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vendredi 2 mars 2018

Nouvelle Zélande: un modèle?

Un Etat ultralibéral, chimiquement pur... disent-ils.
                                  Allons- nous nous aussi vers une néo-zélandisation de la société?
    Certains ont trouvé leur paradis ultralibéral.
Les organes de presse de cette tendance, comme the Economist et Contrepoints, nous l'assurent: la Nouvelle-Zélande serait devenue une éprouvette du capitalisme total. Presque achevé.
  Le rêve de Hayek et de M.Thatcher...
  A tel point qu'on peut se demander ce qu'il reste encore à privatiser dans cette île que l'on nous présente comme enchantée économiquement. Il est vrai qu'elle ne manque pas de ressources agricoles et que le tourisme l'enrichit.
   L' esprit du management entrepreneurial domine dans les organes d'Etat, faisant disparaître la notion même de service public.
      La privatisation est allée au bout de sa logique pour "réduire l’État à ses justes proportions" selon les termes enthousiastes de Contrepoints, fidèle à ses dogmes hayekiens, qui affirme : Ce n’est pas le rôle de l’État de faire par lui-même un certain nombre de choses. C’est pourquoi nous avons privatisé les télécommunications, les transports aériens, les services d’irrigation, les entreprises informatiques, les imprimeries gouvernementales, les compagnies d’assurances, les banques, les institutions financières, les institutions de crédit immobilier, les chemins de fer, les transports routiers de personnes, les hôtels, les transports maritimes, les firmes de conseils du monde agricole, etc. Au total, le transfert au secteur privé de toutes ces activités s’est traduit par une augmentation de leur productivité et une baisse des prix de leurs produits ou services. Ce fut, en définitive, un gain net important pour l’économie du pays. Il a aussi été décidé que d’autres administrations étatiques pouvaient être gérées comme des entreprises du privé : elles devraient alors être capables de faire des profits et de payer des impôts. Ainsi, par exemple, nous avons regroupé toutes les activités relatives au contrôle aérien dans une société de droit privé. Cette société, avons-nous demandé à ses dirigeants, devrait désormais réaliser un taux de profit raisonnable par rapport aux capitaux investis. De plus, nous leur avons fait comprendre qu’elle ne devait plus espérer de capitaux frais de son actionnaire, l’État. Nous avons procédé de la sorte pour 35 agences gouvernementales. Toutes ces agences coûtaient à l’État environ un milliard de dollars par an. Maintenant elles versent à l’État, en dividendes et impôts, un milliard de dollars par an."*
      Le rêve, quoi! Et des performances exceptionnelles. Le pays serait passé d'une hyper-administration à une privatisation tous azimuts.
   Un modèle pour la France, ce new public management? Certains y pensent.
     Mais il y a les non dits. La précarité est devenue le lot quotidien pour beaucoup et un tiers des enfants néo-zélandais vivent sous le seuil de pauvreté.
    Le problème maori reste bien présent.
  L' élevage intensif, favorisé par de vastes pâturages disponibles et bénéficiant d'un climat très favorable, est rentable, certes, mais à quel prix, surtout écologique. Il y a deux fois plus de vaches laitières que d'habitants. Agrobusiness à fond.
   De plus, "entre 1984 et 1999, les mesures économiques sont à l'origine de problèmes sociaux majeurs : le taux de suicide des jeunes augmente brusquement jusqu'à devenir l'un des plus hauts au monde, le nombre de banques alimentaires augmente, le nombre estimé de néo-zélandais vivant dans la pauvreté augmente d'au moins 35 % entre 1989 et 1992, et les soins de santé se détériorent, menant à une baisse significative des standards de santé parmi les ouvriers et les néo-zélandais de la classe moyenne. En 1997, Donald Brash, ancien gouverneur de la Banque centrale reconnait que « les Néo-Zélandais restent ambivalents, voire hostiles aux tourbillons des douze dernières années. »
     De quoi mettre un sérieux bémol aux admirateurs inconditionnels du tournant libéral de ce pays.
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