Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 19 février 2018

Question de langue

Français en souffrance
                                       Le Président Macron a déclaré être pour la promotion de la langue française. Bravo!
      Il est temps. Notre langue est malade d'apprentissages devenus déficients, de laxisme galopant, de mimétismes ridicules par rapport au globish dominant, chez le coiffeur du coin comme dans l'entreprise. Sans justification économique.
     C'est la pensée qui est affectée par certaines pratiques laxistes, par exemple dans la confusion trop courante entre l'usage du futur et du conditionnel, dans l'abandon progressif du passé simple, ce qui n'est pas conséquence dans la compréhension et le raisonnement.
  La défense du français est une question de bon sens avant d'être un réflexe de défense culturelle, car la pensée et son expression sont intimement liées. On pense comme on parle.
       Mais la réalité semble bien démentir les propos du Président:
            ...Notre Président nous donne plus l'impression d'être un VRP de l'anglais que d'être un promoteur de la langue française et du plurilinguisme.Bien sûr, il ne s'agit pas pour nous d'être négatifs pour le plaisir de nous torturer l'esprit,mais que penser, tout de même, du "Made for Sharing" du Comité de candidature de Paris-2024 que M. Macron a soutenu, alors que des associations de défense de la langue française l'avaient condamné, ainsi que l'Académie française ? ;  que penser aussi du fait que M. Macron ait laissé la délégation française de candidature de Paris-2024 s'exprimer majoritairement en anglais à Lausanne et à Lima devant les membres du CIO, alors que le français a le statut officiel de première langue de l'Olympisme (art.24 de la Charte olympique) et que chaque membre du CIO disposait, qui plus est, de la traduction simultanée ? ;  que penser du "Make our planet great again" que M. Macron a lancé aux yeux du monde entier ? Est-ce ainsi que l'on fait la publicité du français ? 
         On sait que résister à l'angliche envahissant n'est pas chose facile. La vigilance devrait être constante, comme chez nos amis québécois.
   Que le basic englisch domine dans le domaine des affaires est une donnée historique, peut-être provisoire. Mais l'anglomanie généralisé est d'un ridicule achevé, même dans les couloirs de certains ministères français ou dans les notes internes de service bancaires.
      Dans le contexte d'une francophonie qu'on proclame bien haut, cela n'est pas la meilleure voie à suivre:
    "Les exemples de désertion du combat pour la défense de la langue française sont si nombreux et si quotidiens qu’ils pourraient donner lieu à l’écriture d’une nouvelle version de L’étrange défaite de Marc Bloch. Nous ne sommes pas dans des causes conjoncturelles (comme certains voudraient nous le faire croire) mais dans des raisons structurelles face au tsunami ininterrompu de la langue anglaise. Il n’y a pas plus d’écoles de commerce dans notre pays. Elles ont cédé la place aux « Business Schools ». La compagnie publique Air France ne trouve pas mieux de trouver comme slogan que « Air France. France is in the Air », pensant conquérir des parts de marchés avec ce genre de publicités à deux balles. Le monde des affaires et du commerce est gangréné par le globish alors que les mots français existent et sont parfois plus élégants à entendre et à comprendre. La diplomatie française a capitulé depuis belles lurettes, ayant désormais honte de parler français dans les réunions internationales, laissant le soin de le faire à leurs collègues africains déboussolés par cette défaite en rase campagne. À l’Union européenne, le Français est en train de se transformer en langue vernaculaire. Pourquoi ne pas profiter du « Brexit » pour réclamer que les deux langues officielles de l’Union soient le Français et l’Allemand ? Pourquoi ne pas refuser les candidatures au poste de commissaire européen de tous ceux qui n’auraient pas un niveau suffisant de Français et s’engageraient à l’utiliser ? Que fait Michel Barnier, le piètre négociateur européen lorsqu’il se rend à Londres pour prolonger ses discussions sur le « Brexit » ? Il ahane ses fiches d’entretien (« speaking notes ») préparées par ses collaborateurs dans un mauvais anglais. A-t-il honte de parler sa langue maternelle ? Honteux pour pareil triste sire qui se revendique de l’héritage gaulliste !"
           L' idée pour le français de E.Macron souffre de quelques défaillances.
  Elle devrait être défendue tous azimuts dans tous les domaines "...dans les organisations internationales, notamment à Bruxelles et à Genève et appliquer sérieusement le vademecum adopté il y a 10 ans – Cela signifie promouvoir partout où on le peut et avec persévérance le plurilinguisme, en évitant d’être dans un rapport de forces bilatéral face à l’anglais- ce qui appelle des stratégies d’alliance contre les tenants du tout-anglais avec la Chine, le Brésil, l’Espagne, les Latino-américains, les Russes, etc...Remettre aussi de l’ordre chez nous dans les priorités de l’Education nationale, en prenant conscience que, pour que l’on parle davantage le français, nous devons connaître et pratiquer la langue des autres , et pas seulement l’anglais. Quelle erreur de songer à supprimer les classes bilingues alors qu’il faut au contraire les multiplier ! Enfin, et ce n’est pas le moins important, devrait être poursuivie une politique dynamique valorisant le métier de traducteur et d’interprète et visant à en favoriser 
     On a oublié que l'anglais et le français sont historiquement et linguistiquement plus proches qu'on ne le croit, que l'anglais est une langue française, qu'il fut un temps où la langue française envahissait l'anglais. On en retrouve bien des traces.
    On pourrait dire que l'anglais (ou plutôt certains de ses usages), moqués par beaucoup d'anglo-saxons, a tué le sein qui l'a nourrit. (*)
    Notre langue sous influence demande un retour à une pratique légitimement fière et décomplexée, sans cocoricos absurdes.
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     (*) - Un article du New-York Times soulignait  "ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketique qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l’affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d’Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d’après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français ?)
        Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques ; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culturex. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britannique v. La diplomatie française s’est mise aussi à l’english, en publiant, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l’impérialisme cool de l’anglais », ainsi que l’a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English  », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d’être autre chose qu’une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne.
  Si le français fut l’une des langues fondatrices de la construction européenne, il se recroqueville aujourd’hui dans l’arrière-cour de l’Union européenne, détrôné par un « euroglish » triomphant. ..
."

__Même Alain Touraine se croit obligé d’utiliser l’anglais pour faire une communication à Montréal , dans le cadre d’une réunion sur la francophonie !
   Nos politiques pourraient montrer l'exemple, ainsi que Bruxelles, qui en rajoute.... 
   Stop à l'anglomania
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______________________La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
 A  l'heure ou le libre-échange euro-américain veut se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
-"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
-« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
-Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)

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 Français, pour exister, parlez English ! 
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dimanche 18 février 2018

Vu de Sirius

__ Comment faire rire un Québécois.            Quoique...
         La neige en hiver...Sans doute la faute à Macron

__ Enfin.  Berlin veut cesser de faire la leçon. Vraiment?
                           Quant à remettre en question l' ordolibéralisme....

__ La Poste: pas gentille avec ses sous-traitants.

__ Justice : privilégier enfin les peines alternatives.

__ Francophonie: d'abord mettre de l'ordre chez nous.

__ Qui élabore la plupart des procédures d'évaluation des risques des pesticides?

__ Point d'histoire: Quand l'Allemagne tentait de convaincre les musulmans de faire le djihad 

__ Le Costa Rica bat son record en énergie renouvelable.

__ Vivre à Baltimore,..


__ Mais qui est Verdier-Molinié?

__ Connaissez-vous l'effet Dunning-Kruger?
           Un phénomène bien (trop) connu. « L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. » (Descartes)

__ La Nouvelle-Zélande: éprouvette du capitalisme total?
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samedi 17 février 2018

Gai, gai, marions-nous

   Nature et institution.      
                                  Si la reproduction humaine est, depuis l'origine de l'homme, un phénomène naturel, le mariage est, sous des formes diverses, une institution sociale, avec ses périodes de stabilité et de mutations lentes ou rapides.
     L'institution est depuis longtemps ritualisée, souvent sous des formes religieuses.
  Une institution sociale qui connaît aujourd'hui des mutations profondes, dues à l'effritement de la soumission féminine traditionnelle et à la transformation générale des moeurs et des croyances.
   Les récents débats souvent irrationnels sur ce qu'on appelé le mal nommé mariage pour tous sont des indicateurs des transformations que subit l'institution, pour l'essentiel immuable depuis le 13° siècle dans son aspect religieux.
    On voit ce que le mariage (ou l'union civile) est en train de devenir, sans pouvoir anticiper ce qu'il deviendra, avec l'évolution du droit, à la faveur du recul du religieux....La famille traditionnelle mérite-t-elle d'être autant sacralisée?
     "...Depuis le Ier siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c'est celui de l'Eglise, c'est la Sainte Famille. Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n'est pas le père : Joseph n'est pas le père de Jésus, le fils n'est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n'a jamais fait l'amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c'est ce que Lévis-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l'adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l'impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l'adoption. L'Eglise, donc, depuis l'Evangile selon saint Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l'adoption : il ne s'agit plus d'enfanter mais de se choisir...", comme le remarque M.Serres.

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   La famille est toujours entre nature et culture et le mariage l'institution la plus ancienne.
               ....Il n'a pas été établi pour consacrer l'amour de deux êtres, car on n'a pas besoin d'une reconnaissance sociale pour s'aimer et vivre ensemble, mais pour assurer une protection juridique aux enfants appelés à naître de cette union et garantir leur droit à hériter.
Contrairement à une idée fréquemment entendue à l'occasion des débats sur le « mariage pour tous », le mariage n'est donc pas un « droit » qu'il s'agirait d'étendre à un maximum de personnes, mais un « contrat », autrement dit un ensemble d'obligations réciproques destinées à assurer une coexistence harmonieuse des personnes du foyer familial, vivantes ou à naître.
  Il a connu depuis le commencement de l'Histoire des évolutions contrastées, en lien direct avec le statut social de la femme...
  Les Égyptiens de l’époque pharaonique s’en sont tenus à une vision simple de l’humanité : des hommes et des femmes faits pour vivre ensemble sur un pied d’égalité.
   Cette harmonie apparente disparaît au Moyen-Orient et aussi en Grèce, dans le millénaire qui précède notre ère. Là, on voit surgir une conception très inégalitaire des sexes et un mariage réduit à un contrat entre l'époux et le père de la mariée.
Les époux se glissent dans le lit nuptial (miniature du XIIe siècle)
  Il faut attendre l’Empire romain, au début de notre ère, pour assister au retour d'une relative égalité des sexes. Elle s'accompagne d'une conception très moderne du mariage, lequel ne requiert même pas l’accord parental.
  Le terme romain employé à son propos est conjugium, dont nous avons fait conjoint et conjugal. Il signifie que les époux portent ensemble (cum) le même joug (jugium) et se traduit par une belle formule qu'échangent les époux au moment du mariage : « Ubi tu Gaius, ego Gaia » (Où tu es toi Gaius, je suis moi Gaia).
  À la fin de l'Antiquité, l'Église médiévale demeure en Occident la seule institution stable et respectée. Concernant le mariage, elle s'inscrit dans la tradition romaine et promeut l'égalité de l'homme et de la femme dans le couple. Elle met en avant aussi le devoir de solidarité et d'affection.
  Les clercs usent de leur autorité spirituelle pour imposer aux guerriers féodaux et aux souverains le respect de la monogamie, l'interdit de la répudiation et l'interdit de la consanguinité.
  En 1215, le grand concile œcuménique de Latran IV hisse le mariage au rang de sacrement religieux. Il devient indissoluble.
  L’adultère lui-même n’est pas un motif de dissolution et peut tout au plus justifier une séparation de corps car ce qui prime au regard de l'Église est l'intérêt des enfants et la cohésion familiale. Toutefois, dans les familles dirigeantes, le mariage peut être assez facilement annulé sous le prétexte de consanguinité.
  Plus important encore, l’Église médiévale impose le libre consentement des époux au mariage, devant un prêtre. Autrement dit, les parents n’ont pas leur mot à dire. Cette disposition favorise les mariages d’inclination et concourt à l’émancipation juridique des femmes. Mais elle ne fait pas l’affaire des grandes familles de la haute aristocratie et de la bourgeoisie... À la fin de la Renaissance, ces dernières ont raison du mariage chrétien.
  En France comme dans la plupart des grands pays européens, les souverains réintroduisent l’obligation du consentement parental, au moins dans les grandes familles. Cette mesure entraîne la disparition des mariages d’amour dans les classes supérieures et va de pair avec une singulière régression du statut juridique de la femme, laquelle redevient comme dans l’Antiquité une mineure soumise d’abord à son père puis à son mari.
   Par ailleurs, les protestants légalisent le divorce en avançant le fait qu'il existait déjà dans l'Ancien Testament. Cette ouverture a l’effet paradoxal de rendre les sociétés concernées beaucoup plus exigeantes à l’égard du mariage. Celui-ci se doit d’être sans tache et, pour échapper aux tentations coupables, les époux s’astreignent à l’austérité dans les vêtements et les mœurs, ainsi qu’à une extrême pudibonderie.
   Le XVIIIe siècle ou Siècle des Lumières est aussi le siècle du clair-obscur, mêlant le pire et le meilleur, avec des comportements divergents face au mariage, selon que l'on appartient aux classes supérieures ou aux classes populaires.
   Les premières réduisent le mariage à une alliance contractuelle entre familles, avec mise en commun de titres et de fortunes. Les secondes, moins sensibles à ces aspects, montrent davantage de liberté en matière de mœurs et restent attachées au mariage d’inclination. Ces divergences se retrouvent au siècle suivant avec la concurrence entre mariage arrangé et mariage d'amour, entre pudibonderie et liberté sexuelle, entre soumission de la femme et émancipation.
    La fin de l'Ancien Régime et la Révolution voient les femmes s'émanciper, en France comme en Angleterre et dans le reste de l'Europe occidentale. Par ailleurs, les révolutionnaires ouvrent le droit au divorce... et il s'ensuit des excès, beaucoup de femmes se trouvant abandonnées sans ressources. 
  Cette parenthèse révolutionnaire se referme bien vite avec l’accession de la bourgeoisie aux commandes au début du XIXe siècle. L’Église perd définitivement son monopole sur l’institution matrimoniale mais il faut attendre en France 1884 pour que le divorce soit à nouveau légalisé, avec cette fois un droit à pension pour les femmes.
   Après la Seconde Guerre mondiale, les États occidentaux lèvent les contraintes qui pèsent sur le mariage, rendent sa dissolution plus aisée et assurent une parfaite égalité juridique des sexes. Mais ces acquis se retrouvent plus que jamais menacés en ce début du XXIe siècle avec, sous l'effet de l'immigration, la confrontation à des pratiques archaïques : mariages arrangés, mariages forcés d’adolescentes, polygynie, voile et claustration des femmes.... (Merci à Hérodote.net)
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vendredi 16 février 2018

En Absurdoland

Massacres en série.
                               Des armes et des larmes.
   La démesure et la répétitivité dans l'horreur.
La colère, l'émotion et la prière, comme d'habitude....
     Et après? Rien ne change.
  Le sacro saint deuxième amendement est au dessus de toute contestation, révision et légitime tous les débordements, régulièrement constatés.
   Trump se contente de dire qu'il faut renforcer la sécurité.
      Les lobbies des armes répètent à l'envi que ce n'est pas l'arme qui tue.
 Les vélléités de réforme d' Obama sont déjà oubliées.
   Et dans la rue, comme récemment à Las Vegas, dans les  lycées, à Parkland ou ailleurs, et même dans les églises, on permet à des déséquilibrés de tirer, avec des armes de plus en plus meurtrières, qu'on peut de procurer si facilement aux USA, le pays hors-compétition pour la détention d'armes de tous calibres.
  Dans les établissements scolaires,  c'est le18ème massacre depuis début janvier: "C’est la 18ème fusillade dans un établissement scolaire américain depuis début janvier et la 291ème survenue au cours de ces cinq dernières années. Pour le sénateur démocrate Chris Murphy, desespéré, "cela n’arrive nulle part ailleurs qu’aux États-Unis."
   Une carte qui donne une idée de ces fusillades meurtrières aux États-Unis, des mass shootings à répétition.
  En 2017, seulement135 jours sans fusillade de masse.
   Le Texas détient des records, mais pas seulement.
  Tragique banalité! Ce pays est devenu fou et aveugle, comme le disent certains responsables démocrates, sans toutefois pointer les responsabilités. Il faut dire que la NRA soutient les parlementaires les plus fidèles.
  La question des armes aux USA est plus qu'une question de tradition historique fossilisée, elle est le symptôme d'un mal profond, culturel autant que psychologique.
  Quand le fusil d'assaut trône au salon, même sous clé, quand on familiarise très tôt l'enfant avec les jouets des grands, il ne faut pas s'étonner...
  L'Australie et le Canada (un peu moins) on su régler le problème de l'usage de la surabondance des armes.
       Aux USA, c'est: ne touche pas à mon arme! (élément de mon identité) et l'éternel slogan, qui convient bien à la très riche NRA: « Guns don’t kill people, people kill people. »
  Le pays se sortira-t-il un jour du piège dans lequel il s'est enfermé, de la banalisation de la violence en général?. L'ennemi intime risque de continuer encore longtemps ses ravages.
   Et de nouveau ce sera cry and pray...
              Comme le dit un internaute qui pointe des valeurs sous-jacentes à une certaine culture de mort, propre à son histoire: 
Le fait que cet événement se soit passé encore une fois de plus aux States, n’est pas étonnant. Il est à la croisée de plusieurs paramètres, qui ne peuvent que le réamorcer. 
Toutes les larmes de crocodiles versées, médiatiquement, par les responsables politiques et les habitants, ne veulent dire qu’une seule chose : Nous préférons l’émotion à la réflexion. Dans ce sens, nous ne voulons pas changer.Nous assumons donc le prochain passage à l’acte.
Les enfants sont les victimes expiatoires de notre manque de courage,Nous préférons garder nos panoplies de cow boys, et nos postures infantiles.Ce pays a une particularité. Il s’est construit sur l’expropriation des terres, sur le meurtre et sur le crime. Il s’est construit sur un mensonge : Un pays vide, pour des gens sans terres.L’ouest, la frontière, c’était le modèle, le pays où l’on pouvait tout se permettre, où l’on pouvait prendre sa revanche. Le fait est que les pionniers, dans leur grande majorité, étaient des exclus de l’ancien monde, pour ne pas dire des repris de justice, avides de prendre leur revanche, et de le montrer ensuite. Il existe sans doute à l’état inconscient une culpabilité, une peur que l’histoire ne soit pas finie. Un retour de ce qu’on a volé. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont là tous à hurler sur la bible, comme dans un exercice conjuratoire. Le fusil, la bible, voilà les deux composantes de l’identité. N’essayez pas trop de leur prendre. Autant tenter de piquer une de leur drapeau,accroché au toit de leur maison
" (sic)

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« Honte à vous » : une élève dénonce les liens de Trump avec le lobby des armes
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jeudi 15 février 2018

Retour en Absurdistan

Afghanistan: le bourbier continue.
                                              C'était prévisible.
                                                           L'impasse s'approfondit en se modifiant, les civils étant les premières victimes.
      Après les échecs de Alexandre le Grand, la volonté de conquête de l'Empire britannique, les revers soviétiques, les USA sont engagés dans une guerre interminable, dont on ne voit pas l' issue, la guerre la plus longue menée par les États-Unis : seize ans, environ 6 000 jours, soit plus que la guerre du Vietnam.
    Une guerre critiquée dès son engagement, qui, comme celle d' Irak, est la conséquence des errements bushiens et des néo-concervateurs de l'après 11 septembre, qui ont alimenté ce qu'ils prétendaient vouloir combattre.
   Le cimetière des empires ne fera pas exception.
Après avoir instrumentalisé différents fondamentalismes djiadistes contre la présence soviétique, les vents contraires sont venus, plus par le biais du Pakistan d'ailleurs, ou du moins de ses zônes frontalières d'où vint le phénomène taliban.
  Et le chaos s'installa, avec quelques périodes de répit, ainsi que la corruption d'un pouvoir exerçant sur quelques zônes limitées. Les attentats redoublent, le désordre s'approfondit, sur fond de corruption et de trafics de drogue.
    Le désir de cibler Al Qaïda plutôt que de travailler à la stabilisation de l’Afghanistan a amené à la collaboration avec des chefs de guerre n’ayant que faire des droits de l’Homme, de leurs ennemis mais aussi des populations civiles. Par la suite, selon Human Rights Watch, les États-Unis ont toujours préféré les gains politiques et sécuritaires sur le court terme, plutôt que de prendre au sérieux la défense des droits des Afghans.
      Une guerre folle qui rend fou.
  Le cycle de la violence ne semble pas prêt d'être brisé dans ce pays réputé incontrôlable où se réfugient les fondamentalismes refoulés ailleurs.
  On connaît mieux maintenant, après les révélations de  Zbigniew Brzezinski, les conditions dans lesquelles commencèrent, d'abord clandestinement, les premiers engagements US; l'engrenage ne s'arrêta plus pour l'arroseur arrosé depuis une vingtaine d'années.
  Trump du mardi revient sur ses propos du lundi: nous resterons en Afghanistan, qu'à vrai dire les troupes US n'ont jamais définitivement quitté depuis l'annonce de fin 2014 et leur présence sera renforcée.
   Après l'engagement de Bush et l'obstination d'Obama, au bout de 16 ans, un engagement de mille milliards de dollars, 2 400 morts, 20 000 blessés.
    Le résultat est nul. Le projet bushien de désordre créateur a montré ses effets. Qui dira combien d'Afghans, seulement civils, furent tués au cours des opérations?
    Mais une bonne affaire pour le complexe militaro-industriel, qu'Eisenhower dénonçait très tôt comme un péril interne, et pour des intérêts qui jouent en sourdine leur partition.
   On comprend qu'un vive opposition s'exprime même en haut lieu à Washington. 
    A vrai dire c'est l'engagement initial lui-même qui fut une folie et qui s'annonçait comme un bourbier sans fin. Là où l'empire britannique s'était cassé les dents, là où l'Union Soviétique a sans doute reçu le coup de grâce.
    Ne parlons pas des conséquences, qui se sont étendues et élargies: le soutien et l'aide substancielle fournis à une guérilla djihadistes depuis le Pakistan voisin, qui allait trouver là l'occasion de s'affirmer et d'essaimer, la montée en force de groupes talibans, qui reviennent une nouvelle fois des confins du Pakistan pour contrôler une partie non négligeable du pays.
      Le bourbier initial pourrait bien devenir un sanctuaire pour terroristes
  Trump d'avant-hier affirmait pourtant: Quittons l'Afghanistan », écrivait-il sur Twitter en janvier 2013. « Nos troupes se font tuer par des Afghans que nous entraînons et nous gaspillons des milliards là-bas. Absurde ! Il faut reconstruire les USA.
      Les enjeux géopolitiques, à l'heure où on dit vouloiur contrôler la Chine et son sulfureux voisin ont pris le pas sur la raison La guerre d'Afghanistan est ingagnable et les troupes trumpiennes aboutiront aux résultats vus avant et ailleurs: la montée d'une opposition plus forte favorisée par la chute du régime corrompu mis en place par l'oncle Sam.
   Une nouvelle impasse se dessine, avec des conséquences incalculables, comme toujours.
      Un nouveau bourbier, pourtant anticipé par certains stratèges du Pentagone, se prépare.
        Mais qu'allaient-ils faire dans cette galère?
                                      Savoir arrêter une guerre: une leçon déjà oubliée....
       On n'a pas fin, hélas! de parler de l' Afghanistan.
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mercredi 14 février 2018

Petit voyage en absurdie

Shadokophilo
               Où va se loger l'absurde!...
                                         Parfois là où on ne l'attend guère.

        Comme dans les aventures abracadabranquo-farcesques un peu oubliées des Shadoks, méchants et idiots, mais inventeurs de machines improbables et de sagesse burlesque et surréaliste, qui ont divisé un temps les Français jusqu'aux plus hautes sphères.
  Mathématiciens très moyens, ils étaient experts en pompages de toutes sortes.
   On peut en rester à la perplexité amusée ou en faire une ébauche de réflexion philosophique à l'usage de la vie ordinaire.
   Comme Sylvain Portier, qui voit dans les frasques shadokiennes une fable sur la condition humaine dans son discours et ses activités répétitives et sans finalité, très drôles ou tragiquement loufoques, vues de Sirius.
   La philosophie du pompage, de l'activité sans finalité réelle, a de l'avenir...
          Le Shadok devient... un personnage conceptuel, un véritable concept qui, en tant que tel, se doit d’interroger notre propre condition. Or, ce qu’il met en question, c’est notre étrange incapacité humaine à vivre en harmonie avec nos semblables et avec notre planète. Au regard d’autres cultures auxquelles nous avons imposé notre modèle shadok du labeur, celui-ci s’est révélé être une tâche infinie, et qui peut s’avérer autodestructrice. Est-ce dans notre essence, ou pouvons-nous créer un autre rapport au monde technologique? C’est cette tendance de l’homme à s’aliéner lui-même, sa folie et son côté sombre que ces monstres montrent et qu’ils tournent en dérision, ce pouvoir obscur de notre société moderne qu’ils mettent joyeusement en lumière. Le Shadok et son pompage seraient ainsi une métaphore de notre absurdité face au travail et à notre avenir, la personnification de notre part propre d’ombre...
   Pourquoi pas?
     On se rapprocherait là de certaines analyses de Camus sur les contradictions insolubles entres les désirs et la réalité, entre la recherche de sens et la finitude, la morne répétition des choses, la mortalité sans issue
 « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable […] Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et (du) désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme » dit-il dans le mythe de Sisyphe, condamné à une activité incessante, répétitive, sans but et sans finalité. 
    Schopenhauer est allé plus loin dans le constat et l'analyse de l'absurde comme dimension constitutionnelle de l'humanité, contre le finalisme idéaliste.
   Dans le théâtre, Ionesco est un digne représentant de cette veine qui souligne la dimension ubuesque de situation , avec une leçon sous-jacente.
   Comme plus tard Desproges, à sa manière, pour un plus large public. Il ne faut pas désespérer des imbéciles; Avec un peu d'entrainement, on peut arriver à en faire des militaires...
     Il y en a des situations shadokiennes!...
  Sous une forme ou sous une autre, élaboré ou non, institutionnel ou non, l'absurde nous cerne, de manière plus ou moins claire.
    En prendre conscience peut aider à vivre et, comme disait Camus, il faut imaginer Sisyphe heureux.
                                              C’est tout pour aujourd’hui...
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mardi 13 février 2018

Une notion confuse

 PIB en question
                          Le Produit intérieur brut est souvent présenté ou perçu par ceux qui y font référence comme une donnée objective, comme une sorte de reflet de ce Adam Smith appelait la richesse des nations.
   Alors que, bien que fonctionnelle d'un certain point de vue, c'est une notion construite, sur des bases de calcul parfois discutables, n'ayant qu'une valeur relative et quelque peu illusoire.
    Que la notion de PIB soit un indicateur plus qu'imparfait est le moins que l'on puisse dire.
 Il est souvent trompeur si on ne l'aborde pas de manière critique
     Le fait que la France, par exemple, va intégrer  les revenus de la drogue  dans son PIB devrait interroger sur le fétichisme économique  qui caractérise cette notion. Même des activités économiques illégales estimées finissent pas entrer dans son calcul. Par exemple, Eurostat estime que le trafic de drogue, la prostitution (là où elle n’est pas légale) et le trafic d’alcool et de tabac entrent bel et bien dans le cadre de cet accord mutuel. Ils doivent donc être intégrés dans le PIB. Et tous finissent par s'aligner sur ces modes de calcul.
   Il importe de démystifier la tendance à identifier PIB et richesse et surtout qualité de vie. Comme interrogeait E.Joly: "La France produit trois fois plus qu'il y a trente ans. Sommes-nous trois fois plus heureux?...les richesses sont-elles mieux réparties?
    La vraie question à se poser est: qu'est qui fait la richesse?de quoi sommes-nous riches?
".....Le PIB ne pouvant mesurer que les facteurs auxquels un prix est associé, il exclut automatiquement ce qui ne ressort pas de la sphère de l’économie, comme la faible criminalité, la stabilité familiale et la salubrité de l’air. Inversement, les coûts « négatifs » que sont le contrôle de la pollution ou les dépenses en systèmes d’alarme et en frais de garderie constituent une adjonction au PIB même s’ils contribuent peu au bien-être général ou n’y contribuent aucunement. Le PIB ne tient pas non plus compte des investissements en capital social, comme les investissements dans les collectivités ou les institutions sociales....."
 Le PIB est donc un objet comptable non ou mal identifié.  
      Selon Patrick Viveret, il faut reconsidérer la richesse et ses aspects qualitatifs, qui ne sont pas des objectifs comptables comme la notion de croissance peut l'être aussi.
        "...Peu regardante sur ce qu’elle additionne, la Croissance oublie par contre toutes les activités humaines qui ne donnent pas lieu à des dépenses monétaires : entraide, vie associative, temps passé avec nos enfants et attention aux anciens, ...
Souhaite-t-on une société où la principale boussole est celle du chiffre d’affaires, et où l’on accepte des inégalités de revenus de plus en plus criantes ?
Une société où les dégâts écologiques ne viennent jamais remettre en cause la logique de la course aux profits ? Souhaite-t-on une société où les dépenses de santé sont très élevées ou une société dont les personnes sont en bonne santé ? Souhaite-t-on une société où les loisirs ne sont "bons" que si ils entraînent des dépenses, ou choisit-on la douceur de vivre ? Et ainsi de suite...
Le PIB et la Croissance sont bien loin de mesurer l’amélioration du bien-être d’une société et du "bien-vivre" des individus. Ce ne serait pas si grave si cet indicateur se cantonnait à ce qu’il est, un regard sur les activités économiques. Mais son omniprésence dans les esprits en fait le raisonnement principal, affecte notre quotidien, empêche d’autres regards ...
La santé par exemple n’est abordée que comme une dépense, alors qu’elle devrait être traitée en termes d’investissement sur l’être humain. Mais la prévention est moins productrice de "croissance" que la réparation... Et les dégâts de la pollution ou du stress au travail sur la santé, par exemple, ne sont jamais comptabilisés en négatif dans le chiffre d’affaire des entreprises.... "
        Comme le soulignait déjà Aristote"L'argent n'est qu'une fiction et toute sa valeur celle que la loi lui donne. L'opinion de ceux qui en font usage n'a qu'à changer, il ne sera plus d'aucune utilité et ne procurera pas la moindre des choses nécessaires à la vie. On en aurait une énorme quantité qu'on ne trouverait point, par son moyen, les aliments les plus indispensables. Or il est absurde d'appeler "richesse" un métal dont l'abondance n'empêche pas de mourir de faim ; témoin ce Midas à qui le ciel, pour le punir de son insatiable avarice, avait accordé le don de convertir en or tout ce qu'il toucherait.
   Rien à voir avec le bien-être, sous ses différents aspects, encore moins avec le bonheur
    On peut se référer en ce sens au discours de Bob Kennedy à l' université du Kansas le 18 mars 1968:
      Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l'air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production de napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants. En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux.Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.

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lundi 12 février 2018

L'homme à la casse

Grande vieillesse et société.
                                         Un naufrage, disait De Gaulle.
      Pas toujours, mais souvent.
  A partir de 85 ans, tout se déglingue le plus souvent. Peu à peu ou brutalement.
Et la solitude est le plus lourd fardeau, pour beaucoup de nos aînés, souvent abandonnés pas les "proches", par une société atomisée, dont l'individualisme et l'indifférence sont devenus trop souvent  des marques caractéristiques...
  Ce que disent déjà les médecins médiévauxc'est que le meilleur remède à la vieillesse, c'est la socialisation: on vieillit moins quand on vit bien, avec des gens autour de soi.
  D'autres cultures vivent encore cette intégration.
      Le récent mouvement en faveur de moyens pour les  Ehpads nous l'a rappelé. Malgré les avancées matérielles, les moyens humains sont défaillants, au moment où la très grand vieillesse est de plus en plus présente.
   Le personnel soignant en témoigne souvent.
        La vieillesse est une notion bien multiforme, relative, mal cernée et culturellement marquée. 
         A une époque, on était considéré comme "vieux" dès la soixantaine et même plus tôt.. Aujourd'hui, ce terme est mal reçu. On a inventé des équivalents plus soft et plus graduels.
    On vieillit peu à peu, sans s'en rendre compte, jusqu'au jour où des signes ne trompent pas, où l'évidence s'impose, physiquement et/ou psychiquement.  Rares sont ceux ou celles qui, comme Gisèle Casadessus, gardent, au-delà de cent ans, des facultés presque intactes.
   Aujourd'hui, après une longue période de dépréciation dans notre culture, la mode est aux vieux, mais pas trop. Le troisième age, notion récente, est l'objet d'attention , souvent commercialement intéressée. C'est d'abord l'âge des seniors sur papier glacé, des seniors privilégiés, qui se mettent à vivre à pleines dents, consommateurs jusqu'au bout de loisirs et d'évasions.
  L'or gris est un bon filon et les seniors valent de l'or.
    Un marché d'avenir...Un gisement à exploiter dans les nouvelles silver valley
          Il y a du pognon à se faire dans ce gérontobusiness, où l'on est sommé d'être consommateurs jusqu'au boutSauf si les mamies font de la résistance...
  Vieillir, nul n' y échappe, mais comment?
      Mourir, la belle affaire, mais vieillir...chantait Brel. 
     Il est vrai que le grand âge, appelé le "quatrième" est un problème lourd, même en EHPAD.
      La solitude, encore une fois, est le problème majeur et ce ne sont pas les robots qui vont se substituer aux  personnels défaillants.
       C'est la période de L'homme à la casse (selon Colette Plat)
  On dénonce aujourd'hui la « mort sociale » de nombreuses personnes âgées.
       Le continent gris ouvre bien des portes sur les multiples aspects historiques et culturels de la vieillesse. Entre idéalisme et dépréciation.
    Une histoire de la vieillesse en Occident montre comment chaque culture, chaque époque, fabrique un type de vieillard conforme à ses valeurs.
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Aux USA, Beaucoup d'anciens, faute de ressources suffisantes sont condamnés à prendre un nouveau job, comme l'explique Parul Sehgal dans The New York Times.:


...Pendant trois ans, la journaliste Jessica Bruder a partagé le quotidien de dizaines de personnes âgées qui sillonnent les routes américaines à la recherche de jobs saisonniers. Dans Nomadland, elle décrit ses rencontres avec ces séniors qui, ayant perdu leur maison et leur emploi au cours de la crise financière de 2008, vivent maintenant dans des vans, des camping-cars ou des bus scolaires.
     L’auteur raconte les moments de joie et d’exaltation, mais également la précarité de la vie de ceux qu’elle qualifie de « réfugiés post-récession ». Lorsqu’ils ne sont pas sur les routes, « ils ramassent des framboises dans le Vermont, des pommes à Washington et des mûres dans le Kentucky. Ils sont guides dans des piscicultures, déchirent les tickets à l’entrée des courses de voitures et surveillent les gisements pétroliers du Texas », explique l’auteur.
      Beaucoup d’entre eux travaillent également dans les gigantesques entrepôts d’Amazon, déchargeant des palettes et transportant des colis par une chaleur accablante. « Dans les murs des entrepôts d’Amazon sont encastrés des distributeurs gratuits d’antidouleurs. L’Amérique carbure à l’Ibuprofène ; c’est la drogue de la performance de la nouvelle économie », commente Parul Sehgal dans The New York Times. ...
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