Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 28 juillet 2016

A bientôt!


_________________________________________________________________
_______________________________________________________________________________

Deux ou trois choses...

 Croatie: des commémorations discutées 
                          L'Europe se tait.


Vivre dans la Silicon Valley: un rêve?



Mais où s'arrêtera l'Irlande, avec sa croissance de 26,3 %.
                        Un casse-tête pour Theresa May.


Et si l'Allemagne  était le vrai vainqueur du Brexit?
_____________

mercredi 27 juillet 2016

La peur de la peur

 La peur. La peur profonde
                                       la peur généralisée, celle qui paralyse et fait sombrer la raison.
      Celle qui affaiblit ou abolit toute analyse, parfois tout bon sens.
                          Celle qui peut nous pousser à l'exaspération meurtrière et à des divisions fatales.
     C'est clairement la but recherché par les groupes meurtriers radicalisés ici et là en Europe et ailleurs, se réclamant d'un islam radicalisé sur la voie d'un recul sur le terrain, donc d'autant plus exaspéré..
   Créer les conditions d'un état d'insécurité, générateur de tensions sociales, voire de facteurs de guerre civile, c'est sans doute ce qui est visé.
    Plus que la peur ordinaire, qui fait partie de la texture de toute vie, cette peur, si l'on n'y prend garde, peut nous déstabiliser.
      L'effroi, surgissant de l'innommable, de l'inhumain soudain dans nos murs, celui qui s'est installé sur le terrain conquis par Daech, comme celui qui régnait durant la guerre civile algérienne, d'une toute autre ampleur, cet effroi nous glace..
     La peur, la grande peur, semble revenir hanter nos esprits, même si elle reste ponctuelle.
  Ne pas céder à l'effroi reste un défi, par delà les amplifications , les lancinantes répétitions médiatiques, les récupérations bassement politiques. Sortir du bain de la terreur demande de la force, comme certains le font, parfois proches des victimes.
   Car la peur est le terreau de l'asservissement. et peut nous mettre sur le chemin de la demande d'ordre à tout prix, de la  dictature. Plus vite qu'on ne l'imagine.
  D'autant qu'elle est en partie surévaluée et fantasmés, comme la Grande Peur de 1789..
     Les épidémies et les pestes au Moyen Age.ont longtemps laissé des traces profondes.
       La peur est plurielle et constitutive de notre existence, prête à prendre de l'ampleur en certaines occasions et à jouer contre nous.
             Ce n'est pas la peur qui pose problème, comme le reconnaissait Spinoza, lui-même finalement exclu de sa communauté, mais notre capacité à la maîtriser par la raison, individuellement, mais surtout collectivement.
  Il y a la peur qui stimule l'alpiniste ou le combattant, mais il y celle qui fige et entraîne les pires abandons, les pires régressions. 
      Dans les périodes où gagne la panique, il est toujours bon de se rappeler les paroles de Roosevelt: ...Permettez-moi d'affirmer ma ferme conviction que la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même l'indéfinissable, la déraisonnable, l'injustifiable terreur qui paralyse les efforts nécessaires pour convertir la déroute en marche en avant. Lors de chacune des noires heures de notre vie nationale, un franc et vigoureux commandement a rencontré cette compréhension et ce soutien du peuple même qui sont essentiels à la victoire. Et je suis convaincu que de nouveau vous lui donnerez votre soutien en ces jours critiques...
_________________

mardi 26 juillet 2016

Thank You England!

 Merci pour ce moment!
                                               Le Brexit m'excite.
           Sorry, vous avez fait un bout de chemin avec nous et vous nous avez beaucoup donné.  Même si ce fut pas toujours l'amour fou.
  Il faut dire que nous vous avions ouvert la porte à demi dans notre grande famille bruxelloise, qui ne cessait de grandir, heureux de suivre votre chemin, séduit par vos principes si libéraux , tout droit venu du bon Mr Hayek, de Maggie, de Tony, de leurs inspirateurs et de leurs successeurs.
   Sans vous, l'Europe ne serait sans doute pas tout à fait ce qu'elle est.
      Peut-être plus archaïque, diront certains; plus sociale, diront des esprits chagrins, plus solidaire, plus conforme à l'avant Traité de Rome et surtout de Maastricht-Lisbonne....si Giscard, Barroso, Schrôder, Sarkozy et les autres n' avaient suivi le flambeau (ordo)libéral,  les appels si pressants du Grand Marché.
    Je ne dirais pas, comme un mauvais esprit, pas gentil du tout,  merci pour votre sacrifice!
  Mais merci pour votre collaboration et vos précieux apports.
      Nous vous regretterons...Vous aurez juste un mauvais moment à passer..
    Beaucoup de sujets de sa Majesté  ont voté un peu n'importe comment, croyant leurs intérêts lésés, alors que vous avez grandement contribué à façonner cette Europe et à en profiter.
    Ne soyons pas ingrats, même si votre départ va sans doute contribuer à son délitement plus rapide, pour repenser une union politique des peuples digne de ce nom.
      Grâce soit rendue aux legs britannique  à l'Europe
          Vous nous avez donné de grands hommes, dont Peter Sutherland, qui disait:L'un des paradoxes les plus désolants au sujet d'un éventuel Brexit est que Londres a remporté un grand succès en façonnant l'Union européenne libre-échangiste à sa propre image.
             Les élites européennes avait vu dans l'UK un allié de poids,  un support précieux pour leurs intérêts, pour produire du libéralisme à jet continu.
  Junker, digne successeur de Barroso, nomma comme commissaire aux services financiers Jonathan Hill, surtout connu comme agent d'influence à la City et porte-parole du lobby bancaire. Pas n'importe qui, donc.
    On doit beaucoup à  M. Thatcher qui a formulé le plus clairement l'objectif poursuivi par l'UK: Tout le grand marché et rien que le grand marché.
   ___Un idéal exaltant que l'on n'a pas oublié...     Après tout,  le Brexit , diront des pessimistes, malgré ses malentendus et ses ambiguïtés sanctionne vingt années d’errements de la construction européenne, dont les dirigeants (Commission, Conseil, Parlement européen, Cour de Justice) ont voulu, construit, consolidé un espace économique et social mettant systématiquement les travailleurs et leurs systèmes de protections en concurrence, vue par les élites comme le moyen de dynamiter les avantages sociaux obtenus par les salariés dans le vieux monde keynésien des années 70. Dans ce combat douteux, les gouvernements britanniques de droite et de gauche ont joué un rôle moteur. C’est un commissaire anglais conservateur, Sir Leon Brittan, qui a mis au point la doctrine de la concurrence sans frein de l’Union européenne, qui a conduit au démantèlement des grands groupes industriels. C’est aussi un conservateur John Major, qui refuse la directive temps de travail. C’est le travailliste Tony Blair qui refuse la charte sociale européenne, etc…    L'Europe s'est donc faite dans le dos des peuples, dans les intérêts des gagnants d'une mondialisation ultralibérale, avec la complicité des élites.
                 Merci encore pour ce moment...Bye and good Luck!

__________________________________

lundi 25 juillet 2016

Points du jour

__ What, après le Brexit?  Un discours  bien ouaté en Europe.
               Pas de vague. La stratégie de l'édredon. On continue comme avant.
                              Juste un mauvais moment à passer?


__ Qui l'eut cru?  Le FMI plaide pour une relance urgente de la dépense publique.
                Mais ce n'est pas la ligne  allemande.
                                    Berlin, en effet, campe sur son credo des uniques "réformes structurelles", après avoir dénoncé lors d'un précédent G20-Finances des relances budgétaires "inefficaces" et des politiques monétaires "contreproductives".
          Super Mario passe mal à Berlin.
                 La croissance ne se décrète pas.

__ Quand l'entreprise se mêle de notre sommeil.
                 Pour son plus grand profit
                       "Faire la sieste doit être vu comme un investissement."
                                              Comme les Japonais?

__Etats-Unis : le phénomène des “enfants jetables”:
              L’adoption n’est pas toujours un long fleuve tranquille, et certains parents baissent les bras et préfèrent se séparer de leur fils ou fille adoptive. Scandale ? Pas aux Etats-Unis, où les familles peuvent en toute légalité rendre l’enfant ou lui trouver une autre famille.
Ainsi, comme le rapporte le site Aufeminin.com, sur 10.000 enfants adoptés chaque année aux Etats-Unis, un quart est abandonné par leur famille adoptive, selon une estimation des services publics américains. Il n’existe cependant pas de décompte précis, car le phénomène est assez récent.

__ Des Chinois en guerre contre la compétition scolaire -
                     Comme en Corée du Sud?

__ Contrôles de sécurité dans les aéroports aux Etats-Unis: un enfer.
_________________

dimanche 24 juillet 2016

L'affligeante Christine affligée

La Chicago Girl  n'a pas de chance
                                                       Bientôt déchue, la première dame du FMI?
        A l'insu de son plein gré, elle fut impliquée dans une affaire pas très claire du tout.
    Qu'on peut bien appeler un scandale d'Etat.
        Un Tapiegate menaçait.
  La réussite de son protégé fut vraiment trop aléatoire.
     Mais les amis de Nicolas sont ses amis...
  Pour la clairvoyance, on repassera. Pour l'éthique politique, on a vu.
       Voilà que le ministère public requiert un rejet du pourvoi en cassation de Christine.
    Ça sent le roussi. C'est pas beau de détourner.
   Elle qui, dans l'affaire grecque,  malgré ses boulettes, proposait une modération, en disant tout de même “For the moment we are short of a dialogue, the key emergency is to restore the dialogue with adults in the room. Elle se comptait , bien sûr, au nombre des presque-adultes, les Hellènes étant encore des enfants....
      Au début, c'était la gloire et l'optimisme.
               Le , juste avant le début de la crise des subprimes et un an avant la faillite de Lehman Brothers, elle déclare penser « que le gros de la crise est derrière nous ». Son annonce d'un « plan de rigueur », quelques jours plus tard, contraint François Fillon à intervenir pour clore la polémique. Face à la montée des prix de l'essence, elle préconise, en , de changer les comportements et modes de consommation en utilisant par exemple le vélo,... Après avoir été classée trentième femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes en 2006, Christine Lagarde occupe, l'année suivante, la douzième position au niveau mondial, la troisième en Europe et la deuxième en France . En 2009, elle est désignée par le Financial Times comme étant le meilleur ministre des Finances de la zone euro. La même année, le magazine Time la cite parmi sa liste annuelle des 100 personnes les plus influentes au monde, de même qu'en 2010....
      Puis il y eu l'affaire..

.
              Un arbitrage prévoyant le versement par l'État de 403 millionsd'euros à Bernard Tapie dans l'affaire l'opposant au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas est rendu le , alors que Christine Lagarde est ministre de l'Économie.    Le , la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), saisie à la suite d'une requête de députés socialistes, recommande l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Christine Lagarde pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de biens publics » au motif qu'elle se serait « personnellement » impliquée dans un processus qui comporterait « de nombreuses anomalies et irrégularités » Elle est entendue par la Cour de justice de la République les 23 et , puis placée sous le statut de témoin assisté Elle est mise en examen, le , pour le seul motif de « négligence ». (Wiki)
      Puis il y a la suite...
           C'est cuit pour une réélection au FMI.
               Espérons pour elle que le chômage ne lui sera pas trop lourd.
                       Son moral risque d'en souffrir.     Heureusement qu'il reste le vélo....
__________________  

samedi 23 juillet 2016

Au fil du net

 *  On a toujours besoin d'un plus petit que soi.
                                        Sans les petites bêtes, t'es rien.
                                                             Pas seulement les abeilles.

*_  Après une réforme contestée, pour un autre code du travail

*   On a retrouvé les pompes à César  

Travailleurs détachés: Enfin, Bruxelles ose le bras de fer avec l’Est 
         Pour mettre fin à cet aspect du dumping social 

*   11-Septembre, nouvelles données.

*  La Qatarisation de la France continue.

*   En Israël, des ONG de défense des droits humains marquées au fer 
_____________________ 

vendredi 22 juillet 2016

Tu te dopes il se dope...

Un mal général, propre à la haute compétition?
                                             Ils ne gagnaient pas tous
                                                       Mais tous étaient dopés...
 Non, pas moi, disait l'un.
   Pas dans ma discipline, disait l'autre.
     Pas de ça chez nous, proclamaient-ils... 
          Le dopage, c'est fini. N-i, ni!
    Et pourtant, pas une année sans qu'on ne découvre l'utilisation individuelle ou collective de magiques cocktails, anciens ou nouveaux.
    Les contrôles, quand ils existent, ont souvent un temps de retard par rapport à l'inventivité des tricheurs, grands et petits, bénéficiant de soutiens de toutes sortes et même de professionnels de la santé pas trop regardants.  Malgré les lois.  
      Même si les statistiques sont difficiles à établir.
  Pas seulement dans le monde du cyclisme, on le sait maintenant.
      "Parmi les tenants de la drogue obligatoire, on trouvait en tête Jacques Anquetil, Louison Bobet, Joseph Bruyère, Freddy Maertens. Ce dernier expliquait : « qu’on n’achève pas le Tour de France en se contentant d’un bifteck quotidien. Celui qui prétend que c’est possible avec des moyens naturels est un menteur ».
  Il y a ceux qui ont avoué et les autres...
           Etre le meilleur. Les enjeux sont à la fois psychologiques, sociologiques, culturels et historiques. Economiques aussi: le sport business draine un argent de plus en plus extravagant. Parfois politiques, quand l'Etat incite ou laisse faire, pour des raisons de prestige. 
              Le culte de la performance, surtout depuis la fin du XIX° siècle, avec ses enjeux financiers de plus en plus marqués, est devenu un objectif en soi.
    A l'heure de la performance obligatoire érigée en norme, du dépassement de soi valorisé sans retenue comme valeur suprême, de la rivalité instaurée comme indépassable, de la vitesse comme seul horizon, on ne peut s'étonner de l'osmose entre les idéaux du sport de compétition tel qu'il est devenu et les valeurs socio-économiques du moment, largement intériorisées.
     L' actualité du dopage risque de durer tant que ne s'accompliront pas des mutations socio-économiques ainsi que culturelles.. L'individu n'est pas un atome, quelle que soit son éthique propre.
             Du sport, oui, mais comment
_____
- Le dopage et le culte de la performance, un couple inséparable:
_________________

jeudi 21 juillet 2016

Etonnant

__ Oubli ou acte manqué?...


__ Ascenseur à  salades 


__ Elle nous Trump énormément.


__ Un verre, ça va. Deux verres...on peut  décoller.


__ Le petit sultan est aussi un grand comique.
___________________

Contexte syrien

Chaudron du diable
                                Dans le chaudron infernal syrien et le chaos qui se prolonge dramatiquement, où l'esprit perd ses repères dans le jeu des affrontements, des rebondissements, des double-jeux, des alliances et des rapprochements visibles ou moins visibles, paradoxaux parfois, il est une dimension qui n'est que rarement prise en compte pour comprendre mieux ce qui se passe dès l'origine, dans ce chaos à notre porte..
      Comme le signalait le juriste Robert Kennedy, qui est tout saut un complotiste, les intérêts pétroliers et gazeux sont les racines sous-jacentes d'affrontements qui a première vue paraissent dénués de significations autres que politico-religieuses.
      Dans le traitement journalier de l'information, souvent sinistre et désespérante,  l'événementiel prime sur le structurel. Les causes profondes et premières sont soit méconnues, soit masquées.
      Que la guerre de Syrie soit aussi une guerre pour le pétrole et le gaz en étonnerait plus d'un; un peu comme, mutatis mutandis, l'opération Barbarossa visait aussi à conquérir les champs de pétrole caucasien et les matières premières agricoles de l'Ukraine.
     Les gisements d'hydrocarbures sont de plus en plus convoités, à l'heure où les manques pointent à l'horizon énergétiques et où les grandes puissances avancent leur pion de manière souvent masquée et machiavélique.
   La Syrie, quelles que soient les responsabilités écrasantes de ses dirigeants, se présente comme un champ de bataille pour les approvisionnement pétroliers, avivés par les tensions russo-européennes et américaines? Personne n'est innocent dans ce jeu d'échec pervers et de cartes pipées. Un billard à multiples bandes.
    Les Américains y ont créé un Frankenstein qu'ils ne maîtrisent plus, comme ce fut le cas en Afghanistan, dans un contexte différent. 
         L'excrément du diable, selon l'expression de Alfonso, n'a pas fini d'empoisonner la vie de la planète...
_______________________

mercredi 20 juillet 2016

Points du jour

__ Le  Big one n'est pas un mythe.
-Faille de Saint Andreas-

                              La  Californie  s'y prépare. Los Angeles fait le gros dos.

__ Un appel à la fraude qui vient de haut...

__ Puissance maritime, la Chine devient aussi  puissance spatiale.

__  Uber,  une économie asservissante, miroir de l'impuissance publique..

__ Après le Brexit, on ne change rien. La Zone euro reste impassible.

__ Prélèvement à la source de  l'impôt sur le revenu    une fausse bonne idée?
__________________

mardi 19 juillet 2016

La Chine et (sa) la mer

Poudrière maritime?
                                La Mer de Chine n 'est pas celle de la  sérénité.
          Les eaux y sont même tumultueuses. et une tempête pourrait vite arriver.
     Au fur et à mesure que la puissance chinoise s'accroît,  ses ouvertures maritimes deviennent de plus en plus cruciales et les conflits maritimes et  microinsulaires, anciens ou nouveaux, tendent à revenir sur le devant de la scène. Une sorte de retour à un passé maritime prestigieux, avant un repli intérieur soudain.
             La Chine d'aujourd'hui est très largement tournée vers la mer. Cette interface composée du littoral et des mers proches apparaît marquée par les conflits. Les enjeux balaient tous les secteurs : sécuritaires, mais aussi technologiques, énergétiques, commerciaux, le long d'une façade maritime qui s'adapte à vue d'œil. Les lieux de tensions demeurent et cet aspect des choses fait l'originalité de la situation : les vieilles querelles de voisinage se nourrissent de calculs planétaires.
        La décision rendue par la Cour permanente d'arbitrage de La Haye, très contestée par Pékin, risque de perturber le sommet euro-asiatique d'Oulan-Bator.
       Les tensions en Mer de Chine sont préoccupantes et toujours prêtes  à rebondir:
     Devenue la deuxième puissance économique mondiale, Pékin montre les muscles face à ses voisins en revendiquant un droit de regard sur la Mer de Chine. De quoi attiser les relations avec le Japon, la Corée du Sud, mais également les Etats-Unis, le Vietnam et les Philippines.
       Il n'y a pas que des problèmes géopolitiques qui intéressent depuis longtemps la marine américaine dans cette zône et ses prétentions à y imposer un encerclement, il y a aussi la question des ressources sous-marines qui y seraient abondantes.
    Pékin se défend de toute visée impérialiste, prétendant préserver  seulement ses intérêts de grande puissance montante dans ce espace maritime limité.
        "Les États-Unis s’inquiètent de voir la Chine devenir une nouvelle superpuissance grâce à son industrialisation irrésistible. Bien que la Chine déclare à qui veut l’entendre qu’elle n’a l’intention ni de prétendre à l’hégémonie ni de défier l’ordre international existant, il est peu probable que les États-Unis, soucieux de préserver leur statut de seule hyperpuissance, selon le mot de l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, restent les bras croisés devant l’émergence de la superpuissance chinoise. C’est pourquoi les États-Unis ont officiellement annoncé sous le mandat de Barack Obama, leur stratégie de pivot vers l’Asie-Pacifique. Dans le même temps, l’importance géostratégique de la mer de Chine méridionale s’accroît continuellement pour les États-Unis. Pour certains stratèges américains, l’importance géostratégique des océans asiatiques doit supplanter au XXIe siècle celle que l’on accordait au XXe siècle au Continent européen. La mer de Chine méridionale occupe justement une position centrale dans les échanges maritimes entre la Chine et le monde extérieur. Prendre le contrôle de la mer de Chine méridionale, c’est prendre la Chine à la gorge. L’un des objectifs stratégiques inavouables des États-Unis est justement de préserver leur maîtrise de la mer, notamment en mer de Chine méridionale.       Puissance maritime, les États-Unis ont une sensibilité politique particulière pour la liberté de navigation, et c’est là un autre facteur explicatif de l’ingérence accrue des États-Unis dans les questions relatives à la mer de Chine méridionale. Les États-Unis s’inquiète du contrôle renforcé par la Chine de ses eaux territoriales, notamment en mer de Chine méridionale, craignant que cela affecte non seulement la liberté de navigation des flottes américaines dans cette zone, mais encore qu’il ne donne un « mauvais exemple » qui pourrait influencer, puis limiter la libre circulation des forces navales les plus puissantes du monde. De fait, c’est aussi pour cette raison que les États-Unis ont toujours refusé de signer la CNUDM...".
                   La situation est donc tendue et embrouillée, dangereuse même. Les nationalismes tendent, comme au Japon, à s'exacerber  et le risque de conflit territorial en mer de Chine méridionale n'est pas à exclure, à l'heure où Pékin compte sur l'Océan Arctique pour intensifier son fret maritime..._____________________________
.







lundi 18 juillet 2016

Alerte à Istanbul


Pour un Premier ministre se voulant Sultan 
                                                       Dans son irrésistible montée vers un autoritarisme de plus en plus marqué, malgré de vives contestations, le nouveau Sultan a buté sur un obstacle (peut-être) inattendu, dont il espère tirer le plus grand profit politique..
          A moins qu'il n'ait contribué, directement ou indirectement, à susciter la révolte d'une frange de l'armée, qui ne pouvait de toute évidence pas aboutir.
     Alors, une nouvelle théorie du choc?. Un chaos organisé pour mieux continuer à exister, à sortir des impasses où il s'est mis, à continuer au nom d'Allah à prendre de plus en plus de pouvoir?      Certains ne sont pas loin de le penser, doutant de la théorie officiellement avancée.. D'autres hypothèses plus élaborées sont émises.
      «Ce soulèvement est un don de Dieu. Il nous aidera à nettoyer ces éléments de l’armée», a déclaré le président Erdogan, qui ajoutait antérieurement:  "Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats. » Durant sa campagne à la mairie d’Istanbul en 1994, Erdogan s’est déclaré être un « serviteur de la charia ».
     Voilà qui est clair. Et l'armée n'est pas seulement concernée. Le ménage risque d'avoir une certaine ampleur, comme on peut le redouter à point, reprendre les rennes d'un pouvoir contesté, d'une main encore plus ferme, et pour remplir un peu plus les prisons,  mieux contrôler la presse, la magistrature, les institutions..
    Après une période de confusion qui laisse encore songeur sur ses véritables origines, la reprise en main est aussi rapide que violente.
    Voilà des années que la Turquie est un problème pour elle-même, ses voisins et ses alliés traditionnels. utent les démocrates et laïcs du pays. Les chancelleries rassurées lui conseillent la modération démocratique dans la répression...
       En tout cas, l'événement tombe bien pour le sultan et la démocrature est en marche.
Ajouter une légende
       La  politique à courte vue et de plus en plus autocratique de Erdogan a fragilisé ses ambitions.
     Dans le conflit syrien, il a joué un double jeu, quitte à se mettre en difficulté à peu près sur tous les terrains.
   Après une accalmie négociée, la question kurde va rebondir à coup sûr et la sale guerre se poursuivra...forcément sans issue militaire.
     Le jeu de dupe d'Ankara ne trompe plus ses partenaires, du moins officieusement. 
                  Il y a bien des questions à se poser sur cet étrange coup d'état raté..
     Fethullah Gülen, pour Elise Massisacd, réfugié actuellement aux Etats-unis, est un «bouc émissaire pour Erdogan  depuis la fin de l’année 2013, rapporte la chercheuse du CNRS. Le régime lui attribue tout ce qui ne va pas dans le pays». Selon elle, il semble donc difficile de croire qu’ils aient pu organiser cette intervention tout seuls. Par ailleurs, l’armée turque n’est pas spécialement pro-Gülen et inversement. Il est tout de même possible qu’il y ait eu une coalition entre la mouvance et une partie de l’armée pour renverser Erdogan...
______________
                                  « L’armée qui sort des casernes, c’est un phénomène finalement assez rare dans l’histoire turque, davantage marquée par des coups d’État institutionnels », estime Jean Marcou, chercheur à Grenoble et spécialiste de la Turquie. En effet, l’histoire de ce pays est faite de longues périodes de marginalisation de l’appareil militaire, auxquelles répondent ces « coups d’État institutionnels » – comprendre : sans affrontement armé.
   Le pouvoir d’Erdogan est véritablement le seul à avoir bouleversé cet “équilibre” et à projeter la Turquie dans une nouvelle ère dont on peine aujourd’hui à déterminer les contours, alors que le régime du président turc s’affirmait de plus en plus ces dernières années comme un régime autoritaire, écrasant un à un tous les contre-pouvoirs possibles (lire ici et ).
     Après l’établissement en 1923 de la première République de Turquie sous Mustafa Kemal, dit “Atatürk” – un militaire qui eut à cœur de promouvoir un régime civil –, l’instauration du multipartisme en 1946 et plus encore la victoire en 1950 du parti démocrate contre le camp kémaliste marquent la marginalisation de l’armée dans le paysage politique. Deux coups d’État, en 1960 et, surtout, en 1980, remettent les militaires sur le devant de la scène, avant qu’un pouvoir civil ne reprenne peu à peu le dessus. En février 1997, au cours de ce que les Turcs appellent alors le « coup d’État post-moderne », l’armée fait pression en imposant un mémorandum qui précipite la démission du premier ministre musulman conservateur, Necmettin Erbakan, et la chute de son gouvernement de coalition. L'armée s'est offert quelques années de sursis.
       En 2002, l’arrivée au pouvoir par les urnes du Parti pour la justice et développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan va tout changer. Lors de la première législature, la cohabitation entre le gouvernement et l’armée se déroule sans accroc majeur. L’AKP ne domine pas encore le pays tout à fait, et le chef d’état-major militaire est un kémaliste modéré. En 2007, son remplacement par un “dur” est l'erreur de l'institution militaire qui constitue le prélude de la première défaite de l’armée face à l’AKP et Erdogan. Jusque-là, l’armée a cru maintenir l’équilibre en comptant sur la présidence de l’État par un kémaliste, par ailleurs ancien président de la cour constitutionnelle. L’élection d’Abdullah Gül, l'un des hommes forts de l'AKP, bouleverse cet équilibre. Fort de la victoire du parti musulman conservateur aux législatives qui suivent, Erdogan a les mains libres pour entamer les grandes réformes.
C'est la période faste, où Erdogan est cet homme qui fait progresser la démocratie turque en mettant de côté l’armée et en l'écartant peu à peu du pouvoir. Les réformes juridiques permettent de traduire les militaires devant la justice civile. À l’inverse, elles interdisent les procès de civils devant les tribunaux militaires.
       À partir de 2007 débutent ainsi les grands procès, dont le plus emblématique est celui d’Ergenekon. Ce réseau au sein de l'armée a été mis au jour en juin 2007 lors d'une première opération antiterroriste dans un bidonville d'Istanbul. Les enquêteurs ont trouvé des armes et des explosifs et arrêté vingt-cinq personnes. C'est la première étape d'une longue enquête. Au total, vingt-trois actes d'accusation seront rédigés, représentant plusieurs milliers de pages.
Selon l'accusation, le réseau Ergenekon est un véritable « État dans l'État » qui aurait tenté de favoriser un coup d'État militaire contre le premier ministre turc. Le réseau Ergenekon est alors considéré comme une « organisation terroriste », et le procès est amorcé en 2008 pour « tentative de complot » contre le gouvernement d'Erdogan. Si, pour les enquêteurs, il s'agit ni plus ni moins d'un réseau criminel composé de membres de l'appareil d'État, tant civils que militaires, destiné à empêcher AKP d'imposer ses vues, des opposants au régime affirment plutôt qu'il s'agit d'une opération lancée par l'AKP afin de faire taire les opposants et certains pontes de l'armée. Finalement, plusieurs dizaines de militaires seront condamnés au cours de ces procès.
       En 2010 et 2011, l’AKP et Erdogan portent un troisième coup à l’armée. En 2010, le premier ministre copréside aux côtés du chef de l’état-major le conseil militaire suprême, qui a lieu une fois par an et dont la tâche est de nommer les principaux dirigeants de l’armée. En 2011, Erdogan préside seul ce conseil. Puis l’AKP remporte à nouveau les élections, Erdogan s’affirme de plus en plus comme le seul maître à bord.
     Dans le même temps, les grands procès se poursuivent et humilient un peu plus l’institution militaire. Dans celui d’Ergenekon, des dizaines de militaires ont déjà été condamnés à partir de 2008. Parce que l'armée n'a pas très bonne presse et a déjà réalisé plusieurs coups d'État dans l'histoire turque, « beaucoup de défenseurs de la démocratie, révoltés par les interventions militaires en politique, voyaient dans ce procès, à ses débuts en 2008, un pas important vers une forme civile de gouvernement », écrit notamment le New York Times
      Mais à partir de 2011-2012, le sens de ces procès change. L’essentiel se joue en coulisses, et les condamnations sont moins nombreuses qu'attendu. Les juges sont majoritairement proches de la confrérie de Fethullah Gülen, prédicateur milliardaire exilé aux États-Unis, un temps très proche d’Erdogan et qui a peu à peu pris ses distances. D’un autre côté, Erdogan ne veut pas s’aliéner davantage l’armée qu’il a déjà, dans son ensemble, réussi à mettre au pas.
Petit à petit, les poursuites sont abandonnées, les non-lieux se multiplient. C'est le début de la détente entre les deux pouvoirs. Erdogan soutient même l'armée lorsqu'elle commet plusieurs bavures en pays kurde, à l'est du pays. Il ne la juge plus dangereuse, et il en a besoin pour la guerre qu'il va mener au Kurdistan.
    Vint ensuite l'année 2013, porteuse de beaucoup d'espoirs pour la société civile turque, qui déchantera cependant très vite.
      Dans la politique contemporaine turque, 2013 est l'année clé pour comprendre l'évolution de la nature et des rapports de force au sein du pouvoir et de la société turcs. C'est le véritable tournant qui va briser tous les équilibres institutionnels et politiques en Turquie. Après les manifestations monstres du parc Gezi à l’été 2013, les enquêtes dites « du 17-25 » mettent gravement en cause l’AKP et les proches d’Erdogan dans plusieurs affaires de corruption.
    Le premier ministre se sent acculé, et pour cause : entre les 17 et 25 décembre 2013, un scandale de corruption sans précédent éclabousse le gouvernement de l’AKP. Bilal, le fils d’Erdogan, est directement visé et son père tente par tous les moyens d'empêcher son audition devant la justice. Dans le viseur de celle-ci, une fondation pour l'éducation gérée par des membres de la famille Erdogan. Cette ONG aurait bénéficié des largesses d'un maire de quartier d'Istanbul, lui-même mis en cause par la justice. Ce maire AKP aurait cédé des terrains à l'ONG.
     D’abord surpris par l’ampleur de l’enquête, Erdogan réagit et remplace dix des vingt ministres de son cabinet. Les ministres de l'intérieur, de l'économie et de l'environnement ont dû abandonner leur poste d'eux-mêmes après l'arrestation de leurs fils, avec vingt et une autres personnalités, élus ou hommes d'affaires. Le ministre de l’environnement, dont le fils a été mis en cause dans une affaire de corruption à la suite de la construction de logements, a pressé Erdogan de démissionner « pour le bien de la nation ». Une déclaration sans précédent dans l'histoire du parti.
    Pour contre-attaquer, Erdogan va mettre au pas et muter plusieurs milliers de fonctionnaires de justice, de la police et de l’armée. Pour sauver les apparences et rassembler son électorat autour de lui, Erdogan a besoin d'un bouc émissaire, une organisation accusée de comploter, comme toujours, contre l'État et la nation turque. L'armée ayant déjà servi en 2007, Erdogan en désigne un nouveau : aux ordres, la justice turque décrète la confrérie Gülen organisation terroriste ; les policiers chargés des investigations sont tous mutés, comme une large partie de l’administration.
    Le chiffre de 40 000 policiers est même avancé par un ancien policier de l'antiterrorisme, Davut Erdogan, que nous rencontrons à Ankara en avril 2016 et qui accepte finalement de nous parler et d'évoquer cette véritable chasse aux sorcières, revendiquée par Erdogan lui-même dès le 11 mai 2014 : « Si muter les gens qui ont trahi ce pays est une chasse aux sorcières, alors nous mènerons une chasse aux sorcières. » (Voir ici la vidéo.) « Le système est sorti des rails, juge l’ancien policier Davut Erdogan. À Erzincan, mon dernier poste, les autorités ont nommé une équipe de trois personnes, des proches du pouvoir. Et ils ont eu tout le loisir de décider arbitrairement avec qui ils voulaient ou ne voulaient pas travailler. Ceux-là étaient bons pour la retraite. »
    Bien que les élites militaires turques soient relativement épargnées, ce tournant autoritaire du régime Erdogan ne les laisse pas indifférentes. Fin 2015, le contexte est très tendu : à Ankara, à Istanbul, dans le sud-est de la Turquie, les attentats se succèdent, commis par des membres de l'État islamique ou du TAK, l'organisation kurde que nombre d'observateurs considèrent comme l'émanation directe du PKK ; le gouvernement, l'armée, la police turque et les services antiterroristes essuient nombre de critiques, jusqu’au sein même de l’institution.
Face à ce climat chaotique, des voix dissidentes se font entendre. Ce fut d’abord la gendarmerie : le 23 août 2015, le lieutenant-colonel Mehmet Alkan s’effondre sur le cercueil de son frère Ali, gendarme comme lui, tué dans une attaque à la roquette du PKK, avant de prononcer un discours mettant en cause le gouvernement. Une vidéo très largement reprise sur les réseaux sociaux et dans la presse turque. Son message est très clair : « Ci-gît un enfant de la patrie, il avait 32 ans, il était plein d'amour pour sa patrie, pour le monde. Qui est son assassin ? Qui est le responsable de tout ça ? Ceux qui hier disaient “processus de paix”, pourquoi aujourd'hui disent-ils : “combattre jusqu'au bout ?” »...
... Malgré cela, un certain « modus vivendi » semblait prévaloir entre l’armée et Erdogan, élu entretemps président de la République turque, remarque le chercheur Jean Marcou. Formés à l’académie militaire où l’AKP n’a pas ses entrées, les officiers ont maintenu une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir en place d'Erdogan, quand la police et la justice ont été mis au pas, et les médias peu à peu intimidés.... Erdogan n'a pas de cadres militaires à sa dévotion comme il peut en disposer dans toutes les autres administrations. Mais pour combien de temps encore ?
      Dans les mois qui viennent, nul doute que la tentative avortée de coup d’État du vendredi 15 juillet 2016 va être l’occasion d’une reprise en main qui pourrait largement dépasser le cadre de l’armée. « Cette tentative de coup d’État qui a échoué va permettre à Erdogan de mettre à plat ses relations avec l’armée et de faire table rase, estime Jean Marcou. Sa réponse après le coup d’État va être redoutable. Ce matin, c’est le général de la première armée d'Istanbul qui a été nommé à la tête de l’état-major. Il faut s'attendre à une reprise en main en règle dans les prochains jours. En tout cas, cela risque d’être le dernier coup d’éclat de l’armée. Mais Erdogan va sans doute contre-attaquer de manière plus vaste. Les derniers opposants risquent d’en pâtir. Cela risque aussi de renforcer l'idée en Turquie qu’il faut un pouvoir civil fort, ce qui est très dangereux. »
     De la périphérie, Erdogan est parvenu à amener ses troupes au cœur du pouvoir de la Turquie, effaçant un à un tous les obstacles, y compris l'armée. Avant la tentative de coup d'État, Erdogan attendait son heure dans le dessein de faire voter par le Parlement une réforme de la Constitution et de promouvoir un régime présidentiel qui lui ouvrirait toutes les portes du pouvoir absolu. Cette heure est-elle désormais venue ? Hier soir en Turquie, les grandes manœuvres n’ont fait que débuter. (Merci à Mediapart et à Pierre Puchot)

__________________________