Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 8 janvier 2018

Trump: forons, forons!

Offshore, of course!
                                Drill, baby!
          C'était le mot d'ordre de Sarah Palin, à l'époque des plus beaux jours des pétroliers texans.
 Le pétrole à tout prix  malgré les risques!
   Peu importe l'avenir, il fallait forer, même dans les conditions les plus aventureuses. A forages extrêmes, risques extrêmes.
      La politique d'Obama a mis quelques bémols à cette frénésie du forage, mais cela n'a pas empêché de continuer à produire, outre les gaz de schistes, un pétrole toujours bon marché, pour peser sur les prix, réduire le pouvoir de l'lOPEP, conserver un statut de nation énergétivore, sous la pression des lobbies.
  Chez les voisins du Nord, dans l'Alberta, on est atteint de la même fièvre, aux dépens d'une nature de plus en plus sinistrée.
    Celui qu'on appelle le  saboteur de Washington, climato-optimiste avéré, n'appréciant guère les scientifiques et la voix de la raison, privilégiant le court-terme, contrairement à ce que l'on fait en Californie, a oublié les terribles leçons de Deepwater. On ne creuse pas impunément de plus en plus profond. Mais priorité aux énergies fossiles!
   Trump n'est pas si fou que cela, il sert bien les intérêts des puissants groupes qui l'ont porté au pouvoir: il relance l’exploitation offshore, au nom de l'América first and alone, malgré les dénis concernant les risques: "Le Bureau de mise en œuvre de la réglementation environnementale (BSEE) estime que l’industrie pétrolière pourrait économiser des centaines de millions de dollars sur dix ans. « En réduisant le fardeau réglementaire sur l’industrie, nous encourageons l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz tout en maintenant un niveau élevé de sécurité et de durabilité environnementale », déclarait, le 28 décembre 2017, Scott Angelle, le directeur du BSEE, en présentant la future réglementation.
   L’idée générale est que l’industrie peut se réguler elle-même, qu’elle a tiré les leçons de la catastrophe qui a coûté à BP 18,7 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) en pénalités et dommages et intérêts, et qu’au fond, la nature est plus résiliente qu’on ne le croit.
    C’est le propos que tenait, en décembre 2017, l’universitaire Kelvin Droegemeier, secrétaire d’Etat à la science et à la technologie de l’Oklahoma. Interrogé sur l’irréversibilité ou non du réchauffement climatique, il citait en exemple l’affaire Deepwater Horizon : « Ce fut un désastre environnemental massif, et pourtant, grâce à la digestion microbienne d’une grande partie de la nappe, les impacts sont bien moindres que ce qui était craint. Il n’empêche, il n’est pas sage de tester Mère Nature. » Les associations écologistes contestent cette théorie de « nettoyage » par les microbes avancée dans une étude financée par BP. Elles soulignent au contraire les malformations constatées sur les espèces marines et estiment qu’il faudra au moins une décennie pour réellement évaluer les dégâts de Deepwater sur les écosystèmes."
      Des propos bien sût dénoncés par diverses organisations de défense de l'environnement.
  Contre la course folle aux énergies fossiles redevenue une priorité de sécurité nationale et de redressement économique, promettant d’annuler toutes les « restrictions tueuses d’emplois » et d’ouvrir les terres et les eaux fédéra les à la prospection d’hydrocarbures. Le président élu annonce à ses concitoyens une révolution énergétique, créatrice de millions d’emplois, sans dégrader la qualité de leur air, de leur eau et de leurs habitats naturels.
    Rien de moins.  Mais c'est surtout sous l'ère d'Obama que l’Amérique aura atteint les premiers rangs de la production mondiale de pétrole, aux côtés de l’Arabie saoudite et de la Russie, revenant aux niveaux de 1970, avec un record de 9,6 millions de barils par jour en 2015.
  Ce retour de l’Amérique a ébranlé le pouvoir de l’OPEP et a conduit à l’effondrement du prix du baril en 2014 et son maintien sous la barre des 50 dollars. Certes, la production américaine est redescendue aux alentours de 8,6 millions de barils, mais sous l’effet de la baisse des prix et non pas de « restrictions tueuses d’emplois »."
    La fuite en avant et à risques continue de plus belle  en relançant entre autres deux oléoducs controversés et ne sera pas forcément une bonne affaire pour les intérêts américains. Mais le long terme n'intéresse pas le locataire de la Maison Blanche.
    Le nouveau maître du pétrole a besoins d'être cru pour surmonter les tempêtes qu'il lève régulièrement, de forcer (en vain) le scepticisme des Californiens et les craintes de ceux de Floride, qui ont une certaine mémoire.
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