Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 4 juin 2018

Et la monnaie fut

Création monétaire en question
                                                La Suisse ouvre une brêche
                        Pour une politique militaire servant les intérêts du pays.
                                                                                       ...Le 10 juin prochain, les citoyens helvètes seront appelés, comme chaque trimestre, à se prononcer sur plusieurs sujets dans le cadre d’un dimanche de votation. Parmi les sujets soumis à leurs suffrages, on trouvera l’initiative populaire « monnaie pleine »(« Vollgeld Initiative ») qui entend changer le mode de création monétaire dans la Confédération. Un sujet pointu mais qui permet de lever le voile sur une question essentielle et pourtant méconnue du grand public. Celle de la création monétaire....On considère que c’est bien l’État ou à tout le moins les autorités monétaires, la banque centrale, qui émettent l’argent en circulation. Or cela ne reflète absolument pas la réalité. Cela a pu être vrai lorsque la monnaie était majoritairement un bien tangible produit exclusivement par les autorités monétaires. L’État monarchique français pouvait ainsi décider de frapper une monnaie dont il décidait de la composition en or, en argent ou en métal non précieux. Il avait la maîtrise quasi exclusive de cette production. Mais dans une économie dominée par le crédit et où la monnaie est sans lien avec un sous-jacent concret comme l’or (« fiat money »), les autorités monétaires ne créent plus la monnaie....La monnaie nouvelle est à présent une monnaie issue d’un acte privé. Elle est le fruit des crédits accordés par les banques commerciales. 
      Lorsqu’une banque accorde un crédit à un agent économique, elle ne le prend pas dans un coffre-fort où résiderait de la monnaie créée par la banque centrale. Elle le crée ex nihilo, à partir de rien. La banque accorde un crédit, elle l’inscrit à son actif (l’emprunteur lui doit ce montant) et, en même temps, à son passif sous la forme d’un dépôt disponible pour l’emprunteur. Ce dépôt est libellé dans la monnaie légale du territoire où le crédit est accordé et devient de l’argent utilisable. La banque commerciale a donc émis de la monnaie et la banque centrale n’est pas intervenue dans le processus qui est au fondement de l’essentiel de la monnaie en circulation dans nos économies. Car c’est là le seul moyen de créer de la monnaie.
    Certes, les pièces et billets sont encore exclusivement produits par la banque centrale et celle-ci garantit directement la valeur de ces formes monétaires. C’est ce qu’on appelle l’argent « fiduciaire » qui s’oppose à l’argent « scriptural » qui n’est qu’une ligne d’écriture. En zone euro, les pièces et billets représentent 1 200 milliards d’euros, soit 10 % de la masse monétaire en circulation. Mais à la différence des temps anciens, cette production ne constitue pas un acte de création...
      L'ambivalente monnaie, quelle soit sa forme historique, désirée ou vilipendée, sang des échanges, de l'économie, est toujours entre violence et confiance. Elle n'a vraiment de sens que dans sa fonction de circulation, même si la thésaurisation et la pire spéculation, sources de crises variées, sont la tentation permanente, individuelle ou bancaire.
    Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont ainsi conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales.. Le pouvoir politique est à la merci des marchés financiers, qui sont devenus le vrai pouvoir.
      La capacité des États et des banques centrales à créer massivement de la monnaie ex nihilo est un outil économique puissant, qui peut contribuer à stimuler l'économie, mais peut également la déstabiliser durablement. La planche à billets n'est pas sans risques.
    La monnaie est aussi au centre d'une guerre parfois impitoyable.
         Depuis 1971, Nixon impose les changes flottants , décrochant le dollar de l'or et l'imposant de fait comme la monnaie de référence mondiale dominante.
             La question du contrôle bancaire revient encore, pour que la finance soit au service des personnes et de l'économie réelle.
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- Comment le pouvoir politique s’est livré au monde de la finance
- Les politiques sont paralysés par la dictature des marchés
- Maîtriser la finance?
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