samedi 2 mai 2026

Finita la comedia!

 Contournement

     "    Pour nier toute errance stratégique de la Maison Blanche et relativiser la crise énergétique mondiale, Donald Trump invoque le plus fort repoussoir possible, vieux de plus d’un demi-siècle. Selon le Pentagone, la guerre contre l’Iran aurait déjà coûté 25 milliards de dollars, une estimation minorée, selon les élus démocrates. Le président américain fait mine de balayer tout cela, comme s’il s’agissait de désagréments passagers dans sa marche triomphale. « Un petit détour », selon son expression prisée. Le 1er mai, il a déclaré les « hostilités » avec l’Iran « terminées », dans une lettre adressée au Congrès, afin de contourner l’obligation d’autorisation du pouvoir législatif au-delà de soixante jours d’engagement des troupes américaines.  Pourtant, les murs se resserrent autour de Donald Trump.


Pendant la première année de son mandat, rien ne semblait résister à l’avancée autoritaire du milliardaire, en dehors de quelques juges fédéraux. Républicains domestiqués, démocrates éparpillés, presse sonnée, institutions brutalisées. La Maison Blanche remodelait le commerce international avec sa politique de tarifs douaniers, lançait des frappes contre trois sites nucléaires iraniens en juin 2025, avec Israël. Seule l’affaire Epstein semblait la hanter. Etait-ce l’Amérique d’abord, comme le promettait le slogan de campagne ? L’Amérique seule, surtout, se mettant à dos ses alliés et ses voisins, ivre de sa puissance militaire, allant jusqu’à capturer Nicolas Maduro, le président vénézuélien, lors d’un raid audacieux. Avec le recul, ce 3 janvier fut le pic de la première phase de mandat.   Depuis, le premier tiers de 2026 a renversé cette dynamique. Les Etats-Unis sont enkystés dans la guerre en Iran. Sa suspension actuelle ne résout en rien le chaos provoqué par quarante jours de bombardements, et notamment l’étranglement du détroit d’Ormuz. Depuis l’origine, cette guerre a semblé mal pensée et peu justifiée aux yeux d’une majorité d’Américains. Mais c’est l’augmentation spectaculaire du prix de l’essence – près de 40 % en deux mois – qui provoque la colère. Selon un sondage AP-NORC, publié le 22 avril, le taux d’approbation de Donald Trump est tombé à 23 % chez les électeurs dits « indépendants », si courtisés. Il n’est plus que de 68 % parmi les républicains. Autre indice : selon une étude pour Fox News, les démocrates arrivent en tête sur les questions économiques, une première depuis dix-sept ans.
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