Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 1 juin 2018

Sans vers, bonjour les dégâts!

Il faut sauver nos amis les vers.
                                                     Ils sont in-dis-pen-sables.
      Les obscurs travailleurs du sol, modestes et cachés, labourent en permanence les terres en les rendant fertiles, aptes à produire ce qui conditionne les bases de notre vie.
     Mais ils sont menacés par les nouvelles pratiques agro-alimentaires (labours profonds, tassement des sols, produits phyto-sanitaires...) et par la mondialisation,qui introduit de nouvelles espèces peu sympathiques à l'égard de nos amis.
    Il faut sauver les vers de terre!
        Ils sont des éléments clés de la fertilisation des sols et donc pour la vie humaine.
            ....Ils représentent la première biomasse animale terrestre. Mais comme le ver de terre est le premier marqueur de la bonne santé des sols, son absence indique clairement que les sols sont malades. Et un sol en mauvaise santé et à l'image d'un sein à sec, il n'est plus nourricier. Entendez, nos enfants vont souffrir de la faim... 95 % de notre alimentation dépend des sols, et que les sols disparaissent avec les vers de terre sous les effets de l’érosion, une érosion amplifiée par l’absence de vers de terre... nul besoin d’un dessin pour saisir que nous leur préparons un dessein funeste...
   On peut dire plus, nos discrets amis les vers représentent les moteurs de la transition écologique, les principaux acteurs de la vie des sols.
   On le sait mieux depuis Darwin, qui s'est penché sur nos collaborateurs cachés et souvent méprisés.
        Le premier, Darwin, en fin observateur, avait compris leur rôle fondamental:
  "La charrue est une des inventions les plus anciennes et les plus précieuses de l'homme, mais longtemps avant qu'elle existât, le sol était de fait labouré par les vers de terre et il ne cessera jamais de l'être encore. Il est permis de douter qu'il y ait beaucoup d'autres animaux qui aient joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure." _Charles Darwin 1881_
   Il "a été l'un des premiers a réhabiliter le ver de terre alors considéré comme nuisible à l'agriculture. Darwin avait observé que les vestiges archéologiques étaient souvent protégés par leur enfouissement assez rapide sous la terre produite à partir de la végétation mortes et par les organismes du sol. Il a contribué à faire connaitre l'importance des organismes fouisseurs tel que le ver de terre pour les sols.
   Dans un ouvrage publié le 10 octobre 1881 et intitulé « "The formation of vegetable mould through the action of worms with observations on their habits" », traduit en Français en 1882. (son dernier livre scientifique, qui s'est vendu à 2000 exemplaires immédiatement, et en quelques mois à 3 500 exemplaires puis à 8500 exemplaires en moins de trois ans, soit plus rapidement et en plus grand nombre que son œuvre principale ,«L'origine des espèces»), il a traité de l'importance du travail de bioturbation des vers terre sur la genèse, l’érosion et la fertilité du sol..."
     Ces étonnants et indispensables animaux méritaient bien les éloges du fondateur de l'idée d'évolution, qui détrône l'homme de sa prétention d'être exceptionnel dans la nature et lui enlève son mépris des êtres dits inférieurs.

   "
Ces ingénieurs du sol modifient le sols via des processus physiques, chimiques et biologiques, tout comme les termites, les fourmis.... Peut être appelé ingénieur du sol tout organisme qui par son activité modifie son habitat dans un sens qui lui est « favorable » mais également favorable aux autres organismes inféodés à cet habitat (en l'occurrence les bactéries ou les champignons du sol, etc.)." (Wiki)

    Nos obscurs alliés méritent bien un éloge pour leur travail inlassable. De plus, ils peuvent s'inviter généreusement dans nos assiettes.
   Il faut en rabattre de notre prétention et de notre mépris.De notre anthropocentrisme aussi. Homo vient de humus. Il retournera à la terre, comme humus. Le mot "homo" est lui-même apparenté à "humus",la terre,le sol,le grec "khamai" signifiant "à terre". Les Romains nommaient donc l'homme "le terrestre", par opposition aux dieux (cf. humilité, de même racine). 
      L'homme oublie trop souvent qu'il ne peut vivre hors-sol. Sans les vers, ses racines sont bien compromises.
            La vie des sols conditionne la nôtre.
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