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lundi 4 janvier 2016

Victuailles, mangeailles et ripailles

   Facere ripaliam, hoc est indulgere ventri ( faire ripaille, c’est soigner son ventre).
                                                                     Cette maxime bien rabelaisienne se situe dans une tradition réputée gauloise. Dans les périodes où la disette ne sévit pas, pour les classes privilégiées, la bonne table est  synonyme de la santé, de la vie, voire de la puissance.
     Je mange, donc je suis... parfois obèse
  Manger pour vivre et non l'inverse.: l'adage de Molière est parfois contrevenue dans certaines circonstances où l'excès devient la règle, la démesure s'étale à la table des puissants, comme à Versailles, où surabondent les produits de la chasse royale.
   Le Grand Siècle témoigne des temps forts où la démesure alimentaire s'invite régulièrement.
    C'est toute une histoire que celle de la nourriture, des produits consommés, des modes d'accomodement, des rites et des convenances de table!
   Les fêtes de fin d'année furent l'occasion d'excès de table, parfois gargantuesques,entraînant souvent fatigue stomacale et saturation mentale, loin de l'idéal ascétique et en marge des manques alimentaires, toujours présents, même au coeur de nos cités
  Les orgies de fin d’année remontent à loin.
  • Ils mangent et boivent, font ripaille, remuent leurs membres, embrassent les filles, sonnent les cloches, s'emplissent de bruit : rudes bacchanales où l'homme se débride, et qui sont la consécration de la vie naturelle : les puritains ne s'y sont pas trompés. (Hippolyte Taine, Histoire de la littérature anglaise, V.1, 1856, p. 255)
        Les saturnales annoncent les orgie contemporaines de fin d'année. symbolisant les promesses de renaissance à la vie.
    Si l'embonpoint  est plutôt mal vu,  l'hyper rondeur fut parfois de mode, signe de prestige et de richesse
     Ce n'est pas Rabelais qui dira le contraire: en France, la bonne table est une vieille tradition. La peur de la famine épisodique, de la disette cyclique hantait les esprits, agissait comme un stimulant.
   La bonne chère, tradition gauloise, était déjà réputée 
        La nourriture a toujours obéi aux exigences de la nature et aux codes de la culture
     Ce qui fut au début du christianisme considéré un péché capital fut banalisé, déculpabilisé.
   Les tables et les caves des curés d'antan avaient leur réputation.
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