mercredi 27 janvier 2021

Ombres chinoises

Fin de la naïveté?

            La France et d'autres pays européens sont en train de passer de l'admiration-fascination à la distance et à la critique vis à vis d'une Chine dont les avancées apparaissent mieux pour ce qu'elles sont.     La libéralisation/ouverture du régime de Pékin, entrevues un temps, n'est plus un horizon pour un moment. C'est la fin d'unr certaine naïveté libérale, où l'ouvrier du monde participait avantageusement à notre prospérité, grâce à une multitude de produits dont les coûts réduits permettaient notamment de faire pression sur les salaires..     Cette période n'est pas finie, loin de là, mais elle tend à se réduire. Malgré les apparences.     L'affaire du coronavirus n'a rien arrangé. La montée en puissance de l'économie et de l'influence chinoise commence à faire problème. La séduction intéressée. de l'Allemagne connaît, elle aussi, un recul. Le projet complexe de la route de la soie ne suscite plus le même attrait et attire même certaines méfiances au fur et à mesure que le durcissement politique s'exerce à Pékin.

                          Le patronat allemand commence même (par opportunisme?) à être plus critique, comme le patron du géant allemand Siemens: « Nous observons de près et avec inquiétude ce qui se passe en ce moment à Hongkong ainsi que dans la région du Xinjiang, a déclaré Joe Kaeser à l’hebdomadaire Die Zeit, jeudi 10 septembre. Nous condamnons catégoriquement toute forme d’oppression, de travail forcé et d’atteinte aux droits de l’homme. » Venant du patron d’un groupe qui réalise un dixième de son chiffre d’affaires en Chine, pays où il est implanté depuis 1872 et où il compte aujourd’hui plus de 35 000 employés, une telle fermeté aurait été inimaginable il y a encore un an. « L’Allemagne doit veiller à bien faire la balance entre ses valeurs morales et ses intérêts », avait déclaré M. Kaeser, le 8 septembre 2019, après trois jours passés en Chine dans la délégation d’Angela Merkel. « Quand des emplois, en Allemagne, dépendent de la façon dont sont abordés des sujets délicats, il convient de ne pas renforcer l’indignation générale », avait-il alors affirmé en référence à l’inquiétude suscitée en Europe, par le durcissement de la politique de Pékin vis-à-vis de Hongkong..."         Mais pas seulement. Une indignation bien tardive. Malgré tout, le business as usal ne pourra que continuer. La Chine continuera à maîtriser le jeu, souvent avec un pion d'avance. Et pour longtemps encore. Surtout tant que l'Europe restera un nain politique, aux objectifs souvent divergents.
     _______ _____En dehors du champ de l'analyse classique, on peut lire cette approche qui ne manque d'être originale et brillante, malgré la multiplicité des points de vue émis.______

Aucun commentaire: