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mardi 23 août 2016

Grandes délinquances d'aujourd'hui

                                                                                        [ _Notes de lectures_]
              On est porté à voir la délinquance surtout dans ses formes microscopiques.
         Celles qui font la une des journaux.
     Dans ses formes mineures ou majeures, mais toujours spectaculaires.
   Mais les formes de criminalité les plus importantes et les plus dévastatrices ne sont pas toujours là où on nous les montre.
      Elles sont souvent tellement peu apparentes qu'elles ne ne sont guère interrogées dans leurs formes majeures et leurs mécanismes.
      De la très grande criminalité, on ne retient le plus souvent que la piraterie organisée, d'hier ou d'aujourd'hui, les différents trafics en tous genres, de drogues,d'armes, d'organes, de personnes même, souvent hors du contrôle d'Etats trop faibles ou parfois complices ou indifférents.
 ...On a pu ainsi parler de narco-Etats.
       Les réseaux criminels se développent un peu partout, souvent à la faveur de conflits ou de désordres locaux, avec plus ou moins d'intensité et de violence: dans les Balkans, en Afrique, notamment dans l'Ouest.
    Les mafias sont parfois plus puissantes qu'on ne l'imagine, aussi diverses soient-elles. Dans certains cas, l'argent qu'elles drainent et recyclent rivalise avec celui des pays où elles exercent leurs activités.
       On ne soupçonne guère la puissance du Yakuza  au Japon, l'importance de la Mafia russe,  celle qui sévit en Israël ou en Asie centrale. 
   On peut dire aussi de l' Etat islamique qu'il a aussi une structure mafieuse. Impossible de les énumérer toutes
         Mais la criminalité passe aussi, c'est moins connu et très dévastateur, par le système financier international, par le jeu plus ou moins occulte  des "banksters" (comme le dit le très libéral The Economist),  les réseaux obscurs des intérêts financiers qui ont déstabilisé et mené beaucoup à la précarité ou à la ruine des Etats et des particuliers, comme l'a souligné, entre autres,  l'économiste Stiglitz, hors de tout souci d'investissement productif.
  Comme le remarquait l'ancien directeur de la Banque Mondiale: "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable "
    La finance prédatrice, en apparence régulée, n'a pas fini de créer les conditions de nouvelles crises, peut-être plus dévastatrices.
   Les paradis fiscaux contribuent à dégrader les capacités étatiques d'investissement, c'est patent surtout dans certains pays d'Afrique.  L'argent de la drogue circule et se blanchit par l'intermédiaire d'établissements ayant pignon sur rue.
     On a pu et on peut à raison appeler criminogène cet aspect du capitalisme financier, qui sape les bases de l'économie elle-même, indifférent aux conséquences.
    Il existe donc une internationale des mafias, face obscure de la mondialisation.
  On peut parler de géoopolitique du crime, vis à vis de laquelle les instances internationales manquent de volonté et de moyens. 
   Une comparaison: entre les 140 millions de dollars de budget annuel de l’organisation des Nations unies contre la drogue et la criminalité et les 400 milliards de dollars générés uniquement par le trafic de stupéfiants. De plus, même si la lutte contre les paradis fiscaux qui favorisent le blanchiment de l’argent des réseaux criminels est à l’ordre du jour, il n’est pas évident que les micros états dans lesquels ces paradis fiscaux se situent soient en mesure de résister aux tentations de profits générés par ces activités.
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