Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 10 août 2016

Fin de l' UE?

Impassible et impossible.
                                         Surtout ne rien changer.
                                                          C'est ce qu'on a pu appeler la stratégie de l’édredon.
       Telle est l'attitude de l'Eurozone, malgré le Brexit, les crises qui menacent alentour , les critiques qui fusent de toutes parts, même au sein du FMI. Le juridisme étroit et dogmatique l'emporte sur la clairvoyance politique et la vision à long terme, étroitement dépendant de la gestion germanique ordo-libérale prédominante.
       Une sclérose néolibérale hors-sol a eu raison des idéaux d'antan, prédelorienne..
            L'Europe joue contre elle-même.
    Voilà déjà un moment qu'on se demande si l'Europe, telle qu'elle est venue à fonctionner, n'est pas moribonde, si l'alternative changer ou disparaître  n'est pas de plus en plus pressante. Repousser ou retarder les réformes de fond mettent  en péril des institutions, dont la représentativité démocratique fait problème.
       Mais le "peuple européen"   attendra....
   L'euro-fédéralisme reste un alibi, au stade historique où nous sommes, où les principes anglo-saxons pragmatiques de grand marché ouvert à tous les vents de la mondialisation restent la référence essentielle..C’est un commissaire anglais conservateur, Sir Leon Brittan, qui a mis au point la doctrine de la concurrence sans frein de l’Union européenne, qui a conduit au démantèlement des grands groupes industriels. C’est aussi un conservateur John Major, qui refuse la directive temps de travail. C’est le travailliste Tony Blair qui refuse la charte sociale européenne, etc…
    Selon Jacques Sapir,  persona peu grata à Bruxelles, le « fédéralisme » est donc condamné soit à ne pas être soit à n’exister que sous la forme du fédéralisme mesquin soit un droit de regard asymétrique de l’Allemagne sur la politique des autres pays. C’est le constat que tire Joseph Stiglitz dans son dernier livre, dont une traduction française sortira cet été. Soit nous mettons fin à l’Euro, soit nous avançons vers un fédéralisme inclusif dont ni les Allemands ni les Néerlandais ne veulent, soit l’Euro sera la mort de l’UE mais aussi et c’est bien plu grave de l’idée de coopération en Europe.
      Il note que...
L'Europe  est en train de « rendre la faveur aux Etats-Unis », en exportant à son tour une crise de plus en plus inextricable et globale. En cause : des politiques d'austérité « clairement insoutenables ». Au lieu de finaliser, dès 2010, l'édifice politique qui aurait rendu la zone euro cohérente et tenable, les pays d'Europe ont imposé à la Grèce un serrage de ceinture qui n'a fait qu'augmenter le poids de sa dette publique -car l'effondrement de la conjoncture a fait fondre les recettes fiscales. « Bien que l'austérité soit néfaste, la réponse politique est d'en exiger toujours plus », a critiqué le professeur de l'université américaine Columbia. Avant de comparer cet acharnement à « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale ». Au final, la crise voit vaciller des pays comme l'Espagne et l'Irlande « qui avaient pourtant des budgets excédentaires avant la crise ». 
    Selon Stathis Kouvelakis,, enseignant en philosophie politique à Londres, l'UE n'est pas réformable dans sa configuration actuelle.
     Ecrire un nouveau traité, où la coopération serait la règle, voilà l'urgence.
         La démocratie pose problème aux faiseurs d'opinion de l'UE:... Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne a déjà dit que, à ses yeux, « il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens », dans Le Figaro du 29 janvier 2015, quatre jours après la victoire de Syriza en Grèce. Avant lui, Angela Merkel avait plaidé en 2012 pour un « droit d’ingérence » et un « droit de véto » de la Commission européenne sur les budgets nationaux. Après lui, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble s’était permis de dire que « La France serait contente que quelqu’un force le Parlement » à adopter des réformes « mais c’est difficile, c’est la démocratie »
       Qui prendra l'initiative d'un virage salutaire, avant que le vaisseau européen ne prenne eau de toutes parts sous la poussée de mouvements régressifs et dissolvants?
                     Les incantations ne suffisent plus.
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