mercredi 18 novembre 2020

Dénis et délires

                Toute pandémie a généré ses fantasmes. Comme toute grande peur. Surtout les peurs collectives engendrées par des menaces réelles ou supposées. Ainsi les grandes peurs engendrées par les rumeurs après la Révolution française. L'imagination se donne libre cours, d'autant plus que les incertitudes sont grandes, même au plus haut niveau.  Le plus souvent un mélange de vrai et de faux.  Une parodie d'explication.      __La grande vulnérabilité, partagée par le plus grand nombre, d'autant plus que la recherche rationnelle tâtonne, que certaines mesures prêtent le flan à une critique légitime, met en péril notre faculté rationnelle et pousse beaucoup vers des réponses magiques et des explications clés en main venant tout droit de milieux complotistes, organisés ou non.     Les théories du complot reprennent de la vigueur dans ce contexte flou où nombre de choses sont en suspens. Mieux vaut croire que ne pas savoir. C'est une tendance classique quand l'esprit perd pied. Le conspirationnisme reprend vigueur, entretenu par ceux qui ont intérêt à semer le doute au profit de leur chapelle, jouant sur l'ignorance et la crainte. Les deux racines de toute croyance, selon Spinoza.             Les labos auraient manigancé le développement de la maladie pour vendre leurs vaccins, puisqu'on connaît leurs pratiques commerciales pas toujours orthodoxes. Hold-up tournent en boucle dans certains milieux. Le doute radical et organisé a pris la place du doute méthodique, légitime, et fleurit sur la base de soupçons parfois réels, faisant feu de tous bois, ou de montages intellectuels à l' apparence logique. Sans limites parfois. La peur n'est pas ici le début de la sagesse, mais le début de l'émergence de folies autojustifiées par des arguments auto-fabriqués. Même si l'esprit critique s'impose.

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