dimanche 13 septembre 2020

Dette: boulet ou nécessité?

Vive la dette?

     Elle revient sur le premier plan de la réalité, en cette période où domine la doctrine du quoi qu'il en coûte. Nous n'avons pas le choix et nous ne voyons pas le terme de ce qu'il faudra comme moyens, pas seulement financiers, pour sauver nos économies.    Il s'agit bien sûr de la dette d'Etat, des sommes engagées aujourd'hui et demain pour sortir l'économie de ce qui est plus qu'un  marasme, la relancer, la sauver.


        Le débat, jugé interdit, voire tabou, revient sur le premier plan, vu les circonstances   On ne parle pas de la dette privée, qui pose évidemment plus de problèmes.   Même pas de la dette de  certains secteurs, comme l'hôpital.                  Selon la Tribune, qui analyse divers points de vue:     "...De plus en plus de voix, respectées, relayées au plus haut niveau, s'élèvent pour souffler que l'endettement public n'est pas forcément nocif. Face à cela, s'élève toujours un discours modérateur... attention au retour de flamme si les taux venaient à remonter... Mais le sermon rigoriste, n'a plus la même fougue.    A vrai dire, le message véhiculé par Olivier Blanchard, Lawrence Summers et bien d'autres, est bien plus mesuré et élaboré que ne le suggère ma première formulation. Sa force tient au fait qu'il tire sa légitimité d'une lecture orthodoxe de l'économie, et qu'il ne s'agit pas seulement d'un propos opportuniste, appelant à profiter du prix cassé de la dette...    Pour Olivier Blanchard, c'est d'abord le contexte de taux d'intérêt inférieur au taux de croissance qui est mis en avant. C'est historiquement la norme note-t-il. Et cette configuration fait que l'accroissement de la dette, ne nécessite pas forcément le recours à une augmentation future des impôts pour stabiliser le taux d'endettement. De surcroît, au  niveau où se situe le coût de financement de l'État, la balance coût/avantage de la dette est positive même si elle n'est pas à la hauteur de celle d'un investissement privé (pour simplifier à l'extrême la formulation) et nous sommes dans une conjonction économique, qui majore l'effet multiplicateur des dépenses publiques...   Bref, l'augmentation de la dette publique, n'est peut-être pas optimale, mais c'est un moindre mal. Et Summers ajoute à cela, que dans le cas américain, l'urgence réside aujourd'hui dans le sous-investissement social et celui dans les infrastructures, la priorité ayant été donnée jusqu'ici aux baisses d'impôts. Or il est plus urgent de combler aujourd'hui le sous-investissement social et infrastructurel que de stabiliser la dette. D'autant que les marchés seront prompts à déclencher l'alarme s'ils sont préoccupés par la dette... tandis qu'aucune alarme ne signale le sous-investissement chronique.    Il ne s'agit pas à proprement parler d'une apologie de la dette. Plutôt d'un discours mesuré pour dire qu'elle n'est pas nécessairement mauvaise. Avec en arrière-plan, un diagnostic sur la nature des déséquilibres contemporains ..."

      L'économiste Fitoussi, entre autres, livre son point de vue sur la question, qui peut paraître iconoclaste, mais qui a déjà été maintes fois formulée.   Il est temps de sortir des mythes.

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