Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 9 février 2019

Quand Angela se lâche

L'heure du désenchantement?
                 L'inoxydable Königin est sur le déclin d'un règne exceptionnel au sein d'une coalition relativement stable.
     Mais L'Allemagne connaît des mutations politiques inédites, qui est une des causes de son départ prochain.

     Mutti fait ses valises, mais pas dans l'euphorie, prenant conscience des nuages qui s'amoncellent dans son pays et chez ses voisins.
    Elle reconnaît les problèmes qui continuent à  se poser à l'Est du pays et admet que l'euro pose problème. Une découverte bien tardive.
     Assez désemparée, elle paraît sans boussole. Mais on pouvait s'attendre à ce que l'Allemagne perde de son influence et de sa puissance; voire de sa superbe,     Certains avaient souligné depuis longtemps certaines fragilités.
   Il est vrai que les conditions dans lesquelles l'ex-Allemagne de l'Est a été rattachée au bloc de l' Ouest, ne se sont pas faites de manière idéale, pour prendre un euphémisme.
    ...L'Allemagne «n'est peut-être pas aussi réconciliée qu'on le pensait», comme elle le note, ses confidences ont une résonance très politique.
«Je ne trouve pas si surprenant qu'il y ait de la frustration en Allemagne de l'Est», dit-elle en expliquant pourquoi certains habitants des «nouveaux Länder» ont le sentiment d'être des citoyens de seconde zone. «Dans beaucoup de domaines, les Allemands de l'Est sont sous-représentés», observe-t-elle. Elle revient aussi sur la «césure» de 1989, qui s'est révélée parfois douloureuse individuellement. «Pour le dire autrement, certains, dans leur biographie personnelle, n'ont pas vécu cette rupture aussi positivement que moi», dit-elle en évoquant son parcours et son entrée en politique alors qu'elle avait 35 ans. «J'ai rapidement trouvé un nouveau travail, j'ai eu de nombreuses opportunités, mon horizon s'est élargi. Mais il y avait aussi beaucoup de personnes, souvent un peu plus vieilles que moi, pour qui cela n'a pas été possible», dit-elle en citant comme exemple les agriculteurs. En RDA, ils représentaient 11% de la population, mais «seulement 1,5% ou 2% ont pu continuer à travailler après la réunification». Cette expérience d'inutilité sociale «assombrit» le souvenir de l'après-réunification, admet-elle.
      Elle reconnaît aussi certaines  erreurs dans la crises des réfugiés, qui a ébranlé son pays.
    L'ostalgie n'est pas morte dans nombre de secteurs et de régions.
  La réunification allemande, qui aurait pu plus mal se passer, a laissé bien des traces.
L'opération Treuhandstalt s'est faite à marche forcée, selon une logique brutalement schumpeterienne imposée par Bonn.
       Bern Zielinsky analyse les conditions de l’unification économique et monétaire de l’Allemagne et ses conséquences. Il décrypte finement les programmes économiques des forces politiques allemandes de l’Est et de l’Ouest ; il analyse leur mise en œuvre difficile et leurs résultats. Partant d’un constat d’échec – la disparité des performances économiques entre anciens et nouveaux Länder –, Bernd Zielinski fait un procès sans concession des choix politiques qui ont dicté la réunification économique : primat de l’impératif politique sur les considérations économiques, croyance dogmatique dans les préceptes libéraux, imposition d’une politique inadaptée par la RFA sur des partenaires est-allemands dominés....
    Les orientations de l'Allemagne ne sont pas toujours claires, surtout à l'heure où elle est à un tournant. Angela quitte un monde incertain.
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