Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 10 janvier 2017

Testament élyséen

Il a déclaré forfait
        Une sagesse tardive et contrainte. On ne plus plus l'aider.
                Il n'y aura plus de virage.
capture-d-e-cran-2016-12-19-a-17-33-07    La finance a résisté aux admonestations élyséennes bien légères et verbales.          Les banques ont fait ce qui leur plaisait.
   Le mécène de François a mis sa fortune au Luxembourg :
        Patatras! Au lieu de la grande rénovation, ce fut la grande évasion.
      Ça avait commencé à Bercy et ses frasques cahuzaquiennes.
  Faute de résistance, ce fut le grand sabordage.
        Et pourtant la promesse était belle...
     Il aurait fallu entendre le gourou Attali, prédisant dès 1978 une dérive fatale! '« Le socialisme n’a aucun intérêt à ce que le capitalisme soit freiné ou bloqué. Il est le point d’aboutissement du capitalisme et non une façon de freiner son évolution. » (Jacques Attali, La Nouvelle Économie française, 1978.)
       La gauche dite gouvernementale, c’est-à-dire le Parti socialiste et ses alliés, a organisé son propre sabordage intellectuel et politique plutôt que de résister à la puissance de la droite néolibérale. C’est d’ailleurs toute la social-démocratie européenne qui, avec des nuances, a adopté dès les années 1980, au nom du « réalisme », une attitude passive et résignée devant le néolibéralisme avant d’enfourcher avec de plus en plus de zèle tous ses thèmes de bataille : baisse des coûts salariaux, reconstitution des profits, concurrence généralisée, démantèlement des protections juridiques du travail, apologie de l’entreprise, etc. Si, par la suite, les politiques d’austérité ont pu si facilement s’imposer en Europe, la social-démocratie en est la première responsable. Loin de constituer une contre-force, elle a en effet préféré faire alliance avec la droite sur ce terrain, mieux : elle a voulu prouver à quel point elle était encore plus radicale quand il s’agissait de faire peser le poids de la crise sur la population en augmentant les impôts, en réduisant les retraites, en gelant les traitements des fonctionnaires, en s’attaquant au code du travail.
     La situation française depuis l’élection de 2012 éclaire singulièrement cette formidable capacité d’autodestruction de la gauche. Un représentant de ce courant politique, élu sur ce qui se présentait comme un « projet » de réhabilitation de l’action politique face aux puissances économiques, en est venu à mettre ouvertement en œuvre le principe néolibéral de la « compétitivité », au point d’inscrire à son agenda l’ensemble des revendications et des aspirations du patronat et du pouvoir financier. Le même représentant a intégré tout aussi vite la contrainte austéritaire du Traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) sans chercher à l’amender le moins du monde, contrairement à l’engagement qu’il avait pris solennellement durant la compagne, et en dépit de ses conséquences négatives sur l’emploi et la croissance.
     Ne négligeons donc pas l’importance dans l’histoire politique de ce « moment Hollande » marqué par le ralliement assumé de la social-démocratie française, assez tardif d’ailleurs au regard d’autres pays, à la « troisième voie ".... Il est trivial de dire que le mandat de Hollande se présente comme une belle illustration de la politique professionnelle qui autorise les élus à faire le contraire de ce qu’ils avaient dû laisser entendre pour se faire élire, autrement dit à mentir effrontément sur leurs intentions réelles. Mais, plus profondément, il témoigne de l’effondrement de la gauche gouvernementale sous l’effet du système néolibéral dont elle a intériorisé la logique et qu’elle a contribué activement à mettre en place....
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