Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 31 juillet 2018

Grèce: la fin?

La fin? Mais la fin de quoi?
                                                 La tragédie athénienne récente vient nous rappeler le fait que le pays est encore d'une fragilité extrême, que l'essentiel des moyens d'une fonction publique normale continue à faire défaut, dans le domaine de la sécurité publique comme dans celui de la santé, entres autres. Les coupes drastiques ne sont pas sans conséquences.

    Rien n'est vraiment réglé, malgré les annonces régulières et souvent contradictoires, le EMI lui-même tenant un double langage, beaucoup regrettant après coup la politique aveugle de rigueur appliquée à titre d'exemple à Athènes par une troïka intraitable, des missi dominici délégués par Berlin, plus que par Bruxelles.
    Les faiblesses structurelles de la Grèce étaient connues comme la politique prédatrice qui a suivi, les interventions frauduleuses de Goldman Sachs notamment, et beaucoup regrettent publiquement ou non la voie suivie, au nom des intérêts bruxellois.
    .... l’écart de taux entre la dette grecque à 10 ans et celle de l’Allemagne était quasi nul avant la crise et, au plus fort, a atteint plus de 3 000 points de base. Comme j'usqu’en 2010, le problème de la dette souveraine ne s’est jamais posé, les investisseurs ont supposé – à tort – que les pays membres de la zone euro seraient solidaires des dettes souveraines de ses membres et que le « bail out » était acquis.
           ... La crise a montré que la question était plus complexe. Elle a même fait resurgir les nationalismes les plus primaires. Les pays membres n’étaient pas tous prêts à assumer des erreurs de gestion des finances publiques – voire des malversations – commises par des dirigeants peu regardants.  Si la zone euro encourageait ce comportement de passager clandestin, il fallait alors y remédier. C’est la position tenue par les pays du Nord, au premier chef par l’Allemagne qui a toujours été soucieuse de mettre des garde-fous pour éviter un tel comportement.   C’est elle qui avait insisté pour adopter le pacte de stabilité dont la vocation était d’assurer que les pays membres de la zone euro adoptent des politiques fiscales convergentes, le pacte limitant à 3 % du PIB le déficit public et à 60 % du PIB la dette publique. Consciente des conditions de réussite d’une zone monétaire optimale – similarité des cycles économiques des pays membres ou flexibilité des économies des pays membres pour pallier la diversité des cycles –, et du fait que les pays de la future zone euro ne les respectaient pas, il semblait indispensable de poursuivre sur cette route.    Le pacte de stabilité a bien été adopté, mais il a rarement été scrupuleusement respecté, les mécanismes de sanction n’ayant jamais été appliqués. De ce point de vue, la crise de la dette grecque a concrétisé pour l’Allemagne le scénario du pire qu’elle s’était tant employée à éviter. ...
         La politique aveugle appliquée vis à vis d'Athènes n'a pas atteint ses buts, même si chaque année on tente de dresser un bilan optimiste, pour ne pas avoir à se démentir
    La crise grecque aurait pu être l’occasion pour les pays de la zone euro de clarifier leurs intentions sur le dessein de la monnaie unique. Malheureusement, c’est loin d’être le cas.
       Non, la Grèce n'est pas tirée d'affaire et elle restera encore longtemps une épine dans le pied de la dite solidarité européenne, elle dont la dette initiale était relativement modeste.
     On sait quel rôle les banques ont joué dans l'emballement de cette crise à l'origine.
  L'économiste Martin Wolf voyait dès le début que les pays européens cherchent à gagner du temps et à protéger les banques. Il écrit « Permettre à Athènes de retourner sur les marchés grâce à une cure de rigueur est une illusion. Le but, c'est de gagner du temps ». Par ailleurs il souligne qu'« il est beaucoup moins embarrassant de déclarer que l'on aide la Grèce alors qu'on aide ses propres banques » Pour lui, malgré les efforts du pays, le plan de 2010 « n'a pas réussi à rendre le pays à nouveau solvable ...»
     Selon John Adams,  "Il y a deux manières de conquérir et d'asservir une nation, l'une est par les armes, l'autre par la dette"
    Pour le moment, la Grèce a surtout rapporté de l'argent à ses créanciers publics.
      Un membre du FMI vient de lâcher quasi-officiellement le morceau:
_____"ON A RENFLOUE LA GRECE POUR SAUVER LES BANQUES FRANCAISES ET ALLEMANDES"...
.....Qui avaient fait là-bas de très fructueuses mais aventureuses affaires. Comme un certain nombre de multinationales.
Les grands gagnants sont aussi les milliardaires grecs, auxquels la Troïka n'a pas touché. 
___________On ne disait pas ce qu'on faisait, on faisait ce qu'on ne disait pas...en toute discordance avec les beaux principes européens, voués finalement à la concurrence la plus féroce. Paroles, paroles...
_80% de l’aide à la Grèce a bénéficié au secteur financier.  On comprend pourquoi Merkel-Shaüble avaient peur. 

 Quand seront vraiment tirées les leçons de la "crise grecque" à la lumière de l'histoire?...
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lundi 30 juillet 2018

Criminalités d'aujourd'hui

Divers aspects de la criminalité à grande échelle
                                                                  Liée aux mutations géopolitiques et financières.
             Il n'y a pas que les mafias...
 __ Dans les espaces maritimes
__  Les réseaux criminels en Afrique
__  Géopolitiques des paradis fiscaux

              Le nouveau capitalisme politique:

                                                                  " ..... Pour comprendre ce qui s’est produit en 2008 avec la crise des subprimes, il faut d’abord diagnostiquer le contexte global. Quel est-il ? Le capitalisme s’est profondément ré agencé à partir des années 1980, aux Etats-Unis et ailleurs, à partir d’une doxa néo libérale. Le nouveau visage du capitalisme comporte depuis des dynamiques et des vulnérabilités aux comportements criminels particulièrement fortes. Ce capitalisme est devenu excessivement dérégulé, mondialisé et financiarisé. Ces trois caractéristiques font que ce capitalisme est
désormais criminogène : il recèle des incitations et des opportunités aux fraudes d’une intensité nouvelle. La crise financière s’est déclenchée aux Etats-Unis à partir d’un petit secteur financier : le marché de l’immobilier hypothécaire. La bulle immobilière fut en partie gonflée par des pratiques de crédit totalement frauduleuses ; des centaines de milliers de prêts furent perclus d’infractions toutes simples : faux en écriture, abus de confiance, escroqueries, abus de faiblesse, etc. Par le biais du mécanisme de la titrisation et d’agences de notation complaisantes ou franchement malhonnêtes, ces fraudes se sont retrouvées dans les fameux « produits financiers innovants » vendus sans devoir de précaution et de conseil sur les marchés à Wall Street. La bulle boursière s’est ainsi à son tour formée à partir de véritables fraudes. C’est pourquoi la crise des subprimespeut être rebaptisée sans exagération de crise des subcrimes . L’analyse criminologique que je propose ne relève donc pas de la métaphore facile par laquelle « fraude » serait simplement le synonyme de « prédation ». Il s’agit de vrais crimes, mais qui n’ont pas reçu de décantations judiciaires sérieuses ! D’ailleurs, le rapport de la grande commission d’enquête du Sénat des Etats-Unis (FCIC) qui est venu ensuite autopsier cette crise utilise le mot « fraude » 147 fois ! Est-ce vraiment un hasard ? J’ai analysé la crise des subprimes sous cet éclairage criminologique dans La grande fraude (Odile Jacob) en 2011. Et je me livre dans Le nouveau capitalisme criminel (Odile Jacob, 2014) à un exercice similaire pour d’autres crises financières issues de la dérégulation : Japon, Mexique, Albanie, etc. ....
     Les modifications apportées ne relèvent pas du changement de cap. Les législateurs européens et américains se sont contentés de rajouter des canots de sauvetage autour du Titanic. Canots qui bien évidemment ne profiteront qu’aux premières classes lors de la prochaine crises financière. Ce qu’il faut comprendre, c’est que, d’une certaine manière, il n’y a jamais de « crise financière » stricto sensu ; il n’y a que des crises politiques : il faut en effet interroger les dispositifs normatifs et les politiques publiques qui en amont mettent en place des systèmes aussi dérégulés et criminogènes. Et à ce stade du raisonnement il convient alors de comprendre comment sont votées les lois de dérégulation et comment se font les élections ? D’où vient l’argent des campagnes électorales et quel est le poids du lobby de la finance ? Les principes mortifères issus du fameux « consensus de Washington » ne tombent pas de la planète Mars ! La finance impose désormais un rapport de force – feutré en apparence mais violent en coulisse - aux pouvoirs politiques contemporains. Nombre d’Etats sont littéralement « capturés » par les puissances financières. Et ce phénomène ne touche pas que les seuls « paradis fiscaux et bancaires » ! Le phénomène est central aux Etats-Unis. Par exemple, qui est le premier employeur en France des inspecteurs des finances ? Bercy ou les quatre grandes banques universelles qui font habituellement notre fierté ? Cela crée sans nul doute possible, de manière mécanique, de subtiles convergences de vues aux conséquences profondes....
               J.-F. G : Sans débat public, à bas bruit, les marchés financiers fonctionnent depuis une vingtaine d’années autour d’ordinateurs et d’algorithmes surpuissants, dans un monde plus proche des romans de Philipp K. Dick que des récits balzaciens. A la très grande vitesse de la nanoseconde, des centaines de milliers de transactions irriguent en continu les plate formes boursières dispersées sur toute la planète. Or cette équation "très grands volumes" et "très grande vitesse" produit de l’invisibilité sur les marchés ; une invisibilité telle que les régulateurs en charge de la police des marchés sont devenus quasi aveugles. Le THF n’est pas qu’un outil ; ou plus précisément, comme tous les outils, il n’est pas neutre. Comme toute technique, quelle qu’en soit l’utilisation bonne ou mauvaise, elle transforme profondément tant l’architecture que le fonctionnement des marchés financier contemporains. Les très grandes banques et les fonds spéculatifs, qui sont les acteurs centraux du "THF", expliquent que cette technique est utile et saine. On ne peut que douter, me semble t-il, de l’utilité sociale de cet outil, mais c’est un débat macro-économique hors de mon coeur de sujet. En revanche, le "THF" pose trois séries de problèmes relevant clairement de la sécurité nationale. Et ces trois questionnements ne sont jamais exposés. D’abord, l’outil du "THF" ne peut que développer les fraudes financières à grande échelle : leur invisibilité matérielle et intellectuelle risque en effet d’être un encouragement permanent aux mauvaises pratiques et pour les mauvais acteurs. Ensuite, pour sortir du cadre pénal, on peut s’interroger sur l’économie même de cette technique : n’a-t-on pas légalisé le délit d’initié, encouragé la concurrence déloyale et institutionnalisé la spéculation criminelle ? Enfin, on sait que les marchés financiers fonctionnant avec le "THF" subissent des tensions constantes ; déjà, des effondrements se produisent régulièrement : parviendra-t-on à contenir les suivants ? 
      ...Les Etats ne parviennent à capter que moins de 1% de l’argent sale. Pourquoi ne le dit-on pas ? Pourquoi une telle omerta ? J’essaye de détailler les causes profondes, structurelles, de cet échec, au delà des petites explications ponctuelles et techniciennes que l’on nous assène en général. Il y a me semble t-il trois raisons majeures que je ne vais ici qu’effleurer. L’une est temporelle et historique  : ce combat est très récent ; il n’a vraiment pris une certaine consistance que depuis la fin des années 1990. La deuxième est plus géopolitique : l’existence de dizaines d’Etats pirates à travers le monde, de type paradis fiscaux et bancaires, qui constituent autant de trous noirs permanents dans la raquette de la régulation et du contrôle. Enfin, il y a une causalité relevant du droit : nous autorisons ou laissons se développer les instruments juridico financiers d’opacification et d’anonymisation de la propriété du capital que sont par exemple les trusts et autres fiducies....."   [Diploweb]
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On retiendra: - L'étude de Jean de Gaillard sur la finance prédatrice.
                       -La régulation financière en question
__ Déni et aveuglement (parfois complicité) sont les  attitudes générales des agents dits régulateurs ou politiques en charge de veiller à cette économie particulière, souvent souterraine, le plus souvent opaque, parfois mafieuse, jouant contre l'économie réelle,  qu'elle devrait servir. 
        Franklin Delano Roosevelt aurait-il eu la même mansuétude vis à vis du gouvernement des banques, dont le pouvoir a été à peine écorné? Roosevelt qui disait publiquement: "...Nous avons dû lutter contre les vieux ennemis de la paix – le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l’antagonisme de classe, l’esprit de clan, le profiteur de guerre. Ils avaient commencé à considérer le gouvernement des États-Unis comme un simple appendice à leurs affaires privées. Nous savons maintenant qu’il est tout aussi dangereux d’être gouverné par l’argent organisé que par le crime organisé. Jamais dans toute notre histoire ces forces n’ont été aussi unies contre un candidat qu’elles ne le sont aujourd’hui. Elles sont unanimes dans leur haine pour moi – et leur haine me fait plaisir. Je peux dire que lors de mon premier mandat ces forces menées par l’égoïsme et la soif du pouvoir ont trouvé un adversaire à leur hauteur. J’aimerais pouvoir dire à l’issue de mon deuxième mandat qu’ils ont trouvé leur maître..."
__Les banques, ayant tant reçu des Etats, ne disent même pas merci, les ingrates!
         Elles continuent même à spéculer en douce, comme la plus importante de toutes, qui donne l'exemple, en toute légalitéGoldman Sachs Elles ne risquent pas trop d'être inquiétées: on a tant besoin d'elles! Too big to fail and to jail...Elles ne souhaitent qu'une chose: qu'on continue à les laisser faire.
                     Comme le remarquait, outré, un ancien directeur de la Banque Mondiale: 
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Ou, comme disait son célèbre compatriote:
                   « Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d’achat des consommateurs.L’adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d’économiser le paiement d’un gros volume d’intérêts. L’argent cessera de gouverner et se mettra au service de l’humanité. » (AbrahamLincoln)
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Régulation bancaire?
Le Trésor américain accusé d’avoir vendu le monde aux banquiers
Le  confidential memo , ou comment la crise financière mondiale a débuté
Bonus, mensonges et lobbying : comment les banques européennes résistent à toute régulation   
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(*)  Trading haute fréquence:  système de fraude de grande ampleur      Spéculation robotisée 
                                       "Après le scandale des subprimes, du Libor, des changes, du pétrole – la liste est non exhaustive –, celui du trading haute fréquence est en train de secouer à nouveau Wall Street. Fin mars dernier, le FBI a reconnu publiquement avoir ouvert une enquête depuis un an sur les agissements de certaines sociétés de trading haute fréquence, ces échanges par ordinateurs, reposant sur des algorithmes et réalisés à la nanoseconde. Il les soupçonne d’avoir commis des délits d’initié et des manipulations de marché. Le FBI a appelé les traders à témoigner, leur demandant de venir dénoncer les pratiques frauduleuses qu’ils auraient pu avoir à connaître. 
De son côté, le département américain de la justice a annoncé avoir ouvert une enquête pour faire la lumière sur les agissements des sociétés de trading haute fréquence et mesurer si celles-ci bénéficient d’avantages et de données qui ne sont pas accessibles aux régulateurs. La Securities and Exchange Commission (SEC), qui était restée jusqu’alors très discrète sur le sujet, s’est fendue de plusieurs communiqués à la suite annonçant des poursuites contre des courtiers ou des traders accusés de manipulation de marché et de délits d’initié, par l’intermédiaire du trading haute fréquence.
Cela fait plusieurs années que des spécialistes ou des journalistes (voir ici ou ) dénoncent les dangers du trading haute fréquence. La multiplicité des flash crash est la preuve la plus évidente de ces dysfonctionnements ( « Que s’est-il passé le 27 décembre, à la Bourse de Paris ? »)...

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dimanche 29 juillet 2018

Questions


__ Autoroutes: rentes perdues?



__ EPR: vers le naufrage?

__ Jusqu'à quand le délire des armes aux USA?

__ Le dopage paie-t-il toujours?

__ Pour une autre police?

__ Tempête dans un verre d'eau?

__ Chlordécone: des effets pour longtemps?

__ Accoucher aux USA: risqué?

__ Vers un vrai plan Vélo?

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samedi 28 juillet 2018

Merci la lune

Le soleil fait parler de lui.
                                       Parfois un peu trop...
   Mais la lune s'est faite discrète dans le ciel d'hier soir
 On l'attendait pourtant, pourpre comme jamais et jouant à cache-cache.
   Un peu comme en janvier.
 Mais les nuages gris en décidèrent autrement ici.
   Rendez-vous donc au siècle prochain pour un nouveau spectacle.         Ou en 4753...
En attendant, elle continue placidement sa ronde fantasque.
  Mais elle n'est pas un élément décoratif ou seulement poétique (*)
      Nous n'existerions pas sans elle. Qui le sait?
  Une modification de l'axe de rotation de la terre modifierait bien des choses...
    Il n'y a pas que les marées et les courants marins.
  Sans elle, nous ne serions pas là pour en parler, pour en rêver.
    Notre grande voisine, pas si lunatique que ça, n'a pas fini de nous faire penser.
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(*)         Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs,
        La Lune est morte, la Lune est morte.
    Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs,
 La Lune est morte ce soir...
Un homme marche sur le sol 
De ce vieux miroir de vos rêves
Et c'est votre cœur que l'on crève.
La corde qu'on vous passe au col !
Il va falloir aller plus loin,
Par delà des millions d'étoiles
À la recherche de l'étoile
Qui vous fera rêver demain..
.( Les frères Jacques 1968)
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___               Notre cher satellite, proche et lointain, familier et mystérieux, immuable et changeant: un sujet d'inspiration ambivalent mais inépuisable.
" ... Elle règne sur les nuits des Hommes, inspirant les poètes, nourrissant les rêves de générations d'enfants. Source d'innombrables histoires, croyances et superstitions, elle est le centre d'une culture populaire aussi vieille que le monde.
Point de mire de tous les regards, elle est également l'objet de l'intérêt des scientifiques. Peu à peu, la Lune quitte la sphère de la mythologie pour devenir sujet d'étude et l'astronomie prend le pas sur l'astrologie. Mesurée, observée, elle est enfin l'objectif du rêve le plus fou que l'Homme ait jamais réalisé : marcher sur la Lune."
     Il l'a fait : ce fut la fin de l'imaginaire sur la lune.
   Source de poésie, elle a longtemps régné au coeur des mythes et des religions traditionnelles.
     Elle a inspiré des chanteurs, des musiciens (comme Django)...
_C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil ?.. (A de Musset)

 _...Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées... (Mallarmé)

Elle n'est pas près de déserter les rêves éveillés des enfants...que nous sommes restés.
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vendredi 27 juillet 2018

Brigitte en clair

Pas facile de gérer un budget

         
Fût-il élyséen
       Y'a tellement de trucs à penser, à organiser.
      Demandez à Mme Michu.
  Même quand on n'est qu'une dame, ci-devant simple enseignante..

Heureusement qu'elle a un peu d'argent de poche.
     Mais que vient faire la Cour des Comptes là-dedans?
        Il est vrai qu'un visage, ça peut se maquiller.  Les comptes aussi.

Heureusement qu'il y a Vuitton, Carla et quelques autres pour sortir de la mouise..
     Pendant ce temps-là, le maître de maison prend de la hauteur...
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Trop généreux soleil?

Mais sans lui, que serions-nous?
                                        C'est devenu une évidence pour tout le monde
         On ne compte plus les anciennes civilisations qui lui ont rendu un culte.
   Mais l'étoile de moyenne grandeur, situé en bordure de notre galaxie, dont nous savons qu'il y en a des milliers seulement dans la portion d'univers actuellement connu, n'a rien de spécifique par rapport aux autres. Elle transforme son hydrogène en hélium par un phénomène de fusion dégageant une chaleur intense.
      Nous en profitons, à bonne distance. C'est un hasard. Un peu plus près de cette chaudière nucléaire, et aucune vie ne serait jamais apparue sur terre. Un peu plus loin, et le même phénomène se serait produit par températures trop basses. Nous ne serions pas là pour en parler. Un petit "miracle" existant peut-être à d'autres exemplaires. On cherche.
      Mais quand notre solaire se fait trop ardent, la vie souffre. La végétation stresse par manque d'eau. Les hommes sont aussi en souffrance, plus ou moins selon les régions, pour des raisons pluri-factorielles.
     Même dans l'hémisphère nord, comme cet été. La Suède ou le Canada, entre autres, sont à la peine, ce qui n'est pas courant.
   Mais les records de température extrêmement élevés peuvent être partout. Avec leurs cortèges de malaises et de décès pour les plus fragiles et les plus exposés. Avec parfois des conséquences très inhabituelles
    On se souvient de l'été 2003. Les périodes d'intense chaleur sont-elles destinées à se répéter et à s'approfondir. Certains scientifiques le pensent. Mais nulle certitude absolue. C'est peut-être un phénomène cyclique, analogue en un certain sens au petit âge glaciaire en Europe. Ce qui  n'exclut pas la part hautement vraisemblable des facteurs anthropogènes, si l'on en croit le GIEC, assez réservé cette fois-ci.
   Le climat obéit à des lois qui nous échappent dans une large mesure encore.
 On ne peut jamais exclure le facteur histoire présent au coeur d'événements climatiques quels qu'ils soient.
 Les conséquences parfois tragiques de ces phénomènes ont bien des rapports avec les conditions de vie, les structures sociales, l'environnement urbain, etc...
            Le problème est aussi culturel et politque au sens large.
     La Grèce a souvent été débordée par des feux meurtriers par manque de moyens liés aux restrictions des budgets publics. Les personnes âgées meurent plus dans certains quartiers de Chicago qu'en Espagne, où la solidarité familiale et de voisinage joue un rôle important de prévention.
               ...Entre 1979 et 1992, (les vagues de chaleur ) ont provoqué la mort de 5 379 personnes aux Etats-Unis. « Ces décès, conclut le rapport , peuvent facilement être prévenus. »     Moins de deux semaines plus tard, Chicago est frappée par l’une des vagues de chaleur les plus redoutables de son histoire. Par endroits, les températures atteignent 46 degrés. Nuages épars et absence de vent : pendant une semaine, la ville se transforme en fournaise.     La chaleur fait ses premières victimes le 13 juillet. Dès le lendemain, le matraquage médiatique commence lorsque deux nourrissons, oubliés dans une camionnette par la directrice de leur crèche, périssent suffoqués par une chaleur de 73 degrés. A la fin de la semaine, la canicule a provoqué la mort de cinq cents à sept cents personnes selon les estimations. Et des milliers d’hospitalisations.
      La seule météorologie ne saurait expliquer ces décès. La mort est à mettre en relation avec un type de séparation (sociale, spatiale, raciale et politique) identique à celui qui régit la vie de certains habitants de la ville. La canicule meurtrière de 1995 a illustré les nouvelles formes de marginalité et d’abandon social propres aux grandes villes américaines et particulièrement marquées à Chicago (1). Une calamité plus « structurelle » que « naturelle » qui non seulement souligne la relation évidente entre la pauvreté et la souffrance, mais révèle également les mécanismes sociaux et institutionnels qui sous-tendent l’insécurité américain
    Mardi 12 juillet, Chicago halète sous un soleil de plomb. Les rues sont en feu. Plusieurs jours auparavant, les météorologues, alertés par une masse d’air chaud venant du sud, ont annoncé la vague de chaleur. A temps pour que les autorités diffusent des messages de prévention. Certains habitants sont donc prêts. D’autres réagissent promptement, dévalisant en un après- midi tous les magasins de climatiseurs et de ventilateurs. La population envahit les bords du lac : on dénombrera jusqu’à quatre-vingt-dix mille personnes entassées sur une seule plage. Ceux qui sont trop éloignés des plages se mettent en quête de fontaines, de piscines municipales ou de bouches d’incendie…    Alors que la ville fait provision de climatiseurs, sa consommation d’énergie atteint un niveau qui excède vite les capacités de la compagnie d’électricité. Ses équipements se détraquent au moment où les gens en ont le plus besoin. Apparues dès le mercredi 13 juillet, les pannes se répètent les jours suivants. Le vendredi, deux grands transformateurs disjonctent en moins d’une heure. Des quartiers entiers se retrouvent sans électricité - et donc sans climatiseur, sans ventilateur et sans télévision pour les informer des moyens de se protéger. Dans certains cas, durant deux jours.     Jeudi est le jour le plus chaud. Par endroits, les températures affichent 41 degrés — et jusqu’à 44 degrés dans certains immeubles non climatisés. Les pompiers doivent faire usage de leurs lances à incendie pour asperger les voyageurs, accablés, d’un car scolaire coincé dans les embouteillages de la mi-journée. Cette technique du jet sera largement imitée par la population — surtout par les jeunes des quartiers les plus défavorisés. N’ayant guère les moyens de se prémunir contre la chaleur, ils ouvrent grandes les bouches d’incendie, créant ainsi des fontaines publiques, des parcs aquatiques, des oasis improvisées où les personnes valides viennent se rafraîchir. Cette stratégie de survie a une conséquence désastreuse : asséchant les réserves d’eau de la ville, elle prive des quartiers entiers d’eau courante pour une durée prolongée. Le jeudi chaud, trois mille points d’eau sauvages sont ainsi ouverts. La « guerre de l’eau » commence. Equipes de surveillance et policiers parcourent les rues pour sceller les bouches d’incendie, menaçant d’une amende de 500 dollars quiconque les ouvrirait. Cela n’arrête pas la population : craignant de perdre sa meilleure arme contre la chaleur, elle recourt à tous les subterfuges : torches acétylènes, perceuses, scies, marteaux-piqueurs. Des groupes de jeunes attaquent neuf camions-citernes et blessent quatre ouvriers qui tentaient de sceller les bouches d’incendie.
    Rapidement, la canicule vient à bout des maigres résistances opposées par les personnes les plus vulnérables : après quarante-huit heures d’exposition ininterrompue, la chaleur amenuise les défenses de l’organisme. Les services d’urgence et les morgues de la ville sont submergés. A Chicago, le taux de mortalité de base, assez stable, est de soixante-douze décès par jour. Vendredi 15 juillet, on en enregistre cent quatre-vingt-huit. La morgue doit alors réorganiser ses locaux pour recevoir les nouveaux arrivants. Le week-end sera particulièrement meurtrier avec trois cent soixante-cinq décès dans la journée du samedi, et deux cent quarante et un le dimanche. La fièvre retombe le lundi, avec cent quatre-vingt-treize décès. Mardi, on n’en compte plus que cent six. Et quatre-vingt-dix les deux jours suivants.    En période normale, les médecins légistes autopsient environ dix-sept corps par jour. La morgue, organisée en conséquence, se retrouve donc assez vite débordée par l’afflux de ces centaines de cadavres qu’elle ne peut pas stocker. Située en plein centre-ville, en face du plus grand hôpital public de Chicago, elle devient le symbole même du délitement du corps municipal. Journalistes, infirmiers et hommes politiques se précipitent pour assister au spectacle......
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jeudi 26 juillet 2018

Métaux rares (suite)

Le problème rebondit
                                               L'extraction minière des métaux rares en France aura-t-elle lieu?
 Ces matières que la Chine s'est largement accaparées, à plus de 90%, si importantes pour les nouvelles technologies, peuvent-elles résoudre le problème de notre dépendance de plus en plus grande.
    Le problème se pose de la rareté et surtout des incidences en amont et en aval que créeraient les quelques exploitations décidées. La France n'est pas l'Ouest chinois et n'a pas l'immensité des espaces australiens.
   Et le problème est aussi d'ordre écologico-politique, on le voit avec les vifs débats concernant le gigantesque projet minier envisagé en Guyane.
    ....Alors qu'Emmanuel Macron s'est dit favorable au projet lorsqu'il était ministre de l'Économie, Nicolas Hulot a exprimé ses réticences devant l'Assemblée nationale, estimant qu'il y avait "intérêt" à "remettre à plat" les impacts environnementaux comme les bénéfices économiques du projet. C'est d'ailleurs à la suite de la présentation par le ministre de la Transition écologique et solidaire du projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures que l'Académie des sciences a décidé de se pencher sur le sujet des mines et de publier sa récente "Stratégie d'utilisation des ressources du sous-sol pour la transition énergétique française"
     Tous les états cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, dans un secteur si stratégique et les projets fusent de partout. Une question hautement politique donc.
   Les défis sont énormes et le problèmes écologiques de grande ampleur.
       Serait-ce une bombe à retardement, comme titrait le Point?  En tous cas, les aspects cachés du problème émergent peu à peu dans l'esprit des spécialistes et de certains responsables politiques.
  Vers quelles impasses allons-nous arriver à vouloir foncer tête baissés vers ce nouvel eldorado qu'on nous a fait miroiter?
     Difficile à dire. En tous cas, une réflexion s'impose, au niveau mondial, pour dépasser les intérêts commerciaux à court terme, les rapports de force que l'on a laissés s'installer. Une question de souveraineté nationale.
     Plusieurs livres de bon niveau traitent la question assez complètement. J'ai apprécié particulièrement celui de Guillaume Pitron, accessible à tous: La guerre des métaux rares. préfacé par H.Védrine, dont on peut lire gratuitement sur Amazon les importantes premières pages. Notamment sur la face (très) sombre des  énergies renouvelables, qui n'ont pas toujours les vertus qu'on leur prête.
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mercredi 25 juillet 2018

Abandon

Par forfait
                             
    Finalement, il n'ira pas.
               
       Pas au top en ce moment.
           
Le vélo n'est pas prêt et l'entraînement insuffisant.
  
      Il a fort à faire par ailleurs.
                      Mais la nouvelle fait grand bruit.
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Questions de frontière

Le problème des frontières est un des plus épineux et des plus historiquement marqué qui soit.
                                             IL arrive qu'elles soient floues, instables, contestées, provisoires et sont parfois encore objet de conflits, larvées ou ouverts.
   Il y a les périodes "chaudes" où l'on assiste à un remise en cause à grande échelle, comme après la première guerre mondiale, en Europe centrale et au Moyen-Orient, et des périodes de gel relatif, comme dans les Balkans ou l'es-Yougoslavie aujourd'hui.. Parfois, elles sont poreuses, comme en Guyane, parfois, elles sont murées.
    Définir des frontières n'est pas toujours chose aisée.
  Quelles sont celles d'Israël, par exemple, dont le projet sioniste réactivé, laisse la question dans le flou, volontairement?
   Les frontières dites "naturelles" ne le sont pas toujours, ou pas toujours longtemps et les problèmes historiques ne manquent pas de montrer les limites de cette fixité provisoire.
        Les cartes souvent fascinent... et perturbent.
                                         Surtout celles qui dormaient à l'école primaire, bien jaunies, souvent écornées, au fond de la salle, sagement accrochées, et que l'on sortait de la poussière au fur et à mesure des besoins et des cours d'histoire-géographie.
  Très tôt, elles imposent à l'enfant curieux leurs évidences.
Les pays, colorés ou non, avaient valeur d'éternité, les frontières se donnaient comme des limites absolues. C'était comme ça et pas autrement. Depuis toujours.
...Jusqu'au moment où les naïves certitudes initiales se trouvent peu à peu ébranlées par des données non plus visibles, mais apprises. Non, les nations n'ont pas toujours existé tel qu'on peut se les représenter aujourd'hui, avec les mêmes limites. Le doute s'installe. Les pseudo certitudes s'effondrent...
       Le terrain n'est pas la carte et les pays, les nations, les confédérations  sont le résultat de constructions dans le temps. Les USA, par exemple, présentent une apparente homogénéité qui masquent une histoire récente compliquée. L'unité n'était pas donnée.
    Rien n'est éternel. Pas même la France, si jeune dans l'histoire du monde (n'en déplaise à De Gaulle). Les Gaulois n'étaient pas la France.
        L'histoire (écrite) a aussi une histoire, qui mérite d'être interrogée.
Comme la cartographie
     Les  cartes  n'ont qu'une valeur provisoire, éphémère à l'échelle de l'histoire des hommes, qui, au début, ignoraient la notion de territoire, au sens politique. Les chasseurs-cueilleurs n'avaient pas de passeport...  
    On comprend que nous puissions être perturbés par des changements lents ou rapides au niveau des territoires, qui se font et se défont, au niveau des frontières qui se déplacent au gré des péripéties historiques et parfois écologiques. Il suffit de comparer entre elles les cartes de la Pologne ou de l'Autriche depuis quelques siècles...Voyez l'Ukraine.
Cela donne parfois prétexte à perplexité un peu facétieuse (*)
                  Il semble qu'on n'en ait jamais fini avec les problèmes de frontières.   Les guerres surtout sont suivies de redistributions de territoires, contraintes ou négociées, sources parfois de nouvellesinstabilités. Staline et Churchill ont été orfèvres à ce jeu-là, reconfigurant l'Europe sur un coin de table, comme on le dit...
 ,       Combien de fois l’Europe a changé de frontières en 25ans?
   On peut le constater aujourd'hui en Europe centrale et de l'Est, dans les Balkans, où existent encore des plaies non cicatrisées. Combien de temps durera le Kosovo bricolé? Qu'en sera-t-il de la Belgique dans quelques décennies?...
           Parfois, des frontières sont en suspens... 
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(* "... Quand il s'agit de remettre en question "l'intégrité territoriale" d'un Etat, je sombre aussitôt. L'intégrité, c'est quand même important non? Remettre en cause l'intégrité de quelque chose, c'est l'humilier! Aaaaah ça y est, je suis énervé!!! Eh, je vous ai pas dit?... j'ai aussi une carte de France dans ma cuisine. Et quand je vais faire ma vaisselle, je la regarde avec mes yeux d'amoureux. La France, ses frontières, cette perfection immuable à l'Etat pur... Elle est belle dans ses pourtours, délicatement hexagonaux, et même dans ses formes intérieures : ses régions sont un régal, ses départements, un délice, et ses communes, un contentement absolu... ah... quel enchevêtrement enchanteur.
Je vais vous dire... la fusion des Normandies, c'est probablement la suggestion la plus terrifiante que je connaisse. Pourquoi Rouen prendrait le dessus sur Caen? Sur ma carte, ils ont la même taille, et c'est assez harmonieux je trouve. On parle aussi de faire disparaitre la Picardie ou le Limousin. Cette idée est tout bonnement génocidaire. Brrrrrr.  La disparition de l'échelon départemental ou la fusion des communes, je ne veux pas en parler. J'ai commis une tentative de suicide la dernière fois que j'ai entendu un débat à ce sujet et j'ai encore des séquelles. C'est vraiment une idée épouvantable. Supprimer des communes, c'est inhumain, je ne veux pas vivre dans une France qui perdrait la moitié ou les 3/4 de ses petites localités.En fait, toutes les tentatives ou les idées qui visent à modifier la carte du monde ou la carte de France telle que je les connais actuellement provoquent chez moi un effroi sans pareil.
Je suis un angoissé du territoire..."
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