lundi 25 janvier 2021

Désastre à Rio

Tragédie structurelle

                 Dans le plus grand cynisme, Bolsonaro laisse son pays s'enfoncer dans l'épidémie qui s'envole et la misère qui s'installe un peu plus. Un bilan calamiteux où s'accumulent toutes les détresses. S'il n'y avait que l'Amazonie, un peu plus mise à mal!                        "...Le président brésilien Jair Bolsonaro et son gouvernement constituent une véritable calamité pour le Brésil, ses citoyens et la terre qu’ils habitent. C’est ce qui ressort de l’édition 2020 du « Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil » qui sera rendu public ce 19 janvier. Les indicateurs collectés par une coalition d’organisations, qui s’étend de Act-Up au Secours catholique, en passant Attac, l’association Autres Brésils, le CCFD, ou France Libertés, sont alarmants, tant au niveau social qu’écologique..."

               Difficile d'imaginer un tel effondrement. Malgré les colères montantes, les manifestations, le désespoir, faudra-t-il attendre les élections de 2022 pour passer à autre chose?   "... Il y a longtemps que les limites ont été franchies. Arrêter la machine de mort est plus qu’une question d’honneur, c’est une question de survie pour l’ensemble de la société, quel que soit le spectre idéologique.     Le 20 mars 2020, l’économiste et démographe José Eustáquio Diniz Alves a déclaré au Correio: «Le seuil des 100’000 cas doit être atteint le 31 mars, et le seuil significatif d’un million de cas peut être dépassé avant le 30 juin, avec environ 40’000 décès. Nous avons terminé le premier semestre 2020 avec 59’000 décès et l’année avec plus de 200’000 décès [216’450, le 23 janvier 2021 – source: John Hopkins], soit un nombre bien plus élevé que prévu dans le pire des cas. grande grâce à l’engagement de son personnel, il n’a reçu aucune aide officielle qui aurait compensé la casse déjà effectuée.   Car comme l’a écrit notre chroniqueur et sociologue Marcelo Castañeda, «il est difficile de maintenir une certaine sérénité dans la situation où l’on prend conscience de faire partie d’une expérience de politique de la mort».    Même si cela peut sembler être une dystopie cinématographique, nous vivons en réalité une expérience politico-administrative d’élimination massive d’être humains. Les corps non rentables et «inemployables» – oui, Bolsonaro a retrouvé, ces jours-ci, la pensée implacable de Fernando Henrique Cardoso – peuvent et doivent être éliminés. «C’est bon pour l’économie» des sociopathes comme Paulo Guedes et son déni total de la vie en société, au profit de la transformation de tout et de tous en simples actifs financiers.   La tragédie est structurelle. Il n’est pas possible de calculer combien de temps il nous faudra pour nous rétablir en tant que corps social.."                         Le chaos annoncé a bien eu lieu. La maladie qui ronge le Brésil n'est pas que sanitaire...

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