Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 23 octobre 2018

Neurosciences en question

Les neurosciences sauveront-elles l'école?

                                                             La nomination de Stanislas Deheane auprès du ministre de l'EN pose problème, surtout si ce nouveau venu, quelque intelligent qu'il soit et compétent dans son domaine propre, est appelé à jouer un rôle important.

     Comme si les neurosciences, disciplines intéressantes en soi, malgré ses immenses lacunes (la complexité du cerveau et de son fonctionnement reste encore insondable), devaient devenir l'auxiliaire majeur du travail enseignant.

     Apprendre, grâce à ces études vagissantes, sortir des difficultés de l'école à l'aide de cette nouvelle approche, voilà un projet qui laisse songeur.

       Un vieux rêve scientiste refait surface. La conscience, l'apprentissage deviendraient objet de sciences rigoureuses et l'éducateur ne serait plus, à la mimite, qu'une sorte d'ingénieur-formateur des esprits.

       Une néo-pédagogie dont s'inquiètent certains spécialistes des sciences de l'éducation, les mal nommées. Car l'éducation est tout sauf une science au sens strict, comme toute discipline qui relève de ce que l'on classe dans les sciences humaines. Elle est d'abord un savoir faire, qui s'apprend et se perfectionne, une pratique largement empirique et individualisée, au cas par cas, presque un artisanat. Même si elle peut être épaulée par des données venant de la psychologie, de la sociologie...
     Considérer les enfants comme des superordinateurs ferait sourire si on ne voyait pas là un fantasme droit issu de la Silicon Valley. On est en droit de faire des analogies, mais il y a une différence de nature entre le complexité vertigineuse du système neuronal et celle de l'ordinateur le plus élaboré, qui est fondamentalement un computer, produit de l'intelligence humaine. Un esprit humain ne fonctionne pas selon une logique binaire et ne peut se dissocier d'une vie affective, source de motivations, notamment pour des apprentissages multiformes et permanents.
     Vouloir donner la prééminence à l'aspect neuronal, dans l'esprit de l' Human brain project, c'est passer à côté de ce qui fait l'essentiel de la formation des jeunes esprits, qui n'est pas qu'intellectuelle, c'est négliger un certains nombre d'expériences faites pour donner ou redonner aux "apprenants", selon la langue de bois d'aujourd'hui, le goût de s'ouvrir sans limites assignables, aux connaissances et aux pratiques. Freinet, Montessori... et tant d'autres ont ouvert des voies nouvelles, largement redevables à l'intuition fine et à la pratique réfléchie
      Le projet de Deheane, promu par Blanquer, n'est-il pas un feu de paille et une illusions manifeste, rue de Grenelle, qui n'est pas le Collège de France avec ses super-spécialistes?
    La transposition d'un savoir pointu, mais en gestation, dans le domaine éducatif ne fera pas avancer d'un pouce le problème multicausal, historico-culturel, familial... qui est au coeur de la difficulté d'apprendre aujourd'hui, d'un rapport au savoir et à l'autorité qui a changé, sur lequel il serait long de s'étendre.
      Mais il est si commode de se référer à une science, surtout si on n'en connaît ni les limites, ni les défaillances. Le médias emboîtent le pas par mimétisme.
      Comme le signale à juste titre André Giordan, ..;La crédibilité des neurosciences n’est pas assurée sur le plan de l’éducation, les preuves de leur efficacité sont souvent fragiles ou même absentes. Les arguments avancés reposent sur des études rarement corroborées sur le terrain et comportant nombre de biais conceptuels et méthodologiques.
Certaines pédagogies dites d'avant-garde, à effet de mode manifeste, risquent de décevoir, faute de revenir à quelques règles de bon sens essentielles, dont ne manquaient pas beaucoup de vieux hussards de la République.
     L'enfant est de nouveau au coeur d'une bataille, qui fait abstraction de certaines données essentielles, qui relèvent dans une large mesure de son éducation première, de son environnement. Apprendre, dès la prime enfance, est sans doute l'acte les plus mystérieux qui soit.
     Une éducation hors-sol serait-elle en train de naître, qui semble ne pas connaître grand chose de l'enfant et de la complexité de l'acte d'apprendre, qui ne relèvera jamais du domaine scientifique dur. La pédagogie ne peut être une science appliquée.
     Oui à la pédagogie éclairée, qui a toujours besoin de se repenser. Non aux oukazes des scientifiques de laboratoires et à certaines de leur prétentions irréalistes et dogmatiques.
       La pédagogie est une pratique trop sérieuse pour être laissée aux spécialistes auto-proclamés.
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lundi 22 octobre 2018

L'électrique, pas magique

La voiture électrique, voilà l'avenir,..
                                                        C'est du moins ce que pensent beaucoup, 
      Pas seulement dans certains mouvements écologiques, de manière compréhensible, ne serait-ce que pour des raisons d'assainissement de l'air en milieu urbain.
     Mais aussi la fièvre gagne les constructeurs. C'est la course compétitive, chez Renault comme chez Audi, dans la recherche et la commercialisation de nouveaux modèles. L'innovation bat son plein.
    N'y a-t-il pas une part d'illusions dans cette course en avant, dans la croyance à un nouveau type de déplacement, qui semble gagner chaque jour en autonomie et en performance. N'est-on pas confronté à une (nouvelle) impasse énergétique et écologique?
    Le rêve du tout électrique a-t-il un sens, dans l'univers énergétique qui est le nôtre, en pleine transition énergétique, souvent problématique.  La  voiture électrique est-elle vraiment la solution, même si on peut en justifier un usage limité, surtout urbain?

       L'impact énergétique de ce que certains considèrent comme un nouveau mythe ne risque pas d'être moindre, au vu des conditions de production et de recyclages des batteries au lithium, très énergétivores et de la surconsommation électrique que leur extension à grande échelle que cela entraînerait.
    Le pari est-il tenable?  Des Etats-Unis à la Norvège, les politiques sur le sujet varient pour l'instant, mais beaucoup émettent des réserves sur l'extension sans limites du tout électrique, dont on analyse peu les tenants et les aboutissants. (*)
     Sera-ce seulement une niche?
 Les interrogations sont nombreuses, les doutes aussi, méritant souvent attention.
    Quelques constructeurs suivent le mouvement en traînant les pieds, non sans raison. Mais concurrence oblige.
     Sauf si, comme on le pense chez Hyundai, le développement du  moteur à hydrogène peut ouvrir de nouvelles perspectives. L'utilisation du lithium à grande échelle, même en Chine, qui a le quasi monopole de cette terre rare, n'est pas sans poser de gros problèmes et interroge sur le bilan énergétique. Les conditions d'extraction et le stockage-renouvellement de ce nouvel eldorado demandent réflexion et fait douter plus d'un sur la généralisation infinie de cette matière première miracle, qui parlent même de désastre écologique.
     L'avenir de la voiture électrique de plus en plus généralisée semble donc incertain, pas seulement pour des problèmes de coût qui ne manqueront pas de baisser et d'autonomie, qui s'améliore toujours.
  Certains, comme Stéphane Lhomme, sont tout à fait sceptiques.
         Sans oublier qu'il n'y a pas que les voitures:
...Les données de l’'industrie maritime a démontré qu'en considérant la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’'automobiles de la planète.
...Ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils brûlent chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe.
Ces malheureux 40 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers.
Pour ne pas quitter le domaine maritime, rappelons que la flotte de plaisance française est d’environ 500.000 unités, dont 5.000 yachts de plus de 60 mètres, et que le plus moyen de ceux-ci brûle environ 900 litres de fuel en seulement une heure, alors que les 24 % de foyers français qui se chauffent au fioul ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.
Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France et les milliers d’avions qui sillonnent le ciel.... 
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     (*)       ...La première (difficulté) est la batterie - car la voiture électrique qui s'impose aujourd'hui roule à l'énergie stockée dans des quintaux de batteries. Or des métaux jouent un rôle clef dans leur fabrication. Le prix du lithium a triplé en trois ans, celui du cobalt a pratiquement doublé en un an. Disponible en abondance, le premier pose des problèmes techniques - les ressources sont par exemple en zone désertique alors qu'il faut beaucoup d'eau pour l'extraire. Le second, lui, est produit aux deux tiers dans la très instable République démocratique du Congo.    Si la filière est outillée pour répondre à la demande actuelle (1,2 million de voitures électriques ou hybrides rechargeables vendues l'an dernier), il faudra des investissements colossaux pour multiplier l'offre par dix, voire par soixante ou quatre-vingts si l'on veut électrifier toute la production.Cobalt et lithium présentent deux autres caractéristiques ennuyeuses. D'abord, leurs ressources ne sont pas infinies. Avec ce qui est relativement accessible, il y a de quoi équiper le parc mondial une ou deux fois... mais pas au-delà. Ensuite, leur production consomme beaucoup d'énergie, tout comme leur recyclage. Selon le consultant Jean-Marc Jancovici, une voiture électrique qui roulera 200.000 kilomètres aura émis 50 grammes de CO2 au kilomètre... avant même d'avoir roulé le premier mètre ! Pour réduire les émissions de C02, il faut que l'énergie employée pour produire la batterie soit elle-même décarbonée. Pas évident : la première grande usine de batteries en Europe est prévue en Pologne, là où le charbon pèse le plus lourd dans la production électrique...
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dimanche 21 octobre 2018

LU

__ Nucléaire en crise. 
                                 Une perte de compétences en question.

__ Jeff Bezos n'a rien inventé.

__ Le retour des sorcières?.
                           Une vieille histoire... Une indépendance encore redoutée.


__ Belgique: euthanasie
                                  Une pratique souvent mal comprise ou déformée..

__ Placer les proches.

__ Syrie: les erreurs et les fautes

__ Grèce: c'est pire.      Santé en trompe l'oeil.

__ Des profits juteux
                      Et on dira que l'Etat manque de moyens...

__ Le système Trump: falsifier les chiffres?

__ Les juteuses aventures de Bernard.
                                 Un mécénat bidon?
                                                           Il est partout.
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samedi 20 octobre 2018

Hyperpuissance américaine

Quelques aspects.
                       Le Général de Gaule mettait à son époque en garde contre les pouvoirs et les pressions des USA, qui n'avaient souvent pas cure de la souveraineté des Etats et de leur gestion politique et économique, malgré  les apparences, qui savaient imposer leur intérêts d'abord, au détriment de toute solidarité.
   Les dires de Mitterrand à la fin de sa vie vont dans le même sens, du point de vue essentiellement diplomatique.
   Ce n'est pas le peuple qui est en question , mais les pouvoirs successifs, surtout depuis leur hégémonie mondiale de fait, surtout depuis le fin de la guerre de 14.
    Ce n'est pas seulement le trumpisme qui pose problème, qui n'est qu'une inflexion sur une ligne qui ne change guère sur le fond. Business first et realpolitik avant tout.
    Les pays européens se sont vite retrouvés dans des liens de vassalité de fait, notamment sur un plan monétaire autant que militaire, par rapport à Washington.
     Le principe, le droit d'extéritorrialité s'impose toujours, qui fait encore de l'Amérique, comme on dit, le gendarme du monde, de manière "pacifique" ou indirecte ou de manière frontale et violente.
              Michel Cabirol, dans La Tribune recense à sa manière les quelques "recettes" qui expliquent l'hégémonie de cette puissance impériale:
                                Les Etats-Unis, l'hyperpuissance à qui rien ne résiste ou presque. Avec Donald Trump, Washington assume aujourd'hui complètement ce rôle de gendarme du monde. L'actuel président américain ne fait pourtant qu'utiliser un arsenal judiciaire mis en place depuis longtemps par ses prédécesseurs comme les lois Helms-Burton et d'Amato adoptées en 1996. Elles pénalisaient les transactions commerciales réalisées respectivement avec Cuba, la Libye et l'Iran. Les précédents présidents américains n'ont jamais hésité eux non plus à se servir de cet arsenal.   En conséquence, entre 2009 et 2016, les banques européennes ont par exemple versé environ 16 milliards de dollars de pénalités infligées pour violations des sanctions internationales américaines et/ou de la législation anti-blanchiment aux administrations américaines, dont  8,97 milliards pour BNP Paribas. Ces sanctions entraînent "aussi, inévitablement, des interrogations sur un possible ciblage des entreprises européennes et sur la loyauté de certaines pratiques des administrations américaines", avaient d'ailleurs estimé en février 2016 les auteurs d'un rapport sur l'extraterritorialité de la législation américaine, les députés Pierre Lellouche et Karine Berger. 
Pour autant, Donald Trump va sans aucun complexe un cran plus loin. Le retrait unilatéral des États-Unis le 8 mai dernier de l'accord nucléaire avec l'Iran conclu en 2015 et la remise en application concomitante des sanctions américaines ont fragilisé, voire annihilé la mise en œuvre d'un accord politique pourtant jugé capital dans la lutte contre la prolifération nucléaire et pour la stabilité régionale. Cette décision entraîne un retrait massif des entreprises européennes des échanges avec l'Iran par crainte des sanctions extraterritoriales des États-Unis. Washington a également amplifié les sanctions contre la Russie de Poutine et a en outre lancé une guerre commerciale contre la Chine. C'est beaucoup. A tel point que les États-Unis pratiquent sans complexe une politique juridique extérieure...     Car au-delà des sanctions économiques et financières que les Etats-Unis infligent aux entreprises non américaines, Washington met en péril la qualité des relations transatlantiques et affecte surtout l'autonomie des décisions économiques des autres pays et leur souveraineté diplomatique. D'ailleurs on voit naître des alliances assez inimaginables il y a peu de temps encore : l'Union européenne s'allie à la Chine et la Russie pour contrer les Etats-Unis sur le dossier iranien. En France, le Sénat plaide pour la mise en place de plateformes financières spécifiques et pour un rôle accru de l'euro afin de contrer les sanctions extraterritoriales américaines. Ainsi, une plateforme comme celle dont l'Union européenne vient d'annoncer la création avec l'Iran permettra ainsi à ce pays de continuer à exporter du pétrole et à acheter des biens à l'étranger sans échanges financiers.    "Ce n'est pas une banque mais un dispositif sur lequel on enregistrerait des + et des -", a expliqué mercredi le sénateur Philippe Bonnecarrère, en saluant son côté à la fois "rustique et robuste". "Quand l'Iran vendrait du pétrole en Chine ou en Inde, des + viendraient s'aligner sur cette plateforme au prorata des ventes", a précisé le sénateur centriste du Tarn (Union centriste), auteur d'un rapport de la Commission des Affaires européennes du Sénat, intitulé "L'extraterritorialité des sanctions américaines : quelles réponses de l'Union européenne ?".
1/ L'arme de l'extraterritorialité     La domination des Etats-Unis sur le reste du monde tient à ce que certaines lois américaines s'appliquent à des personnes physiques ou morales de pays tiers en raison de liens parfois ténus avec les Etats-Unis (un paiement en dollars par exemple). C'est l'arme imparable des Etats-Unis pour sanctionner les personnes et les entreprises non américaines. Les lois s'appliquent notamment à toutes les sociétés présentes sur les marchés financiers réglementés américains. Ces lois concernent essentiellement trois domaines : les sanctions internationales imposées, y compris de façon unilatérale, par les Etats-Unis ; la corruption d'agents publics à l'étranger ; et, enfin, l'application de la fiscalité personnelle américaine aux citoyens américains non résidents. Pour Donald Trump, l'application d'une politique extraterritoriale agressive est semble-t-il sa doctrine.
2/ L'arme des sanctions économiques    Hier, Cuba, la Libye, le Soudan, aujourd'hui, l'Iran à nouveau, la Russie. Les États-Unis mettent en œuvre des sanctions économiques et embargos au cas par cas. Ainsi, le Congrès américain a voté la loi CAATSA (Counter America's Adversaries Through Sanctions Act ou en français "Contrer les ennemis des Etats-Unis par le biais des sanctions") pour sanctionner la Russie. Cette loi impose des sanctions économiques contre toute entité ou pays, qui conclut des contrats d'armement avec des entreprises russes. Les Etats-Unis ont également rétabli en mai un embargo contre l'Iran et demandent au reste du monde de le respecter sous peine d'imposer des pénalités financières aux entreprises américaines et étrangères qui y contreviendraient. Donald Trump a appelé fin septembre tous les pays de la planète à isoler le régime iranien, dénonçant la "dictature corrompue" au pouvoir selon lui à Téhéran.     Et gare à ceux qui voudrait passer entre les mailles du filet. L'Office of Foreign Assets Control (OFAC), service du Trésor qui veille à l'application des sanctions internationales américaines dans le domaine financier, emploie environ 200 personnes et dispose d'un budget de plus de 30 millions de dollars. L'OFAC surveille notamment les transactions financières mondiales pour détecter les mouvements suspects. Toutes les transactions faites par les circuits officiels sont enregistrées et donc contrôlables dès lors que l'on dispose de moyens de traitement de masse. C'est bien sûr le cas des Etats-Unis.     Ainsi, BNP Paribas s'est vu infliger en 2014 une amende stratosphérique de près de 9 milliards pour violation des sanctions internationales américaines. Dans cette affaire, le ministère de la Justice américain (Department of Justice) a mis en avant la dimension de sécurité nationale, qui est l'une des justifications traditionnelles de l'extraterritorialité. Début septembre, la Société générale a évalué à près de 1,2 milliard d'euros les amendes qu'elle devra payer après avoir effectué des transactions en dollars impliquant des pays sous le coup de sanctions américaines, notamment l'Iran.    Actuellement, Danske Bank, la plus grande banque danoise, a annoncé début octobre faire l'objet d'une enquête des autorités américaines. Sa filiale estonienne, qui est au centre du scandale, a vu transiter entre 2007 et 2015 quelque 200 milliards d'euros à travers les comptes de 15.000 clients étrangers non-résidents en Estonie. Les transactions ont été faites en dollars et en euros. Une part importante de ces fonds a été jugée suspecte, ce qui pourrait porter la somme d'argent sale à plusieurs dizaines de milliards d'euros, provenant essentiellement de Russie.
3/ L'arme anti-corruption    Pas question de badiner avec la corruption. Les Etats-Unis veillent. Ainsi, la législation américaine réprime la corruption d'agents publics à l'étranger. Cette lutte est incarnée par le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) de 1977. Et les Etats-Unis y ont mis les moyens. Ils ont à ce titre été parmi les principaux promoteurs de la Convention sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales adoptée dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 1997. En outre, la lutte contre la corruption est clairement assumée comme la seconde priorité du FBI, juste après le contre-terrorisme.    Le non-respect de cette législation a d'ailleurs entraîné de très lourdes pénalités pour des entreprises européennes. C'est le cas d'Alstom qui a dû payer une amende de 772 millions de dollars en 2014 pour violation de la législation américaine anti-corruption. Siemens, qui a racheté l'activité transport d'Alstom, a également été rattrapé en 2008 par la justice américaine (800 millions) tout comme Total (398 millions), Alcatel (137 millions) et bien d'autres... Airbus est d'ailleurs dans le collimateur de la justice américaine, qui surveille les enquêtes du Serious Fraud Office britannique et du parquet national français lancées contre le constructeur européen. 
   4/ L'arme du protectionnisme commercial   C'est l'un des risques majeurs pour les échanges commerciaux mondiaux, la recrudescence des mesures protectionnistes. En 2017, 20% de ces mesures ont émané des Etats Unis, ce qui augmente considérablement leur impact sur l'économie mondiale, précisait AON dans sa 21e édition de la cartographie internationale des risques politiques, terrorisme et violences politiques. "L'impact des décisions de Donald Trump est significatif notamment dans la métallurgie et l'aéronautique et pourrait engendrer des mesures de rétorsion, principalement de la part de la Chine, avait estimé en avril dernier Jean-Baptiste Ory, responsable du Pôle Risques Politiques d'Aon France.      Il n'avait pas tort. Après l'imposition cet été de taxes punitives réciproques de 25% sur 50 milliards de marchandises, Donald Trump a imposé début septembre des tarifs douaniers punitifs sur des biens chinois représentant 250 milliards de dollars d'importations annuelles. Il menace également de frapper pour 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires, soit la quasi-totalité des exportations de la Chine vers les États-Unis. Pékin avait promis de répliquer avec l'imposition de droits de douane de 5 ou 10% sur des produits américains d'une valeur de 60 milliards de dollars d'importations annue
5/ L'arme du CFIUS    Les Etats-Unis étaient déjà l'un des pays où les acquéreurs étrangers devaient montrer patte blanche pour s'offrir une société américaine disposant de technologies sensibles. Pas suffisant pour Donald Trump. L'administration américaine a décidé mercredi de prendre de nouvelles mesures pour cadenasser son industrie des investissements étrangers. Les nouvelles règles, liées à la réforme du Comité sur les investissements étrangers (CFIUS) adoptée cet été, vont exiger des investisseurs étrangers qu'ils soumettent obligatoirement aux autorités toute prise de participation - et non plus seulement prise de contrôle - dans une entreprise américaine appartenant à l'un des 27 secteurs clés désignés, dont l'aéronautique, les télécoms, l'industrie informatique, celle des semi-conducteurs et des batteries. Cette réforme constitue la première mise à jour des règles du CFIUS depuis plus de 10 ans. Toutefois, l'administration Trump préparerait d'autres réglementations pour les domaines de l'intelligence artificielle et des infrastructures.    Ces nouvelles règles prendront effet le 10 novembre avant une mise en application définitive dans 15 mois. Elles prévoient désormais que tout investissement étranger dans une des industries clés soit passé sous revue et éventuellement bloqué s'il représente "une menace d'érosion de la supériorité technologique", selon un haut responsable du Trésor. Trois critères vont ainsi motiver l'inspection du CFIUS : s'il y a prise de participation étrangère, d'où qu'elle vienne, même minoritaire; s'il y a attribution à un étranger d'un siège au conseil d'administration de l'entreprise américaine visée, et si l'investisseur étranger peut influencer les prises de décision au sein de cette entreprise technologique.    Aucun pays étranger n'était spécifiquement visé, mais par le passé, le CFIUS, un organisme intergouvernemental dont la tutelle est le Trésor, a bloqué des prises de contrôle par des investisseurs chinois. Huawei a déjà dû renoncer à l'acquisition des sociétés américaines informatiques 3 Leaf en 2012 et 3 Com en 2008. En 2016, selon les derniers chiffres, le CFIUS avait examiné 172 transactions, qui étaient à l'époque des prises de contrôle, et lancé 79 enquêtes avec une seule décision défavorable.......
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mardi 16 octobre 2018

lundi 15 octobre 2018

Démocratie en péril

 Un système si fragile...
                          Oui, la démocratie peut mourir, faute d'en entretenir la flamme si faible, toujours trop faible..
   Certains épisodes de l'histoire récente l'ont bien montré, cette flamme peut s'éteindre ou devenir extrêmement ténue, jusqu'à s'éteindre.. Au nom de la démocraie, on peut même en inverser les valeurs.

        Par les temps qui courent, il semble que nous soyons entrés dans une sorte de somnambulisme politique.
  La montée de tendances de repli identitaire, quel que soit le nom qu'on donne à ces phénomènes nouveaux de nationalismes autocratiques, qui voit l'émergence de partis qui ne manquent d'inquiéter, parfois avec d'effrayantes régressions, ne semble pas  soulever de grandes protestations.   Parfois, on se précipite même dans le bras de ceux qui prétendent vouloir notre bien, aveuglés par une démagogie qui stimulent les peurs, les frustrations, en jouant sur l'ignorance et la vue à court terme, en flattant les désirs les moins nobles. En jouant aussi sur les insuffisances et les fautes des régimes ou gouvernements précédents.
     On connaît hélas! la chanson. Elle semble se répéter, de Washington à Budapest, de Rio à Ankara.
        Tocqueville avait en son temps, à sa manière, décrit les symptômes des défaillances possibles d' institutions qui demandent une vigilance de tous les instants.   (*)
             Le plus grand danger pour la démocratie est de se croire acquise.
    Rousseau allait jusqu'à dire qu'il il n'y aura jamais de véritable démocratie, qu'on ne peut atteindre qu'imparfaitement, si on la définit strictement, qu'elle est sans cesse améliorable, ceci étant l'affaire de tous, et pas seulement en période électorale. On peut toujours démocratiser la démocratie ou ce qui finit par en tenir lieu. La représentation est une notion-clé; quoique complexe.
  Oui, on peut en perdre jusqu'à la notion, du moins pour un temps.
     Il y a tant de précédents!  Là, il y a péril en la demeure. Certaines évidences démocratiques sont  parfois bafouées depuis longtemps, par des impératifs économiques néolibéraux, qui tentent de coloniser l'Etat et de dénaturer les institutions à leur profit.
    Dès lors qu'on ne défend plus ses principes ou que l'on se contente de quelques apparences, c'est déjà le début de la fin.
  Le crépuscule démocratique ouvre la voie à tous les populismes, quels que soient leurs formes..Surtout en période de forte précarité pour une majorité et d'inégalités galopantes. La relative égalité des conditions et des chances est en régression un peu partout. Les Etats sont de plus en plus soumis aux marchés aux intérêts financiers à court terme/  
      Par exemple, la sous-représentation des classes modestes et défavorisées dans les assemblées parlementaires et les degrés supérieurs de l'enseignement est devenue patente. Une régression spectaculaire.
    Un certaine privatisation de la politique nous entraîne vers l'agonie de l'intérêt public, et des notions de relative égalité, de service publics, valeur fondatrice de la République. Depuis que l'Etat est le problème, comme disait Reagan, nous filons dans ce sillage de désengagement des institutions publiques et de libéralisation jusqu' au coeur des institutions. 
   Les élections sont devenues trop souvent des processus truqués reposant sur de faux choix.
Certains désignent cette dénaturation, devenue parfois une caricature, souvent désertée,et en soulignent les périls.
« Contre les élections » : le titre provocateur donné, en 2014, à son essai par le Flamand David Van Reybrouck, (est là) pour souligner le fait que non seulement le vote n’était pas une garantie de démocratie, mais qu'il pouvait même miner celle-ci de l’intérieur, prend une nouvelle lumière aujourd’hui.
    En effet, avec le virage en tête d’un candidat nostalgique de la dictature au Brésil, qui succède à la prise de fonction d’un Donald Trump, ce sont les deux pays les plus peuplés d’Amérique, représentant plus de 500 millions d’habitants, qui se proclament déterminés à remettre leur destin, sans coup de force, à des adeptes d’une politique autoritaire et d’une économie inégalitaire.
   Même si on sait, depuis au moins les élections législatives allemandes de 1932, que le fait de voter n'amène pas nécessairement des démocrates au pouvoir, les élections d’hier aux États-Unis, d’aujourd’hui au Brésil ou de demain en Europe, produisent un vertige inédit.
   En effet, ces votes, à l’instar des diplômes qui valident et réifient des inégalités sociales qu’ils sont censés combattre, légitiment et pérennisent des dangers qu’ils sont censés prévenir. Dans des sociétés aussi divisées et inégalitaires, socialement et racialement, que le Brésil ou les États-Unis, la démocratie réduite à sa façade électorale est en train de se retourner contre elle-même.
    Nous sommes de plus en plus confrontés, en ces temps périlleux, à la question cruciale; disparition ou changement en matière démocratique? Eclipse ou renouveau? Sommeil ou sursaut?
 Mais qui donnera le signal de ce sursaut? Il n'y aura pas d'homme providentiel sans la réaction des peuples eux-mêmes, attachés au libéralisme politique, tel qu'on le définissait déjà chez Montesquieu.
    Face à cette situation où les effets du néolibéralisme entachent les promesses du libéralisme historique et où la démocratie libérale n’est plus défendue que par ceux qui en ont trahi les aspirations en la livrant définitivement aux plus puissants, la tentation peut sembler forte, pour une partie de la gauche, de renoncer à défendre la démocratie libérale, tant les démocraties néolibérales contemporaines se sont désintéressées de la question sociale.   Le risque est pourtant élevé, en voulant se débarrasser de l’eau sale du bain néolibéral, de verser au tout-à-l’égout les principes du libéralisme, indissociables des droits individuels. Et de se priver ainsi d’un vaccin contre les dérives autoritaires, xénophobes ou réactionnaires de certaines majorités ou coalitions politiques.    La façon dont le Mouvement Cinq Étoiles, né d’aspirations légitimes au renversement d’une vie politique corrompue et confisquée et dont le programme originel était fortement marqué à gauche, s’est allié à l’extrême droite italienne et lui a servi de piédestal, est un rappel récent de la nécessité de puissants contrepoisons.
    Le surgissement d'un populisme vertueux peut seul inverser les courants qui nous mènent à l'impasse, ou pire encore.

   Il est déjà bien tard, au vu des dérives auxquelles nous assistons et qui ne nous épargneront peut-être pas, si nous ne sortons pas du sommeil démocratique dans lequel nous nous sommes mollement installés, en tant que consommateurs infantilisés.
   La démocratie (la chose, pas le mot) sera toujours à construire et à reconstruire, toujours imparfaite, parfois trahie ou menacée.
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         (*)  « Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…
« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. » [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]____________________

dimanche 14 octobre 2018

Tour d'horizon

__ Conflits d'intérêts? C'est embêtant...
                                                 Retour des vieilles habitudes?

__ Rayanair: retour des bonnes vieilles pratiques.

__ Les routiers,surtout polonais,sont sympas.

__ C'est viral.

__Solidarité des vers.

__ Brésil: vers une véritable fascisation?

__L'Algérie racontée à Jupiter.

__ Il y a 100 ans, en Argonne.

__ Prédateurs à l'affût.

__ Copie à revoir pour le nouveau plan santé.

__ 1933: quand la presse se taisait 

__ Francophonie: francophilie ou globishomanie?
                                           Un français qui file à l'anglaise.

__ Nos amis du Golfe:
                               « Lutter contre le terrorisme en faisant affaire avec les Saoudiens, c’est comme combattre le nazisme en allant serrer la main d’Hitler », dit le comédien Simon Abkarian. La France l’aura finalement fait. Le 8 octobre dernier, un décret a entériné l’accord de partenariat avec le royaume des Saoud pour le développement culturel et touristique d’Al-Ula, une oasis de la province de Médine riche de sites nabatéens. Au programme : la construction d’infrastructures touristiques, hôtelières, routières et ferroviaires, mais aussi de deux importants musées. Coût total de l’opération : entre 20 et 50 milliards d’euros, selon Le Quotidien de l’art. De quoi redorer le blason du pays qui a exporté son radicalisme religieux dans l’ensemble du monde musulman avec les conséquences que l’on sait, aujourd’hui engagé dans une lutte sans merci avec le Qatar pour le contrôle de la région, et également partie prenante dans la guerre civile qui ravage le Yémen. Sans parler de l’absence totale de liberté d’expression qui règne en Arabie saoudite, illustrée cette semaine encore par la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Ni même de la situation des femmes, généreusement autorisées à conduire depuis peu, mais jamais à l’abri d’une lapidation. De tout cela, la France d’Emmanuel Macron, visiblement, n’a que faire. ....
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samedi 13 octobre 2018

Explosif!

 On dit qu'il pourrait bientôt se réveiller de son (relativement) long sommeil.
                                                        Mais que veut dire "bientôt" à l'échelle géologique?
    En tous cas, il attire l'attention de beaucoup de vulcanologues sur le terrain et de par le monde.
      Il dort sous la surface de plusieurs Etats américains, et on observe certaines manifestations symptomatiques de la future colère du géant. Mais pour quand?
   Car il est un des plus puissants de sa catégorie, dans la grande famille des volcans,  le long de la ceinture de feu du Pacifique, du nord au sud.
   Peut être les premiers signes du réveil d'un des plus puissants de sa catégorie, après plus de 600000 ans de vie tranquille.

  Yellowstone, la bien nommée. où le soufre montre sa présence disséminée au milieu des sources chaudes et des geysers.

   Parmi les-supervolcans, il est sans doute celui qui détient la palme de la puissance potentielle et de la dangerosité dévastatrice.
    ...Enfouis sous la Californie et le Wyoming, deux volcans en hibernation, dont le Yellowstone, sous le parc du même nom, pourraient un jour se réveiller avec une fureur difficile à imaginer. S’ils entraient en activité, ils enseveliraient sans doute la moitié Ouest des États-Unis sous une couche de cendres de deux mètres d’épaisseur en quelques heures. Cela s’est déjà produit au moins à quatre reprises lors des deux derniers millions d’années. Ces volcans dévastateurs sont nommés supervolcans.
L’éruption d’un supervolcan libère une énergie de l’ordre de un milliard de tonnes de TNT, l’équivalent de celle dégagée par l’impact d’un astéroïde de plus de 300 mètres de diamètre sur la Terre… et elle survient plus souvent. Une telle explosion est potentiellement l’une des catastrophes naturelles les plus dangereuses pour l’humanité ! Outre une destruction immédiate due à la libération de cendres brûlantes, les supervolcans perturbent notablement le climat global durant des années à cause des gaz qu’ils émettent.
      Cela peut peut paraître terrifiant, mais n'a peut-être pas grand sens à l'échelle de plusieurs générations humaines. Cela ne nous concerne pas dans un proche avenir. Quoique...
   Envisager le volcanisme sous son seul aspect (temporairement et localement) destructeur n'est pas raisonnable. Il est à l'origine de plus d'une formations terrestres et on se doute qu'il a quelque chose à voir avec les origines de la vie.et son développement.
      Sans eux, nous ne serions sans doute pas là pour en parler.
  L'immense caldeira intrigue depuis peu les spécialistes, qui y voient, derrière les fumerolles tranquilles du lieu, une véritable bombe à retardement.
  Malgré le conditionnel d'usage, nous ne serions peut-être pas loin de sa spectaculaire manifestation et c'est la terre entière qui serait affectée, ne serait-ce que par le long hiver qui s'en suivrait.
     Mais il n'y aurait pas lieu de s'affoler.
        Certains, dans leur rêve de puissance, rêve déjà de maîtrise du phénomène. Pourquoi ne pas changer un peu l'orbite de la terre pour neutraliser le réchauffement climatique, tant qu'on y est?..
  Nous avons été capables d'aller sur la lune, mais un fantasme de cette ampleur est proprement prométhéen.
    Le catastrophisme est déjà assez exploité comme cela. Pas la peine d'être survivaliste.
       De toute façon, le fatalisme tranquille s'impose. Nous n'avons pas le choix. Au lieu de considérer les volcans comme nos ennemis, on peut aussi se mettre  à les aimer, par seulement à cause de leur splendeur éruptive, mais aussi comme une nécessité dans l'histoire de la terre, de notre histoire, qui débute à peine, mais qui ne sera pas sans fin. Notre espèce est de passage, comme tant d'autres qui ont disparu.
     Et nous avons les moyens de nous détruire de notre propre fait, bien avant sans doute que le méga-volcan nous réveille de nos rêves de maîtrise, de nos fantasmes de toute-puissance....
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