Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 5 janvier 2019

Coder ou décoder?

In Code we trust?
                      C'est très tendance, rue de Grenelle: 
                                   Il faudrait apprendre à coder.
                Le plus tôt possible.
    Nous sommes à l'ère du numérique jusque dans les salles de classe et il serait nécessaire d'être soi-même programmeur en herbe, même en culottes courtes.
    
    Mais la question fait débat. Un débat de priorité et un autre de nécessité.
  Alors que les fondamentaux ne sont plus vraiment intégrés dans nos écoles, surtout en français, langue sacrifiée mais décisive pour l'apprentissage pour tout le reste (même des mathématiciens le soulignent), faudrait-il encore en plus s'initier à une nouvelle discipline, vite obsolète d'ailleurs, dans l'éclatement des savoirs et la dispersion des connaissances diffusées?
      Il y aurait un mythe et une illusion à suivre une telle tendance, selon des programmeurs eux-mêmes.Certaines grosses têtes du numérique de la Silicon Valley repoussent le plus possible pour leurs enfants l'usage de la tablette, estimant que l'essentiel est ailleurs, surtout à l'age où les jeunes esprits doivent surtout et d'abord apprendre par eux-mêmes et former leur jugement.
    Certains parents sont prêts à faire le pari, estimant que plus l'apprentissage est précoce, plus la maîtrise sera grande sur les arcanes de la grammaire et de la syntaxe numérique..
            Donc, demain, tous codeurs?
   On n'en voit guère la nécessité, mis à part l'investissement moindre qui en résulterait pour les disciplines comme les mathématiques, bonne école de logique, qui voient leurs exigences se réduire peu à peu, comme pour le reste...     
    Et, pour être un bon chauffeur, faut-il connaître les arcanes de la technologie de plus en plus sophistiquée qui se cache sous le capot de sa voiture?
   Il faudrait au plus vite, dans un école en crise et de plus en plus défaillante, se remettre sérieusement à ses missions: instruire, former le futur citoyen, former le jugement et le goût, développer l'esprit critique, poser les bases des futurs savoirs qui ne finissent jamais. C'est déjà beaucoup.
     Le secrétaire d'Etat au numérique (*) oublierait-il ce qu'il y a de fondamental à l'école, notamment apprendre à vivre et redonner le sens dss valeurs..
 La tablette avant le tableau, est-ce vraiment la meilleure idée?
        Bref, apprendre à "décoder" la vie, par le génie d'un langage bien maîtrisé, n'est-ce pas là l'essentiel des missions de l'école?
          Le numérique à l'école véhicule bien des illusions, s'il sort du rôle de simple appoint.
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 - (*)...Entre l’Education nationale qui l’a inscrit au programme de la primaire et du collège en 2016, les Gafa qui s'expriment de plus en plus régulièrement sur le sujet et le nombre de start-up qui surfent sur la vague, difficile de ne pas avoir un avis sur la question.
  La semaine dernière, le secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi a indiqué à 20 Minutes qu’une épreuve de code au bac « ne le choquerait pas ». Ce mardi encore, Facebook a profité de Connexions, sa première exposition interactive à Station F, pour offrir des ateliers d’initiation à la programmation informatique avec Magic Makers. A croire que si votre bout de chou ne sait pas développer un site Internet et créer une appli avant ses dix ans, il n’a plus qu’à arrêter l’école et pointer directement à Pôle emploi. Le code est-il vraiment la réponse à tous nos problèmes futurs ? Pour certains, il est le salut de la génération Alpha...
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