Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 8 octobre 2016

Point d'histoire

Quand le Reich marchait à la pervitin.
                                                      Un Reich junkie.
                                                                    Une Allemagne sous drogue dure.               
                   Les grognards napoléoniens marchaient au mauvais rhum, les poilus de 14 tenaient grâce au pinard, de préférence bromuré, jugé fondamental par l'Etat-Major  pour le moral des armées.
    Avec les progrès de la chimie, grâce aux services de Bayer, Hoechst et les autres, toutes entreprises passées sous le joug du pouvoir, les troupes du Reich furent abondamment pourvues en amphétamines et ses dérivés (*), surtout quand il fallait rester éveillés plusieurs jours de suite, ardents dans les combats décisifs, résistants dans le froid sibérien.... La Blitzkrieg aurait-elle été la percée foudroyante que l'on sait, sans adjuvants chimiques?
     Conditionnés, fanatisés par un chef et une propagande souvent hystériques, pour les combattants les plus exposés, il fallait souvent ne pas dormir, ne pas souffrir, être performants. Les béquilles chimiques firent vite sentir leur nécessité, surtout aux moments les plus décisifs.
  Le Reich était sous influence de produits commandés en masse par les autorités nazies, Göring étant lui-même pionnier en la matière.
    Le Führer, lui aussi, usait et abusait de produits divers, sur les conseils du bon dealer "docteur"  Morell, qui fit fortune,  surtout à partir des premiers revers de 1941 en URSS et surtout après l'attentat manqué de 1944,  jusqu'à la déchéance morale et physique finale. Hitler fustigeait les drogues en public, mais paradoxalement savait y recourir, lorsque sa santé déclina, s'enfermant dans le cercle vicieux de la chute.
    Un processus historique est engendré par des causes multiples. En deçà des décisions humaines existent des mécanismes qui ne sont pas toujours  mis en évidence. On commence à mieux comprendre, grâce à l'étude de Norman Ohler, l'importance que l'industrie chimique-pharmaceutique a eu dans l'ascension, mais aussi dans le déclin du Reich, les décisions militaires aberrantes de Hitler, surtout dans la dernière année. L'auteur a fait une recherche très longue et quasiment inédite, amassant une quantité impressionnante de documents, sans pouvoir être exhaustif.
    Les drogues de combat ont donc souvent eu un rôle décisif dans certaines opérations d'envergure, comme dans l'Afrika Korps, grâce à la perverse pervitine, à l'usage encouragé. Mais elles ne furent d'aucun secours pour éviter les désastres finaux, sinon pour atténuer les souffrances.
  Les adjuvants chimiques ont donc constitué une part des succès, surtout initiaux,  des armées du Reich.
     Ce fut la monstrueuse continuation de la politique d'expansion par d'autres moyens, une manière de booster des avancées euphorisantes, mais vite devenues des pièges mortels.
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: Selon Wikipedia:
  • Commercialisée sous les noms de Pervitin, du laboratoire Temmler22 et Isophan, une version légèrement différente, fabriquée par le laboratoire Knoll Pharmaceuticals (en) ;
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a distribué de la Pervitin dans ses divisions à tous les niveaux, soit 3 millions de soldats. Elle est utilisée sous le nom de« Panzerschokolade »« Fliegerschokolade »« Stuka-Tabletten » ou encore « pilules Hermann Göring » (« Hermann-Göring-Pillen »), le chocolat noir énergisant « Scho-Ka-Kola (en) », était enrichi à l'époque, à la Pervitin23. Le but recherché était de diminuer l'anxiété et d'augmenter la puissance et la concentration chez les soldats et les pilotes ; de plus, les soldats pouvaient rester éveillés pendant plus de 24 heures24. Entre avril et , la Wehrmacht et la Luftwaffe ont utilisé plus de 35 millions de comprimés de Pervitinessentiellement pour les soldats spécialisés (aviateurs, tankistes)25,26.
    Le Leonardo Conti, le chef de la santé du Reich, obtient la classification de la Pervitin parmi les produits définis par la « loi du Reich sur les opiacés  (de) ». Il condamne l’usage privé de la Pervitin mais ne remet pas en cause son utilisation à des fins militaires. Cette modification de législation rendit la Pervitin disponible seulement sous prescription, la loi du Reich sur les opiacés ne s'appliquant pas aux forces militaires27. Cela n'en a pas réduit l'utilisation de manière significative car les médecins continuèrent à délivrer les prescriptions, à une cadence élevée. 
___À partir de 1943, la production de Pervitin devient insuffisante pour répondre à la demande, et par exemple le soldat Heinrich Boell, futur écrivain allemand, écrivit, « en manque » à sa famille, pour en obtenir à titre personnel : la Pervitin continue en effet à être disponible en pharmacie, jusque dans les dernières semaines du conflit28.
   Le , à Kiel, le vice-amiral Hellmuth Heye réclame une pilule plus efficace, qui « peut stimuler les soldats et en même temps augmenter leur estime de soi. » Le pharmacologue Gerhard Orzechowski, présente une pilule nommée « D-IX (de) ». Elle contient un cocktail de cinq milligrammes de cocaïne, trois miligrammes de Pervitin et cinq milligrammes d'Eudokal, un antidouleur puissant à base de thébaïne. Les essais ont lieu sur les prisonniers du camp de concentration de Sachsenhausen à partir de . Ces pilules seront avalées, en particulier, par les équipages des « torpilles humaines Neger  (en) » et des sous-marins de poche « Biber(Castor) » et « Seehund (Phoque) ». La capitulation, le , stoppera le développement de cette véritable bombe chimique.
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