhèreraient-ils pas au discours patriotique qui leur fournit enfin une raison d’être fiers de leur pays, défendu par leurs aïeux, mais qu’ils ont laissé se disloquer ?
       On ne prend pas toujours suffisamment en compte la dimension traumatique de la dissolution brutale de l’Union soviétique, lorsque des familles se sont retrouvées soudainement éparpillées dans des pays différents, alors que l’un des ressorts les plus populaires de l’idéologie officielle était la puissance militaire, technologique, spatiale, culturelle et sportive de cet immense et imposant pays des Soviets, qui s’est retrouvé humilié par les « diktats » des organisations internationales ou l’« aide » occidentale. On ne prend pas non plus toujours la mesure de ce que peut signifier au regard des Russes ordinaires l’expérimentation au quotidienne d’une « démocratie » rimant avec pauvreté et oligarchie, ou de droits de l’homme avec le non-paiement des salaires et des retraites. Et qu’en est-il même de cette liberté de parole considérée dans les cercles intellectuels russes et occidentaux comme ayant connu son âge d’or dans les années 90, alors que les voix des ouvriers et autres catégories paupérisées n’étaient presque jamais présentes dans les débats publics ou sinon sous forme de dénigrement ou de mépris ?
       Ces interrogations, je ne les ai pas retrouvées telles quelles dans les entretiens que j’ai pu effectuer au cours des années 2000, mais elles peuvent se lire en filigrane dans la plupart de mes enquêtes auprès des groupes n’appartenant pas aux élites politiques, économiques, intellectuelles ou culturelles. Aussi le soutien massif apporté à Poutine ne me paraît ni incongru, ni irrationnel, ni signe d’une tendance « russe » à l’autoritarisme. Il me paraît au contraire découler logiquement du désarroi social et de l’ostracisme politique dont ont été victimes la majorité des Russes dans les années 90. Que cela soit ou non lié à sa seule personne importe peu. Vladimir Poutine est associé au retour de la croissance économique, du paiement des salaires et des retraites. Grâce à lui, la Crimée est rattachée à la Fédération de Russie, la fierté de plusieurs générations blessée par la dislocation de l’Union soviétique est restaurée. Grâce à lui, les « citoyens de base » ou le « peuple qui travaille » et « aime la Russie » (dixit Poutine lors de son intervention au meeting du 23 févier 2012 à Poklony Gory, à Moscou, contre le mouvement « Pour des élections honnêtes ») retrouvent un semblant d’existence sociale et politique. Ce discours retire l’herbe sous les pieds des nationalistes, qui ont du mal à surenchérir. La gauche de la gauche (le Parti communiste de la Fédération de Russie n’a plus guère de communiste que le nom), déjà très marginalisée au sein d’une « opposition » largement libérale et anticommuniste, se voit également concurrencée par le Kremlin sur le terrain des valeurs égalitaires et sociales.
    Au total, la popularité de Poutine repose sur ce désenchantement de la démocratie allié à un profond désarroi social. De telles conditions, comme l’indique Pierre Rosanvallon, donnent naissance à une demande de populisme qui est l’assise du « poutinisme »...
_______________ Comme le décrit avec tant de talent et d'émotion le prix Nobel de littérature S. Alexievitch, la douleur secrète, l'humiliation et le désenchantement encore très présents dans le coeur de l'homo sovieticus, de l'homme rouge, ainsi qu'un redressement économique incontestable seraient le ressort essentiel de l'adhésion actuelle au maître du Kremlin.
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