Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 28 février 2018

Splendeur et richesse

Des enluminures du Moyen Age
                                            On reste fasciné devant la richesse et la variété du travail des moines copistes de cette époque, ainsi que par celle de leurs techniques et de leurs thèmes.
  Les premiers manuscrits enluminés datent de l'Égypte pharaonique,
                          L'âge d'or du livre en France.
                                                              Mille ans de manuscrits enluminés.
     On ne s'en lasse pas. 
De ces enluminures du Moyen-Age.

                               A admirer au Louvre ou ailleurs.

         Les très riches heures de Champagne 
               Celles du duc de Berry 
                     La vie de tous les jours 
                            Les animaux 
                                                    Les plus étranges...
                       Les oeuvres du Maroc et de la Perse nous sont moins connues.
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A voir:
-Sophie-Cassagnes-Brouquet, La Passion du livre au Moyen Âge, éd. Ouest-France 2003.
-Marie-Thérèse Gousset, Enluminures médiévales. Mémoires et merveilles de la -Bibliothèque nationale de France, BNF, 2005.
-Marie-Hélène Tesnière, Bestiaire médiéval. Enluminures, BNF, 2005.

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mardi 27 février 2018

Evaluer et ...évaluer

Evaluer: jusqu'à la tyrannie?..
                                                          Evaluer: quoi de plus banal, de plus courant et de plus innocent en apparence?
   Nous passons beaucoup de temps à le faire, instinctivement dans la vie courante, dans l'appréciation des autres, ou plus ou moins rationnellement dans la vie sociale.
  Evaluation esthétique, morale, intellectuelle. Evaluation individuelle ou institutionnelle, élémentaire ou savante. Avec tous les risques de subjectivité, de partialité, d'incompétence, dans la vie courante. Rien que de très classique et de très normal.
 Tout commence avec l'évaluation parentale et ses ambiguïtés. Puis vient l'évaluation scolaire, plus complexe qu'on ne croit, posant bien des questions, avec ses incohérences et ses excès.
      Cette activité, comme activité sociale généralisée, n'est pas si neutre que cela. Elle est même très ambivalente
    Elle implique généralement des rapports de pouvoirs, au-delà des questions de compétence.
                      Ce n'est pas l'évaluation en tant que telle qui pose problème (aptitude d'un individu à un poste donné, par exemple), mais le contexte économique et social, les objectifs assignés, les méthodes préconisées, les critères choisis, et surtout le contexte d'hyperévaluation généralisée vers  laquelle nous avons glissé surtout depuis les années 80, sous la pression des nouveaux modèles de management libéraux anglo-saxons, qui ont gagné progressivement tous les domaines, depuis les entreprises jusqu'aux services hospitaliers, la psychiatrie, l'éducation, la police(faire du chiffre), la justice...
     Le lean management des politiques publiques est devenu l'alpha et l'oméga de la gestion des hommes, dans un contexte où la réduction des coûts à tous prix devient l'injonction suprême. C'est l'ère du  New public management, le triomphe du  Benchmarking  (1), avec ses effets pervers.
     Qui finit parfois paradoxalement par dépossèder les professionnels de leurs savoirs.
         Globalement, le NPM n’est que l’application des techniques managériales du privé au secteur public.." Il s’agit dans tous les cas d’inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l’éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l’information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés. Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l’humain se réduit à un «capital», un stock de ressources qui à l’instar de la nature doit être exploitée à l’infini..."
         Cette normalisation des pratiques propres aux sociétés de contrôle et de défiance d’allure démocratique, tend à transformer les professionnels en outils d’un pouvoir politique qui traite l’humain en instrument, en «segment technique» comme disait Jaurès. Cette nouvelle civilisation des mœurs n’est pas propre à la France... 
    Evaluation jusqu'à la démesure, voire à l'absurdité, qui, disent certains analystes, peut tourner à la tyrannie,  à la dénaturation des tâches, à l'obsession des seules procédures, à une hyperrationalisation absurde, au management parfois brutal, à la déshumanisation des tâches, au stress permanent, à la désocialisation, à la démotivation, à la perte de temps, de sens et d'efficacité (eh oui!).
         " Bien collée à notre époque mondialisée, miel pour experts et managers en mal d'efficacité, l'évaluation s'est immiscée partout, dans toutes les branches du travail, tous les secteurs de la production, tous les rouages de l'administration. Tantôt qualitative, tantôt quantitative, elle s'y écrit en chiffres et en lettres. Ni les individus ni les Etats n'échappent à son emprise. Son empire a essaimé, donnant naissance aux royaumes des audits, des AAA, des listes, classements et autres palmarès. 
    En cette période hivernale où la Cour des comptes vient de remettre son rapport au gouvernement et où chacun s'apprête à ruminer son entretien annuel avec son supérieur hiérarchique, l'évaluation nous est plus que jamais familière. « L'évaluation passe en général pour une opération allant de soi, notait, il y a dix ans déjà, le clinicien du travail Christophe Dejours  . Elle est tenue par tout être raisonnable pour légitime et souhaitable. Se dérober à la procédure d'évaluation est une attitude suspecte, qui dissimulerait un pacte inavouable avec l'obscurantisme ou l'intention coupable de protéger un secret sur la médiocrité, éventuellement sur la fraude, des travailleurs impliqués. » Chantre du « vrai » travail, avide de noter ses ministres et de débusquer les assistés, Nicolas Sarkozy a donné à l'évaluation un sacré coup de fouet : « Toute activité sans évaluation pose un problème, a-t-il déclaré le 22 janvier 2009 à l'Elysée. Je vois dans l'évaluation la récompense de la performance. S'il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas de performance. »
   . Comme dit Roland Gori“L'évaluation, cette bureaucratie de l'expertise, jouit d'un relatif consensus, à droite comme à gauche.”
          Bien menée, l'évaluation peut être positive et éviter abus de pouvoir, incompétence et inefficacité,  mais "sa mise en pratique n'est pas sans poser problème. De nombreuses enquêtes de terrain montrent à quel point ce correcteur de défauts s'avère souvent contre-productif. Cet antidote à la crise a aussi un goût de poison. En voulant lutter contre l'injustice, la glande et la fraude, l'évaluation peut subrepticement créer des stratégies de contournement, de la triche, de la falsification de chiffres. Les chercheurs auront ainsi tendance à privilégier le nombre de publications plutôt que leur qualité ; les policiers à multiplier les contrôles au lieu de résoudre des affaires plus complexes. Sous couvert d'évaluation, c'est souvent la standardisation qui règne. Pour être bénéfique, l'évaluation doit respecter et refléter au moins deux données de taille : la singularité des individus et la complexité du réel.
   Le fait d'individualiser les performances doit aussi préserver les bienfaits du travail collectif. Quant au recours à la notation, il ne peut se faire au détriment d'une évaluation plus qualitative, plus humaine, capable d'apprécier la créativité de chacun. « L'évaluation démocratique, émancipatrice, devra ainsi mélanger la nécessité de l'excellence et le besoin de coopération, synthétise Roland Gori. Etre excellent dans une société des égaux, voilà, au fond, la vraie promesse de l'évaluation... Mais, parce qu'elles sont entièrement centrées sur les tableaux de bord et les règles de procédure, les nouvelles formes d'évaluation néolibérale nous aveuglent sur l'état de la route. A l'heure du pilotage automatique par le chiffre, les professionnels n'écoutent plus les conseils des copilotes. Ils perdent la direction et le sens de leurs actions. »
    Certain y voient un instrument de domination qui ne dit pas son nom ou de folie évaluatrice,
  L'individu étant  sans cesse sollicité à s'évaluer lui-même en permanence, à intérioriser à son insu des normes qui parfois le culpabilisent,le rendent malade et l'installe dans le dégoût du travail, la défiance et la concurrence sans solidarité..
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(*).En matière d'éducation...
."...Les organismes internationaux, et plus particulièrement l’OCDE, se sont intéressés aux acquis des élèves plutôt qu’à la façon dont l’égalité des chances était respectée. Progressivement, les indicateurs de performanceles tableaux de comparaison entre établissements, entre régions ou entre Etats, les tests standardisés deviendront en effet une sorte de boîte à outils pour évaluer la qualité des systèmes éducatifs. Ce qui revient à importer les méthodes de gestion des entreprises et à réduire la fonction de l’école à une production de compétences soumise aux critères de rationalité et d’efficacité. Le Royaume-Uni en constitue un exemple caricatural." 
  Le classement PISA , accueilli aujourd'hui sans discussion comme une référence absolue, ne peut être exempt de critiques, doit être relativisé.  
  L'évaluation des élèves "à risque" dès 5 ans, fait légitimement polémique et les enfants ne doivent pas être testés comme des automates. La logique comptable ne peut être la norme.
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lundi 26 février 2018

Mathématiques malmenées

Du bon usage des maths.__ Ne jurer que par elles?
                                          La nature est écrite en langage mathématique, disait Galilée, à l'aube des sciences de la nature, qui allaitent être fécondées puissamment par cet héritage grec, dont l'usage n'avait été jusque là que marginal.
     De plus en plus, la connaissance abstraite du nombre, de la mesure, des rapports formels, allaient envahir le champ de divers domaines et stimuler une connaissance de plus en plus précise, permettant aussi une meilleure anticipation des phénomènes, dans des domaines de plus en plus étendus, jusqu'en biologie aujourd'hui.
    La puissance calculatrice des maths sous tous ses aspects est devenue le levier du bon en avant dans l'informatique et l'économie numérique.
   Elle est venue même coloniser, parfois avec profit, les sciences dites de l'homme, en sociologie parfois, en histoire (démographie) et les économistes la revendiquent comme un outil indispensable dans bien des aspects de leur recherche.
            Le problème, en économie, est les mathématiques tendent souvent a devenir reine, outil dominant, donnant lieu à des anticipations discutables, ayant parfois une fonction surestimée, voire démesurée, faisant perdre de vue l'aspect qualitatif des choses au profit d'un quantitatif finissant par créer un effet de distorsion de la réalité.
      Halte à l'impérialisme des maths! disent certains économistes, revendiquant honnêtement pour leur discipline une grande part d'interprétation et une scientificité toujours problématique. Une rigueur, certes, mais mesurée, toujours critique.
          Dans le domaine des crises boursières, par exemple, dans le désir de prévoir par des calculs de plus plus sophistiqués, on se crée beaucoup d'illusions, en postulant un déterminisme problématique
   Les méthodes mathématiques et celles "sciences" de l'homme ne sont nullement comparables dans les conclusions à en tirer.
  Il est une confiance aveugle dans les maths qui peut être source de déductions très négatives.
 Le domaine des actions humaines, où entre toujours une large part d'incertitudes ne peut être traité que prudemment avec les outils inaugurés par Pythagore.
     C'est être borné que d'accorder toute confiance aux nombres et aux algorithmes
          Il n'est pas étonnant, après la crise de 2008, que beaucoup d'économistes furent en déroute.
Certains découvrent enfin naïvement que l'économie n'est ni une science neutre, ni une science dure, ni une connaissance de type scientifique classique, mais qu'elle participe des sciences humaines, malgré certains de ses aspects économétriques, auxquels elle ne peut se ramener. La quantophrénie a régné trop longtemps, au détriment de la prise en compte de l'aspect qualitatif des phénomènes observés et de la critique des présupposés du moment.
     Les dogmes de l'économie néo-classique, à dominante mathématique, a amené ses adeptes à se fourvoyer, comme la crise l'a mis en évidence. 
    Sa capacité d'anticipation a été prise de cours et son optimisme de base sur l'exubérance des marchés a été mise en défaut. Mais ne c'était pas la première fois. La capacité d'oublier, le manque de prudence méthodologique lié à l'appât du gain financier se sont  une nouvelle fois manifestés.
    L'économie néo-classique s'est fourvoyée, en suivant des présupposés et des dogmes qui subissent aujourd'hui des démentis cinglants, notamment les croyances à l'existence d' individus rationnels et du marché spontanément autorégulé.
     La pensée de Hayek et de Friedman, imposée comme indépassable, vulgarisée et appliquée par M. Thatcher et R.Reagan, sont à l'origine du tournant néolibéral des années 70, de la financiarisation tous azimuts de l'économie devenue mondialisée, au détriment des pouvoirs régulateurs étatiques.
   Le capitalisme actionnarial, c'est-à-dire le primat de la rentabilité financière, n'est pas seulement injuste et inefficace. Il engendre la souffrance au travail, il tue des gens et détruit notre écosystème. L'analyse économique dominante n'est pas simplement discutable, elle est souvent absurde. Et les politiques anticrises aggravent les crises ! Tout cela est à la fois stupéfiant, incroyable, stupide...
   Il n'est donc pas étonnant que l'on parle de la faillite des économistes, que l'on évoque une.crise de la science économique et de son enseignement.
      Comme si le débat critique et la confrontation des idées ne devaient pas être la norme en ce domaine, qui touche de si près aux choix politiques majeurs, comme Keynes et la politique économique de Roosevelt l'ont si bien démontré en son temps.
      Les économistes classiques sont à la peine et beaucoup le reconnaissent, come Krugman et Stiglitz,, surtout depuis la déroute de 2008. Mais certains, accrochés aux dogmes pourtant déconsidérés, peinent à le reconnaître encore
     Les dits pris Nobel ne changent rien...
        L'économie est l'affaire de tout homme cultivé, qui peut en comprendre l'essentiel.
 :Une certaine imposture économique n'a pas fini de vouloir s'imposer.
     Les modèles mathématiques, si en vogue, ne sauveront pas une discipline souvent déconsidérée par ses pratiques récentes.qui étaient tout, sauf neutres.

    L'abus des maths est nuisible à la santé et à l'utilité de la recherche économique et, d'autre part, la sélection par les maths chez nous demande une révision de fond.
         Sale temps pour les économistes, ou du moins pour un certain nombre ayant pignon sur  medias.
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dimanche 25 février 2018

Deux mots

Sur:
       * La pêche industrielle, qui exploite une grande partie de l'Océan.


       * Les nouveaux déboires d'EDF.

        * Les avancées de Gazprom, pour qui ça gaze.

        * Les dérives polonaises, qui s'accumulent, après un passé tragique.

        * La concurrence  dans les pays de l’Union Européenne

        * Quelques idées toutes faites.

         * 'Nos organes "en trop".
    
          * La flexibilité à l'allemande.
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samedi 24 février 2018

Points de vue

__ Krach financier: le risque n'est pas écarté.
                Notamment celui d'une vague géante de dollars.
                                    La probabilité n'est pas nulle.. Les Echos s'en font l'écho.

__ Docteur Bezos s'attaque maintenant au marché de à la santé.
             Il y a du blé à se faire?
                  Qui arrêtera l'aventurier du web?

__ Pas simple la vie des pauvres riches...

__ Le Kosovo revient sur le devant de la scène.
               Un pays sous perfusion, où le passé n'est pas passé.

__ Stabilité stratégique asiatique en question.

__ La leçon vient d'en-bas, contre le cynisme et l'affairisme.

__ Le lait de mauvaise qualité risque de se généraliser.
                                         Alertez les vaches!

__  Changement climatique en question.
            L'or bleu tend à faire défaut.  Une urgence ça et là.

__ Qu'est-ce que l'accord UE-Mercosur?

__ Questions sur l’héritage
                    La question de l’affection parentale ne se discute pas. Ce qui se discute, c’est ce paradoxe qui consiste à se dire progressiste et continuer à défendre tranquillement le mécanisme de reproduction sociale le plus injuste du monde. Car, regardé sans les nobles lunettes de la "transmission", l’héritage n’est rien d’autre que la conservation indue des privilèges matériels de familles qui, génération après génération, n’ont rien fait d’autre que de naître pour les mériter. A l’instar des monarques dans un régime absolutiste....
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vendredi 23 février 2018

Dérives


Puits sans fond
                          La liste des investissements et des chantiers à vocation plus ou moins publique ayant dépassé - et souvent de beaucoup- le coût initial prévu est sans fin... que le contribuable pour l'essentiel assume malgré lui.
    En France comme ailleurs.
 Pour des raisons parfois techniques (mésestimations liées à des aléas, des imprévus...) mais aussi par manque de prévisions fiables, par gestion défaillante et parfois corruptions, par imprudences financières, aveuglements technocratiques, folie des grandeurs...
  On peut se référer à quelques exemples, notamment:
    __   * En Allemagne, le nouvel aéroport berlinois en construction depuis longtemps a déjà largement dépassé le budget: 8 milliards et 12 ans de retard.
   Un problème où la gestion politique du problème est critiquée.
Le sérieux et la compétence allemande seraient-ils parfois une légende?
       __    * Nous ne sommes pas en reste:
                  Le chantier de l'EPR de Flamanville, aux échéances toujours reculées, ne restera pas comme un modèle de bonne gestion.
   Les malheurs d'Areva en Finlande comme à Hinkley Point resteront aussi dans le mémoires.
        __  * Ne parlons pas du désastre humain et financier de Fukushima, dont le coût de démantèlement imprévisible s'étalera sur des décennies. Les fautes de Tepco, avec la complicité du pouvoir, n'ont pas fini d'être payées par le contribuable japonais.
       __    * On a évoqué récemment le cas de ND des Landes et, à l'occasion, le problème des aéroports fantômes,  qui sont des gouffres financiers.
         __  * Le projet des Jeux Olympiques à Paris en 2024 continue à susciter les critiques, si on en croit le constat que l'organisation des JO est toujours un gouffre financier.
    On pourrait continuer longtemps à faire la liste des gouffres financiers, ici ou ailleurs.
__________Le cas de la dette SNCF pose un problème particulier, sur lequel il faudra revenir. Elle a existé depuis le début de ce service public, par choix politique, et c'est aussi par choix politique (discutable, celui-là) qu'elle a augmenté à une époque et...qu'elle peut se résorber, comme l'Allemagne l'a fait pour l'a fait pour la Deutsche Bahn, modifiée dans ses statuts, certes, mais toujours aidée par l'Etat et les Länder.
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jeudi 22 février 2018

Apocalypse now?

Etre on pas être survivaliste?
                                            Régulièrement, on nous annonce, avec le plus grand sérieux, l'imminence de la fin de notre monde.
   Cela fait la Xème fois depuis le siècle dernier.
    Les survivalistes y croient malgré tout, du moins les plus "orthodoxes", les plus radicaux, les plus convaincus.
    Malgré les démentis. Il ne s'est rien passé en 2012...année supposée fatidique.
  Mais les démentis n'arrêtent pas les croyants, même certains "scientifiques" prétendus.
   Le survivalisme, d'origine surtout américaine, qui a connu un regain pendant la guerre froide, s'est développé dans les pays protestants où l'eschatologie est très présente et où le public apprécie les romans et les films ayant pour thème une grande catastrophe de fin du monde. Bien que les Églises évangéliques intègrent dans leur prédication le temps de la « grande tribulation » et la nécessité de s'y préparer, ceci n'a rien à voir avec la notion de survivalisme. Aucune notion de préparation physique n'est promulguée. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours donne consigne aux familles de stocker de la nourriture. La prédiction d'un changement radical en décembre 2012, issue d'une interprétation du calendrier maya, a ravivé également les préparatifs des survivalistes religieux. Plus généralement, cette peur d'une grande catastrophe est celle de la peur de la mort."
     Certains mouvements, même non religieux, issus de cette tendance, ont leur "Bible", avec ses dogmes, ses commandements, ses prophéties, ses conseils pratiques, qui donnent lieu à un marché plein d'imagination, parfois jusqu'au délire. (*)
           Etrange fascination que celle de la fin du monde,...régulièrement annoncée depuis que le monde existe. Il faudra attendre encore un peu...Le catastrophisme a de l'avenir...
 Il ne manque jamais d'arguments.
               Mais il y a des degrés dans ce qu'on appelle le survivalisme, des sens différents aussi.
  S'intéresser aux conditions de survie dans des conditions extrêmes, parfois catastrophiques, naturelles ou non, et s'y préparer le cas échéant, peut avoir un sens.
   Même le gouvernement a un site pour se préparer en toutes circonstances. 
Se préparer, faire face à certaines situations hautement prévisibles, est un signe de bon sens vital. même si le pire n'est jamais sûr.
    En France, des mouvements se développent pour préparer les esprits à s'adapter à des situations extrêmes et à faire preuve de résilience dans des conditions de pénuries aux causes diverses.
Nos sociétés sont plus fragiles qu'on ne le croit et les périls majeurs peuvent être de tous ordres: crise économique majeure et soudaine, catastrophes technologiques, naturelles, etc...
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    (*) Même des millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde. C'est très tendance.
       " L’idée survivaliste est à l’œuvre depuis longtemps dans l’imaginaire américain. Il l’est encore plus dans la Silicon Valley, où le libertarisme à l’œuvre est aussi une célébration de l’auto-suffisance (on est content d’aider les autres quand on peut, mais on compte d’abord sur soi). Et puis il y a les films (“Deep Impact”, “Le Jour d’après”…), les séries (“The Walking Dead”…).
      Tout ça activé par le fait que ces gens de la Silicon Valley passent leur temps à imaginer l’avenir - c’est ça le mantra et la réussite de la Silicon Valley, imaginer le monde de demain - et donc dans cette projection, il y a les utopies, mais aussi les dystopies. D’ailleurs, chacun semble osciller entre les unes et les autres. Alors pourquoi faire le choix de se préparer à l’avenir le plus noir ?
    Et si tout ne tenait pas à l’argent ? D’abord parce que ces gens ont tellement d’argent que, même si la catastrophe est une hypothèse statistiquement faible, ça ne leur coûte rien de s’y préparer (avoir des maisons partout et un hélicoptère toujours prêt par exemple). En un sens, ils font donc un calcul rationnel. Mais il y a quelque chose de plus profond. Ces gens ont tellement d’argent que, eu égard au fonctionnement de la société américaine, ils ont tout, ils sont parés à tout. Il faut donc s’inventer une angoisse supérieure, un but ultime....
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mercredi 21 février 2018

Héroïsme contributif


Quand des très riches veulent contribuer
                                                     Sans qu'on ne leur demande rien...  
     Mais qu'est-ce qu'il lui prend à Bill Gates de vouloir soudain vouloir jouer son rôle citoyen, de (déclarer) vouloir payer plus d'impôts.
   Repentance? défense et illustration de son image de marque? soif de notoriété, comme pour la charity-business?...Mais que va-t-il lui rester?
   Après tout, comme disait l'autre, il y a assez de pauvres pour payer, ils sont nombreux. En plus on risque d'avoir moins de ruissellement. Et les libéraux se méfient des prélèvements néfastes, Comme disait JB Say: 
  • L'impôt est une agression et une pénalité contre la propriété acquise et produite, qui conduit nécessairement à une réduction de la création de richesse incorporée dans cette propriété, et à un abaissement du niveau général de vie. L'impôt est un transfert forcé, non consenti, d'actifs patrimoniaux.
        Etre très riche, ça se mérite et cela donne des droits hors du commun
  C'est comme l'archi-milliardaire un peu farceur, Warren Buffet, qui déclarait naguère: ..."Nous espérons que nos impôts vont continuer à augmenter à l'avenir - cela voudra dire que nous prospérons -, mais nous espérons également que le reste du monde américain des affaires place la barre aussi haut que nous"
  Nobles intentions. Suivies d'effets? On ne sait trop. En proportion de ses revenus? On demande à voir. Avec les conséquences attendues? On en doute.
   Plus sérieux, le richissime Bill Gross met les pieds dans le plat, trahissant les siens. Il défend une réforme fiscale qui taxe davantage les revenus du capital. "La culpabilité me gagne et je commence à me désoler pour les gens moins gâtés", écrit-il à ses clients. "Si vous faites partie des 1% de privilégiés, vous devriez (...) être prêts à payer des impôts plus élevés" sur les profits tirés des actifs financiers, poursuit ce résident de Californie âgé de 69 ans, au nom de la "croissance économique".
        Ah! la culpabilité... Mais aux States, c'est ainsi: l'émotion prend le plus souvent le pas sur la réflexion et l'exigence simplement démocratique de justice.
  Et quand l'Etat laisse faire ou se fait complice. La justice distributive perd son sens.
        Faut-il faire payer les riches? Question récurrente, qui scandaliserait B. Arnaud, F.Pinault et les autres...qui aiment trop la douceur des paradis exotiques. Un peu mais pas trop...C'est déjà assez difficile de tenir son rang.
  On ne leur a pas expliqué que la juste fiscalité est un simple devoir civique et que  les plus riches, qui ne sont pas tous des self made men, peuvent coûter cher.
    Roosevelt, pourtant pas gauchiste pour un sou, n'avait pas hésité à taxer lourdement les grosses fortunes pour contribuer à l'effort de redressement national d'après crise. Après tout, elles avaient bien contribué aux dérives financières qui mirent le pays à genoux, et il leur resta assez pour ne pas se pointer à la soupe populaire.
      Vieux problème
  Déjà sous Colbert et Mazarin, on se creusait la tête:
                   Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État… L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c’est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…
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mardi 20 février 2018

Jazz en deuil

Il a rejoint (trop tôt) Stéphane et Django.
                                                              Laissant son violon en deuil,
                                         Sa palette de peintre.
                  Mais on peut encore écouter Didier Lockwood 
    Ici notamment.

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Réindustrialiser?

Oui, mais comment?
                       Redressement productif,  nouveau mythe ? 
___Points de vue
___________________On peut toujours invoquer cette nouvelle idée-fétiche, le verbe ne suffit pas, même si la chose est ardemment souhaitée...
   Le thème revient de manière récurrente.
  Les récentes opérations de rachat par des groupes étrangers de fleurons de l'industrie française comme  Alstom n'incitent pas à l'optimisme.
  Le délitement du tissu industriel se poursuit et peut se mesurer.
     Dans le cadre du libéralisme non régulé en vogue, d'une mondialisation à tout-va au gré des dogmes de l'OMC, des délocalisations vers les pays à bas coûts de main d'oeuvre, certains estiment qu'il n'y a plus qu'une voie possible, pour se hisser au niveau de l'Allemagne considérée comme modèle en la matière, le développement de la haute technologie, soutenue par les nouvelles techniques issues du numérique et de l'intelligence artificielle, de la culture algoritmique, notamment le développement de la robotique.
  De nouveaux défis nous attendraient, selon Patrick Artus. Le numérique serait notre salut.
     Mais la baisse des coûts, prônée pas certains, n'est pas la solution, au contraire. L'exemple de l'Allemagne, entre autres, le montre assez clairement a contrario.
____________Le simple patriotisme économique incantatoire ayant montré ses limites, comment sortir du cercle vicieux qui s'est installé dans l'eurozone?
  "La situation de sous-investissement actuelle en Europe n'est pas le fruit du hasard, mais bien le résultat à long terme de la dérégulation économique qui tenait lieu de politique publique dans les années 70-80. À force de ne plus investir sur son sol l'occident se retrouve aujourd'hui dépourvu d'entreprise et d'hommes aptes à le faire avancer. Son élite vivant de sa rente en important des masses d'objets que nos pays ne savent plus fabriquer. Aucune nation ne s'est jamais enrichie en achetant aujourd'hui ce qu'elle faisait elle même hier. Tout juste, cette situation permet-elle à quelques groupes sociaux minoritaires de sortir enrichis pendant que la masse de la population s'appauvrit...
      __Selon  Jacques Sapir , "ce sont les chiffres qui comme d'habitude infirment par l'absurde l'efficience de mesure d’austérité sur l'économie des pays en crise. Et que l'on ne parle pas de faire des économies aujourd'hui pour rebondir demain, car on voit mal comment un pays qui connaît un effondrement de ses investissements productifs, soit à même d'hypothétiquement relancer la machine économique, peut préparer l'avenir. La Grèce est doublement punie. L’effondrement des salaires ne la rend pas suffisamment compétitive pour concurrencer l’Europe de l'Est ou l'Asie. Et dans le même temps, l'effondrement de la demande induite par ces politiques a produit un effondrement de l'investissement productif ce qui se mesure dans l'évolution de la formation brut du capital. Disons-le tout net. Les entreprises n'investissent que si elles pensent que cet investissement est nécessaire. À quoi bon accroître les capacités de production, si la demande que l'on prévoit est en baisse ? Le FMI et la BCE redécouvrent ce que Keynes avait démontré depuis longtemps, le lien entre l'investissement et la demande est l'inverse de ce que pense la doxa libérale. C'est la demande qui pousse l'investissement et non l'inverse....
       Pour réorienter l'investissement en France, il faut avant tout faire en sorte que les entreprises n'aient pas d'autre choix que de le faire. Tout d'abord en rendant les importations non compétitives en jouant sur la dévaluation, les quotas et les droits de douane. Ces politiques devront être à la mesure du problème. Ensuite en redonnant à la demande un vrai dynamisme, car comme je l'ai dit précédemment ce n'est pas l'investissement qui crée la demande, mais le contraire. Étrangement et contrairement aux idées actuellement très en vogue, relancer les salaires en France ne refera pas reculer l'investissement bien au contraire. En anticipant une demande en hausse et en bloquant les possibilités de faire appel à l'étranger pour produire nos entreprises seront beaucoup plus enclin à investir dans notre pays. On l'a bien vu dans la courte période 1998-2000, il a suffi d'une dévaluation et d'un retour à l'anticipation positive pour que l'investissement reparte fortement pendant quelque temps. Bien payer les salariés ce n'est pas amoindrir l'investissement, c'est bien au contraire le favoriser. Il faut sortir de l'idée absurde qui conduit à penser le dynamisme économique comme contraire au bien-être de la population."
Pour un nouveau contrat d'entreprise
__Malgré les apparences, la situation de l'Allemagne n'est pas si brillante. 
___Selon le Nouvel Economiste, des dogmes fatals sont à l’origine de la désindustrialisation de la France :
      "Etrange défaite, curieuse déroute dont les causes réelles remontent en fait à trois décennies, ces “trente piteuses” pilotées par trois dogmes successifs responsables de cette lente désindustrialisation : “la société post-industrielle”, “la nouvelle économie”, “l’entreprise sans usine”… Adieu ateliers et usines, rapidement troqués contre des bureaux, la fabrication contre des prestations, le secondaire contre le tertiaire, si noble et peu salissant. C’était un peu vite oublier que les activités de services se nourrissent, en support, de celles de l’industrie, pour une large part. Qu’elles ne sont point rivales mais complémentaires jusqu’à être indissociables. Et que le plus souvent, les industriels avaient externalisé un certain nombre de tâches et missions, ne serait-ce qu’en faisant appel à des sociétés d’intérim. Bref, que du passé industriel il était franchement impossible de faire table rase....un beau jour de 2001, Serge Tchuruk, patron d’Alcatel, se fit le chantre du “Fabless”, “l’entreprise sans usines”; les cerveaux européens sous-traiteraient aux milliers de petits bras asiatiques le travail industriel à faible valeur ajoutée. Cette illusion dura juste le temps pour les Chinois de mettre leur recherche à niveau, de proposer des innovations rudement concurrentielles afin de livrer de sévères batailles sur les marchés mondiaux. Tout faux. Alors que la mondialisation érode les marges, provoquant un véritable cercle vicieux. Laminées, ces dernières ne permettent plus les investissements, impossible de monter en gamme, les produits devenant moins innovants perdent leur avantage concurrentiel. Alors il faut réduire les prix…Pente fatale. Pour Max Blanchet, senior partner de Roland Berger, “ce modèle “fabless” – Alcatel, Thomson qui a vendu ses usines – s’est révélé totalement erroné. Car si on ne produit plus en France, on perd les capacités de recherche, les compétences”. Fermez le ban sur cette “colossale erreur stratégique”. Nous avons atteint un niveau d’obsolescence historique faute d’avoir suffisamment investi dans l’appareil de production. Et nous ne pourrons nous imposer que dans les domaines industriels où le coût de main-d’oeuvre tient pour une faible part dans les coûts de production..."
______L'entreprise  demande une refondation
     Les tourbillons financiers en dissimulent une beaucoup plus profonde : celle de l’entreprise. Née à la fin du XIXe siècle, celle-ci incarnait l’inventivité technique, un collectif de travail, un espace de négociations sociales. Cette logique de progrès s’est brisée dans les années 1980 : le profit des actionnaires est alors devenu la raison d’être de l’entreprise. Cette doctrine a déstabilisé la mission des dirigeants, atrophié les règles de gestion, sacrifié l’intérêt des salariés en cédant le contrôle aux actionnaires
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*Dossiers: -L’urgence industrielle : entretien avec Gabriel Colletis, par Jean Bastien 
"Le besoin d'industrie", recension de L'industrie française décroche-t-elle ? de Pierre-Noël Giraud et Thierry Weil, par Jean Bastien 
"Réindustrialiser. Pourquoi ? Comment ?", recension de La France sans ses usines de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, par Jean Bastien (de nos archives)
"La mise en péril d'une base nationale", recension de Renault en danger ! de la CFDT de Renault, par Jean Bastien (de nos archives)
__ La reprise :Grouchy ou Blücher ? 
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