Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 9 janvier 2019

Jérusalem : la déchirure

  La ville dite "sainte" sous tension.
                                          Jérusalem tend de plus en plus à devenir un enjeu purement national.
    Après la décision de Trump, voici celle de Bolsonaro, qui décident de faire de la ville historique et religieuse, hautement symbolique, un haut lieu pour leur représentation diplomatique.
   Un geste qui n'est pas sans signification politique dans le contexte du moment et dans celui du durcissement du gouvernement israëlien, militaire comme idélogique.
   Une cité millénaire où aujourd'hui les murs sont de plus en plus aussi dans la tête. 
  Loin, bien loin du statut qui lui avait été dévolu internationalement.



           Le poids de l'histoire ainsi que le statut spécial s'effacent peu à peu, sous l'influence des données régionales et des aléas de la politique de Tel Aviv, qui fait feu de tout bois..
    Une erreur fondamentale comme dit le journaliste franco-israëlien Charles Enderlin:
 ....En décidant le 6 décembre de reconnaître la ville comme capitale d’Israël, Trump... va à l’encontre de la résolution 476 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui, le 30 juin 1980, déclarait nulles et non avenues toutes les mesures adoptées par Israël « modifi[ant] le caractère géographique, démographique et historique de la Ville sainte ». Un mois plus tard, la Knesset, le Parlement israélien, votait une « loi fondamentale » déclarant la ville, « entière et unifiée, capitale d’Israël ». Le Conseil de sécurité réagissait le 20 août suivant, en votant  la résolution 478 demandant aux États membres de retirer leurs missions diplomatiques de Jérusalem. Depuis, à quelques rares exceptions près — le Costa Rica et le Salvador y ont gardé une ambassade jusqu’en 2006 —, Jérusalem n’accueille que quelques consulats, les ambassades étant à Tel-Aviv.
En Israël, l’initiative de M. Trump a été accueillie avec allégresse par le public (2) et dans l’euphorie par le pouvoir. Rares furent les commentateurs relevant que la Maison Blanche se garde de trancher la question d’une souveraineté pleine et exclusive d’Israël sur Jérusalem en précisant que ses limites concrètes devront être définies dans le cadre des négociations sur le statut final de la ville. À cela s’ajoute le fait que, sur le plan de sa construction et de l’acquisition du terrain sur lequel elle pourrait être construite, l’ambassade des États-Unis n’est pas près d’être transférée à Jérusalem. À plusieurs reprises, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a fait savoir que ce transfert ne pourrait avoir lieu avant deux ou trois ans. Autrement dit, après la fin du mandat de M. Trump…
Mais, pour la direction palestinienne, c’est une rupture de la légitimité internationale sur laquelle elle s’appuie depuis le début des pourparlers de paix. C’est aussi un nouvel échec de la stratégie de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) face à Israël, dont les causes sont multiples. Certaines remontent aux débuts du processus d’Oslo. Le 29 juillet 1993, en pleines négociations secrètes à Halversbole, en Norvège, le conseiller juridique israélien Yoël Singer écrivait dans son rapport envoyé au premier ministre Itzhak Rabin et son ministre des affaires étrangères Shimon Pérès à Jérusalem : « L’OLP entend repousser le transfert des pouvoirs civils jusqu’au retrait de Tsahal de Gaza et de Jéricho. Ils nous ont expliqué que ces pouvoirs devaient être transférés à la direction de l’OLP-Tunis lors de [son] arrivée à Gaza, et pas à des (…) Palestiniens de l’intérieur.  » À l’époque, la direction de l’OLP se trouvait à Tunis et entendait garder la mainmise sur les négociations et limiter l’influence des personnalités politiques vivant dans les territoires occupés. Conséquence de cette rivalité, l’absence, au sein de l’équipe de négociateurs, de dirigeants de l’intérieur, connaissant mieux que quiconque la situation sur le terrain, s’est fait sentir dès le début des pourparlers....
         Une histoire compliquée qu'il est dangereux de violenter.
     L'effet Trump ne sera pas sans conséquences.
 Le noeud gordien risque de devenir de plus en plus difficile à trancher.
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Terrorisme colonial juif en question
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