Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 17 janvier 2019

Le fric et le numérique

Adieu le cash?
                      On en parle. Il va devenir difficile de répondre à la demande inopinée:  T'as pas cent balles?
    Car le porte-monnaie vit sans doute ses dernières heures,  ce qui aura au moins pour avantage de ne plus trouer les poches ou de gonfler le porte-feuille de manière indiscrète et inesthétique.

   En route pour la modernité numérique jusqu'au bout!
        Tout le monde s'y met.  Pas que pour des raisons d'hygiène. La Suède est sur le chemin. Même l'Eglise, avec ses quêtes numériques!
  A Londres aussi. Tant pis pour les défavorisés,  pour les exclus bancaires.
      Certains voient l'accomplissement du  scénario pour 2022.
   C'est tout bon pour les banquiers, mais jusqu'où faut-il pousser le bouchon?
         À Davos, au Forum économique mondial, l'an dernier, John Cryan, le patron de la Deutsche Bank, avait produit son petit effet en prédisant que « le cash n'existera probablement plus dans dix ans. Ce n'est pas quelque chose de nécessaire, c'est terriblement inefficace et cher » - pour les banques, surtout. Les Allemands sont pourtant les plus gros utilisateurs d'argent liquide en Europe ! Les habitudes de paiement, très culturelles, ont la vie dure. Presque partout dans le monde, « cash is king» - « le cash est roi » et fait de la résistance face aux assauts de la carte bancaire, du virement par Internet ou mobile, du sans-contact, voire des monnaies virtuelles comme le bitcoin : il est encore utilisé dans 85 % des transactions (en volume) selon une étude mondiale de MasterCard. Y compris dans l'Hexagone, même si la carte est le moyen de paiement préféré des Français (plus des deux tiers des opérations seraient réalisés en liquide)....
       Mais parée de toutes ces vertus, la version entièrement numérique de l'argent peut aussi présenter de fâcheux inconvénients. Un monde où toutes les transactions seraient enregistrées, traçables, potentiellement monétisables au plus offrant (l'employeur, l'assureur, etc), pourrait prendre des allures de cauchemar orwellien, avec au choix l'État, les GAFA, ou d'autres, comme puissance sachant tout de nos moindres dépenses quotidiennes, si révélatrices de l'intime (maladie, grossesse, séparation, addiction, etc) exerçant un contrôle social sans précédent. La banque centrale verrait son pouvoir de politique monétaire démultiplié, sur des dépôts captifs : elle pourrait contraindre les citoyens à consommer en imposant des taux négatifs. Ou les inciter à investir dans une valeur refuge (l'or, une monnaie étrangère non dématérialisée).

    Le passage à l'argent tout-numérique devra se faire par étapes au risque d'aggraver l'exclusion bancaire, pour les populations n'ayant pas les moyens d'accéder à ces alternatives de paiement par smartphone ou ordinateur, pas formées ou rétives à ces nouveaux outils, ou bien vivant dans des régions isolées dépourvues d'Internet à haut débit. Plus largement, la perspective d'un monde des paiements entièrement électroniques pose le problème de la résistance d'un tel système aux chocs, catastrophe naturelle ou piratage entraînant un black-out électrique : le chaos ou le retour au troc ?..
      Tout semble dit.
             Alors, est-ce la fin de l'argent liquide?
      On voit mieux les limites de la mutation numérique en ce domaine, qui ne crée pas seulement des réticences affectives, pas seulement pour les Allemands attachés pour des raisons historiques à l'argent liquide.
      Le mobile ne remplacera pas complètement le porte-monnaie. Même en Suisse...
           Bitcoin ou carte bleue, le projet pour 2022, séduisant à première vue, va connaître bien des résistances, pas seulement pour des raisons affectives.
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mercredi 16 janvier 2019

Paradoxale Allemagne

Allemagne incertaine
                                      [Quelques notes sur un pays qui (s')interroge]
   Si la France ne va pas bien, l'Allemagne chancelle.
         La compétitivité Outre-Rhin est en question.

 Certes, la croissance reste présente, mais semble moins assurée. Elle est au prise avec les incertitudes européennes et l'isolationnisme US du moment.
   Le secteur automobile est le plus fragile, accentué par un manque de personnel qualifié.
 Le système serait-il arrivé au bout de sa logique, étant donné le contexte international et les incertitudes politiques internes?
  Un excédent budgétaire problématique.
    Le moteur économique semble caler.
La fin de l'euphorie? comme titre un quotidien, malgré une croissance assez robuste pour l'instant.
        Mais il y a la face cachée du système, l'héritage de Schröder, une précarité et une pauvreté qui contrastent avec la rutilante façade et l'insolente résussite relative. Presque 8 millions de personnes concernées.
    Ce n'est pas le pays de cocagne pour 40% des habitants.
     La question   mérite toujours d'être posée:  avec ses contradictions, ses tensions et le nouvel horizon qui se dessine à ses frontières et en interne, où va l'Allemagne?
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mardi 15 janvier 2019

Des femmes

 Pas comme les autres.
                           Dans les luttes jamais terminées pour la libération des femmes, on a l'habitude de se référer à la figure notoire de Simone de Beauvoir et à quelques autres.
    Mais on oublie souvent des personnes plus anciennes, qui ont souvent ouvert des brèches, parfois inouïes, dans leur siècle corseté dans des pratiques et des moeurs où les hommes seuls imposaient leur lois et leurs pouvoirs.
  T. d'e Méricourt est de celle-là.
       La belle liègeoise s'impliqua dans les débats révolutionnaires, y voyant le moyen de commencer à faire bouger les choses:
   « Françaises, je vous le répète encore, élevons-nous à la hauteur de nos destinées, brisons nos fers. Il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l’ignorance l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps ! »

    Le nom d'Olympe de Gouges nous est plus familier, même s'il ne court pas les rues, connu surtout par sa fameuse Déclaration des droits des femmes..
   Son contemporain, Robespierre, considérait le fait que les femmes soient tenues à l’écart des sociétés savantes comme « le scandale d’un siècle éclairé ». Il estimait que les êtres humains des deux sexes étaient doués des mêmes facultés et avaient donc le droit de les cultiver ensemble.
    Et tant d'autres femmes depuis, pour tant de causes variées, dans des domaines multiples, où la gent féminine était souvent absente.
   Un combat qui est loin d'être terminé, ici ou ailleurs.
       Le féminisme peut prendre bien des visages. 
            Des luttes sans fin...avec ou sans les hommes.
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lundi 14 janvier 2019

Urgence démocratique

 La participation...
                             ...disait déjà De Gaule, quand les institutions verticales de la V°République semblaient vaciller.
  Une notion-recours ou secours, très entachée d'ambiguïtés, quand on ne s'attache pas à en définir les conditions et les modalités, pour dépasser le rituel du vote traditionnel et régulier, qui délèguerait simplement pour quelques années des parcelles de pouvoir, de manière purement formelle.
   Rousseau comme Condorcet avaient déjà pointé le problème. Un problème essentiel quand on définit ce que doit être la citoyenneté dans une démocratie digne de ce nom.
     Dans le bouillonnement du mouvement d'aujourd'hui, beaucoup de voix s'élèvent pour redéfinir les conditions d'un contrôle et d'un partage du pouvoir, par le biais d'institutions électives horizontales et souples, renouvelées périodiquement, où le tirage au sort aurait sa part.
      C'est là une tâche nouvelle et exigeante, même si l'idée ne l'est pas, dont on doute que le pouvoir seul , dans sa verticalité instituée et ses nuées d'experts puissent en cadrer les conditions d'exercice.
     Une tâche qui va demander du temps, de la responsabilité, du civisme. Qui va demander que la colère retombe et que la réflexion s'impose, à laquelle beaucoup ne dont pas préparés dans le champ du politique. Ne serait-ce que pour confier aux plus sérieux, aux plus désintéressés, la fonction de représentation, même provisoire.
    Le génie de Condorcet peut encore nous inspirer, dans la recherche d'une formule acceptable et réaliste de "démocratie participative", notion souvent galvaudée.
   Le pouvoir au peuple, oui, mais de quoi parle-t-on? car l'idée, fondée démocratiquement, est entachée d'ambiguïtés. On le voit dans les confusions qui règnent au sujet de la notion de "populisme", utilisée à tort et à travers.
      Le populisme, notion souvent décriée, n'a pas que des acceptions douteuses. Si le souci du peuple, surtout des plus humbles, est revendiqué au nom d'un idéal d'égalité, on voit mal quel contenu dévoyé il pourrait induire.
     A l'heure où les institutions devraient être repensées, de même que l'élitisme au pouvoir, ou le fonctionnement de l'actuelle Europe, qui suscite bien des critiques (pour l'instant, il n'y a pas de peuple européen) , la notion de peuple, informé et actif, est à réinventer. A reconstruire. Non pas dans une unanimité impossible, mais dans une coexistence vivante toujours moins imparfaite.
     Le peuple n'a jamais fini de se construire comme peuple. L'éducation est le principal moteur.
             C'est un "contrat" toujours perfectible.
   La notion de peuple, non analysée, n'est pas exempte de contradictions. 
La démocratie est une tâche permanente et doit toujours être repensée et redéfinie.
   Il est urgent de réfléchir à la question des RIC.
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dimanche 13 janvier 2019

LU

__ En Turquie, la chasse continue.

__ Il y a bankrun et bankrun.

__ Le Moyen-Age avait aussi ses "pompiers polonais".

__ Gilets jaunes: en parler aussi au lieu de le nier ou le justifier.

__ Israël: contradictions démocratiques
                               ...En Israël, il s’agit avant tout de normaliser l’occupation des territoires palestiniens en effaçant le sentiment et le concept même d’occupation. Le gouvernement veut réduire au silence tous ceux qui critiquent l’occupation et tous les moyens sont bons pour légitimer cet étouffement. Malheureusement, une majorité de la population semble soutenir cela ou, du moins, reste silencieuse. »
                     La déchirure s'approfondit.

__ Avenir enchanteur pour beaucoup: les travailleurs du clic?

__ Quand les gilets jaunes s'exportent.

__ Le mastodonte poursuit sa route...
                                                      ...C’est l’entreprise la plus chère du monde, depuis le 7 janvier (696 milliards d’euros de valeur boursière). Et selon son grand patron, Jeff Bezos, celle qui serait « la plus centrée sur ses clients », à même de satisfaire, immédiatement, le moindre de leurs désirs marchands. Mais à quel prix ? On savait déjà qu’un simple clic sur le site, si séduisant, si facile soit-il, avait une série de coûts, que la firme excelle à garder invisibles : des coûts humains – des employés transformés en robots ubérisés –, des coûts fiscaux – Amazon est passé maître en optimisation fiscale pour minimiser ses impôts –, sans parler de son impact sur le commerce de détail ou du prix payé sur notre intimité et notre liberté – Amazon est l’un des principaux capteurs de nos données personnelles. On sait désormais que son empire repose aussi sur l’organisation d’un gigantesque gâchis, qui entretient la surproduction et la surconsommation et, donc, le dérèglement climatique et l’épuisement des ressources. Dans une enquête diffusée dimanche sur M6 et réalisée avec l’aide de l’ONG Les Amis de la Terre, Capital révèle qu’Amazon détruit massivement une partie de ses articles invendus, neufs pour la plupart, ou avec de légers défauts. Un système aberrant, et désastreusement logique de la part d’un Jeff Bezos qui rêve de coloniser la Lune pour y délocaliser nos industries polluantes…Quand dirons-nous stop collectivement ? En attendant, Les Amis de la Terre lanceront dimanche une pétition demandant au gouvernement français de rendre illégale la destruction de produits neufs invendus.

__ Encadrer la liberté de manifester:
     

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samedi 12 janvier 2019

Quatre ans après.

Dies irae, dies illa.
                         Jours de deuil et de colère.
             Jours "ordinaires" à Paris, où l'impensable et l'insoutenable arrivèrent.
                   Du Bataclan à Charlie hebdo...

Quand les loups entrèrent dans la bergerie.
        Une sidération partagée. Entre colère et affliction.
          L'"union sacrée" fut de courte durée.
               En oubliant souvent causes et contexte.
   Les défis sont toujours là.
     Les "barbares" ne viennent pas de nulle part.
                    Au revoir Bernard Maris et les autres!
     La caricature n'est pas morte.
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- Photos 
- Not afraid 
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       [Du sang et du fric:
  Au lendemain de l'attentat, la bourse parisienne a fait un bond de +3, 59%, après un premier "redressement", le jour même, de +0,75% !
Un cynisme qui choque même le chroniqueur boursier du journal "Le Monde"...
"Une euphorie si déplacée, que, dans certaines salles de marché, elle semblait frôler l’indécence – fait rare dans l’univers austère et calculateur de la planète finance.
« J’ai du mal à l’expliquer : il n’y a même pas eu de réaction épidermique de la Bourse dans la journée, comme cela se passe en général lorsque survient ce type d’événement » s’étonnait Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier parisien Aurel BGC.
« En un sens, il est un peu triste de constater que les marchés ne réagissent absolument pas à cette horreur », osait même, depuis New York, Gregori Volokhine, président du gérant Meeschaert aux Etats-Unis." 
              Mais, on le savait, la bourse ne fait pas de sentiment...]
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vendredi 11 janvier 2019

Bons et mauvais pauvres

    Heureux les pauvres?
                                Difficile de parler de la pauvreté en termes généraux, trans-historiques et trans-culturels.
   Elle est toujours à contextualiser, dans une époque particulière, dans des données économiques variables, selon des critères et des jugements de valeur évolutifs.
    Ce n'est pas une donnée historique permanente, mais relative et historique, elle n'a pas le même sens aujourd'hui qu' hier. Le pauvre est considéré de plusieurs manières selon les époques, les croyances, les idéologies et il y a bien des degrés, dans nos sociétés, qui caractérisent diverses formes de pauvreté, entre pauvreté absolue et pauvreté relative, notions dépendantes d'un niveau moyen de ressources, dans un mode de production particulier      Chez nous comme ailleurs.
      La pauvreté peut être reconnue comme telle ou peut être non reconnue, voire déniée.  
        Au Moyen-Age, du moins à une certaine période, elle faisait partie du lot commun et s'intégrait dans une vision du monde où le manque de ressources n'apparaissait pas pour la majorité des croyants comme un scandale, mais comme s'intégrant à une vision biblique qui imposait un ordre naturel (voire surnaturel) dans l'espace social.
    « Dieu aurait pu faire tous les hommes riches, mais il voulut qu’il y ait des pauvres en ce monde, afin que les riches aient une occasion de racheter leurs péchés » (Vie de St Eloi)
       Mais à partir du 14° siècle, la tendance s'inverse, et les gueux n'ont plus la même aura. Ils commencent à être redoutés et parfois relégués. Les très pauvres et les infirmes commencent à être ostracisés et souvent rendus responsables de leur propre sort, conséquence du péché, originel et individuel.
    Ce n'est vraiment qu'au 19°siècle que les débuts de la société industrielle avec ses déplacements, ses concentration de travailleurs déracinés, voient  apparaître une conscience de la pauvreté, parfois de l'extrême misère, comme une injustice à combattre et que naissent des courants de pensée socialisante et les débuts d'une conscience politique, réformiste, parfois révolutionnaire.
    On ne peut plus valoriser les pauvres, l' Eglise étant déclinante, et il devient difficile de les ignorer, toute une littérature, de Hugo à Zola s'employant à décrire un monde parfois ignoré.
 Certains se font mendiants à l’âge où, jeune et fort, et en pleine santé on pourrait travailler : pourquoi se fatiguer […] Tous les faux estropiés et gibier de potence qui rôdent dans les foires lui font joyeuse escorte. […] L’autre pendant le jour traîne sur des béquilles, mais quand il se voit seul, il trotte allégrement
       L'art d'ignorer les pauvres resurgit à nouveau aujourd'hui. On utilise des euphémismes (on disait déjà naguère "économiquement faibles"), on les dénie ou à nouveau on les culpabilise. Ils méritent leur sort. C'est tout particulièrement vrai aux USA, où grossit la pauvreté, parallèlement aux très grosses fortunes qui explosent (mais pas seulement aux USA), le mérite personnel par le travail et la réussite financière jusqu'à l'excès étant, comme le mythe du self made man, surévalués. Il n'y aurait pas de pauvres, mais seulement des paresseux.
    La peur du déclassement et de la précarité, qui peuvent arriver rapidement, contribue à fausser les jugements et les choix. Le rejet du pauvre du salaud de pauvre, est parfois même revendiqué.
   Les plans pauvreté ne sont pas exempts d'ambiguïtés.
       Tant que les causes profondes ne sont pas mises à jour pour s'y attaquer, dans le contexte d'une démocratie qui ne soit pas seulement formelle, la pauvreté, sous toutes ses formes, a encore de beaux jours devant elle, ainsi que son déni, partiel ou total.
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jeudi 10 janvier 2019

Lire ou twitter

Faut-il choisir?
                    Lire, c'est voyager, c'est ouvrir des horizons, c'est s'alimenter spirituellement, c'est se donner des possibilités de changer, de grandir.
           Twitter, c'est tourner en rond. Dans le bavardage planétaire sans fin, de manière le plus souvent stérile. Même si l'on peut se soigner, si l'on est bien atteint...
   Non pas que les réseaux sociaux soient toujours inutiles, mais le plus souvent que de temps perdu narcissiquement, qui pourrait être mieux employé! Même quand  on siège à Washington.
   Twitter, c'est surfer sur la rumeur, indéfiniment, alors que les jours n'ont que 24 heures et que notre temps nous est compté.
      Lire, c'est permettre un retour souvent imprévisible aux expériences fondamentales qui font la pâte humaine. On n'a jamais fin de se trouver, de se surprendre dans les aventures intérieures que confèrent certaines lectures bien choisies. C'est un pont vers l'humaine condition, comme disait Montaigne.
   On a pu estimer que c'est deux cents livres par an que l'on manque, si l'on passe en mode twitter, l'on passe sa vie (et ses nuits) devant les écrans.  Sans stress, sans crainte pathologique de manquer quelque chose. Par contre, on peut être comblé par quelques livres seulement.
   L'activité chronophage des écrans fait passer à côté de richesses souvent insoupçonnées, que l'on ne découvre qu'en lisant. Et c'est en lisant qu'on devient lecteur. C'est en twittant sans frein qu'on devient addict...et qu'on lit de moins en moins.
Twitter  ou pas?  Comment sortir de la dépendance narcissique du smartphone notamment? Twitter serait-il le tout à l'égo?
    So smart, avez-vous dit? La nomophobie peut-être un mal redoutable.
   L'équilibre n'est pas toujours simple à trouver.
  Même si certains facétieux prétendent que même Jésus twittait.  Enfin de temps en temps... 
        Si twitter c'est souvent tuer le temps, lire c'est vivre. 
   Et en plus, c'est bon pour la santé, comme dit notre télégénique docteur national. 
         Et il est toujours temps de retrouver le plaisir du texte.
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mercredi 9 janvier 2019

Jérusalem : la déchirure

  La ville dite "sainte" sous tension.
                                          Jérusalem tend de plus en plus à devenir un enjeu purement national.
    Après la décision de Trump, voici celle de Bolsonaro, qui décident de faire de la ville historique et religieuse, hautement symbolique, un haut lieu pour leur représentation diplomatique.
   Un geste qui n'est pas sans signification politique dans le contexte du moment et dans celui du durcissement du gouvernement israëlien, militaire comme idélogique.
   Une cité millénaire où aujourd'hui les murs sont de plus en plus aussi dans la tête. 
  Loin, bien loin du statut qui lui avait été dévolu internationalement.



           Le poids de l'histoire ainsi que le statut spécial s'effacent peu à peu, sous l'influence des données régionales et des aléas de la politique de Tel Aviv, qui fait feu de tout bois..
    Une erreur fondamentale comme dit le journaliste franco-israëlien Charles Enderlin:
 ....En décidant le 6 décembre de reconnaître la ville comme capitale d’Israël, Trump... va à l’encontre de la résolution 476 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui, le 30 juin 1980, déclarait nulles et non avenues toutes les mesures adoptées par Israël « modifi[ant] le caractère géographique, démographique et historique de la Ville sainte ». Un mois plus tard, la Knesset, le Parlement israélien, votait une « loi fondamentale » déclarant la ville, « entière et unifiée, capitale d’Israël ». Le Conseil de sécurité réagissait le 20 août suivant, en votant  la résolution 478 demandant aux États membres de retirer leurs missions diplomatiques de Jérusalem. Depuis, à quelques rares exceptions près — le Costa Rica et le Salvador y ont gardé une ambassade jusqu’en 2006 —, Jérusalem n’accueille que quelques consulats, les ambassades étant à Tel-Aviv.
En Israël, l’initiative de M. Trump a été accueillie avec allégresse par le public (2) et dans l’euphorie par le pouvoir. Rares furent les commentateurs relevant que la Maison Blanche se garde de trancher la question d’une souveraineté pleine et exclusive d’Israël sur Jérusalem en précisant que ses limites concrètes devront être définies dans le cadre des négociations sur le statut final de la ville. À cela s’ajoute le fait que, sur le plan de sa construction et de l’acquisition du terrain sur lequel elle pourrait être construite, l’ambassade des États-Unis n’est pas près d’être transférée à Jérusalem. À plusieurs reprises, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a fait savoir que ce transfert ne pourrait avoir lieu avant deux ou trois ans. Autrement dit, après la fin du mandat de M. Trump…
Mais, pour la direction palestinienne, c’est une rupture de la légitimité internationale sur laquelle elle s’appuie depuis le début des pourparlers de paix. C’est aussi un nouvel échec de la stratégie de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) face à Israël, dont les causes sont multiples. Certaines remontent aux débuts du processus d’Oslo. Le 29 juillet 1993, en pleines négociations secrètes à Halversbole, en Norvège, le conseiller juridique israélien Yoël Singer écrivait dans son rapport envoyé au premier ministre Itzhak Rabin et son ministre des affaires étrangères Shimon Pérès à Jérusalem : « L’OLP entend repousser le transfert des pouvoirs civils jusqu’au retrait de Tsahal de Gaza et de Jéricho. Ils nous ont expliqué que ces pouvoirs devaient être transférés à la direction de l’OLP-Tunis lors de [son] arrivée à Gaza, et pas à des (…) Palestiniens de l’intérieur.  » À l’époque, la direction de l’OLP se trouvait à Tunis et entendait garder la mainmise sur les négociations et limiter l’influence des personnalités politiques vivant dans les territoires occupés. Conséquence de cette rivalité, l’absence, au sein de l’équipe de négociateurs, de dirigeants de l’intérieur, connaissant mieux que quiconque la situation sur le terrain, s’est fait sentir dès le début des pourparlers....
         Une histoire compliquée qu'il est dangereux de violenter.
     L'effet Trump ne sera pas sans conséquences.
 Le noeud gordien risque de devenir de plus en plus difficile à trancher.
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Terrorisme colonial juif en question
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mardi 8 janvier 2019

Bolsonarisme

Quand Bolsonaro fait du Bolsonaro.
                                     Au Brésil, ça commence fort!...
              Comme annoncé..Comme redouté.
       Le séisme était attendu et risque de durer.
         Mais pour combien de temps?
  On a déjà vu des dictatures durer trop longtemps, en Amérique Latine comme ailleurs.
    Ça commence à cafouiller et à réagir dans divers milieux, mais il ne faut pas trop vite s'en réjouir.  Dès que tout le pouvoir sera entre ses mains, le nouveau dictateur imposera son empreinte, même au sein de l'armée.
   Les "libérations" annoncées ne semblent pas faire l'unanimité.
        Mais peut-on parler d'un début raté?
  En tout cas, en matière économique, le maître de Brasilia fait du Pinochet: comme lui, à l'aide de son mentor, il appelle près de lui les Chicago Boys, ces enfants de Friedman et de Hahek  qui savent si bien diffuser la bonne parole de l'ultralibéralisme le plus pur. Le darwinisms social est de retour.
    Ce qui explique l'optimisme des marchés et le soutien des grands propriétaires terriens qui prospèrent dans le Matto Grosso et ailleurs.
On soupçonnerait même certains géants de la distribution d'avoir apporté leur appui financier.
   Logique, comme au Chili autrefois, comme le Reich à une autre époque. L'argent, le nerf de la guerre, attend un ascenseur rentable, qui sache donner libre cours aux affaires et mettre au pas toute opposition possible. Le "dégagisme" n'explique pas tout.
     L' Amazonie va souffrir.
   Mais aussi les femmes, surtout si elles sont noires.
Le racisme se décomplexifié, comme les formes d'ostracisme.les plus éculées.
    Le reste suit, comme promis.
  Malgré les résistances prévues, elles risquent vite l'échec, si elles en restent aux classes populaires.
      Mais pourquoi les pauvres votent-ils parfois à droite, se mettant en situation de servitude volontaire?
   La pression de l'évangélisme triomphant et mercantile, fidèle soutien du régime et épousant ses thèses,  n'explique pas tout,
      Sur quoi débouchera  le naufrage annoncé
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Une résistible ascension.
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lundi 7 janvier 2019

LU

On apprend que:
 
__ La marche du peuple en 1789 sur la Bastille n'aurait pas été autorisée.

Résultat de recherche d'images pour "marche sur la bastille 1789"

__ Les sociétés d'autoroutes sont priées de faire un p'tit geste.
          Vont-elles s'en remettre?

__ Les assurances chômage  profitent bien à certains.

__ La forêt tend à devenir une marchandise...

__ Il semble que l'on aille vers une justice  algorithmique.
             C'est à craindre.

__ C'est un expert qui le dit.
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dimanche 6 janvier 2019

J'arrête le vélo!

Le vélo, c'est fini, N-i-ni!
                                  Pas pour les raisons auxquelles vous pensez.
                Ni non plus pour ça ou pour ça.

       Non, par civisme.

   Le biclou est une catastrophe économique!
      Qui nuit au PIB.
   Même les accidents de voiture, c'est bon pour le PIB (ça fait travailler les garagistes, le personnel médical, les croques-morts, etc...)
      De l'emploi, donc de la croissance.
               Qui a dit que c'était une notion confuse?
       
      Sauf peut-être un certain Bob Kennedy.
                 Le 18 mars 1968, quelques semaines avant son assassinat, Bob Kennedy prononçait, à l'Université du Kansas, le discours suivant : 
“Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l'air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants. 
    En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue”.
 
    

samedi 5 janvier 2019

Coder ou décoder?

In Code we trust?
                      C'est très tendance, rue de Grenelle: 
                                   Il faudrait apprendre à coder.
                Le plus tôt possible.
    Nous sommes à l'ère du numérique jusque dans les salles de classe et il serait nécessaire d'être soi-même programmeur en herbe, même en culottes courtes.
    
    Mais la question fait débat. Un débat de priorité et un autre de nécessité.
  Alors que les fondamentaux ne sont plus vraiment intégrés dans nos écoles, surtout en français, langue sacrifiée mais décisive pour l'apprentissage pour tout le reste (même des mathématiciens le soulignent), faudrait-il encore en plus s'initier à une nouvelle discipline, vite obsolète d'ailleurs, dans l'éclatement des savoirs et la dispersion des connaissances diffusées?
      Il y aurait un mythe et une illusion à suivre une telle tendance, selon des programmeurs eux-mêmes.Certaines grosses têtes du numérique de la Silicon Valley repoussent le plus possible pour leurs enfants l'usage de la tablette, estimant que l'essentiel est ailleurs, surtout à l'age où les jeunes esprits doivent surtout et d'abord apprendre par eux-mêmes et former leur jugement.
    Certains parents sont prêts à faire le pari, estimant que plus l'apprentissage est précoce, plus la maîtrise sera grande sur les arcanes de la grammaire et de la syntaxe numérique..
            Donc, demain, tous codeurs?
   On n'en voit guère la nécessité, mis à part l'investissement moindre qui en résulterait pour les disciplines comme les mathématiques, bonne école de logique, qui voient leurs exigences se réduire peu à peu, comme pour le reste...     
    Et, pour être un bon chauffeur, faut-il connaître les arcanes de la technologie de plus en plus sophistiquée qui se cache sous le capot de sa voiture?
   Il faudrait au plus vite, dans un école en crise et de plus en plus défaillante, se remettre sérieusement à ses missions: instruire, former le futur citoyen, former le jugement et le goût, développer l'esprit critique, poser les bases des futurs savoirs qui ne finissent jamais. C'est déjà beaucoup.
     Le secrétaire d'Etat au numérique (*) oublierait-il ce qu'il y a de fondamental à l'école, notamment apprendre à vivre et redonner le sens dss valeurs..
 La tablette avant le tableau, est-ce vraiment la meilleure idée?
        Bref, apprendre à "décoder" la vie, par le génie d'un langage bien maîtrisé, n'est-ce pas là l'essentiel des missions de l'école?
          Le numérique à l'école véhicule bien des illusions, s'il sort du rôle de simple appoint.
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 - (*)...Entre l’Education nationale qui l’a inscrit au programme de la primaire et du collège en 2016, les Gafa qui s'expriment de plus en plus régulièrement sur le sujet et le nombre de start-up qui surfent sur la vague, difficile de ne pas avoir un avis sur la question.
  La semaine dernière, le secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi a indiqué à 20 Minutes qu’une épreuve de code au bac « ne le choquerait pas ». Ce mardi encore, Facebook a profité de Connexions, sa première exposition interactive à Station F, pour offrir des ateliers d’initiation à la programmation informatique avec Magic Makers. A croire que si votre bout de chou ne sait pas développer un site Internet et créer une appli avant ses dix ans, il n’a plus qu’à arrêter l’école et pointer directement à Pôle emploi. Le code est-il vraiment la réponse à tous nos problèmes futurs ? Pour certains, il est le salut de la génération Alpha...
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