Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 21 septembre 2018

Paradoxe en macronie

Macronie en marche
                                    Le mythe de la disruption
        Malgré la baisse de sa cote, le Président maintient le cap et reste fixé sur sa mission, qu'elles que soient les critiques, même à l'intérieur de ceux qui sont en marche, certains estimant suivre  trop docilement le premier de cordée. Le contraire eut étonné. Le club est déjà traversé par des tensions attendues.
      Passera-t-il le cap fixé? L'ascension n'est pas sans péril, celle qui va vers les voies d'un libéralisme bien français, dont on trouve les éléments chez Crouzier,  Un libéralisme d'homme pressé, déterminé à passer en force, sans le faire voir. Attaquer la face Nord du changement social, avec des mesures qui ne sont pas toujours très claires et non exemptes de contradictions et de brutalités feutrées pour le penseur de l'en même temps. Une  façon d'avoir deux fers au feu.
   Une entreprise qui repose sur une grande vulnérabilité électorale, le péché originel, et qui amène son auteur à naviguer entre autoritarisme et libéralisme.
    Une recomposition qui comporte ses excès et ses fragilités.
       La disruption a ses limites et ses effets pervers, devenu un mantra non anodin, dont on connaît des précédents. Une idée ambiguë, dont les effets seraient positifs en eux-mêmes, selon une idée naïve de l'idée de progrès et de modernité.. Un défi lourd de conséquences, pensé à court terme.
        Dans son livre Dans la disruption (Les Liens qui libèrent éditions, 2016), Bernard Stiegler met en lumière un autre danger de la « disruption » : pour le philosophe, les stratégies d’innovation par la rupture sont une forme de barbarie « soft », en ce qu’elles détruisent les structures sociales à une allure toujours plus rapide. Les individus et les sociétés ont besoin de temps pour se structurer, temps qui est justement l’ennemi de l’économie de marché.
    Un système de pensée qui s'engage en fait sur la voie d'une certaine privatisation du politique.
             Le macronisme, c’est l’idéologie managériale étendue au politique. C’est le rêve de tous les hauts fonctionnaires réformistes étant passés par le secteur privé après s’être épuisés à produire des rapports dont personne ne tenait compte : mettre en avant les décisions prises en petit comité et les exécuter sans trop tenir compte des débats parlementaires ni des réactions syndicales. C’est un libéralisme par l’État qui voudrait passer en force. Au demeurant, le projet de révision constitutionnelle de 2018 a bien pour objet de réduire la fonction tribunicienne du Parlement. C’est une nouvelle interprétation économiste de la Ve République qui la présidentialise encore un peu plus alors même que les élections de 2017 ont montré l’intensité des demandes pour une démocratie horizontale et participative.
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      ...Le macronisme est très vite sorti de son projet fondateur de participation et de modernité horizontale pour jouer la carte du pouvoir vertical et de la hiérarchie. Mais d’une hiérarchie moderne, managériale, organisant la coupure entre un pouvoir très concentré dans les entourages élyséens ou primo-ministériels en haut et les acteurs chargés « en bas » de la mise en œuvre des politiques publiques quitte à leur laisser une marge de manœuvre opérationnelle. Le macronisme, c’est le modèle « corporate » des grandes entreprises appliqué au politique. Le problème est que le monde politique est plus complexe que celui des affaires. Il en résulte deux conséquences négatives. L’affaire Benalla vient en illustrer la première : on est dans l’entre-soi et les relations interpersonnelles avec tout ce que cela peut susciter de suspicions mais aussi de dérèglements potentiels de l’État de droit. La seconde n’a pas tardé non plus : la révolte institutionnelle du local qui se traduit par les démissions en cascades des maires de petites communes qui ne veulent plus être instrumentalisés et perdre toute autonomie réelle de décision...
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jeudi 20 septembre 2018

Nos amis du Golfe

Des relations très particulières
                                             Depuis les accords de Quincy, il a déjà coulé beaucoup de pétrole dans les oléoducs d'Arabie.
        Depuis le déclin de l'hégémonie britannique, les USA ont pris pied sur la péninsule, fermant les yeux (surtout) plus tard sur les contradictions d'une alliance si profitable:
              ...Les véritables contradictions inhérentes au pacte du Quincy sont apparues au tout début du XXIe siècle avec la mise en cause des Séoudiens dans les attentats du 11 septembre 2001 et dans le déchaînement de sauvagerie djihadiste qui s'en est suivi.  L'Arabie séoudite est le seul pays au monde qui applique très officiellement le salafisme, dans sa version wahhabite, même si, dans le secret des alcôves, l'oligarchie séoudienne s'autorise des écarts par rapport à l'austérité requise.  À coup de dollars, Riyad, de mèche avec le Qatar, encourage la subversion dans toutes les régions du monde où vivent des musulmans, de façon plus ou moins pacifique dans les pays occidentaux tels que la France, de façon violente dans les pays à majorité musulmane....

     Ce fut le temps des pétrodollars et des contradictions.
          La France trouvent là-bas de bons clients et de bons soutiens depuis des années et le ligne est tenue par le Président Macron. On ne va pas se fâcher avec de si bons clients, qu'il soient du Qatar ou d'à côté. Même s'il faut être prudent et jouer sur plusieurs tableaux. En évitant les sujets qui fâchent.
    Quitte à fermer les yeux sur la catastrophe humanitaire au Yemen, à laquelle indirectement nous participons.
          ...L'Arabie saoudite peut bombarder sans précaution des civils au Yémen ; elle peut emprisonner indéfiniment des militants de la démocratie et des droits des femmes et exécuter un nombre croissant de condamnés ; elle peut pratiquer un islam des plus rigoristes qui n’a rien à envier aux théories de Daech ; elle peut appauvrir sa population pendant que ses élites se gorgent de yachts et de châteaux à l’étranger ; elle peut kidnapper le chef de gouvernement d’un pays ami, le Liban ; elle peut tout cela, la France ne hausse jamais la voix. Pis, elle flatte Riyad ou lui déroule le tapis rouge à la moindre occasion. Que ne ferait pas Paris pour se concilier les bonnes grâces de l’Arabie saoudite ? Apparemment tout. Le phénomène n’est pas entièrement nouveau, mais il a pris de plus en plus d’importance ces dernières années, d’abord sous la présidence de François Hollande, puis sous celle d’Emmanuel Macron — Nicolas Sarkozy, lui, préférait le Qatar...
      Nos très chers émirs peuvent encore compter sur nous et notre quincaillerie militaire, qui n'est pas destinée à rouiller...
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mardi 18 septembre 2018

La barbe!

Introduction à  une barbologie politico-culturelle
                                                        Le sujet est loin d'être barbant. La question est d'actualité et est même tout à fait au poil.
     Depuis un moment, fait assez rare, un barbu  a fait son entrée à Matignon. Une barbe chic et choc.
         Depuis  Clovis et Charlemagne (qui, dit-on, était imberbe) la barbe va et vient en politique,
    Sous des formes diverses, variables selon les époques et les cultures.
On ne voit pas un Louis XIV barbu et encore moins un De Gaulle . Pour Vercingétorix, si, mais certains doutent: on cherche encore une photo authentique.
      Macron, lui, n'a pas encore définitivement franchi le pas. Il hésite: y a le privé et le public. Et on murmure que Brigitte n'apprécie pas.
       De Jean à Edouard, en passant par Jules et Paul, il fut de bon ton de se barber. Chacun à sa manière, inventant parfois un style propre.
    Il y a bien un pouvoir du poil en politique selon les époques. Pouvoir aussi religieux: celui d' l'ayatollah, du rabbin, du pope.  Pouvoir diversifié et signe de reconnaissance, même si on ne conçoit pas un pape-à-barbe. (Ne pas confondre avec Barbapapa.)
     On peut faire une histoire de la pilosité en politique.
Parfois hautement symboliques, voire idéologiques, les barbentousgenres ont fleuri depuis des siècles.
     On peut passer beaucoup de temps à explorer le barbuland:
  De la barbe fournie à la barbe moyenne  et travaillée, à la barbe branchée de trois jours, d'un négligé savant, la barbe envahit le champ politico-médiatique, au gré des humeurs.
    Voici les tendances pour le néo-conformisme barbu de l'année 2017.
     Cela qui n'est pas sans affecter le marché du rasoir. Mais Bic s'adapte...Mais les barbiers explosent.
Il y a la barbe cool et la barbe inquiétante, voire tribale ou intégriste, même s'il y a des subtilités.
_________Le sujet n'est pas forcément barbant.
        Les divers appendices velus posent un homme et peuvent lui conférer un certain prestige:
 Combien de barbes saintes! Jésus a montré l'exemple, imitant en cela l'illustre Père qui est aux cieux. Même si le sujet concernant le système pileux du créateur fait débat dans le monde des théologiens...
   Dans sa tout puissance relative, il lui a échappé l'existence de quelques anomalies: les femmes à barbe. Un raté de la création. Comme Barbe-Bleue.
   Donc le salut viendrait par la barbe.
        Même si certains barbus n'ont pas bonne presse. Même si la barbe ne fait pas toujours l'intégriste.
  La barbe ne fait pas  le moine.  et il est des barbus très pointus.
         ______Rasoir, la politique, même velue?
              Pas du tout, dans une république vivante, mais qui ne peut fonctionner au quart de poil. Ce serait barbant que tout soit  taillé au ciseau.
                  Car la politique est souvent sur le fil du rasoir...
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lundi 17 septembre 2018

Jupiter et l'horticulteur

     De l'autre côté de la rue...
Suggestion Injonction du locataire élyséen.
    En face de la demeure jupitérienne existent de nombreux restaurants, souvent huppés , notamment rue du Bd Saint Antoine.

   Notre jeunot peut y faire la plonge et éventuellement arroser les plantes vertes, en tant que horticulteur.
Ou travailler dans les jardins élyséens.
    Mais rester sans travail, quelle honte! Cela ne devrait pas être admis.
  Il suffit de vouloir. Ou de changer. Un tourneur peut devenir informaticien.
      Demain, il n'y aurait plus de chômage.
            CQFD
                     Heureusement qu'il y a des patrons plus compréhensifs que le premier de la classe...
____________  Traverser la rue n'est pas toujours sans danger.____

Des boulots à la con?

Il y a travail et travail.
                           Les boulots à la con auraient-il  de l'avenir?
      Il est beaucoup de métiers (même si les métiers au sens classique tendent à disparaître) qui, heureusement ont du sens, faute parfois d'avoir de l'avenir.
  Où l'individu comme l'employeur ne s'investissent pas en vain, pour faire comme si, sans pression du milieu , des modes, des usages convenus, des intérêts financiers douteux, où ils y trouvent une satisfaction véritable, malgré la pénibilité, les frustrations, la fatigue.
   Le sens du travail, c'est une question qui est au coeur de toute activité de production ou de service, ce qui ne veut pas dire  que le travail soit toujours une fête. Plus que le travail en soi, ce sont les conditions de travail qui sont fondamentales dans la désirabilité ou non de l'activité productrice..
  On ne parlera pas de la pratique plus ou moins obscure de la placardisation, qui peut être un enfer.
     Or de plus en plus de types de travail n'ont d'utilité que l'apparence, alors que le travail devient une denrée rare. C'est le sentiment de l'inutilité qui pèse. C'est un phénomène qui prend plus d'ampleur qu'on ne le croit.
       La vacuité de l'activité est le plus souvent péniblement vécue.
            Si la pensée de Graeber mérite d'être nuancée, elle est indicatrice d'un malaise souvent vécu.
          Selon Graeber, d’innombrables salariés de la finance, du marketing ou du secteur de l’information sont aujourd’hui convaincus d’occuper des emplois inutiles, absurdes, voire nuisibles pour la société. Dans son truculent essai Bullshit Jobs (« Boulots à la con »), paru le 5 septembre aux éditions Les liens qui libèrent, David Graeber, anthropologue et professeur influent de la London School of Economics, explore les racines de ce phénomène, dont les conséquences ne se limitent pas à la souffrance professionnelle. Car au-delà, explique-t-il, notre société entière échoue à utiliser le progrès technologique comme un outil de libération des individus.
     Les emplois inutiles que vous décrivez n’ont-ils pas toujours existé ?        Oui, mais ils se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières décennies. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les salariés conscients de la faible utilité de leurs emplois, comme ceux rencontrés pour ce livre : le consultant, dont les rapports ne sont lus par personne, l’assistant brassant de l’air car son chef a besoin de justifier sa position hiérarchique, l’avocat d’affaires gagnant de l’argent uniquement grâce aux erreurs du système… Des millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un terrible manque de sens, couplé à un sentiment d’inutilité sociale. Ce qui peut sembler paradoxal : en théorie, l’économie de marché, censée maximiser les profits et l’efficacité par le jeu de la concurrence, ne devrait pas permettre à ces jobs peu utiles d’exister....

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dimanche 16 septembre 2018

On en parle

__ Xième plan vélo: suffit pas d'en parler...
           Ni de mettre un ministre encravaté au guidon..
                    On est à des années-lumières de la Hollande.

__Guerre linguistique franco-belge: la trêve

__ Se méfier de certains logiciels, comme Louvois

__ Bonne bouffe en question

__ Le Canard et le Président

__ USA: écoles publiques à l'abandon


__ Agropower en Argentine.
                            Un cas d'école
.
__ Grippe espagnole: une "tueuse" oubliée

__ Revenir à Détroit, qui peine à sortir du cataclysme financier.
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samedi 15 septembre 2018

Boutique élyséenne

Ça dérive dur, disent certains.
            Va-t-on s'arracher les produits dérivés jupitériens?
                C'est fou! L'idée est géniale.
    On peut même s'y habiller. Un porte-clé pour 29 euros, c'est pas cher.
        Un peu plus qu'à Emmaüs quand même. Il vaut mieux attendre les soldes.
            On dit que l'idée vient de Benala-à-tout-faire
                 Pour créer un fan-club qui peut prospérer.
     Stéphane Bern l'avoue: il ne peut pas tout faire. Surtout bénévolement.
    Remettre sur pied une église du Poitou en ruine, d'accord, mais retaper l'Elysée, on peut demander à Rotschild.
     Certaines mauvaise langues s'en gaussent.
                 Les marchands ont envahi le Temple...
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Pauvreté: en progrès

Derniers de cordée
                        Il en faut bien, sinon plus de cordée et qui porterait les plus lourdes charges, sherpas rémunérés, mais si peu?
     Le premier, lui, montre la voie et assure. Il promet aussi, en montrant les sommets. On dirait du Frison-Roche.
     L'appel vers les hauteurs s' adresse à tous. La richesse, la très grande richesse même, est à la portée de chacun, assurait-il aux plus jeunes de l'équipe ascensionnelle.
   On ne va pas laisser les plus démunis en chemin, assure-t-il, dans un discours déjà formulé tant de fois avant lui.
  Modeste, il sait qu'il ne va pas éradiquer la pauvreté, mais il va s'en occuper.
     Enfin, on va se tourner vers les pauvres! C'est l'urgence du moment. Pour l'instant. Et il faut retrouver la bonne piste quelque peu perdue.. Revoir le discours, faute de pouvoir changer le réel, ou si peu. A la marge.
    Mais sans s'interroger une nouvelle fois sur les causes. Comme d'habitude.
      La pauvreté n'est pas nouvelle. Elle fut très longtemps même pire. Mais elle revient à la mode, qu'elle soit profonde ou relative. Et elle change de formes avec les transformations économiques et les révolutions financières, favorables à la rente. On peut être travailleur et pauvre, ne pas avoir de quoi se loger décemment, ne passe se nourrir normalement, reporter sans cesse des soins nécessaires, compter les derniers euros à partir du 28 du mois
   Le verbe vient comme d'habitude, régulièrement, remplacer l'analyse et l'action. Des mesurettes prennent la pas sur des réformes d'ampleur qui s'imposeraient.
   La pauvreté en France, ce n'est pas un scoop, ni un problème d'aujourd'hui.
    Même si elle se fait souvent discrète et finit par se faire oublier.
        On oublie qu'elle ne s'apprécie que relativement. Par rapport aux facteurs socio-économiques du moment.                    C'est surtout la progression constante des (hyper)privilégiés qui choque, au regard du développement des intermittents du boulot, des précaires, des déclassés et des travailleurs démunis.
  Comment peut-on vivre avec mille euros par mois, en ayant des difficultés à se nourrir?
     Quand l'alimentation devient un souci permanent
  Même le Figaro l'évoque. Même quelques privilégiés, dont Giscard, s'inquiètent...tardivement!
    Un Nième plan ne suffira pas à changer le système.
      On sait que l'argent ne manque pas. L'explosion de la fraude fiscale, sous des formes diverses et souvent sophistiquées, choque par son ampleur croissante. L'absence de contrôle crée des brèches, par où s'écoulent de sommes colossales qui ne vont pas à la chose publique et à redistribution. Le problème est connu depuis longtemps, pas seulement en France. Il y a quelque chose qui cloche dans la production-redistribution des richesses.
   Alors que les assistés ne sont pas où on le croit et que le non-travail a un coût.
      On ne reviendra pas à l'Etat providence de papa.. Promis. On va travailler à la marge et sur le long terme, pour juste corriger quelques dysfonctionnements, sans culpabiliser les laissés au bord de la route, qui le méritent bien et qui parfois rapportent, comme chez les Zuniens.
      Un discours bien rodé.
  On ne s'interrogera pas sur le choix du chemin tracé par le premier de cordée ni sur les causes proches et lointaines de la difficulté de ceux qui traînent, ralentissent et compromettent l'ascension.
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vendredi 14 septembre 2018

Deutsche Bahn: un modèle?

             On nous a souvent mené en train en bateau au sujet des dysfonctionnements de notre SNCF.
        En quête fébrile de modèles sur tous les sujets, on nous a présenté Berlin comme un exemple à suivre.

      Ou bien même la révolution ferroviaire britannique.
  Encore une fois, on se référait à ce qui était vu de manière partielle, myope ou biaisée.
       La DB ne va pas si bien que cela, malgré les réformes faites.
            Outre-Manche, c'est la cata, après trois tentatives pour remettre le train sur ses rails.
  Au Royaume-Uni, la privatisation des chemins de fer déraille, après un démantèlement et un rachat partiel: " le prix moyen des billets de train augmente deux fois plus vite que l'inflation. Résultat, les Britanniques déboursent chaque mois six fois plus que les Français simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. 14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l'Hexagone."  Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs?
    Au Japon, tout ne va pas non plus comme dans le meilleur des mondes.
            A-t-on voulu vider le bébé avec l'eau du bain ou a-t-on fait une erreur d'aiguillage?
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Les hirondelles font le printemps

Mais la raréfaction des hirondelles...
                                                     ... fait craindre l'hiver de la biodiverité
                            C'est un symptôme. Un signe inquiétant.
         Et il n'y a pas que les hirondelles qui désertent nos campagnes.
    Et il n'y a pas que Ruffin qui s'en inquiète.
 Il n'y aurait pas que les pratiques agricoles qui seraient en cause.
    Faute d' insectes, du fait des pesticides, les hirondelles rustiques se font de plus en plus rares.
            Mais d'autres espèces aussi. Un tiers serait menacé.
      Oiseaux des villes, oiseaux des champs, beaucoup seraient en péril.
  Des plus petits aux plus grands. Malgré les campagnes et les actions, il n'y a pas lieu d'être optimiste.
   La disparition progressive des insectes doit nous inquiéter. Les entrants en agriculture et notamment les néonicotinoïdes sont visés.
    Sans parler des problèmes répétés et graves qui affectent les populations d'abeilles, ayant un rôle essentiel dans cette nature, vis à vis de laquelle une majorité de la population, de plus en plus urbanisée, à perdu parfois jusqu'à la notion, surtout celle de sa fonction vitale.
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jeudi 13 septembre 2018

Tant qu'il y aura du gaz...

Géopolitique des tuyaux
                        Quand ça gaze et quand ça ne gaze pas...     
                                                     « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival »,

     Les gazoducs se développent en Eurasie comme une toile d'araignée.
  Dans le contrôle des ressources énergétiques,  les puissances productrices de pétrole et de gaz, tissent des liens d'échange de plus en plus étroits. Les transits maritimes deviennent de plus en plus coûteux, longs et aléatoires. 
     Dans le même temps, de nouvelles sources de tension ou de conflits potentiels ou réels naissent au coeur ou à la périphérie de ce tissu d'échanges souvent vitalement nécessaire pour des puissances montantes comme la Chine.
    Des rapprochements inattendus ou des renversements d'alliance se produisent régulièrement, au gré des accords, fragiles ou plus durables, qui s'établissent sur la logique de ces échanges, le gaz prenant une place de plus en plus grande, les gazoducs étant un enjeu stratégique autant qu'économique, en Europe  comme en Asie. On comprend mieux certains aspects de la politique de Merkel vis à vis de Poutine et le Moscou à l'égard de Pékin.
    Une grande part du grand jeu des puissances mondiales relèvent de cette collaboration/compétition.
       Entre la Russie et la Chine, un des plus grand  projet au monde  est en train de se mettre en place.
          Entre la Sibérie et la Chine, après l'oléoduc, on finit de construire un gazoduc  de plus de 8000 km de long, le premier pays se donnant de grandes ambitionsdu fait de sa richesse soudaine.. On aborde la dernière phase de cette opération gigantesque, malgré les difficultés.

    De nouveaux rapports entre les deux puissances ne manqueront pas de se développer, au coeur d'alliances nécessairement intéressés et conditionnelles.
  A Pékin, le pragmatisme domine. Mais on est condamné à s'entendre, quoiqu'il arrive.
      La diplomatie des pipelines et les gazoducs redessine de nouvelles cartes énergétiques.
   Echanges pacifiques et collaboratifs, mais aussi guerre des tuyaux, comme on le voit avec l'Ukraine, au fur et à mesure que se dessinent de nouvelles routes énergétiques.
     Signes de rapprochements, les oléo-gazoducs sont aussi vecteurs de rivalités. Des conflits qui ne disent pas toujours leur véritable nom, comme en Irak, ou plus récemment aux origines du conflit syrienConflits sur le transit du gaz, le plus souvent, nécessitant des accords durables.
     A ce sujet, rares sont ceux qui, comme Robert Kennedy ont essayé d'aller au delà de l'écume des événements tragiques.
                 La Syrie fut, entre autres causes (aussi) l'otage d'une bataille pour l'énergie, et notamment du gaz. 
  S'il faut en croire Roland Lombardi" On comprend mieux l’intérêt du Qatar à un changement de régime à Damas, affirme ainsi David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Insitut français d’analyse stratégique (Ifas). Il est évident que si le régime de Bachar el-Assad tombe et qu’il est remplacé par un gouvernement de Frères musulmans, ce dernier sera sensible aux demandes de ceux qui les ont aidés à accéder au pouvoir. » Des enjeux qui peuvent expliquer en partie le soutien étonnamment massif offert par le Qatar à la rébellion syrienne. Selon le Financial Times, l’émirat a dépensé 3 milliards de dollars pour financer l’armement des rebelles. Un montant qui dépasse de loin les aides des pays occidentaux – fin novembre 2012, Paris a donné 1,2 million d’euros à la nouvelle coalition formée par l’opposition syrienne. « Mais, ces dernières semaines, avec l’avancée des troupes syriennes, il est évident que seule une intervention occidentale pourrait aider l’opposition syrienne, et donc le Qatar, à arriver à ses fins »__________________

mercredi 12 septembre 2018

Culottés!


Nounous en colère

Elles protestent et en remettent une couche.

Elles se rebellent, contre ceux qui en tiennent vraiment une couche. 

Elles disent  non à la "taxe couche-culotte".
   Vers le retour des langes de jadis? 
             
Comme les sans-culottes, elles descendront dans la rue s'il le faut.
      Avec les seniors culottés. 
                  Faudra-t-il aussi taxer les toutous? 


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Finance: cachotteries périlleuses

La bonne santé de la finance, ce n'est pas pour demain.
                                  La crise de 2008 a mis brutalement en évidence les conséquences brutales de certaines pratiques bancaires  dévoyées, au service d'elles-mêmes, au plus haut niveau, de la pure spéculation (cupidité) comme disait Stiglitz, et cela à un degré jamais atteint géographiquement.

     Les tractations longues et limitées pour un minimum de régulation et pour augmenter les fonds propres des banques n'ont pas fait disparaître les risques de nouvelles crises, comme de nombreux économistes, même orthodoxes, le font encore remarquer. 
     L'ampleur des masses monétaires en circulation sur la planète et le volume ainsi que la rapidité des transactions, l'importance mal appréciée du shadowbanking, la pratique de plus généralisée et risquée des pratiques numériques automatiques en bourse, la face méconnue des paradis fiscaux ...font redouter un "accident" systémique, que, comme la dernière fois, personne n'aura vu venir.
   Olivier Passet fait des mises en garde, dénonçant un système erratique qu'on ne contrôle pas vraiment. Et le marché ne suit pas de lui-même les voies de la sagesse économique.
.    Les pratiques bancaires sont loin de la transparence, et l'importance du shadowbanking est mal apprécié. Le pire n'est jamais à exclure.

     Les crises financières deviennent récurrentes.
          C'est ce que note Brooke Harrington  de Cambridge, mettant en exergue des aspects mal connus,  certains "secrets" d'un système ultra-complexe et relativement opaque:


Qui sont les gestionnaires de fortune (« wealth managers ») ? En quoi consiste leur métier ? À l’heure de l’accroissement des inégalités dans le monde, Brooke Harrington, Professeure de sociologie économique à la Copenhagen Business School, s’intéresse à ces acteurs clés du système de gestion, d’accumulation et de circulation du capital.    Ce livre offre une plongée passionnante dans un monde peu connu du grand public et sur lequel peu de travaux existent, car il est particulièrement malaisé d’obtenir des informations sur ces hommes de l’ombre. Cette difficulté ne tient pas seulement à la complexité des enquêtes sur les classes supérieures, mais aussi au culte du secret qui caractérise cette profession, encore accru ces dernières années par le sentiment qu’ont les gestionnaires de fortune de faire l’objet d’attaques, de la part d’organisations comme l’OCDE, très critique, et de la presse, à travers la révélation d’une série de scandales financiers – des « Offshore Leaks » en 2013 aux « Paradise Papers » en 2017, en passant par les « LuxLeaks » en 2014 et les « Panama Papers » en 2016.                 Si mener une longue enquête de terrain dans ce milieu est rare, car coûteux (en argent, en temps, etc.), elle permet d’accéder à des informations difficiles à obtenir autrement. Surmontant ces difficultés, B. Harrington a à la fois mené une ethnographie – en suivant une formation de gestion de fortune pendant deux ans en Suisse et au Lichtenstein, et en enquêtant au sein de la principale association professionnelle des gestionnaires de fortune, STEP (Society of Trust and Estate Practitioners) – et conduit des entretiens semi-directifs avec des gestionnaires de fortune, dont le profil est relativement homogène – hommes (71%), blancs (70%), issus de divers domaines (le droit, la comptabilité, la banque, etc.).     Le rôle des gestionnaires de fortune est de protéger et faire croître le patrimoine de leurs clients. Pour ce faire, ils le font circuler entre structures et entre pays, afin que celui-ci ne soit pas affecté par les autorités fiscales, les créditeurs, les tribunaux, voire les héritiers ou quiconque susceptible d’en revendiquer une part. Les trois éléments clés du métier sont la liberté, la mobilité et la discrétion. Par leur travail, ils contribuent à l’internationalisation de la finance mondiale et à l’émergence d’une nouvelle ère : celle du capitalisme financier.          Le rôle des gestionnaires de fortune est de rechercher, dans le monde entier, les conditions fiscales, réglementaires et politiques les plus favorables pour la fortune de leurs clients, en fonction du type de leur patrimoine et de leurs objectifs, puis de créer des structures complexes, composées d’entités liées les unes aux autres (telles que des sociétés, des trusts, des fondations) et ayant souvent plusieurs finalités (réduction de l’impôt, évitement des régulations, contrôle d’une entreprise familiale, etc.). Si certains professionnels possèdent les nombreuses compétences nécessaires à la mise en œuvre de ces structures au sein d’une juridiction nationale, les transactions internationales appellent l’intervention d’une équipe de conseillers spécialisés....
                L’analyse du positionnement des gestionnaires de fortune dans la hiérarchie des métiers de la finance est révélatrice des normes propres à ce milieu. Les gestionnaires de fortune ont des salaires relativement « intermédiaires » (autour de 200 000 $ annuels) par rapport à d’autres métiers de la finance et souffrent d’un manque de prestige dans le milieu, car leur activité coûte beaucoup avec une marge relativement peu importante – or la hiérarchie de prestige au sein de la finance est proportionnelle aux profits qui sont faits. Cependant, ils jouissent de compensations symboliques : ils estiment faire un travail créatif et intellectuellement stimulant (ce qui est rare dans la finance), et trouvant un « sens » à leur métier dans le sentiment « d’aider les familles » et d’être en contact avec des élites difficiles d’accès, au style de vie enviable.  Le rôle central de la confiance.:   Les gestionnaires de fortune construisent ainsi avec leurs clients une relation de long terme, qui se maintient parfois toute une vie, voire au delà, lorsqu’elle continue avec les enfants et petits-enfants. Cette longévité s’explique par le fait que, comme un médecin de famille, un gestionnaire de fortune a accès à des informations très privées, intimes et sensibles sur la famille, en tant qu’elles peuvent affecter la fortune. Cette connaissance intime de leurs clients donne aux gestionnaires de fortune un immense pouvoir, les rendant indispensables et difficiles à remplacer.   Le défi est de parvenir à acquérir et maintenir cette relation de confiance avec leurs clients, ce qui est d’autant plus difficile que ceux-ci tendent à se méfier des intentions des autres – étrangers, État ou famille – vis-à-vis de leur argent. Pour surmonter cette suspicion, les gestionnaires de fortune vont chercher à incarner la confiance de manière très personnelle avec chaque client. Leur présence physique est essentielle – impliquant de nombreuses interactions en face à face –, ainsi que leur apparence, leurs dispositions, leur attitude, qu’ils doivent adapter au contexte culturel et socio-économique de leurs clients.   Les techniques de gestion de fortune: agilité et innovation Deux grandes évolutions sont à l’origine de la professionnalisation de la gestion de fortune : la fongibilité croissante du capital ; la financiarisation des années 1970 et 1980 qui s’est accompagnée d’une levée des restrictions à la circulation internationale des capitaux et un affaiblissement des régulations sur les marchés financiers. La création, en 1991, de l’une des principales associations professionnelles, STEP (qui représente aujourd’hui plus de 20 000 membres dans 95 pays) a accéléré cette professionnalisation, même si les frontières de cette activité restent encore floues.     La financiarisation conduit à l’émergence de nouvelles élites très mobiles, au capital disséminé aux quatre coins du monde : les gestionnaires de fortune ne doivent plus seulement faire au mieux dans un pays en fonction des opportunités légales et financières, mais exploiter les failles juridiques et les conflits entre les lois de différents pays : cette technique est appelée « arbitrage réglementaire ». Les gestionnaires de fortune développent ainsi des activités financières et légales qui « opèrent selon la lettre mais contre l’esprit de la loi », dans une zone grise. L’évitement fiscal n’est que la partie émergée de l’iceberg : l’objectif est avant tout de défendre le patrimoine contre les dangers extérieurs (impôts, régulations, créditeurs etc.) et intérieurs (ex-épouses, héritiers etc.) qui le menacent.
Le rôle des gestionnaires de fortune dans le maintien et l’accroissement des inégalités.  Après la crise financière de 2008, la question des inégalités est redevenue centrale. Leur accroissement, selon B. Harrington, doit en partie se lire au prisme des transformations du patrimoine. Plus stable que le revenu, le patrimoine crée des configurations sociales persistantes entre les générations, mais il est difficile d’obtenir des données. En effet, souvent dissimulé, placé dans des structures non enregistrées, il est protégé par une stratégie d’opacité – dans plusieurs pays, les gestionnaires de fortune font même face à des sanctions pénales s’ils divulguent des informations sur les flux de capitaux de leurs clients. Les quelques données accessibles sont généralement issues de procès ou de révélations des employés de ces structures.     S’il est difficile de déterminer le rôle précis des gestionnaires de fortune dans l’accroissement des inégalités, B. Harrington montre que les gestionnaires de fortune interviennent à trois moments du cycle d’accumulation de patrimoine de leurs clients : ils minimisent la dissipation du patrimoine due aux taxes, dettes et pénalités, en maximisant le surplus disponible pour que ces fortunes continuent de croître ; ils donnent la possibilité exclusive à leurs clients de récolter des profits significatifs en courant peu de risques ; ils gèrent avec prudence les successions afin que la fortune reste concentrée entre peu de mains. Il en résulte un mouvement perpétuel d’accroissement des patrimoines, qui préserve et renforce les avantages au cours du temps. Ainsi, leur travail contribue à consolider les fortunes dynastiques et alimente des schèmes de stratification sociale persistants.    Enfin, les gestionnaires de fortune et leurs clients exercent un certain pouvoir politique. Par le lobbying auprès des gouvernements, l’écriture de nouvelles lois relatives à la finance offshore, l’influence sur certaines élections (par exemple en soutenant certains candidats), ils bloquent effectivement l’adoption de lois et de politiques qui pourraient entraver la concentration du patrimoine et ses conséquences. L’effet de ces pratiques n’est pas seulement de rendre les riches plus riches, mais aussi de mettre à mal l’idéologie méritocratique, de compromettre la mobilité sociale et d’entraver l’expression égale des voix politiques.
Une relation ambiguë avec l’État.    Contrairement aux autres professions libérales, le métier de gestionnaire de fortune se caractérise par son indépendance par rapport à l’État ; il prospère même en exploitant les failles et les ressources des États dans l’intérêt de leurs clients. Les gestionnaires de fortune ne sont pas des adversaires de l’État ou du droit, bien au contraire : c’est parce qu’il existe des États, des lois et des régulations ancrées dans le système westphalien des États-nations qu’ils peuvent les contourner. Il s’agit de « jouer au chat et à la souris » avec les autorités fiscales du monde entier, ce qui est d’autant plus simple qu’il n’existe pas de règles internationales gouvernant le capital et ses circulations, ni d’institution qui aurait pour but de résorber les failles et les conflits entre lois nationales. L’État n’a donc pas perdu sa pertinence, mais a été « piraté » pour servir les intérêts des plus riches : la gestion de fortune ne s’est pas construite « contre l’État » mais « tout contre l’État » (Vauchez & France, 2017).    En outre, la relation entre les gestionnaires de fortune et les États offshore qui accueillent ces capitaux est ambiguë. Si la profession apporte aux États une certaine prospérité économique, du moins sur le court terme, le prix à payer en retour semble très élevé, et ce d’autant plus que les clients des gestionnaires de fortune n’ont souvent aucune connexion avec ces pays et se préoccupent donc peu de leur développement : les lois et les politiques de ces pays sont souvent orientées d’abord pour ces élites étrangères, leur économie est fragile et les institutions politiques, éducatives et sociales sont affaiblies par cette dépendance à la finance offshore.
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