Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 21 février 2018

Héroïsme contributif


Quand des très riches veulent contribuer
                                                     Sans qu'on ne leur demande rien...  
     Mais qu'est-ce qu'il lui prend à Bill Gates de vouloir soudain vouloir jouer son rôle citoyen, de (déclarer) vouloir payer plus d'impôts.
   Repentance? défense et illustration de son image de marque? soif de notoriété, comme pour la charity-business?...Mais que va-t-il lui rester?
   Après tout, comme disait l'autre, il y a assez de pauvres pour payer, ils sont nombreux. En plus on risque d'avoir moins de ruissellement. Et les libéraux se méfient des prélèvements néfastes, Comme disait JB Say: 
  • L'impôt est une agression et une pénalité contre la propriété acquise et produite, qui conduit nécessairement à une réduction de la création de richesse incorporée dans cette propriété, et à un abaissement du niveau général de vie. L'impôt est un transfert forcé, non consenti, d'actifs patrimoniaux.
        Etre très riche, ça se mérite et cela donne des droits hors du commun
  C'est comme l'archi-milliardaire un peu farceur, Warren Buffet, qui déclarait naguère: ..."Nous espérons que nos impôts vont continuer à augmenter à l'avenir - cela voudra dire que nous prospérons -, mais nous espérons également que le reste du monde américain des affaires place la barre aussi haut que nous"
  Nobles intentions. Suivies d'effets? On ne sait trop. En proportion de ses revenus? On demande à voir. Avec les conséquences attendues? On en doute.
   Plus sérieux, le richissime Bill Gross met les pieds dans le plat, trahissant les siens. Il défend une réforme fiscale qui taxe davantage les revenus du capital. "La culpabilité me gagne et je commence à me désoler pour les gens moins gâtés", écrit-il à ses clients. "Si vous faites partie des 1% de privilégiés, vous devriez (...) être prêts à payer des impôts plus élevés" sur les profits tirés des actifs financiers, poursuit ce résident de Californie âgé de 69 ans, au nom de la "croissance économique".
        Ah! la culpabilité... Mais aux States, c'est ainsi: l'émotion prend le plus souvent le pas sur la réflexion et l'exigence simplement démocratique de justice.
  Et quand l'Etat laisse faire ou se fait complice. La justice distributive perd son sens.
        Faut-il faire payer les riches? Question récurrente, qui scandaliserait B. Arnaud, F.Pinault et les autres...qui aiment trop la douceur des paradis exotiques. Un peu mais pas trop...C'est déjà assez difficile de tenir son rang.
  On ne leur a pas expliqué que la juste fiscalité est un simple devoir civique et que  les plus riches, qui ne sont pas tous des self made men, peuvent coûter cher.
    Roosevelt, pourtant pas gauchiste pour un sou, n'avait pas hésité à taxer lourdement les grosses fortunes pour contribuer à l'effort de redressement national d'après crise. Après tout, elles avaient bien contribué aux dérives financières qui mirent le pays à genoux, et il leur resta assez pour ne pas se pointer à la soupe populaire.
      Vieux problème
  Déjà sous Colbert et Mazarin, on se creusait la tête:
                   Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État… L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c’est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…
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